{"id":8403,"date":"2017-03-15T13:00:01","date_gmt":"2017-03-15T12:00:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/?p=8403\/"},"modified":"2020-11-05T07:51:57","modified_gmt":"2020-11-05T06:51:57","slug":"mixite-une-etude-scientifique-demontre-la-faisabilite-des-propositions-de-laped","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2017\/03\/15\/mixite-une-etude-scientifique-demontre-la-faisabilite-des-propositions-de-laped\/","title":{"rendered":"Mixit\u00e9 sociale : une \u00e9tude scientifique d\u00e9montre la faisabilit\u00e9 des propositions de l&#8217;Aped"},"content":{"rendered":"<p><strong>Une \u00e9tude scientifique r\u00e9alis\u00e9e conjointement par Nico Hirtt (Aped) et Bernard Delvaux (Girsef) d\u00e9montre la faisabilit\u00e9 des propositions de l&#8217;Aped en mati\u00e8re de lutte contre la s\u00e9gr\u00e9gation scolaire : proposer aux parents une \u00e9cole proche et socialement mixte, plut\u00f4t que de laisser jouer seulement le march\u00e9 scolaire. Nous vous proposons un r\u00e9sum\u00e9 de cette \u00e9tude.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/cahier_107_.Hirtt_Delvaux.corr2_.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">T\u00e9l\u00e9chargez l&#8217;\u00e9tude compl\u00e8te ici<\/a><\/p>\n<p>Le libre march\u00e9 scolaire \u00e0 la Belge joue un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans les m\u00e9canismes responsables des in\u00e9galit\u00e9s sociales qui caract\u00e9risent l&#8217;enseignement belge. Nous sommes l\u2019un des rares pays o\u00f9 l\u2019initiative du choix de l\u2019\u00e9cole revient presque exclusivement aux parents. De ce fait, les enfants se retrouvent souvent dans des \u00ab\u00a0\u00e9coles ghettos\u00a0\u00bb (de riches ou de pauvres). Remplacer le libre choix des parents par l\u2019obligation de fr\u00e9quenter l\u2019\u00e9cole la plus proche ne r\u00e9soudrait cependant pas le probl\u00e8me. D\u2019abord parce que les quartiers sont eux-m\u00eames socialement polaris\u00e9s. Ensuite parce qu\u2019une obligation pure et simple buterait sans doute sur de trop fortes r\u00e9sistances et impliquerait une r\u00e9vision constitutionnelle.<\/p>\n<p>De toute mani\u00e8re, des proc\u00e9dures centralis\u00e9es d&#8217;affectation des \u00e9l\u00e8ves aux \u00e9coles n&#8217;ont de sens et n&#8217;ont de chance de succ\u00e8s qu&#8217;\u00e0 condition de garantir une composition sociale plus ou moins similaire pour tous les \u00e9tablissements scolaires. C\u2019est dans cet esprit que l\u2019Aped recommande depuis plusieurs ann\u00e9es que les pouvoirs publics proposent aux parents une place dans une \u00e9cole qui serait \u00e0 la fois proche de leur domicile et socialement mixte. Les parents auraient ensuite la libert\u00e9 d\u2019accepter ou de refuser cette proposition. Mais nous faisons le pari que la garantie de se voir proposer une \u00e9cole socialement mixte et semblable \u00e0 toutes les autres r\u00e9duirait la propension des familles \u00e0 chercher une \u00e9cole de l\u2019 \u00ab\u00a0entre soi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il restait cependant \u00e0 d\u00e9montrer qu\u2019un tel syst\u00e8me est effectivement r\u00e9alisable. Est-il possible, dans une ville socialement aussi s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9e que Bruxelles, par exemple, d\u2019affecter tous les enfants \u00e0 des \u00e9coles mixtes et proches de leur domicile\u00a0? Eh bien, la r\u00e9ponse est d\u00e9finitivement \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb ! C\u2019est ce que vient de d\u00e9montrer une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e conjointement par l\u2019Aped et le Girsef-UCL (le Groupe inderdisciplinaire de recherche en sciences de l\u2019\u00e9ducation et de la formation de l\u2019UCL), publi\u00e9e dans les Cahiers du Girsef. Nous avons pu mettre au point un logiciel d\u2019affectation des \u00e9l\u00e8ves aux \u00e9coles (primaires) qui permet de ramener la distance moyenne domicile-\u00e9cole des \u00e9l\u00e8ves bruxellois (scolaris\u00e9s \u00e0 Bruxelles) de 1\u00a0300 \u00e0 910\u00a0m, tout en abaissant significativement les indices de s\u00e9gr\u00e9gation sociale et en \u00e9liminant pratiquement les \u00ab\u00e9coles ghettos\u00bb. Ces r\u00e9sultats d\u00e9montrent qu\u2019il est possible, pour autant qu\u2019on en ait le courage politique, d\u2019avancer sur la voie d\u2019une \u00e9cole plus \u00e9galitaire.<\/p>\n<h2>In\u00e9galit\u00e9 et s\u00e9gr\u00e9gation scolaires: un mal belge<\/h2>\n<p>A chaque enqu\u00eate PISA, le m\u00eame triste constat s&#8217;impose: l&#8217;enseignement belge, qu&#8217;il soit francophone ou n\u00e9erlandophone, figure syst\u00e9matiquement dans le peloton de t\u00eate des pays o\u00f9 les in\u00e9galit\u00e9s sociales de r\u00e9sultats sont les plus importantes.<\/p>\n<p>Sur base des donn\u00e9es de l&#8217;enqu\u00eate PISA 2012, il est possible de montrer qu&#8217;une variation unitaire de l&#8217;indice socio-\u00e9conomique (ESCS) entra\u00eene, en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles (FWB), une hausse moyenne de 47,7 points des scores en math\u00e9matiques. Parmi les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs d&#8217;Europe occidentale, seules la Flandre (57,2 points) et la France (50,0 points) ont une situation encore moins enviable. En F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles, 22\u00a0% de la variance des points en math\u00e9matique est expliqu\u00e9e par l&#8217;origine sociale, ce qui la classe seconde, apr\u00e8s la France (24\u00a0%), alors que des pays comme l&#8217;Islande (8\u00a0%), la Norv\u00e8ge (8\u00a0%) ou la Finlande (10\u00a0%) affichent une liaison beaucoup moins forte entre les performances des \u00e9l\u00e8ves et leur statut social ((Hirtt 2014)).<\/p>\n<p>Cependant, l\u2019enseignement belge ne se caract\u00e9rise pas seulement par d\u2019importantes in\u00e9galit\u00e9s sociales de performance et d\u2019orientation. Il affiche \u00e9galement un haut degr\u00e9 de s\u00e9gr\u00e9gation acad\u00e9mique et sociale. Ainsi, l\u2019\u00e9cart de 151 points de score PISA en lecture qui s\u00e9pare les 25\u00a0% de \u00ab meilleures \u00e9coles \u00bb et les 25\u00a0% d\u2019\u00e9coles \u00ab les plus faibles \u00bb t\u00e9moigne de la s\u00e9gr\u00e9gation acad\u00e9mique en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles. Il s\u2019agit l\u00e0 encore d\u2019un quasi-record mondial ((Baye et al. 2010)). <strong>Julien Danhier<\/strong> a montr\u00e9 qu\u2019en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles et en Flandre, \u00ab plus de 50\u00a0% de la variance des r\u00e9sultats se trouve au niveau des \u00e9coles. En d\u2019autres termes, les \u00e9coles ont un public tr\u00e8s homog\u00e8ne en termes de performances scolaires \u00bb ((Danhier et al. 2014, Danhier 2015)). La concentration des \u00e9l\u00e8ves \u00ab forts \u00bb et \u00ab faibles \u00bb en \u00e9coles diff\u00e9renci\u00e9es peut aussi s\u2019exprimer au moyen d\u2019un indice de s\u00e9gr\u00e9gation acad\u00e9mique : si on voulait les r\u00e9partir uniform\u00e9ment dans toutes les \u00e9coles, il faudrait d\u00e9placer 59\u00a0% des \u00e9l\u00e8ves belges issus des 10\u00a0% les plus faibles en math\u00e9matiques. En Finlande et en Islande, le d\u00e9placement de 26 \u00e0 28\u00a0% des \u00e9l\u00e8ves suffirait ((Demeuse et Baye 2008b)).<\/p>\n<p>La s\u00e9gr\u00e9gation sociale, quant \u00e0 elle, peut pareillement \u00eatre mesur\u00e9e au moyen du pourcentage d\u2019\u00e9l\u00e8ves d\u2019une cat\u00e9gorie sociale donn\u00e9e qu\u2019il faudrait changer d\u2019\u00e9cole afin d\u2019obtenir leur r\u00e9partition en proportion \u00e9gale dans tous les \u00e9tablissements ((Gorard et al. 2000)). En FWB, cet indice de s\u00e9gr\u00e9gation, lorsqu\u2019il est calcul\u00e9 pour les 10\u00a0% les plus d\u00e9favoris\u00e9s, s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 40,3\u00a0%. Parmi les pays occidentaux, seule l\u2019Allemagne atteint un tel niveau (41,4\u00a0%), alors que les pays nordiques affichent des indices de l\u2019ordre de 23\u00a0% (Finlande) \u00e0 28\u00a0% (Su\u00e8de) ((Jacobs et al. 2013)). Une autre fa\u00e7on de quanti er cette s\u00e9gr\u00e9gation sociale consiste \u00e0 mesurer le pourcentage d\u2019\u00e9coles \u00ab\u00a0ghettos\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019\u00e9tablissements pr\u00e9sentant une concentration particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e d\u2019\u00e9l\u00e8ves issus de cat\u00e9gories socio-\u00e9conomiques tr\u00e8s d\u00e9favoris\u00e9es (ou tr\u00e8s favoris\u00e9es). Si l\u2019on consid\u00e8re par exemple qu\u2019une \u00e9cole est \u00ab socialement s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9e \u00bb lorsque l\u2019indice socio-\u00e9conomique moyen de ses \u00e9l\u00e8ves s\u2019\u00e9carte de plus d\u2019un demi \u00e9cart-type de l\u2019indice socio-\u00e9conomique moyen du pays (ou de la communaut\u00e9 dans le cas de la Belgique), alors on observe qu\u2019en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie Bruxelles, 44\u00a0% des \u00e9tablissements sont de tels \u00ab ghettos de riches \u00bb (23\u00a0%) ou \u00ab de pauvres \u00bb (21\u00a0%). C\u2019est l\u00e0 le pourcentage le plus \u00e9lev\u00e9 parmi les 15 pays d\u2019Europe occidentale, apr\u00e8s le Luxembourg ((Hirtt 2014)).<\/p>\n<p>De nombreuses recherches ont montr\u00e9 l\u2019existence de liens entre in\u00e9galit\u00e9s de r\u00e9sultats et s\u00e9gr\u00e9gation. <strong>Christian Monseur<\/strong> et <strong>Marcel Crahay<\/strong> ont \u00e9tabli que \u00ab plus un syst\u00e8me \u00e9ducatif regroupe les \u00e9l\u00e8ves selon des crit\u00e8res acad\u00e9miques et\/ou sociaux, plus la diff\u00e9rence de rendement entre \u00e9l\u00e8ves d\u00e9- favoris\u00e9s et \u00e9l\u00e8ves favoris\u00e9s est importante \u00bb ((Monseur et Crahay 2008)). Ainsi que le soulignaient les auteurs d\u2019une premi\u00e8re analyse des r\u00e9sultats PISA 2009 pour la FWB, il y a en Belgique francophone de nombreuses \u00e9coles dont les scores moyens sont tr\u00e8s bons, \u00ab <em>sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de la Cor\u00e9e et de la Finlande, les deux premiers pays du classement<\/em> \u00bb. Mais, ajoutent ces chercheurs, \u00ab<em> le probl\u00e8me des autres \u00e9coles, c\u2019est qu\u2019elles concentrent les \u00e9l\u00e8ves en difficult\u00e9s, tant au niveau cognitif que socio\u00e9conomique<\/em> \u00bb ((Baye et al. 2010)).<\/p>\n<p>Sur la base d\u2019une analyse des r\u00e9sultats PISA 2012, <strong>Nico Hirtt<\/strong> ((Hirtt 2014)) a compar\u00e9 le pourcentage d\u2019\u00e9coles \u00ab s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9es \u00bb (au sens d\u00e9 ni plus haut) avec la moyenne g\u00e9om\u00e9trique de quatre indices d\u2019iniquit\u00e9 sociale des performances :<br \/>\nl&#8217;effet sur les points en math\u00e9matiques d\u2019une variation unitaire de l\u2019indice socio-\u00e9conomique, la part de la variance des points pouvant \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019origine socio-\u00e9conomique, l&#8217;\u00e9cart de r\u00e9sultat entre les 25\u00a0% d&#8217;\u00e9l\u00e8ves les plus favoris\u00e9s et les plus d\u00e9favoris\u00e9s, le gain en points si l&#8217;un des parents a un dipl\u00f4me de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat, illustr\u00e9 par la figure 1, montre une forte corr\u00e9lation (R2\u00a0=\u00a00,52) entre la s\u00e9gr\u00e9gation sociale et l\u2019in\u00e9galit\u00e9 sociale des performances. Le graphique permet d\u2019observer la situation tr\u00e8s particuli\u00e8re et peu enviable de la France et des deux (principaux) syst\u00e8mes \u00e9ducatifs belges ((Hirtt 2014)).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-8406 size-full\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image1.jpg\" width=\"450\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image1.jpg 450w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image1-150x150.jpg 150w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image1-300x300.jpg 300w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image1-420x420.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><em>Figure1 \u2014 S\u00e9gr\u00e9gation sociale et in\u00e9galit\u00e9s de r\u00e9sultats<\/em><\/p>\n<h2>S\u00e9gr\u00e9gation et quasi-march\u00e9<\/h2>\n<p>Quels sont les m\u00e9canismes responsables de cette s\u00e9paration des \u00e9l\u00e8ves en \u00e9coles diff\u00e9renci\u00e9es sur base de leur origine socio-culturelle\u00a0?<\/p>\n<p>Une partie de l\u2019explication r\u00e9side assur\u00e9ment dans la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle. Cependant, de nombreux auteurs ont observ\u00e9, en Belgique comme ailleurs, que le regroupement des \u00e9l\u00e8ves par origine sociale ne peut s\u2019expliquer enti\u00e8rement par les in\u00e9galit\u00e9s entre r\u00e9gions ou quartiers. La s\u00e9gr\u00e9gation scolaire est m\u00eame parfois sup\u00e9rieure \u00e0 la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p><strong>Bernard Delvaux<\/strong> et <strong>Eliz Serhadlioglu<\/strong> ont compar\u00e9 les distributions r\u00e9sidentielles et scolaires des enfants domicili\u00e9s et scolaris\u00e9s dans l\u2019enseignement fondamental \u00e0 Bruxelles, selon quatre crit\u00e8res : l\u2019indice socio-\u00e9conomique du secteur de r\u00e9sidence, le retard scolaire, le dipl\u00f4me de la m\u00e8re et la nationalit\u00e9. Ils notent tout d\u2019abord une importante polarisation sociale r\u00e9sidentielle : \u00ab <em>une part non n\u00e9gligeable des enfants vit dans des quartiers dont la composition sociale est soit tr\u00e8s d\u00e9favoris\u00e9e soit tr\u00e8s favoris\u00e9e. Ainsi, 11,1\u00a0% des enfants vivent dans des quartiers comptant moins de 72\u00a0% d\u2019EU15 alors que 10,6\u00a0% vivent dans des quartiers en comptant au moins 92\u00a0%<\/em> \u00bb ((Delvaux et Serhadlioglu 2014)). En analysant la corr\u00e9lation entre les variables de composition des quartiers et les variables \u00e9quivalentes de composition des \u00e9coles, les auteurs observent qu\u2019il y a bien \u00ab un lien entre les distributions r\u00e9sidentielle et scolaire \u00bb, mais que \u00ab ce lien n\u2019est pas aussi fort que ne le laisse supposer l\u2019affirmation souvent \u00e9nonc\u00e9e d\u2019un effet massif du r\u00e9sidentiel sur le scolaire \u00bb. Delvaux et Serhadlioglu soulignent \u00ab que la s\u00e9gr\u00e9gation v\u00e9cue par les enfants domicili\u00e9s et scolaris\u00e9s \u00e0 Bruxelles dans l\u2019enseignement fondamental est plus forte au plan scolaire que r\u00e9sidentiel \u00bb.<\/p>\n<p>Force est de conclure qu&#8217;il doit exister d&#8217;autres facteurs que les in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9sidentielles pour expliquer la tendance \u00e0 l&#8217;homog\u00e9n\u00e9isation sociale des \u00e9coles belges. Ainsi que le fait remarquer <strong>Marc Demeuse<\/strong>, \u00ab<em>alors que notre habitat est particuli\u00e8rement dense et les moyens de transports accessibles, toute une s\u00e9rie de m\u00e9canismes, li\u00e9s \u00e0 l\u2019organisation m\u00eame de la scolarit\u00e9, facilitent la concentration de publics homog\u00e8nes, au-del\u00e0 de ce que la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle pourrait laisser pr\u00e9voir<\/em> \u00bb ((Demeuse 2012)). Parmi ces m\u00e9canismes, la plupart d\u00e9coulent du libre march\u00e9 scolaire. Selon <strong>Christian Maroy<\/strong>, \u00ab <em>la majorit\u00e9 des \u00e9tudes tendent \u00e0 montrer que lorsque le libre choix des parents se combine \u00e0 une autonomie plus grande des \u00e9coles, en mati\u00e8re de \u201dtri\u201d \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des \u00e9l\u00e8ves ou en mati\u00e8re \u201dd\u2019offre scolaire\u201d, cela conduit \u00e0 une s\u00e9gr\u00e9gation accrue et partant \u00e0 des in\u00e9galit\u00e9s accrues<\/em> \u00bb ((Maroy 2007)).<\/p>\n<p>Dans un \u00abquasi-march\u00e9\u00bb scolaire, divers m\u00e9canismes peuvent concourir \u00e0 engendrer ou \u00e0 renforcer la s\u00e9gr\u00e9gation des \u00e9l\u00e8ves. En fonction de leurs relations familiales, professionnelles ou r\u00e9sidentielles, les parents (et les enfants) auront tendance \u00e0 se regrouper par affinit\u00e9 sociale. Les attentes socialement diff\u00e9renci\u00e9es des parents envers l&#8217;\u00c9cole et leur connaissance in\u00e9gale du syst\u00e8me scolaire tendent \u00e0 renforcer les in\u00e9galit\u00e9s entre \u00e9coles et \u00e0 accentuer leur caract\u00e8re social. De tels m\u00e9canismes \u00abd&#8217;auto-s\u00e9gr\u00e9gation\u00bb, de \u00abmise \u00e0 distance\u00bb et de \u00abrecherche de l\u2019entre soi\u00bb sont bien souvent plus puissants que les barri\u00e8res formelles, financi\u00e8res ou acad\u00e9miques, \u00e9lev\u00e9es par certains \u00e9tablissements pour s\u00e9lectionner leurs \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>La plupart des \u00e9tudes nationales et des \u00e9tudes comparatives internationales tendent ainsi \u00e0 souligner une liaison positive entre le libre march\u00e9 scolaire et les diverses formes de s\u00e9gr\u00e9gation scolaire. Deux pays nordiques, la Su\u00e8de et la Finlande, pourtant r\u00e9put\u00e9s pour le haut niveau d&#8217;\u00e9quit\u00e9 de leurs syst\u00e8mes \u00e9ducatifs, ont introduit des politiques de libre march\u00e9 scolaire au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies et diff\u00e9rents auteurs soulignent que cela a conduit \u00e0 une augmentation de la s\u00e9gr\u00e9gation et des in\u00e9galit\u00e9s ((Hirvenoja 2000, Wiborg 2010, B\u00f6hlmark et al. 2015)). L\u2019OCDE a d&#8217;ailleurs not\u00e9 qu\u2019entre 2000 et 2009, ces deux pays avaient connu un fort recul en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9quit\u00e9 scolaire, au contraire de la Norv\u00e8ge qui a conserv\u00e9 un syst\u00e8me contraignant d\u2019affectation des \u00e9l\u00e8ves aux \u00e9coles ((OECD 2013)).<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes comparatives bas\u00e9es sur l&#8217;enqu\u00eate PISA montrent, elles aussi, une \u00e9troite liaison entre s\u00e9gr\u00e9gation et quasi-march\u00e9 ((Dupriez et Dumay 2011, Demeuse et Baye 2008a, Hirtt 2003, 2007, 2014)). Dans une analyse bas\u00e9e sur les r\u00e9sultats de PISA 2003 et portant sur les pays d&#8217;Europe occidentale, <strong>Nico Hirtt<\/strong> a calcul\u00e9 pour chaque pays un \u00abindice de libert\u00e9 de choix\u00bb tenant compte de trois crit\u00e8res: les modes d&#8217;affectation des \u00e9l\u00e8ves aux \u00e9coles publiques, la part d&#8217;enseignement priv\u00e9 et public et la densit\u00e9 g\u00e9ographique de l&#8217;offre scolaire. Il a compar\u00e9 cet indice au degr\u00e9 de d\u00e9termination sociale des performances en math\u00e9matiques (calcul\u00e9 au moyen d&#8217;un rapport de chances: probabilit\u00e9 qu&#8217;un \u00e9l\u00e8ve d&#8217;ISE sup\u00e9rieur obtienne de meilleurs scores qu&#8217;un \u00e9l\u00e8ve d&#8217;ISE inf\u00e9rieur, divis\u00e9e par la probabilit\u00e9 inverse). Il est apparu que la corr\u00e9lation entre les deux variables est importante (R2=0,47) ) ((Hirtt 2007)).<\/p>\n<h2>Ce que propose l\u2019Aped<\/h2>\n<p>Face \u00e0 l&#8217;impact s\u00e9gr\u00e9gateur et in\u00e9galitaire du quasi-march\u00e9, des propositions ont vu le jour en Belgique, visant \u00e0 introduire des formes plus ou moins importantes de r\u00e9gulation des inscriptions scolaires. C&#8217;est ainsi que la F\u00e9d\u00e9ration Wallonie Bruxelles s&#8217;est dot\u00e9e d&#8217;un \u00abd\u00e9cret inscription\u00bb (2007), rebaptis\u00e9 \u00abd\u00e9cret mixit\u00e9 sociale\u00bb (2008), puis \u00e0 nouveau \u00abinscription\u00bb en 2010, lui-m\u00eame remani\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises jusqu&#8217;\u00e0 aujourd&#8217;hui. Si cette tentative de r\u00e9guler les inscriptions est historique, eu \u00e9gard \u00e0 l&#8217;attachement traditionnel de la Belgique \u00e0 la libert\u00e9 d&#8217;enseignement, elle reste cependant tr\u00e8s modeste.<\/p>\n<p>D&#8217;abord, le d\u00e9cret ne concerne qu&#8217;une seule des douze ann\u00e9es d&#8217;enseignement obligatoire: la premi\u00e8re secondaire (\u00e9l\u00e8ves \u00e2g\u00e9s de 12 ans). En particulier, l&#8217;enseignement fondamental, l\u00e0 o\u00f9 se creusent initialement les \u00e9carts entre \u00e9l\u00e8ves, continue d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 toute forme de r\u00e9gulation.<\/p>\n<p>Ensuite, ce d\u00e9cret continue de faire la part belle au march\u00e9 puisque l&#8217;affectation des \u00e9l\u00e8ves aux \u00e9coles est bas\u00e9e d&#8217;abord sur le libre choix de parents ; ce n&#8217;est qu&#8217;en cas de surpopulation scolaire que des r\u00e8gles de priorit\u00e9 \u2014\u00a0proximit\u00e9, fratries, \u00e9l\u00e8ves prioritaires&#8230; \u2014 entrent en jeu. \u00abLe libre choix reste le principe directeur\u00bb, soulignent <strong>Delvaux<\/strong> et <strong>Serhadlioglu<\/strong>, \u00ab<em>puisque les r\u00e8gles de priorit\u00e9 n\u2019interviennent qu\u2019en second lieu l\u00e0 o\u00f9 les demandes exc\u00e8dent le nombre de places tandis que les \u00e9coles, partiellement cadr\u00e9es en mati\u00e8re d\u2019inscription, conservent des marges de libert\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019orientation des \u00e9l\u00e8ves en cours de scolarit\u00e9<\/em>\u00bb ((Delvaux et Serhadlioglu 2014)).<\/p>\n<p>Enfin, le d\u00e9cret actuellement en vigueur vise moins nettement que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs un objectif de mixit\u00e9 sociale. Il vise avant tout \u00ab<em>une organisation \u00e9quitable transparente et simple des inscriptions en premi\u00e8re ann\u00e9e commune de l\u2019enseignement secondaire. Il doit faciliter la mobilit\u00e9 sociale, m\u00eame s\u2019il ne peut pr\u00e9tendre, \u00e0 lui seul, r\u00e9soudre ou bouleverser les stratifications urbaines, \u00e9conomiques, sociales. Il veille \u00e0 respecter, comme annonc\u00e9 dans la d\u00e9claration de politique gouvernementale, la libert\u00e9 des parents et l\u2019autonomie des acteurs et partenaires de l\u2019\u00e9cole<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019ils ne supprimaient pas la libert\u00e9 de choix, les d\u00e9crets en question n&#8217;ont pas manqu\u00e9 de buter sur de vives r\u00e9sistances de la part de certains parents. Cette r\u00e9sistance a \u00e9t\u00e9 d&#8217;autant plus forte que le d\u00e9cret n\u2019\u00e9tait pas de nature \u00e0 cr\u00e9er de la mixit\u00e9 sociale ou acad\u00e9mique dans toutes les \u00e9coles. Or, cette diversit\u00e9 r\u00e9elle ou suppos\u00e9e des \u00e9coles alimente pr\u00e9cis\u00e9ment la volont\u00e9 des parents de classes moyennes ou sup\u00e9rieures, mais aussi de certains parents de classes populaires, de pouvoir choisir librement leur \u00e9tablissement scolaire.<\/p>\n<p>La solution r\u00e9siderait-elle dans la mise en \u0153uvre d&#8217;une \u00abcarte scolaire\u00bb \u00e0 la fran\u00e7aise, qui assignerait d&#8217;autorit\u00e9 les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 un \u00e9tablissement proche de leur domicile? On peut en douter. La France qui pratique la carte scolaire (du moins dans l\u2019enseignement public) n\u2019est gu\u00e8re mieux plac\u00e9e que la F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles en termes d\u2019indices de s\u00e9gr\u00e9gation et d\u2019in\u00e9galit\u00e9s scolaires. Entre autres parce que cette carte scolaire est bas\u00e9e sur des crit\u00e8res exclusivement g\u00e9ographiques et ne recherche pas la mixit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>Ensuite, un tel projet est politiquement peu r\u00e9aliste dans un pays traditionnellement aussi attach\u00e9 \u00e0 la \u00ablibert\u00e9 d&#8217;enseignement\u00bb que l&#8217;est la Belgique. Qui plus est, un pays o\u00f9 plus de la moiti\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves fr\u00e9quente l&#8217;enseignement \u00ablibre\u00bb confessionnel. Pour avoir quelque efficacit\u00e9, une \u00abcarte scolaire\u00bb contraignante devrait s&#8217;\u00e9tendre \u00e0 tous les r\u00e9seaux, ce qui entrerait en contradiction avec le caract\u00e8re confessionnel de l&#8217;enseignement libre. Elle impliquerait donc la disparition des r\u00e9seaux, ce qui est certes un objectif souhaitable mais difficile \u00e0 r\u00e9aliser. Enfin, cette m\u00e9thode d&#8217;affectation sur base du seul domicile risque d&#8217;engendrer des ph\u00e9nom\u00e8nes de \u00abzapping r\u00e9sidentiel\u00bb: les familles qui en auront la possibilit\u00e9 \u00abfuiront\u00bb les quartiers populaires, renfor\u00e7ant derechef la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p>C&#8217;est pour sortir de ce dilemme que nous avons propos\u00e9, d\u00e8s 2007, la mise en place d&#8217;un syst\u00e8me innovant. L&#8217;id\u00e9e est de proposer aux parents, d\u00e8s le d\u00e9but de la scolarit\u00e9 obligatoire de leur enfant, une place garantie dans une entit\u00e9 scolaire. Les parents disposeraient d&#8217;un temps de r\u00e9flexion pour accepter ou refuser l&#8217;\u00e9cole propos\u00e9e. S\u2019ils acceptent, ils n\u2019auraient pas besoin d\u2019entreprendre de d\u00e9marches\u00a0: l\u2019inscription serait automatique et leur enfant b\u00e9n\u00e9ficierait de la gratuit\u00e9 du transport en commun de\/vers son \u00e9cole. En cas de refus, les parents seraient libres de chercher une place disponible dans une autre \u00e9cole de leur choix. L&#8217;originalit\u00e9 du projet est de pr\u00e9voir que les propositions d&#8217;\u00e9coles seraient faites en tenant compte non seulement de la proximit\u00e9 du domicile, mais \u00e9galement en fonction d&#8217;une qu\u00eate pro-active de mixit\u00e9 sociale. Ce crit\u00e8re est essentiel, non seulement parce que la mixit\u00e9 est justement l&#8217;objectif vis\u00e9, mais aussi parce que la cr\u00e9ation d&#8217;\u00e9coles fortement similaires est une condition sine qua non de la r\u00e9ussite du projet: si l&#8217;on veut que la majorit\u00e9 des parents acceptent l&#8217;\u00e9cole qui leur sera propos\u00e9e, il faut qu&#8217;ils aient la certitude d&#8217;y trouver un environnement \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quivalent \u00e0 celui de n&#8217;importe quel autre \u00e9tablissement de leur choix. L&#8217;Aped fait le pari que, dans ce cas, et dans ce cas seulement, la majorit\u00e9 des parents pr\u00e9f\u00e9reront la s\u00fbret\u00e9 d&#8217;une place garantie plut\u00f4t que le risque du march\u00e9 scolaire.<\/p>\n<p>Ajoutons que, dans le cadre de notre programme, une telle mesure devrait id\u00e9alement \u00eatre introduite conjointement avec la fusion des r\u00e9seaux officiels et libres en un unique r\u00e9seau d\u2019\u00e9coles publiques, neutres et autonomes (et dans le cas de Bruxelles, cela signifie aussi la fusion des r\u00e9seaux francophones et n\u00e9erlandophones en un unique r\u00e9seau bilingue), la prolongation du tronc commun jusque 15 ans, la s\u00e9paration g\u00e9ographique entre l\u2019enseignement de tronc commun et le secondaire sup\u00e9rieur, la r\u00e9duction des effectifs des classes et d\u2019autres dispositions encore. Cette \u00ab\u00e9cole commune\u00bb ne serait pas introduite du jour au lendemain, mais b\u00e2tie progressivement, d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, en commen\u00e7ant dans l\u2019enseignement maternel.<\/p>\n<p>Cependant, le m\u00e9canisme consistant \u00e0 proposer une \u00e9cole pourrait d\u00e9j\u00e0 \u00eatre mis en place ind\u00e9pendamment. Il faudrait alors demander pr\u00e9alablement aux parents s\u2019ils accepteraient une \u00e9cole confessionnelle (catholique, islamique, h\u00e9bra\u00efque\u2026) et\/ou une \u00e9cole pratiquant une p\u00e9dagogie particuli\u00e8re (Freinet, Montessori, Decroly\u2026). On veillerait ensuite \u00e0 ne pas proposer d\u2019\u00e9coles de ce type aux parents qui l\u2019auraient explicitement refus\u00e9.<\/p>\n<h2>Un programme qui marie proximit\u00e9 et mixit\u00e9<\/h2>\n<p>Il restait cependant \u00e0 v\u00e9rifier une chose : est-il r\u00e9ellement possible d&#8217;affecter les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 des entit\u00e9s scolaires proches de leurs domiciles et de telle sorte que les compositions sociales de ces \u00e9coles soient toutes mixtes, donc \u00e0 peu pr\u00e8s similaires? Afin de le v\u00e9rifier nous avons mis au point un logiciel charg\u00e9 d&#8217;attribuer une \u00e9cole \u00e0 chaque \u00e9l\u00e8ve, en cherchant \u00e0 optimiser \u00e0 la fois la proximit\u00e9 et la mixit\u00e9. Nous l&#8217;avons ensuite test\u00e9 sur des donn\u00e9es relatives \u00e0 Bruxelles. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient notre collaboration avec <strong>Bernard Delvaux<\/strong> (Girsef UCL), qui a accept\u00e9 de faire \u00ab\u00a0tourner\u00a0\u00bb notre programme sur une base de donn\u00e9es qu\u2019il avait utilis\u00e9e dans la cadre d\u2019une recherche financ\u00e9e par Innoviris et dont le but \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019analyser la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle et scolaire \u00e0 Bruxelles.<br \/>\nAffecter des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 une \u00e9cole proche de leur domicile, tout en assurant que chaque implantation obtienne une composition sociale aussi semblable que possible \u00e0 la composition moyenne bruxelloise, suppose en effet de disposer des informations suivantes:<\/p>\n<ul>\n<li>la localisation g\u00e9ographique des implantations scolaires<\/li>\n<li>le nombre de places disponibles dans chacune de ces implantations<\/li>\n<li>la localisation du domicile de chaque \u00e9l\u00e8ve<\/li>\n<li>un indice socio-\u00e9conomique (ISE) individuel pour chaque \u00e9l\u00e8ve<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour les deux derni\u00e8res donn\u00e9es, nous ne disposions que des valeurs moyennes du secteur r\u00e9sidentiel de l\u2019\u00e9l\u00e8ve. Nous avons donc d\u00fb attribuer \u00e0 chacun d\u2019eux une adresse et un ISE plausible, sur base des coordonn\u00e9es de son secteur et sur base des caract\u00e9ristiques socio-\u00e9conomiques de ce secteur. Le lecteur int\u00e9ress\u00e9 trouvera le d\u00e9tail de la m\u00e9thode utilis\u00e9e dans l\u2019\u00e9tude compl\u00e8te publi\u00e9e par le Girsef.<\/p>\n<p>Le logiciel d&#8217;affectation des \u00e9l\u00e8ves aux \u00e9coles travaille en deux temps. Durant la phase initiale, chaque \u00e9l\u00e8ve se voit attribuer une \u00e9cole proche de son domicile. Ensuite, durant la phase dite \u00ab\u00a0it\u00e9rative\u00bb, le logiciel cherche \u00e0 d\u00e9placer les \u00e9l\u00e8ves ou \u00e0 les permuter de fa\u00e7on \u00e0 optimiser un certain \u00e9quilibre entre la recherche de proximit\u00e9 et la qu\u00eate de mixit\u00e9 sociale (qui consiste \u00e0 rapprocher l\u2019ISE moyen et la distribution de l\u2019ISE de chaque \u00e9cole des moyennes bruxelloises).<\/p>\n<p>Des param\u00e8tres du logiciel permettent de privil\u00e9gier plut\u00f4t la proximit\u00e9 g\u00e9ographique ou la mixit\u00e9 sociale (param\u00e8tre kS), ou encore permettent de privil\u00e9gier la recherche d&#8217;un ISE scolaire proche de l&#8217;ISE moyen bruxellois ou la recherche d&#8217;une distribution optimale. (param\u00e8tre kQ)<\/p>\n<p>D\u2019autres param\u00e8tres permettent de choisir par le seuil de distance acceptable (S1) ou inacceptable (S2).<\/p>\n<h2>R\u00e9sultats<\/h2>\n<p>Au terme de nombreux essais, en affinant petit \u00e0 petit les param\u00e8tres du logiciel, nous sommes parvenus \u00e0 r\u00e9aliser une affectation des \u00e9l\u00e8ves qui marie admirablement proximit\u00e9 et mixit\u00e9.<\/p>\n<h3><em>Proximit\u00e9<\/em><\/h3>\n<p>Le tableau\u00a01 permet de comparer la situation r\u00e9elle en 2011 avec celle g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par notre logiciel. La distance moyenne domicile-\u00e9cole se trouve r\u00e9duite de 1\u00a0330 \u00e0 910\u00a0m seulement, avec un \u00e9cart-type deux fois plus petit. Alors qu&#8217;aujourd&#8217;hui 853 \u00e9l\u00e8ves fr\u00e9quentent une implantation distante de plus de 4\u00a0km, notre logiciel ram\u00e8ne l&#8217;\u00e9l\u00e8ve le plus \u00e9loign\u00e9 \u00e0 2856\u00a0m (contre 12,3\u00a0km actuellement). Quant aux \u00e9l\u00e8ves scolaris\u00e9s \u00e0 plus de de 2\u00a0km, leur nombre est divis\u00e9 par deux.<\/p>\n<p>[table caption=&#8221;Table 1 \u2014 Distance domicile-\u00e9cole au terme de 35000 it\u00e9rations&#8221; width=&#8221;100%&#8221; colwidth=&#8221;60%|20%|20%&#8221; colalign=&#8221;left|right|right&#8221;]<br \/>\n|Situation 2011|Situation g\u00e9n\u00e9r\u00e9e<br \/>\nDistance moyenne|1 330 m |910 m<br \/>\nEcart type des distances|1 496 m |698 m<br \/>\nDistance maximale|12 337 m |2 856 m<br \/>\nNombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves \u00e0 d &gt; 2 km|2 808 |1 483<br \/>\nNombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves \u00e0 d &gt; 4 km|853 |0<br \/>\n[\/table]<\/p>\n<p>L&#8217;am\u00e9lioration de la proximit\u00e9 s&#8217;observe encore plus clairement sur le graphique 2 o\u00f9 l&#8217;on peut comparer la distribution des distances domicile-\u00e9cole r\u00e9elles de 2011 (en pointill\u00e9) et la distribution obtenue au terme de l&#8217;ex\u00e9cution du programme (trait plein). On pourrait avoir l&#8217;impression, au vu du pic vers 2\u00a0000\u00a0m sur ce graphique, que les quelque 1\u00a0500 \u00e9l\u00e8ves les plus \u00e9loign\u00e9s ont simplement \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s pour se retrouver dans une implantation situ\u00e9e \u00e0 environ 2\u00a0km de leur domicile. En r\u00e9alit\u00e9, les changements d&#8217;affectation sont bien plus profonds: plusieurs milliers de mutations et de permutations d&#8217;\u00e9l\u00e8ves ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires pour obtenir ce r\u00e9sultat, tout en respectant le nombre de places disponibles dans chaque \u00e9cole.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/fig3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-8412 size-full\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/fig3.jpg\" width=\"375\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/fig3.jpg 375w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/fig3-150x150.jpg 150w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/fig3-300x300.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><\/a><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Figure 2 \u2014 Distribution des distances domicile-\u00e9cole<\/em><\/p>\n<p>Il est parfaitement possible d&#8217;am\u00e9liorer encore la proximit\u00e9. De r\u00e9duire par exemple la distance moyenne vers 700\u00a0m ou de diminuer, voire supprimer le \u00abpic\u00bb du graphique vers 2\u00a0000\u00a0m. Mais cela se fait forc\u00e9ment au d\u00e9triment de la mixit\u00e9 sociale, que nous avons voulu privil\u00e9gier dans cet exemple.<\/p>\n<h3><em>Mixit\u00e9 sociale<\/em><\/h3>\n<p>Le tableau\u00a02 permet de se rendre compte de l&#8217;efficacit\u00e9 du logiciel dans la cr\u00e9ation de mixit\u00e9 sociale. En 2011, les indices socio-\u00e9conomiques moyens des classes de premi\u00e8re primaire bruxelloises pr\u00e9sentaient un \u00e9cart-type, donc une dispersion, de 0,920. C\u2019est \u00e9norme, quand on sait que l\u2019\u00e9cart-type des ISE individuels bruxellois est de 1,3, : il y a donc presque autant d\u2019in\u00e9galit\u00e9 sociale entre \u00e9coles qu\u2019entre individus. Or, au terme des 35\u00a0000 it\u00e9rations de notre programme, cet \u00e9cart-type tombe \u00e0 0,398.<\/p>\n<p>[table caption=&#8221;Table 2 \u2014 Mixit\u00e9 sociale des \u00e9coles au terme de 35 000 it\u00e9rations&#8221; width=&#8221;100%&#8221; colwidth=&#8221;60%|20%|20%&#8221; colalign=&#8221;left|right|right&#8221;]<br \/>\n|Situation 2011|Situation g\u00e9n\u00e9r\u00e9e<br \/>\nEcart-type des ISE d\u2019\u00e9coles (pond\u00e9r\u00e9)|0,920|0,398<br \/>\nIndices de s\u00e9gr\u00e9gation sociale:||<br \/>\n25 % les moins favoris\u00e9s|0,370|0,130<br \/>\n25 % les plus favoris\u00e9s|0,406|0,197<br \/>\n[\/table]<\/p>\n<p>Ce \u00abresserrement\u00bb de la distribution des ISE d&#8217;\u00e9coles est bien visible sur le graphique 3. Il s&#8217;agit de la distribution des ISE scolaires (pond\u00e9r\u00e9e ici encore par les effectifs de chaque implantation). Le graphique d\u00e9crit donc la probabilit\u00e9 pour un \u00e9l\u00e8ve de se trouver dans une \u00e9cole d&#8217;un certain ISE. La ligne pointill\u00e9e est la situation r\u00e9elle en 2011, la ligne pleine est le r\u00e9sultat du programme d&#8217;affectation. Alors qu\u2019aujourd\u2019hui les indices socio-\u00e9conomiques des \u00e9coles s\u2019\u00e9talent en proportion \u00e9gales de -2 (tr\u00e8s pauvre) \u00e0 +1 (riche), nous sommes parvenus \u00e0 amener la grande majorit\u00e9 des \u00e9coles dans une \u00ab\u00a0fourchette\u00a0\u00bb comprise entre -1 et 0,8. Ce resserrement de la distribution est la preuve que la mixit\u00e9 sociale est possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8410 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image2.jpg\" alt=\"\" width=\"375\" height=\"375\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image2.jpg 375w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image2-150x150.jpg 150w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/image2-300x300.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><\/a><em>Figure 3 \u2014 Distribution pond\u00e9r\u00e9e des ISE d&#8217;\u00e9coles<\/em><\/p>\n<p>Les indices de s\u00e9gr\u00e9gation sont les pourcentages d\u2019\u00e9l\u00e8ves appartenant aux 25% les plus pauvres (ou les plus riches) qu\u2019il faudrait changer d\u2019\u00e9cole pour obtenir leur r\u00e9partition \u00e9gale dans tous les \u00e9tablissements. Dans la deuxi\u00e8me partie du tableau\u00a02 on peut constater que ces indices de s\u00e9gr\u00e9gation se trouvent sensiblement r\u00e9duits gr\u00e2ce \u00e0 notre proc\u00e9dure d\u2019affectation. La s\u00e9gr\u00e9gation des moins favoris\u00e9s est divis\u00e9e par trois (de 0,37 \u00e0 0,13) , celle des plus favoris\u00e9s est divis\u00e9e par deux (de 0,41 \u00e0 0,20). En d&#8217;autres mots, le programme (et la configuration sociale et g\u00e9ographique des effectifs scolaires bruxellois) permet de faire en sorte que les \u00e9l\u00e8ves des cat\u00e9gories les plus pauvres se retrouvent \u00e0 peu pr\u00e8s en proportions \u00e9gales dans tous les \u00e9tablissements. Le r\u00e9sultat est un peu moins bon pour les \u00e9l\u00e8ves des milieux les plus ais\u00e9s. Cela s&#8217;explique par la structure socio-r\u00e9sidentielle de la capitale. La zone centrale pauvre est dens\u00e9ment peupl\u00e9e, mais elle a une faible extension g\u00e9ographique et il est donc relativement facile d&#8217;y d\u00e9placer des \u00e9l\u00e8ves pour obtenir une composition mixte des \u00e9coles: \u00ables quartiers centraux d\u00e9favoris\u00e9s sont en fin de compte, dans la majorit\u00e9 des cas, assez peu \u00e9loign\u00e9s de quartiers plus favoris\u00e9s\u00bb notent Delvaux et Serhadlioglu. En revanche, les zones \u00abriches\u00bb ext\u00e9rieures sont \u00e9tendues et de faible densit\u00e9. Il est donc plus difficile d&#8217;y concilier proximit\u00e9 et mixit\u00e9. C&#8217;est sans doute ce qui explique la subsistance de quelques \u00abghettos riches\u00bb au terme du processus d&#8217;affectation des \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>Pareillement, le graphique 3 montre que les \u00e9coles concentrant des publics particuli\u00e8rement d\u00e9favoris\u00e9s ont disparu au terme de l&#8217;ex\u00e9cution du programme (aucune \u00e9cole n&#8217;a un ISE inf\u00e9rieur \u00e0 -1,5, contrairement \u00e0 ce qui est le cas aujourd&#8217;hui). En revanche, il subsiste quelques \u00e9coles \u00e0 concentration de publics ais\u00e9s (ISE sup\u00e9rieur \u00e0 0), mais elles concernent beaucoup moins d&#8217;\u00e9l\u00e8ves qu&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<h3><em>La fin des \u00e9coles ghettos<\/em><\/h3>\n<p>Le tableau 3 illustre fort bien cette quasi-disparition des \u00ab\u00e9coles ghettos\u00bb. Pour le construire, nous avons r\u00e9parti les implantations en dix cat\u00e9gories, D1 \u00e0 D10, selon leur ISE moyen. Les seuils qui d\u00e9terminent ces dix cat\u00e9gories sont les seuils de classement des \u00e9l\u00e8ves par d\u00e9cile socio-\u00e9conomique. En d&#8217;autres mots, les \u00e9coles qui appartiennent, par exemple, \u00e0 la cat\u00e9gorie D4, ont un ISE moyen du m\u00eame ordre que celui des \u00e9l\u00e8ves du quatri\u00e8me d\u00e9cile socio-\u00e9conomique. Si les \u00e9coles avaient une composition sociale quasiment identique, elles appartiendraient toutes aux cat\u00e9gories centrales D5 et D6. Attention: le tableau n&#8217;indique pas le pourcentage d&#8217;\u00e9coles de chaque cat\u00e9gorie mais le pourcentage d&#8217;\u00e9l\u00e8ves qui fr\u00e9quentent une \u00e9cole de cette cat\u00e9gorie.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/table.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8713\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/table.jpg\" alt=\"\" width=\"924\" height=\"403\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/table.jpg 924w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/table-300x131.jpg 300w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/table-768x335.jpg 768w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/table-696x304.jpg 696w\" sizes=\"auto, (max-width: 924px) 100vw, 924px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Tableau 3 \u2014 la fin des \u00e9coles ghettos<\/em><\/p>\n<p>La diff\u00e9rence entre la situation r\u00e9elle (en 2011) et la situation g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par le logiciel d&#8217;affectation des \u00e9l\u00e8ves est frappante. En 2011, seul un tiers des \u00e9l\u00e8ves fr\u00e9quentaient une \u00e9cole des classes centrales D5 ou D6. Au terme de l&#8217;ex\u00e9cution du programme, pas moins de trois quarts des \u00e9l\u00e8ves sont dans une \u00e9cole de ces deux cat\u00e9gories. Le processus d&#8217;affectation est parvenu \u00e0 placer 94\u00a0% des \u00e9l\u00e8ves dans les \u00e9coles relativement mixtes appartenant aux quatre classes centrales. Il ne reste plus aucun \u00e9l\u00e8ve scolaris\u00e9 dans un \u00abghetto pauvre\u00bb (classes D1 \u00e0 D3), alors qu&#8217;ils \u00e9taient plus de 21\u00a0% dans la r\u00e9alit\u00e9 de 2011. Et s&#8217;il reste quelque 6\u00a0% d&#8217;\u00e9l\u00e8ves dans des \u00e9coles \u00e0 forte concentration de publics favoris\u00e9s (les \u00abghettos riches\u00bb des cat\u00e9gories D8, D9 et D10), c&#8217;est nettement moins que les 20\u00a0% de la r\u00e9alit\u00e9 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-8714 size-large\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1-1024x657.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"411\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1-1024x657.jpg 1024w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1-300x192.jpg 300w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1-768x492.jpg 768w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1-696x446.jpg 696w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1-1068x685.jpg 1068w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1-655x420.jpg 655w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/carte-1.jpg 1109w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Figure 4 \u2014 ISE des \u00e9coles (rouge = ghettos pauvres ; vert = parfaite mixit\u00e9 ; bleu = ghettos riches)<\/em><\/p>\n<p>Cette r\u00e9alit\u00e9 peut \u00eatre mise en cartes. La figure 4 repr\u00e9sente l&#8217;ensemble des \u00e9coles primaires bruxelloises. La clart\u00e9 des points est une fonction lin\u00e9aire de l&#8217;ISE moyen des \u00e9coles. On observe fort bien que, dans la situation originelle (image de gauche), il y a beaucoup d&#8217;\u00e9coles \u00abnoires\u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire ayant un ISE moyen tr\u00e8s faible, au centre de la r\u00e9gion bruxelloise et plusieurs \u00e9coles \u00abblanches\u00bb, particuli\u00e8rement dans la zone sud-est de la R\u00e9gion. Au contraire, l&#8217;image de droite, produite au terme de l&#8217;ex\u00e9cution du programme, pr\u00e9sente des \u00e9coles beaucoup moins contrast\u00e9es. Les points noirs centraux ont disparu et les points blancs sont devenus gris. Il subsiste cependant des \u00e9coles plus claires dans les secteurs au sud-est de la R\u00e9gion: cela traduit la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 que les quelques \u00abghettos de riches\u00bb du tableau 3.<\/p>\n<p>L\u2019ensemble de ces r\u00e9sultat conforte solidement les propositions de l\u2019Aped en mati\u00e8re de lutte contre le march\u00e9 scolaire. Evidement, il reste pas mal de probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9gler. Par exemple, le calcul de la proximit\u00e9 devrait id\u00e9alement prendre en compte non pas la distance, mais les temps de parcours \u00e0 pied ou en transport en commun. Il faudrait aussi d\u00e9montrer que des r\u00e9sultats aussi positifs peuvent \u00eatre obtenus dans d\u2019autres grandes villes comme Anvers, Li\u00e8ge, Gand ou Charleroi. Il reste surtout \u00e0 affiner notre argumentaire, afin de r\u00e9pondre aux inqui\u00e9tudes l\u00e9gitimes des parents. Mais au moins la preuve est faite que l\u2019iniquit\u00e9 de notre syst\u00e8me \u00e9ducatif n\u2019est pas une fatalit\u00e9. C\u2019est avant toute chose une question de courage politique.<\/p>\n<h2>Conclusions et perspectives<\/h2>\n<p>En montrant qu\u2019\u00e0 distribution r\u00e9sidentielle inchang\u00e9e, il est possible de r\u00e9duire sensiblement la s\u00e9gr\u00e9gation scolaire observ\u00e9e aujourd\u2019hui, l\u2019\u00e9tude que nous avons effectu\u00e9e confirme que la s\u00e9gr\u00e9gation scolaire n\u2019est pas le pur reflet de la s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle. Elle montre \u00e9galement sans ambigu\u00eft\u00e9 que, dans le contexte de l\u2019enseignement primaire ordinaire bruxellois, il est th\u00e9oriquement possible de r\u00e9duire significativement la s\u00e9gr\u00e9gation des publics scolaires sans \u2013 bien au contraire \u2013 accro\u00eetre la distance parcourue actuellement par les enfants entre leur domicile et leur \u00e9cole. En d\u00e9pit du caract\u00e8re impr\u00e9cis de certaines donn\u00e9es de base, notre d\u00e9monstration est convaincante parce que ces conclusions r\u00e9sistent aux variations des divers param\u00e8tres que, par mesure de pr\u00e9caution, nous avions introduites dans l\u2019algorithme. Ce qui laisse supposer que si on appliquait le m\u00eame logiciel \u00e0 des donn\u00e9es plus r\u00e9centes et plus pr\u00e9cises en termes d\u2019identification du domicile et d\u2019individualisation de l\u2019indice socio-\u00e9conomique, ces m\u00eames conclusions s\u2019imposeraient. Elles s\u2019imposeraient \u00e9galement tr\u00e8s probablement si, au lieu de nous limiter \u00e0 l\u2019enseignement primaire ordinaire, nous avions aussi consid\u00e9r\u00e9 l\u2019enseignement maternel et l\u2019enseignement sp\u00e9cialis\u00e9.<\/p>\n<p>Une telle d\u00e9monstration conforte la proposition de l\u2019Appel pour une \u00e9cole d\u00e9mocratique consistant \u00e0 proposer \u00e0 chaque famille une \u00e9cole tout en lui laissant la possibilit\u00e9 de demander ensuite une autre affectation. Elle la conforte notamment parce qu\u2019il appara\u00eet d\u00e9sormais possible de proposer des \u00e9coles beaucoup moins diff\u00e9rentes qu\u2019aujourd\u2019hui en termes de composition sociale. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une condition indispensable pour que les demandes d\u2019autres affectations ne soient pas trop nombreuses et qu\u2019on puisse ainsi \u00e9carter le risque que se reconstitue de la sorte la s\u00e9gr\u00e9gation des publics que l\u2019on aurait \u00e9vit\u00e9e au terme du dispositif automatis\u00e9 d\u2019affectation.<\/p>\n<p>Pour autant, plusieurs questions subsistent. La premi\u00e8re concerne la g\u00e9n\u00e9ralisation de ces conclusions \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gions ou niveaux d\u2019enseignement. Il est cependant probable que, au moins dans d\u2019autres r\u00e9gions urbanis\u00e9es caract\u00e9ris\u00e9es par une forte densit\u00e9 de l\u2019offre scolaire, les conclusions persisteraient, y compris en int\u00e9grant dans l\u2019enseignement fondamental le sp\u00e9cialis\u00e9 et le maternel ou en s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 l\u2019enseignement secondaire. Il conviendrait cependant de le v\u00e9rifier. De m\u00eame faudrait-il prendre en compte les flux entre bassins, que nous n\u2019avons pas pris en compte puisque nous nous sommes limit\u00e9s aux \u00e9l\u00e8ves bruxellois scolaris\u00e9s \u00e0 Bruxelles, n\u00e9gligeant de la sorte les \u00absortants\u00bb peu nombreux (2,2\u00a0% des r\u00e9sidents du fondamental) et les \u00abentrants\u00bb, nettement plus nombreux (12,4\u00a0% des scolaris\u00e9s du fondamental) ((Delvaux &amp; Serhadlioglu 2014)).<\/p>\n<p>Pour convaincre le politique de mettre en \u0153uvre le dispositif pr\u00e9conis\u00e9 par l\u2019Aped, il conviendrait \u00e9galement de montrer que les personnes souhaitant remettre en question l\u2019offre qui leur serait faite ne seraient pas trop nombreuses et que leurs demandes ne conduiraient pas \u00e0 une baisse significative du niveau de mixit\u00e9 atteint avant prise en consid\u00e9ration de ces demandes. La moindre diff\u00e9renciation des \u00e9coles en termes socio-\u00e9conomiques (et sans doute, dans la foul\u00e9e, en termes ethniques) serait sans conteste de nature \u00e0 rassurer les familles et donc \u00e0 r\u00e9duire ce nombre de demandes. Mais ce param\u00e8tre n\u2019est pas le seul pris en compte lors du choix d\u2019\u00e9cole. Il conviendrait donc d\u2019estimer le nombre de personnes qui demanderaient une autre \u00e9cole pour des raisons tenant par exemple au r\u00e9seau d\u2019appartenance de l\u2019\u00e9cole, \u00e0 la p\u00e9dagogie qu\u2019elle promeut, \u00e0 la qualit\u00e9 suppos\u00e9e de son corps professoral ou de sa direction, \u00e0 la volont\u00e9 farouche de maintenir un entre soi, ou encore \u00e0 la recherche d\u2019une \u00e9cole proche de lieu de travail (ou des grands-parents) plut\u00f4t que du domicile. Concernant le r\u00e9seau, les pouvoirs publics ne peuvent \u00e9videmment pas s&#8217;engager \u00e0 trouver une place pour chacun dans une \u00e9cole d&#8217;une confession sp\u00e9cifique. Ce n&#8217;est pas leur r\u00f4le. Mais en \u00e9vitant de proposer une \u00e9cole confessionnelle \u00e0 ceux qui ne le souhaitent pas, on limite la probabilit\u00e9 de voir des parents refuser l&#8217;\u00e9tablissement propos\u00e9.<\/p>\n<p>Il est probable que ces crit\u00e8res seraient davantage mobilis\u00e9s par les cat\u00e9gories les plus favoris\u00e9es de la population et que les choix de substitution se concentreraient sur certaines \u00e9coles. On peut d\u00e8s lors \u00e9mettre l&#8217;hypoth\u00e8se \u2014\u00a0\u00e0 v\u00e9rifier toutefois \u2014 , que ces demandes auraient un impact faible sur l\u2019objectif de mixit\u00e9, puisque ces parents ne trouveraient plus sur le march\u00e9 scolaire que des \u00e9tablissements ayant une proportion \u00e0 peu pr\u00e8s \u00ab normale \u00bb d\u2019enfants des classes populaires.<\/p>\n<p>Outre ces questions sur le lien entre dispositif et niveau final de mixit\u00e9, d\u2019autres questions peuvent porter sur l\u2019impact de la plus grande mixit\u00e9 des \u00e9coles sur la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s. Certes, un faisceau convergent d\u2019\u00e9tudes pr\u00e9sent\u00e9es dans la premi\u00e8re partie de notre texte tend \u00e0 montrer l\u2019existence d\u2019une relation positive entre degr\u00e9 de mixit\u00e9 des \u00e9coles et mesures d\u2019\u00e9galit\u00e9, mais nous avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 que cette relation positive n\u2019\u00e9tait pas automatique et supposait une approche syst\u00e9mique du changement afin d\u2019agir sur les variables contextuelles ou m\u00e9diatrices pour qu\u2019elles renforcent plut\u00f4t qu\u2019elles ne freinent l\u2019impact de la mixit\u00e9 sur les r\u00e9sultats scolaires.<\/p>\n<p>Pour autant, rappelons que la recherche d\u2019une plus grande mixit\u00e9 ne doit pas \u00eatre seulement justifi\u00e9e au nom de son impact sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 de r\u00e9sultats. L\u2019impact potentiel de la mixit\u00e9 sur la socialisation doit \u00e9galement \u00eatre pris en compte et devrait sans doute l\u2019\u00eatre davantage m\u00eame si, comme pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des r\u00e9sultats, l\u2019impact positif n\u2019est pas absolument garanti et d\u00e9pend aussi d\u2019autres variables contextuelles ou m\u00e9diatrices.<\/p>\n<p>La qualit\u00e9 des justifications est essentielle. Pour \u00eatre mise en \u0153uvre, la proposition de l\u2019Aped doit en effet parvenir \u00e0 convaincre de nombreux acteurs que ses repr\u00e9sentations et attentes ne proviennent pas d&#8217;un a priori favorable \u00e0 la mixit\u00e9 des \u00e9coles ou \u00e0 l\u2019intervention des autorit\u00e9s publiques dans le processus de r\u00e9partition des \u00e9l\u00e8ves entre \u00e9coles. La preuve qu\u2019apporte la pr\u00e9sente \u00e9tude conforte sans nul doute la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la proposition, mais d\u2019autres arguments doivent compl\u00e9ter l\u2019argumentaire si l\u2019on veut esp\u00e9rer d\u00e9gager une majorit\u00e9 politique en faveur d\u2019un tel dispositif.<\/p>\n<h3>R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<ul>\n<li>Allen, R. (2008), Choice-based secondary school admissions in England : Social stratification and the distribution of educational outcomes, Other, Institute of Education, University of London.<\/li>\n<li>Allen, R. (2010), \u2018School autonomy and social segregation\u2019.<\/li>\n<li>Allen, R. &amp; Burgess, S. (2010), The future of competition and accountability in education., Technical report.<\/li>\n<li>Aped (2007), \u2018Vers l\u2019\u00e9cole commune. Programme en dix points pour une r\u00e9forme de l\u2019enseignement en Belgique.\u2019.<\/li>\n<li>Baye, A., Demonty, I., Lafontaine, D., Matoul, A. &amp; Monseur, C. (2010), \u2018Lecture \u00e0 15 ans. Premiers r\u00e9sultats de PISA 2009\u2019, Les Cahiers des Sciences de l\u2019\u00c9ducation (31).<\/li>\n<li>B\u00f6hlmark, A., Holmlund, H., Lindahl, M. &amp; others (2015), School choice and segregation : Evidence from Sweden, Technical report.<\/li>\n<li>Danhier, J. (2015), \u2018La s\u00e9gr\u00e9gation, un mal belge ?\u2019, Equal opportunities.<\/li>\n<li>Danhier, J., Jacobs, D., Devleeshouwer, P., Martin, E. &amp; Alarcon, A. (2014), \u2018Vers des \u00e9coles de qualit\u00e9 pour tous ? Analyse des r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019enqu\u00eate PISA 2012 en Flandre et en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles\u2019.<\/li>\n<li>Delvaux, B. (2005), S\u00e9gr\u00e9gation scolaire dans un contexte de libre choix et de s\u00e9gr\u00e9gation r\u00e9sidentielle, in M. Demeuse, A. Baye, M.-H. Straeten, J. Nicaise &amp; A. Matoul, eds, \u2018Vers une \u00e9cole juste et efficace\u2019, De Boeck Sup\u00e9rieur, pp. 275\u2013296.<\/li>\n<li>Delvaux, B. (2011), \u2018Nationalit\u00e9 et parcours scolaire en Belgique francophone\u2019, Les cahiers de recherche du Girsef (86).<\/li>\n<li>Delvaux, B., Bouchat, T.-M. &amp; Hindryckx, G. (2008), \u2018Espace local et choix du lieu de scolarisation dans l\u2019enseignement fondamental\u2019, Les Cahiers de Recherche en Education (64).<\/li>\n<li>Delvaux, B. &amp; Joseph, M. (2006), \u2018Hi\u00e9rarchie scolaire et comp\u00e9tition entre \u00e9coles : le cas d\u2019un espace local belge\u2019, Revue fran\u00e7aise de p\u00e9dagogie. Recherches en \u00e9ducation (156), 19\u201327.<\/li>\n<li>Delvaux, B. &amp; Serhadlioglu, E. (2014), \u2018La s\u00e9gr\u00e9gation scolaire, re et d\u00e9form\u00e9 de la s\u00e9gr\u00e9gation urbaine Diff\u00e9renciation des milieux de vie des enfants bruxellois\u2019, Cahiers du Girsef (100).<\/li>\n<li>Demeuse, M. (2012), \u2018Une s\u00e9gr\u00e9gation dans notre syst\u00e8me scolaire ?\u2019, Eduquer (87).<\/li>\n<li>Demeuse, M. &amp; Baye, A. (2008a), \u2018Indicateurs d\u2019\u00e9quit\u00e9 \u00e9ducative. Une analyse de la s\u00e9gr\u00e9gation acad\u00e9mique et sociale dans les pays europ\u00e9ens\u2019, Revue fran\u00e7aise de p\u00e9da- gogie. Recherches en \u00e9ducation (165), 91\u2013103.<\/li>\n<li>Demeuse, M. &amp; Baye, A. (2008b), \u2018Mesurer et comparer l\u2019\u00e9quit\u00e9 des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs en Europe\u2019, \u00c9ducation et formations 78 (Novembre), 137\u2013149.<\/li>\n<li>Dumay, X., Dupriez, V. &amp; Maroy, C. (2010), \u2018S\u00e9gr\u00e9gation entre \u00e9coles, effets de la composition scolaire et in\u00e9galit\u00e9s de r\u00e9sultats\u2019, Revue fran\u00e7aise de sociologie Vol. 51(3), 461\u2013 480.<\/li>\n<li>Dupriez, V. &amp; Dumay, X. (2011), \u2018Les quasi-march\u00e9s scolaires : au b\u00e9n\u00e9fice de qui?\u2019, Revue fran\u00e7aise de p\u00e9dagogie. Recherches en \u00e9ducation (176), 83\u2013100.<\/li>\n<li>Feintuck, M. &amp; Stevens, R. (2013), School Admissions and Accountability : Planning, Choice Or Chance ?, Policy Press.<\/li>\n<li>Friant, N. (2016), Choix de l\u2019\u00e9cole et s\u00e9gr\u00e9gations scolaires dans un espace local en Belgique francophone, Technical report, Universit\u00e9 de Mons (UMONS) Institut d\u2019Administration Scolaire.<\/li>\n<li>Gorard, S., Taylor, C. &amp; Fitz, J. (2000), \u2018A re-examination of segregation indices in terms of compositional invariance\u2019, Social Research Update (30).<\/li>\n<li>Hirtt, N. (2003), In\u00e9galit\u00e9s sociales, semi-march\u00e9s, sous-financement, fili\u00e8res&#8230; La catastrophe scolaire belge, Appel pour une \u00e9cole d\u00e9mocratique.<\/li>\n<li>Hirtt, N. (2007), Impact de la libert\u00e9 de choix sur l\u2019\u00e9quit\u00e9 des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs ouest-europ\u00e9ens, Appel pour une \u00e9cole d\u00e9mocratique.<\/li>\n<li>Hirtt, N. (2014), PISA 2012 sans fard et sans voile. Pourquoi les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs de Belgique et de France sont-ils les champions de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 sociale ?, Appel pour une \u00e9cole d\u00e9mocratique.<\/li>\n<li>Hirvenoja, P. (2000), Families in the \u2019Public-markets\u2019 : School choice in the comprehensive school, Edinburgh.<\/li>\n<li>Jacobs, D., Danhier, J., Devleeshouwer, P. &amp; Rea, A. (2013), In\u00e9galit\u00e9 sociale, s\u00e9gr\u00e9gation et performance de l\u2019enseignement obligatoire en Belgique, in P. Maystadt, E. Cantillon, L. Denayer, P. Pestieau, B. V. der Linden &amp; M. Cattelain, eds, \u2018Le Mod\u00e8le Social Belge : Quel Avenir ? Actes Du 20\u00e8me Congr\u00e8s Des \u00c9conomistes de Langue Fran\u00e7aise\u2019, ULB \u2013 Universit\u00e9 Libre de Bruxelles.<\/li>\n<li>Jacobs, D., Rea, A. &amp; Hanquinet, L. (2007), Performances des \u00e9l\u00e8ves issus de l\u2019immigration en Belgique selon l\u2019\u00e9tude PISA : Une comparaison entre la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise et la Communaut\u00e9 amande, Fondation Roi Baudouin.<\/li>\n<li>Lafontaine, D. &amp; Monseur, C. (2011), \u2018Quasi march\u00e9, m\u00e9canismes de s\u00e9gr\u00e9gation sociale et acad\u00e9mique en Communaut\u00e9 fran\u00e7aise de Belgique\u2019, Education Compar\u00e9e 6.<\/li>\n<li>Maroy, C. (2007), \u2018Pourqoi et comment r\u00e9guler le march\u00e9 scolaire?\u2019, Les Cahiers de Recherche en Education (55).<\/li>\n<li>Monseur, C. &amp; Crahay, M. (2008), \u2018Composition acad\u00e9mique et sociale des \u00e9tablisse- ments, e cacit\u00e9 et in\u00e9galit\u00e9s scolaires : une comparaison internationale\u2019, Revue fran\u00e7aise de p\u00e9dagogie. Recherches en \u00e9ducation (164), 55\u201366.<\/li>\n<li>OECD (2013), \u2018Are Countries Moving Towards More Equitable Education Systems ?\u2019, PISA in Focus 02.<\/li>\n<li>Taylor, C. (2009), \u2018Choice, Competition, and Segregation in a United Kingdom Urban Education Market\u2019, American Journal of Education 115(4), 549\u2013568.<\/li>\n<li>Walford, G. (1996), School Choice and the Quasi-Market, Symposium Books Ltd.<\/li>\n<li>Walford, G. (2000), School Choice, Equity and Social Exclusion in England and Wales, in J. Sayer &amp; J. L. Vanderhoeven, eds, \u2018School Choice, Equity and Social Exclusion in Europe\u2019, Garant, Leuven.<\/li>\n<li>Whitty, G. &amp; Power, S. (2001), \u2018Devolution and choice in education. The research evidence to date\u2019, Zeitschrift f\u00fcr P\u00e4dagogik (43).<\/li>\n<li>Wiborg, S. (2010), \u2018Swedish Free Schools : Do they work ?\u2019, Centre for Learning and Life Chances in Knowledge Economies and Societies- Research Paper (18).<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9tude scientifique r\u00e9alis\u00e9e conjointement par Nico Hirtt (Aped) et Bernard Delvaux (Girsef) d\u00e9montre la faisabilit\u00e9 des propositions de l&#8217;Aped en mati\u00e8re de lutte contre la s\u00e9gr\u00e9gation scolaire : proposer aux parents une \u00e9cole proche et socialement mixte, plut\u00f4t que de laisser jouer seulement le march\u00e9 scolaire. 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