{"id":707,"date":"2007-11-10T20:17:39","date_gmt":"2007-11-10T19:17:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=707"},"modified":"2017-01-13T16:34:16","modified_gmt":"2017-01-13T15:34:16","slug":"des-enseignants-japonais-refusent-de-se-soumettre-a-lhymne-et-au-drapeau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2007\/11\/10\/des-enseignants-japonais-refusent-de-se-soumettre-a-lhymne-et-au-drapeau\/","title":{"rendered":"Des enseignants japonais refusent de se soumettre \u00e0 l&#8217;hymne et au drapeau"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Chaque ann\u00e9e, \u00e0 Tokyo, sont sanctionn\u00e9s les enseignants qui n&#8217;ob\u00e9issent pas \u00e0 une notification du Comit\u00e9 de l&#8217;instruction publique. Cette notification du 23\/10\/2003 impose aux enseignants de se lever pour chanter l&#8217;hymne nationale lors de la c\u00e9r\u00e9monie scolaire. Mais elle est contestable pour certains, car ce chant peut \u00e9voquer l&#8217;histoire sombre du Japon ; il a accompagn\u00e9 l&#8217;arm\u00e9e japonaise tout au long de sa guerre au d\u00e9but du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent. Les enseignants ayant ces convictions professionnelles invitent leurs \u00e9l\u00e8ves \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la signification de l&#8217;hymne et choisissent eux-m\u00eames de ne pas se soumettre \u00e0 la notification. Aux yeux de leur hi\u00e9rarchie, ces comportements sont inacceptables. Leurs r\u00e9sistances sont consid\u00e9r\u00e9es comme infractions \u00e0 la discipline. D&#8217;o\u00f9 la situation de plus en plus inqui\u00e9tante de ces enseignants.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-706\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2007\/11\/arton422.jpg\" width=\"399\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2007\/11\/arton422.jpg 399w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2007\/11\/arton422-300x237.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 399px) 100vw, 399px\" \/><\/p>\n<p>Au Japon, nous n&#8217;avons pas de lecture de la lettre de Guy M\u00f4quet, mais il existe une vieille coutume \u00e0 l&#8217;\u00e9cole pour organiser la \u00ab c\u00e9r\u00e9monie \u00bb d&#8217;accueil des \u00e9l\u00e8ves en d\u00e9but d&#8217;ann\u00e9e scolaire et celle de la remise des dipl\u00f4mes de fin d&#8217;ann\u00e9e. Lors de ces c\u00e9r\u00e9monies o\u00f9 tous les \u00e9l\u00e8ves sont convi\u00e9s aux c\u00f4t\u00e9s des enseignants et des parents d&#8217;\u00e9l\u00e8ves, l&#8217;administration a impos\u00e9 une \u00ab coutume \u00bb qui veut qu&#8217;en pr\u00e9sence du drapeau japonais soit interpr\u00e9t\u00e9 l&#8217;hymne national au piano, tandis que l&#8217;assistance debout chante en ch\u0153ur.<\/p>\n<p>Ce drapeau japonais (un rond rouge sur fond blanc), dit Hinomaru (Soleil Levant), est celui qui accompagna l&#8217;arm\u00e9e japonaise tout au long de sa guerre d&#8217;agression sauvage en Asie et dans le Pacifique. Quant \u00e0 l&#8217;hymne national, dit Kimigayo (le r\u00e8gne de Sa Majest\u00e9), la musique en fut compos\u00e9e au XIX\u00e8me si\u00e8cle pour c\u00e9l\u00e9brer la gloire de l&#8217;Empereur, le texte invoquant l&#8217;\u00e9ternit\u00e9 du r\u00e8gne imp\u00e9rial.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la d\u00e9faite de la Seconde Guerre mondiale, le Japon s&#8217;est dot\u00e9 en 1947 d&#8217;une Constitution d\u00e9mocratique et pacifique ainsi que d&#8217;une Loi cadre sur l&#8217;\u00e9ducation. Celle-ci visait notamment \u00e0 limiter le contr\u00f4le abusif de l&#8217;\u00e9ducation par l&#8217;administration et emp\u00eacher d&#8217;\u00e9ventuelles tentatives de mise au pas des enseignants par l&#8217;Etat. Ses r\u00e9dacteurs n&#8217;oubliaient pas que l&#8217;id\u00e9ologie nationaliste et militariste profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans le syst\u00e8me \u00e9ducatif d&#8217;avant-guerre avait habitu\u00e9 la population \u00e0 ob\u00e9ir aveugl\u00e9ment aux autorit\u00e9s pour soutenir l&#8217;effort de guerre, chaque Japonais devant m\u00eame se tenir pr\u00eat, le moment venu, \u00e0 \u00ab mourir pour l&#8217;Empereur et la nation \u00bb.<\/p>\n<p>Il faut rappeler que l&#8217;empereur Hirohito non seulement ne fut pas inqui\u00e9t\u00e9 lors du proc\u00e8s de Tokyo (sa responsabilit\u00e9 dans la Seconde Guerre mondiale fut \u00e9touff\u00e9e par d\u00e9cision des \u00c9tats-Unis) mais qu&#8217;il devint m\u00eame le \u00ab symbole de la nation et du peuple japonais\u00bb. De la m\u00eame fa\u00e7on, ni le drapeau ni l&#8217;hymne ne furent chang\u00e9s apr\u00e8s la guerre, malgr\u00e9 les protestations d&#8217;une partie de la population<\/p>\n<p>Il y a donc un malaise&#8230; Certains enseignants jugent qu&#8217;on ne doit pas leur imposer de cautionner ce qui reste \u00e0 leurs yeux des symboles de la guerre d&#8217;agression japonaise. C&#8217;est la raison pour laquelle ils se sont toujours abstenus de se lever, comme de chanter, lors des c\u00e9r\u00e9monies o\u00f9 l&#8217;hymne \u00e9tait jou\u00e9. Ils justifiaient ce choix par \u00ab la libert\u00e9 de pens\u00e9e et de conscience des individus \u00bb garantie par la Constitution (article 19) ainsi que par la Loi cadre sur l&#8217;\u00e9ducation (dans sa version 1947).<\/p>\n<h2>Sous l&#8217;influence du r\u00e9visionnisme, le nationalisme est de retour<\/h2>\n<p>Cependant on constate au Japon, depuis une dizaine d&#8217;ann\u00e9es, une r\u00e9habilitation spectaculaire de th\u00e8ses r\u00e9visionnistes virulentes qui visent \u00e0 nier ou \u00e0 minimiser les atrocit\u00e9s et les crimes commis par le Japon pendant la p\u00e9riode de sa domination coloniale en Asie puis lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce r\u00e9visionnisme est appuy\u00e9 par un puissant courant politique (au sein du PLD, le parti conservateur au pouvoir) et certains milieux \u00e9conomiques. Il se diffuse au travers de grands groupes de la presse \u00e9crite et audiovisuelle qui sont tr\u00e8s influents, ce qui aboutit \u00e0 ressusciter un \u00ab nationalisme soft \u00bb en progression chez les jeunes g\u00e9n\u00e9rations (par ailleurs en majorit\u00e9 ignorantes de l&#8217;histoire de leur pays). C&#8217;est dans ce contexte que les gouvernements successifs et certaines collectivit\u00e9s locales tentent d&#8217;affermir un nouveau pouvoir de contr\u00f4le sur l&#8217;\u00e9ducation.<\/p>\n<p>Pour m\u00e9moire, en 1999, le gouvernement Obuchi fit passer une loi \u00e9tablissant le drapeau et l&#8217;hymne national. Avant cette loi d\u00e9j\u00e0, de plus en plus d&#8217;\u00e9coles publiques, ob\u00e9issant aux directives du Minist\u00e8re de tutelle, avaient d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;imposer \u00e0 leurs enseignants de se lever par \u00ab devoir \u00bb pour chanter l&#8217;hymne national. Toutefois, en r\u00e9ponse aux critiques de l&#8217;opposition, le Premier ministre expliqua lors d&#8217;une s\u00e9ance \u00e0 la Chambre des repr\u00e9sentants que le gouvernement n&#8217;entendait pas r\u00e9tablir l&#8217;obligation de hisser le drapeau national \u00e0 l&#8217;\u00e9cole.<\/p>\n<p>Or, une enseignante de coll\u00e8ge public \u00e0 Tokyo, Mme Kimiko Nezu (prononcer \u00ab N\u00e9sou \u00bb), s&#8217;est vue sanctionner pour la premi\u00e8re fois en mars 1994 par son autorit\u00e9 de comp\u00e9tence, le Comit\u00e9 de l&#8217;instruction publique de Tokyo, pour avoir simplement baiss\u00e9 le drapeau national que le proviseur avait fait hisser contre la d\u00e9cision du conseil des professeurs. Depuis lors, l&#8217;administration pr\u00e9texte toutes sortes de raisons pour s&#8217;acharner contre elle. Ainsi son cours sur les \u00ab femmes de r\u00e9confort \u00bb (les victimes de l&#8217;esclavage sexuel) de l&#8217;arm\u00e9e japonaise a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 \u00ab hors de sa comp\u00e9tence \u00bb. En plus des sanctions \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition (bl\u00e2mes, r\u00e9ductions de son salaire, suspension), le Comit\u00e9 l&#8217;a mut\u00e9e dans un coll\u00e8ge \u00e9loign\u00e9 \u00e0 plus de 4 heures  aller- retour de chez elle.<\/p>\n<p>En octobre 2003, c&#8217;est ce m\u00eame Comit\u00e9 de l&#8217;instruction de Tokyo, appuy\u00e9 par le maire (M.Ishihara), qui promulgue la notification d\u00e9crivant en d\u00e9tail les \u00ab modalit\u00e9s pour les c\u00e9r\u00e9monies dans les \u00e9tablissements scolaires publics \u00bb. Ainsi est-il stipul\u00e9 que l&#8217;enseignant qui n&#8217;ob\u00e9irait pas aux instructions du proviseur \u00e0 ce sujet verrait sa responsabilit\u00e9 de fonctionnaire remise en cause (notification du 23\/10\/2003). Depuis, les sanctions pleuvent&#8230; Bien \u00e9videmment pour Mme Nezu qui persiste \u00e0 refuser de se lever au son de l&#8217;hymne national, mais aussi pour Mme Junko Kawara\u00ef, enseignante \u00e9ducatrice sp\u00e9cialis\u00e9e d&#8217;enfants handicap\u00e9s \u00e0 Tokyo, qui a \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 2003 \u00e0 cause de ses cours d&#8217;\u00e9ducation sexuelle, et qui continue comme Mme Nezu \u00e0 rester assise pendant qu&#8217;on diffuse l&#8217;hymne Kimigayo. Dans certains lyc\u00e9es publics de Tokyo, des enseignants en pr\u00e9retraite qui ne s&#8217;\u00e9taient pas lev\u00e9s pendant la c\u00e9r\u00e9monie n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s l&#8217;ann\u00e9e suivante, ce qui revient dans les faits \u00e0 une r\u00e9vocation pure et simple. Ce sont, \u00e0 ce jour, 388 enseignants qui ont \u00e9t\u00e9 ainsi sanctionn\u00e9s.<\/p>\n<h2>La situation des enseignants de plus en plus inqui\u00e9tante<\/h2>\n<p>Ces enseignants ont naturellement port\u00e9 plainte contre l&#8217;administration. En plus de ces proc\u00e8s visant \u00e0 obtenir l&#8217;annulation de leurs sanctions un peu partout au Japon, un groupe d&#8217;enseignants de Tokyo a engag\u00e9 en janvier 2004 un \u00ab proc\u00e8s en pr\u00e9vention des sanctions \u00bb contre le Comit\u00e9 d&#8217;instruction publique et le maire de Tokyo. En se fondant sur la libert\u00e9 de pens\u00e9e, de conscience et d&#8217;expression garantie par la Constitution, les plaignants (plus de 400 actuellement) ont  demand\u00e9 que la notification du 23\/10\/2003 soit retir\u00e9e au motif de son anticonstitutionnalit\u00e9. Le 21 septembre 2006, la Cour r\u00e9gionale de Tokyo a rendu un jugement historique, en premi\u00e8re instance, qui donnait raison aux plaignants. Elle a en effet jug\u00e9 que la notification du 23\/10\/2003 et les sanctions prises par le Comit\u00e9 d&#8217;instruction public de Tokyo \u00e0 l&#8217;encontre des enseignants correspondaient \u00e0 un \u00ab contr\u00f4le abusif de l&#8217;administration \u00bb interdit par la Loi cadre sur l&#8217;\u00e9ducation (article 10), et \u00e9taient de nature \u00e0 entraver la libert\u00e9 individuelle garantie par la Constitution. L&#8217;administration a aussit\u00f4t fait appel de ce jugement.<\/p>\n<p>Paradoxalement, malgr\u00e9 cette victoire, la situation des enseignants s&#8217;est aggrav\u00e9e. Fin 2006, les deux chambres japonaises ont vot\u00e9 une r\u00e9forme de la Loi cadre  sur l&#8217;\u00e9ducation  qui r\u00e9introduit le contr\u00f4le de l&#8217;\u00c9tat sur le syst\u00e8me \u00e9ducatif en abolissant l&#8217;article 10. De plus, elle impose d&#8217;enseigner \u00ab le patriotisme \u00bb et \u00ab la morale \u00bb, en \u00e9tablissant pr\u00e9cis\u00e9ment les obligations des parents et des collectivit\u00e9s locales. En bref, une loi fortement impr\u00e9gn\u00e9e de relents nationalistes d&#8217;avant-guerre. Ajoutons \u00e0 cela le jugement de la Cour supr\u00eame de justice (\u00e9quivalent de la Cour de cassation en France), rendu le 27 f\u00e9vrier 2007, dans le proc\u00e8s intent\u00e9 par une institutrice de Tokyo, sanctionn\u00e9e en 1999 pour avoir refus\u00e9 de jouer au piano le Kimigayo, et qui donna d\u00e9finitivement tort \u00e0 l&#8217;enseignante, au motif que les instructions du proviseur \u00e9taient conformes \u00e0 la Constitution. Cette jurisprudence ainsi que la nouvelle Loi cadre sur l&#8217;\u00e9ducation n&#8217;augurent rien de bon pour les enseignants actuellement sanctionn\u00e9s.<\/p>\n<p>C&#8217;est dans ce contexte extr\u00eamement inqui\u00e9tant qu&#8217;est n\u00e9, \u00e0 l&#8217;initiative de citoyens japonais, un comit\u00e9 de soutien \u00e0 deux enseignantes (Mme Nezu et Mme Kawara\u00ef) consid\u00e9r\u00e9es comme embl\u00e9matiques car les plus lourdement sanctionn\u00e9es.<\/p>\n<h2>Notre solidarit\u00e9 avec la r\u00e9sistance des enseignants japonais<\/h2>\n<p>Mme Nezu, qui a subi cette ann\u00e9e sa dixi\u00e8me sanction, la suspension de six mois, risque cette fois la r\u00e9vocation au cas o\u00f9 elle refuserait de se lever pour l&#8217;hymne Kimigayo en mars prochain, et il est probable qu&#8217;elle persiste dans son refus. Mme Kawara\u00ef, elle, ayant \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9e par trois mois de suspension, encourt cette fois une suspension de six mois.<\/p>\n<p>Quoique faisant l&#8217;objet d&#8217;une s\u00e9rie de suspension de poste, Mme Nezu a entam\u00e9 une r\u00e9sistance originale : elle se rend avec une petite pancarte et des tracts pour expliquer le motif de sa suspension devant l&#8217;entr\u00e9e du coll\u00e8ge o\u00f9 elle aurait d\u00fb enseigner. Saluant chacun des \u00e9l\u00e8ves et des enseignants, elle accepte de dialoguer avec tous ceux qui le souhaitent. Le proviseur, ses assistants et quelques parents d&#8217;\u00e9l\u00e8ves voudraient la d\u00e9courager (en faisant appel \u00e0 la police), mais elle tient bon. Progressivement, quelques parents et \u00e9l\u00e8ves ont commenc\u00e9 \u00e0 l&#8217;assurer de leur soutien. Mme Kawara\u00ef a, de son c\u00f4t\u00e9, effectu\u00e9 pendant sa suspension un tour du Japon cette ann\u00e9e pour attirer l&#8217;attention sur ce probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Persuad\u00e9es que la coercition reste la pire des pratiques lorsqu&#8217;on se destine \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation, elles ont toujours privil\u00e9gi\u00e9 l&#8217;imagination dans leur p\u00e9dagogie, en faisant preuve d&#8217;un grand int\u00e9r\u00eat pour leur m\u00e9tier comme en t\u00e9moignent leurs anciens \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>Dans un climat politique et social o\u00f9 la libert\u00e9 d&#8217;expression est de plus en plus \u00e9touff\u00e9e pour les \u00ab \u00e9l\u00e9ments contestataires \u00bb, cette minorit\u00e9 courageuse d&#8217;enseignants japonais a choisi d&#8217;entrer en lutte contre des abus de pouvoir flagrants de la part de l&#8217;administration relay\u00e9e par leur hi\u00e9rarchie.<\/p>\n<p>Mme Nezu, Mme Kawara\u00ef et d&#8217;autres personnes dans la m\u00eame situation doivent affronter les cons\u00e9quences d&#8217;une politique de plus en plus r\u00e9pressive et autoritaire qui utilise l&#8217;acharnement cruel et syst\u00e9matique, n&#8217;h\u00e9sitant pas \u00e0 employer des humiliations et des pers\u00e9cutions dignes d&#8217;une \u00e9poque que l&#8217;on pouvait croire r\u00e9volue.<\/p>\n<p>Enfin, devant le faible soutien de leur syndicat, ces enseignants n&#8217;ont d&#8217;autre choix que d&#8217;engager une r\u00e9sistance  qui, bien qu&#8217;isol\u00e9e, exprime leur conscience de l&#8217;enjeu : la d\u00e9fense de l&#8217;une des principales conditions d&#8217;exercice de la d\u00e9mocratie. C&#8217;est la raison pour laquelle nous avons souhait\u00e9 attirer l&#8217;attention sur leur combat au-del\u00e0 du Japon dans l&#8217;espoir que se manifeste une large solidarit\u00e9 internationale.<\/p>\n<p>Un film documentaire d&#8217;Akira Matsubara et de Yumi Sasaki, \u00ab Kimigayo Fukiritsu \u00bb (Refus de se lever pour le Kimigayo), qui retrace les principales \u00e9tapes de cette lutte est r\u00e9guli\u00e8rement projet\u00e9 \u00e0 travers tout le Japon depuis novembre 2006. Il a permis de recueillir un nombre non n\u00e9gligeable de soutien pour ces enseignants. Une version sous-titr\u00e9e en anglais, \u00ab Against coercion \u00bb a \u00e9galement permis de sensibiliser des enseignants am\u00e9ricains et canadiens qui commencent \u00e0 exprimer leur soutien. En f\u00e9vrier dernier, suite \u00e0 une projection de ce film \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Paris-Diderot, plusieurs messages de soutien avaient \u00e9t\u00e9 adress\u00e9s \u00e0 Mme Nezu et Kawara\u00ef.<\/p>\n<p>Merci de nous aider \u00e0 \u00e9largir ce premier r\u00e9seau de solidarit\u00e9 \u00e0 toute la France et \u00e0 d&#8217;autres pays europ\u00e9ens. <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/vpress.la.coocan.jp\/nezu-french.html\">Signez la p\u00e9tition en ligne ici<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque ann\u00e9e, \u00e0 Tokyo, sont sanctionn\u00e9s les enseignants qui n&#8217;ob\u00e9issent pas \u00e0 une notification du Comit\u00e9 de l&#8217;instruction publique. Cette notification du 23\/10\/2003 impose aux enseignants de se lever pour chanter l&#8217;hymne nationale lors de la c\u00e9r\u00e9monie scolaire. Mais elle est contestable pour certains, car ce chant peut \u00e9voquer l&#8217;histoire sombre du Japon ; il a accompagn\u00e9 l&#8217;arm\u00e9e japonaise tout au long de sa guerre au d\u00e9but du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent. Les enseignants ayant ces convictions professionnelles invitent leurs \u00e9l\u00e8ves \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la signification de l&#8217;hymne et choisissent eux-m\u00eames de ne pas se soumettre \u00e0 la notification. Aux yeux de leur hi\u00e9rarchie, ces comportements sont inacceptables. Leurs r\u00e9sistances sont consid\u00e9r\u00e9es comme infractions \u00e0 la discipline. 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