Luc Ferry, philosophe, ministre de l’éducation, n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un progressiste. Bien avant qu’il accable les écoles de sa politique de restriction budgétaire, deux indices au moins auraient dû nous alerter. Un : sa fréquentation assidue des cercles de droite, de Bayrou à Chirac en passant par Jean-Marie Messier et le Medef. Détail piquant : à l’époque, il facturait ses “ménages” – animations de conférences, si vous préférez – 5 000 euros. Une somme qui doit laisser rêveur plus d’un instituteur. Deux : on pouvait lire de lui, dans Le Point du 7 mars 1998, ces propos révélateurs : “La France qui, en matière d’emploi, est la grande malade de l’Europe, aura aussi été le pays le moins libéral des Quinze. On peut, si l’on est aveugle, ne pas relever la coïncidence, mais l’escroquerie intellectuelle par excellence serait d’incriminer l’échec du libéralisme ! Pathologiquement (sic) attachés aux avantages que nous croyons tenir de l’Etat, nous n’en percevons plus les effets pervers.” Ainsi donc, Monsieur Ferry, selon vous, être attaché aux progrès sociaux et oser faire la critique du libéralisme seraient le signe d’une maladie. Cette maladie, nous, nous la voulons la plus contagieuse possible, en tout cas. Ne vous en déplaise. (Le Monde diplomatique, juin 2002)
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