{"id":67,"date":"2002-07-25T00:00:00","date_gmt":"2002-07-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=67"},"modified":"2002-07-25T00:00:00","modified_gmt":"2002-07-24T23:00:00","slug":"de-jean-paul-a-jean-pascal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2002\/07\/25\/de-jean-paul-a-jean-pascal\/","title":{"rendered":"De &#8220;Jean-Paul&#8221; \u00e0 &#8220;Jean-Pascal&#8221;"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Depuis des ann\u00e9es, certains coll\u00e8gues et moi-m\u00eame nous interrogeons au sujet du degr\u00e9 de conditionnement de la t\u00e9l\u00e9vision sur l&#8217;esprit de nos \u00e9l\u00e8ves. Le d\u00e9veloppement, ces derniers temps, d&#8217;un cort\u00e8ge de joutes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es a fr\u00e9quemment suscit\u00e9 nos lectures, aliment\u00e9 nos \u00e9changes critiques. Un lundi apr\u00e8s-midi comme les autres, une classe de 7\u00e8me professionnelle et un professeur qui tente d&#8217;expliquer l&#8217;existentialisme ath\u00e9e de Sartre. Soudain, une intervention : &#8220;Arr\u00eate un peu, esp\u00e8ce de Jean-Pascal !&#8221; Une br\u00e8ve enqu\u00eate et mes lacunes &#8220;culturelles&#8221; sont combl\u00e9es. &#8220;Mais enfin monsieur, il s&#8217;agit de la vedette de l&#8217;\u00e9mission &#8220;Star Acad\u00e9my&#8221;. Quelques jours plus tard, une lourde plaisanterie autour du &#8220;Maillon Faible&#8221; de la classe ouvrait d\u00e9finitivement la voie \u00e0 ces quelques r\u00e9flexions.<\/p>\n<p><strong>C&#8217;est mon choix<\/strong><\/p>\n<p>Une confrontation succincte et un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 la fa\u00e7ade anodine s&#8217;av\u00e9raient en fait tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateurs.<br \/>\nEn effet, les propos de la plupart de mes \u00e9l\u00e8ves louaient les vertus du libre choix individuel comme condition et reflet d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 pleinement d\u00e9mocratique. Ce &#8220;relativisme subjectif &#8221; tr\u00e8s contemporain justifiait la discussion tout en cl\u00f4turant le champ d&#8217;un r\u00e9el d\u00e9bat. &#8220;Monsieur, nous sommes des personnes responsables&#8221;. D\u00e8s lors, laisser faire et laisser passer les \u00e9v\u00e9nements t\u00e9l\u00e9visuels au gr\u00e9 des souhaits de tout un chacun devenait la devise quasi unanime de mon public scolaire. &#8220;Vous, monsieur, si cela vous d\u00e9range \u00e0 ce point, eh bien ! Changez de programme, choisissez une autre activit\u00e9 !&#8221; Il suffit de zapper et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes &#8220;d\u00e9mocratiques&#8221;. Donc, &#8220;Star Acad\u00e9my&#8221;, le &#8220;Maillon Faible&#8221;, &#8220;Qui sera millionnaire ?&#8221; \u2026&#8221;C&#8217;est mon choix&#8221; !<\/p>\n<p><strong>Un discours spontan\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui pose une premi\u00e8re question, c&#8217;est qu&#8217;on retrouve cette m\u00eame rh\u00e9torique dans les propos des producteurs, diffuseurs et pr\u00e9sentateurs de tous ces jeux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s aussi diff\u00e9rents dans la conception qu&#8217;uniformes sur le fond. Plus surprenant encore (de prime abord), l&#8217;important soutien apport\u00e9 par la presse sp\u00e9cialis\u00e9e \u00e0 ce genre d&#8217;\u00e9missions. Les observations sont tout au plus formelles et, en r\u00e9alit\u00e9, s&#8217;assimilent essentiellement \u00e0 des op\u00e9rations de &#8220;marketing journalistique&#8221;. Des int\u00e9r\u00eats ostensiblement convergents f\u00e9d\u00e8rent, presque naturellement, tout ce microcosme, n\u00e9anmoins tr\u00e8s puissant et influent, du monde \u00e9conomico-t\u00e9l\u00e9visuel. En effet, on sait combien les soci\u00e9t\u00e9s de presse, de production de jeux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, d&#8217;\u00e9missions musicales sont li\u00e9es entre elles par divers contrats de partenariat, de sponsoring\u2026.Nous y reviendrons plus loin.<\/p>\n<p><strong>Un \u00e9dito comme tant d&#8217;autres<\/strong><\/p>\n<p>Parmi les diff\u00e9rentes analyses du ph\u00e9nom\u00e8ne &#8220;Star Acad\u00e9my&#8221; parues dans la presse dite &#8220;populaire&#8221;, celle du T\u00e9l\u00e9pro (1) m&#8217;a sembl\u00e9 particuli\u00e8rement embl\u00e9matique de la tendance dominante. Un ton ironique, un espace d&#8217;expression fort r\u00e9duit, un contenu populiste, des affirmations d\u00e9magogiques qui sonnent comme des injures \u00e0 la plus \u00e9l\u00e9mentaire des d\u00e9marches intellectuelles et\u2026le d\u00e9cor est ainsi tristement plant\u00e9. Le plus inqui\u00e9tant, c&#8217;est la dimension repr\u00e9sentative de cet \u00e9ditorial dont voici de g\u00e9n\u00e9reux extraits : &#8220;Quand on est s\u00e9rieux, chers lecteurs, on ne regarde pas ce genre de divertissement pour ce qu&#8217;il est. Non, on analyse le ph\u00e9nom\u00e8ne. On parle de vie par procuration, de d\u00e9viances psychologiques, de voyeurisme. Les &#8220;intellos&#8221; ne se laissent pas hypnotiser par les sir\u00e8nes de la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9. Or, les participants de ces \u00e9missions, sans doute contestables \u00e0 certains points de vue, sont tous majeurs et vaccin\u00e9s\u2026 Ne vous laissez pas impressionner par les accros \u00e0 ARTE&#8221; . Finalement elle conclut: &#8220;En moyenne 0.4 % de t\u00e9l\u00e9spectateurs sont branch\u00e9s sur la cha\u00eene culturelle. Ils ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e8s de 20 % \u00e0 consommer la Star Acad\u00e9my sur TF1.&#8221;<br \/>\nDe ces quelques lignes transpirent, \u00e0 mes yeux, cinq id\u00e9es fondamentales qui caract\u00e9risent, pour une bonne part, le discours ambiant d&#8217;une pr\u00e9tendue culture de masse. Soulignons, en guise d&#8217;avant-propos, que l&#8217;\u00e9ditorialiste ne pr\u00e9cise nullement ses doutes quant aux aspects contestables de ce type de production dont &#8220;Star Acad\u00e9my&#8221; n&#8217;est qu&#8217;un exemple.<br \/>\n1\/ On souligne abondamment l&#8217;absence d&#8217;une quelconque dimension id\u00e9ologique dans ces produits t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, pr\u00e9sent\u00e9s comme les fruits du r\u00e9alisme et des d\u00e9sirs populaires.<br \/>\n2\/ Nous pouvons \u00e9galement constater l&#8217;offensive radicale \u00e0 l&#8217;\u00e9gard non seulement de la d\u00e9marche critique et rationnelle mais aussi envers ceux qui la cultivent et la manifestent. Dans ce type de presse, la croisade contre les &#8220;intellos&#8221; devient une sorte de classique. On se h\u00e2te de stigmatiser l&#8217;\u00e9litisme, l&#8217;archa\u00efsme, la duplicit\u00e9 ainsi que l&#8217;anachronisme de ces quelques observateurs en mal de reconnaissance qui d\u00e9cid\u00e9ment ne comprendront jamais rien aux attentes &#8220;populaires&#8221;.<br \/>\n3\/ On retrouve ici les apparences d&#8217;un expos\u00e9 ouvert qui se drape dans l&#8217;illusion d\u00e9mocratique du paysage visuel. En effet, on esquive le v\u00e9ritable d\u00e9bat avec les intellectuels en les laissant libres d&#8217;exprimer leurs opinions sur des cha\u00eenes culturelles et th\u00e9matiques au taux d&#8217;\u00e9coute confidentiel.<br \/>\n4\/ La libert\u00e9, le sens des responsabilit\u00e9s des participants sont mis en \u00e9vidence comme pour balayer d&#8217;un revers de la main toute forme d&#8217;\u00e9valuation rationnelle. En outre, aucune interrogation critique n&#8217;est formul\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 et la port\u00e9e de concepts aussi philosophiquement controvers\u00e9s que la libert\u00e9 et la responsabilit\u00e9. Dans la foul\u00e9e de ses maintes l\u00e9g\u00e8ret\u00e9s intellectuelles, la r\u00e9dactrice en chef du T\u00e9l\u00e9pro affirme que la majorit\u00e9 l\u00e9gale conduit &#8220;ipso facto&#8221; \u00e0 la maturit\u00e9 n\u00e9cessaire pour une appr\u00e9ciation, un discernement fiable et responsable. Il me semble qu&#8217;une telle &#8220;argumentation&#8221; p\u00e2lirait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s intens\u00e9ment devant les exp\u00e9riences quotidiennes de beaucoup de parents, de professeurs du secondaire et du sup\u00e9rieur.<br \/>\n5\/ Examinons maintenant le dernier point des consid\u00e9rations de l&#8217;observatrice du T\u00e9l\u00e9pro. C&#8217;est autour des crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation d&#8217;une \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, r\u00e9v\u00e9l\u00e9s par Pierre Bourdieu(2), que s&#8217;articulera la fin de cette d\u00e9notation critique. Le sociologue fran\u00e7ais rapporte dans son ouvrage que la l\u00e9gitimit\u00e9 d&#8217;une production ou d&#8217;une reproduction t\u00e9l\u00e9 d\u00e9pend &#8220;in fine&#8221; du pl\u00e9biscite de l&#8217;audimat. L&#8217;infaillibilit\u00e9 \u00e9valuative de l&#8217;opinion publique s&#8217;\u00e9rige en dogme. La dimension collective et populaire de ce genre de verdict renforce, spontan\u00e9ment, le mirage d\u00e9mocratique de tous ces succ\u00e8s t\u00e9l\u00e9visuels. Elle att\u00e9nue aussi sensiblement les \u00e9ventuels griefs qu&#8217;on pourrait adresser aux divers concepteurs, artisans et acteurs de ces jeux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s. Fondamentalement, cela d\u00e9douane les responsables d&#8217;une remise en question quant aux implications \u00e9conomiques, sociologiques et culturello-id\u00e9ologiques des divertissements de la t\u00e9l\u00e9vision contemporaine. C&#8217;est donc l&#8217;audimat gagnant qui devient la justification ultime et la cons\u00e9cration du label de qualit\u00e9 de nos \u00e9crans des loisirs.<\/p>\n<p><strong>Du mythe de la libert\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Dans le champ t\u00e9l\u00e9visuel, nous trouvons parfois des espaces de discussion qui se veulent de relatives autocritiques. Par exemple, &#8220;Qu&#8217;en dites-vous ?&#8221; RTBF, &#8220;Arr\u00eat sur images&#8221; FR5, &#8220;L&#8217;Hebdo du M\u00e9diateur&#8221; FR2. Ou encore lors d&#8217;\u00e9missions comme &#8220;l&#8217;Ecran T\u00e9moin&#8221; ou &#8220;Ca se discute.&#8221; La plupart du temps, on ne fait au mieux qu&#8217;effleurer les causes et les effets fondamentaux. De la sorte, on conforte la bonne conscience professionnelle du microcosme de l&#8217;image sans qu&#8217;il risque le moindre p\u00e9ril en sa demeure. Pierre Bourdieu d\u00e9montre comment une critique sociologique s\u00e9rieuse peut nous \u00e9clairer sur le mythe de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative des d\u00e9bats t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s &#8220;r\u00e9put\u00e9s parmi les plus s\u00e9rieux&#8221;. Que dire alors des autres ? Tr\u00e8s rarement, on retrouve les conditions de temps de parole, de choix des invit\u00e9s et d&#8217;animation susceptibles de d\u00e9mocratiser la forme et le fond des \u00e9changes d&#8217;id\u00e9es et de projets. Ou alors, l&#8217;exception qui confirme la r\u00e8gle survient sur des cha\u00eenes culturelles \u00e0 l&#8217;occasion d&#8217;\u00e9v\u00e9nements particuliers et, le plus souvent, \u00e0 des heures confidentielles. Par exemple, l&#8217;entretien entre G\u00fcnter Grass et Bourdieu diffus\u00e9 sur ARTE lors du d\u00e9c\u00e8s de l&#8217;intellectuel fran\u00e7ais.<br \/>\nAjoutons enfin la controverse juridique qui caract\u00e9rise certains contrats de la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9. En effet, l&#8217;analyse par un juriste (souhaitant rester anonyme) (3) des contrats du &#8220;Loft1&#8221; soulignent deux probl\u00e8mes fondamentaux. Tout d&#8217;abord, les candidats renoncent \u00e0 tout libre arbitre, \u00e0 leur libert\u00e9 d&#8217;aller et venir, \u00e0 leur libert\u00e9 d&#8217;expression ainsi qu&#8217;\u00e0 leurs droits \u00e0 l&#8217;image et au respect de la vie priv\u00e9e. Ensuite, les contrats r\u00e9dig\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 de production d&#8217;Arthur (ASP) d\u00e9signent l&#8217;agent artistique qui g\u00e9rera et n\u00e9gociera la carri\u00e8re artistique publicitaire, m\u00e9diatique et de mannequinat des &#8220;lofteurs&#8221;. Comme on peut le constater, il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;une v\u00e9ritable charte pour le respect des responsabilit\u00e9s et libert\u00e9s individuelles\u2026<\/p>\n<p><strong>Des contradictions du t\u00e9l\u00e9spectateur &#8211; citoyen<\/strong><\/p>\n<p>Comme nous l&#8217;ass\u00e8nent les auteurs et critiques du paysage audio-visuel ludique, le t\u00e9l\u00e9spectateur &#8220;moyen&#8221; devient le symbole de la perspicacit\u00e9, de la critique et de la maturit\u00e9 intellectuelle responsable. Comment, d\u00e8s lors, pourrait-on encore contester, discuter, ou m\u00eame nuancer son jugement \u00e9clair\u00e9 ? Ne serait-ce pas l\u00e0 offenser la clairvoyance de la sagesse populaire ? Selon les pr\u00e9tendues analyses des revues t\u00e9l\u00e9, il faudrait se prononcer entre les choix du peuple et l&#8217;\u00e9litisme, l&#8217;herm\u00e9tisme, le sectarisme parfois, des &#8220;marginaux&#8221; de l&#8217;esprit. Mais sans transition, d\u00e8s la naissance du moindre discours alternatif, la d\u00e9marche dialectique conserve toute sa pertinence. En effet, le bon sens tr\u00e8s affin\u00e9 de ce m\u00eame &#8220;t\u00e9l\u00e9spectateur citoyen&#8221; perd brusquement de sa superbe. On le d\u00e9peint subitement comme prosa\u00efque, paresseux, orphelin d&#8217;une quelconque curiosit\u00e9 intellectuelle. Il n&#8217;a ni l&#8217;envie, ni les capacit\u00e9s pour suivre des \u0153uvres artistiques, des \u00e9missions, des d\u00e9bats qualitatifs et v\u00e9ritablement contradictoires. C&#8217;est donc au nom du t\u00e9l\u00e9spectateur moyen et pour respecter la &#8220;culture de masse&#8221; que le petit monde de la t\u00e9l\u00e9 pr\u00e9conisera des jeux &#8220;adapt\u00e9s&#8221; \u00e0 la faible amplitude des esprits populaires. Renoncer \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;une ambition \u00e9ducative, p\u00e9dagogique et critique devient la source et l&#8217;aboutissement de la d\u00e9fense hypocrite et perverse des classes sociales populaires. C&#8217;est dans celles-ci que baignent, par exemple, la plupart des \u00e9l\u00e8ves de l&#8217;enseignement professionnel (4).<\/p>\n<p><strong>Les &#8220;proprios&#8221; des m\u00e9dias<\/strong><\/p>\n<p>Dans la pr\u00e9sentation de sa th\u00e8se de doctorat sur les relations entre m\u00e9dias, finance et industrie en Belgique, des ann\u00e9es 60 \u00e0 nos jours, Geoffrey Geuens (5) r\u00e9v\u00e8le la composition des conseils d&#8217;administration des groupes de presse. Quelques exemples : \u00e0 TVI (RTL-TVI, Club RTL, BEL RTL), on trouve Jean-Pierre de Launoit (AXA, GBL, GB-Inno-BM) et Didier Bellens (GBL, AXA). Pour le groupe Roularta (Knack-T\u00e9l\u00e9pro, Le Vif\/L&#8217;Express, VTM, Kanaal 2), ce sont Rick de Nolf (Siemens, Telindus) et, jusqu&#8217; il y a peu, Hugo Vandamme (Barco, Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, Dexia) (6) qu&#8217;on retrouve dans le conseil d&#8217;administration. Geoffrey Geuens souligne \u00e9galement la connivence structurelle entre les m\u00e9dias \u00e9crits et audio-visuels. A titre illustratif, notons en Flandre que Roularta est co-propri\u00e9aire de la VMM (VTM-Kanaal 2) et qu&#8217;au sud du pays Audiopresse (IPM- La compagnie nouvelle de communications &#8211; M\u00e9diabel &#8211; Rossel) est actionnaire \u00e0 hauteur de 34% de la soci\u00e9t\u00e9 TVI. IPM = &#8220;La Derni\u00e8re Heure&#8221;, &#8220;La Libre Belgique&#8221;. Rossel = &#8220;Le Soir&#8221;, &#8220;La Meuse&#8221;.<br \/>\nA l&#8217;\u00e9tranger (7), l&#8217;assistant \u00e0 l&#8217;ULG r\u00e9v\u00e8le le pouvoir du magnat de la presse Rupert Murdoch qui mit tout son poids dans l&#8217;\u00e9lection de Madame Thatcher, puis de Tony Blair.<br \/>\nEn France, TF1-LCI-Eurosport : la famille Bouygues (travaux publics) en d\u00e9tient la tr\u00e8s large majorit\u00e9 des parts. Fran\u00e7ois Pinault, patron du PPR, groupe de distribution, par exemple la Fnac, des industries de produits de luxe, Pinault, 3\u00e8me fortune priv\u00e9e de France, y est aussi associ\u00e9. Le Cr\u00e9dit Agricole, le Cr\u00e9dit Lyonnais et la BNP Paribas constituent les autres actionnaires minoritaires de ces trois cha\u00eenes.<br \/>\nCanal + : Vivendi Universal, pr\u00e9sident Jean-Marie Messier, administrateur de la B.N.P. Paribas-Daimler-Chrysler\u2026<br \/>\nAjoutons encore l&#8217;exemple le plus spectaculaire et diablement efficace, celui de Silvio Berlusconi en Italie. Il d\u00e9tient le monopole des m\u00e9dias priv\u00e9s tout en participant, en tant que pr\u00e9sident du conseil du gouvernement (= premier ministre), \u00e0 l&#8217;orientation structurelle des trois cha\u00eenes publiques. De leurs c\u00f4t\u00e9s, De Benedetti (patron d&#8217;un trust financier \u00abBarclay Bank (auch Barclay Trust)\u00bb et Agnelli (patron de Fiat) se partagent l&#8217;essentiel de la presse \u00e9crite.<br \/>\nCes quelques exemples suffisent \u00e0 justifier l&#8217;indispensable \u00e9clairage mat\u00e9rialiste du ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Des divertissements sans id\u00e9ologie ?<\/strong><\/p>\n<p>Sur le plan de l&#8217;histoire philosophique, l&#8217;id\u00e9ologie est le syst\u00e8me philosophique qui, entre la fin du 18\u00e8me si\u00e8cle et le d\u00e9but du 19\u00e8me, avait pour objet l&#8217;\u00e9tude des id\u00e9es, de leurs lois, de leur origine (8).<br \/>\nDans son introduction \u00e0 &#8220;la philosophie de Marx&#8221;, G\u00e9rard Roulet, pour sa part, r\u00e9sume ainsi la conception marxiste de l&#8217;id\u00e9ologie : &#8220;Les id\u00e9ologies sont donc l&#8217;expression des consciences de classe d&#8217;une \u00e9poque&#8221; (9). Nous dirons donc que l&#8217;id\u00e9ologie correspond au discours (id\u00e9es et valeurs) dominant dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. Son objet est l&#8217;interpr\u00e9tation, la justification (parfois consolatrice) d&#8217;une r\u00e9alit\u00e9 sociale d\u00e9termin\u00e9e. C&#8217;est en partant de cette derni\u00e8re d\u00e9finition qu&#8217;il me semble utile de soumettre un exemple de jeu t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 \u00e0 la critique id\u00e9ologique. L&#8217;objectif est d&#8217;apporter une r\u00e9ponse concr\u00e8te sur la pr\u00e9sence et les caract\u00e9ristiques d&#8217;une \u00e9ventuelle id\u00e9ologie qui soufflerait sur cette jeune t\u00e9l\u00e9vision des jeux.<\/p>\n<p><strong>Et si on regardait un peu &#8220;Le maillon faible&#8221;(10)<\/strong><\/p>\n<p>1. Quelques observations g\u00e9n\u00e9rales<br \/>\nLe titre d&#8217;abord : le maillon faible ! Et que fait-on du &#8220;maillon faible&#8221; ? On l&#8217;\u00e9limine pardi !<br \/>\nL&#8217;animatrice : v\u00eatue de noir avec des lunettes de la m\u00eame couleur, son aspect physique est celui d&#8217;une &#8220;matrone&#8221; s\u00e9v\u00e8re, froide. Ce qui transpire de son attitude, de son timbre de voix, de sa pr\u00e9sentation de l&#8217;\u00e9mission et des candidats, c&#8217;est un univers &#8220;impitoyable&#8221;.<br \/>\nUne musique de fond dramatise encore la situation.<br \/>\nLes participants : \u00e9quilibre hommes-femmes, toutes les tranches d&#8217;\u00e2ge sont \u00e9galement repr\u00e9sent\u00e9es. Remarque : nous serions curieux de conna\u00eetre sur quels crit\u00e8res certains candidats sont \u00e9cart\u00e9s lors des pr\u00e9s\u00e9lections (aspect physique, socio-\u00e9conomique, culturel, id\u00e9ologique\u2026) !<br \/>\nUn jeu de faible niveau : des questions fort \u00e9l\u00e9mentaires, permettant \u00e0 tout un chacun de suivre, de se passionner et donc se prendre au jeu (ph\u00e9nom\u00e8ne d&#8217;identification).<br \/>\nUn rituel : le &#8220;mea culpa&#8221; des maillons faibles.<\/p>\n<p>2. Quelques &#8220;bons mots&#8221; de Laurence Boccolini, l&#8217;animatrice du jeu<\/p>\n<p>Dimension \u00e9conomique :<br \/>\n&#8220;Peu d&#8217;argent en banque, c&#8217;est pas brillant. Vous commencez tr\u00e8s mal.&#8221; &#8220;Vous auriez pu \u00eatre plus riches.&#8221; &#8220;Une \u00e9quipe de gagne-petits !&#8221; &#8220;Les 2000 euros, vous les avez rat\u00e9s et de tr\u00e8s loin !&#8221; &#8220;Une \u00e9quipe normalement constitu\u00e9e aurait all\u00e9grement atteint les 2000 euros.&#8221;<\/p>\n<p>Dimension politique :<br \/>\n&#8220;A vous de d\u00e9cider, \u00e0 vous de voter, \u00e0 vous d&#8217;\u00e9liminer le maillon faible.&#8221;<\/p>\n<p>Dimension psychologique :<br \/>\n&#8220;Qui est responsable de cette spectaculaire chute de gains ?&#8221; &#8220;Qui doit partir ?&#8221; &#8220;Votre pr\u00e9sence ici n&#8217;est ni souhait\u00e9e, ni souhaitable.&#8221; &#8220;Qui va passer sur ce plateau comme un courant d&#8217;air ?&#8221; &#8220;Abiba, h\u00f4tesse au sol. Ah, ben oui ! Ils auraient du mal \u00e0 prendre de la hauteur avec vous. Vous \u00eates le maillon faible. Au revoir !&#8221;<\/p>\n<p>Dimension id\u00e9ologique :<br \/>\n&#8220;Qui n&#8217;a pas compris les r\u00e8gles joue \u00e0 contre-sens et doit imm\u00e9diatement dispara\u00eetre de la partie pour le bien de l&#8217;\u00e9quipe.&#8221; &#8220;Perte de temps = perte d&#8217;argent.&#8221; &#8220;Il faut avoir un \u0153il sur le chronom\u00e8tre, un \u0153il sur les bonnes r\u00e9ponses et un \u0153il sur la banque. Ca vous demande tous peut-\u00eatre un peu trop de travail apparemment !&#8221; &#8220;A vous d&#8217;\u00e9liminer le maillon faible !&#8221;<\/p>\n<p>Quelques r\u00e9actions des &#8220;maillons faibles&#8221; :<br \/>\n&#8220;Un sentiment de frustration.&#8221; &#8220;On m&#8217;a reproch\u00e9 de ne pas assez banquer.&#8221; &#8220;J&#8217;ai vot\u00e9 contre Thierry parce qu&#8217;au tour pr\u00e9c\u00e9dent, il avait vot\u00e9 contre moi.&#8221; &#8220;J&#8217;ai un peu la rage, pour pas dire les boules, parce que bon&#8230; ! Une erreur et c&#8217;est l&#8217;\u00e9limination, le couperet, \u00e7a fait mal !&#8221;<br \/>\nDans ces r\u00e9actions, nous retrouvons \u00e9galement les quatre dimensions de la lecture mat\u00e9rialiste de l&#8217;\u00e9v\u00e9nement. On peut ais\u00e9ment trouver les diff\u00e9rentes interactions entre ces quatre dimensions et mettre ainsi en \u00e9vidence le fil conducteur de l&#8217;\u00e9mission. Quelle soci\u00e9t\u00e9, quelle conception de l&#8217;homme nous propose-t-on ?<\/p>\n<p>3. Des contradictions m\u00e9ritocratiques<br \/>\nDans les derni\u00e8res manches, le maillon fort est \u00e9limin\u00e9 pour des raisons tactiques. &#8220;Vraiment pas m\u00e9rit\u00e9 ! Mais j&#8217;suis bien content quand m\u00eame !&#8221; d\u00e9clare un vainqueur verni. En clair, m\u00eame du point de vue de sa logique capitaliste, de son discours m\u00e9ritocratique, ce jeu est injuste !<\/p>\n<p><strong>Autre cas r\u00e9v\u00e9lateur<\/strong><\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 2001, sur la tr\u00e8s populiste cha\u00eene priv\u00e9e &#8220;SHOW TV&#8221; d\u00e9butait la &#8220;Maison BBG&#8221;, une version turque du &#8220;Loft story&#8221; fran\u00e7ais. Le jeu s&#8217;achevait triomphalement le 19 mai 2001. Comme dans les diff\u00e9rentes adaptations de ce jeu, on retrouve l&#8217;\u00e9loge de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation sur fond de sacralisation de l&#8217;argent et de bonheur individuel. Or, depuis la p\u00e9riode 1980-1990, la Turquie est sous l&#8217;emprise du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique soutenu par une &#8220;am\u00e9ricanisation&#8221; culturelle. L&#8217;offensive de la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9 en Turquie s&#8217;explique, comme dans les autres pays, par le contexte \u00e9conomico-politique. En fait, le contenu id\u00e9ologique de ces productions nourrit et justifie la r\u00e9alit\u00e9 socio-\u00e9conomique. Nicolas Monceau (11) souligne enfin la concomitance du lancement de l&#8217;\u00e9mission et le d\u00e9clenchement de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re en Turquie. Comme par hasard, au fil des mois, plus les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et sociales devenaient p\u00e9nibles et plus l&#8217;indiff\u00e9rence, l&#8217;individualisme, le nombrilisme se manifestaient chez les candidats. Les pouvoirs dominants pouvaient-ils r\u00eaver d&#8217;un meilleur alli\u00e9 id\u00e9ologique ? D\u00e9cid\u00e9ment, le hasard fait vraiment bien les choses\u2026<\/p>\n<p><strong>Quels jeux pour quelle(s) soci\u00e9t\u00e9(s) ?<\/strong><\/p>\n<p>Faut-il s&#8217;abstenir d&#8217;une quelconque analyse afin de ne pas devenir le complice de ces d\u00e9bats sans enjeu, sans int\u00e9r\u00eat qui foisonnent sur nos \u00e9crans ? Ne devrait-on pas fuir ces &#8220;faux d\u00e9bats&#8221; sur la t\u00e9l\u00e9 des &#8220;fausses r\u00e9alit\u00e9s&#8221; ? Il me semble, au contraire, urgent de r\u00e9fl\u00e9chir sur les enjeux de ces jeux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s tout en d\u00e9non\u00e7ant farouchement les parodies de d\u00e9bats repr\u00e9sent\u00e9s par les divers &#8220;Pour ou contre Star Acad\u00e9my ?&#8221; &#8220;Pour ou contre &#8220;Loft Story&#8221; ?&#8221; A ce propos, je reprendrai la m\u00e9taphore de Philippe Val (12) : &#8220;Les r\u00e9actions n\u00e9gatives ou positives \u00e0 &#8220;Loft story&#8221; font penser \u00e0 celles d&#8217;habitants d&#8217;une ville dont une sir\u00e8ne annoncerait le bombardement et qui d\u00e9battraient s&#8217;il faut \u00eatre pour ou contre la sir\u00e8ne. Certains lui trouvent un joli son, d&#8217;autres le trouvent insupportable; \u00e7a fait d\u00e9bat, et pendant ce temps-l\u00e0, les avions l\u00e2chent leurs bombes.&#8221; &#8220;Loft story&#8221; est donc une sir\u00e8ne d&#8217;alarme qui doit nous inciter \u00e0 nous poser des questions sur le monde qu&#8217;elle produit d\u00e9j\u00e0 et qu&#8217;elle annonce surtout.<br \/>\nCes \u00e9missions suscitent des interrogations sociologiques et anthropologiques fondamentales que tous les progressistes se doivent d&#8217;affronter. Quel projet de soci\u00e9t\u00e9, quelle conception de l&#8217;homme cette t\u00e9l\u00e9 des jeux cherche-t-elle, sinon \u00e0 cr\u00e9er, du moins \u00e0 fertiliser abondamment ? S&#8217;il est vrai que cultiver la connerie et l&#8217;ignorance permet autant de r\u00e9aliser des \u00e9conomies budg\u00e9taires pour le pouvoir politique que de r\u00e9aliser de plantureux profits pour le monde \u00e9conomique, c&#8217;est l&#8217;avenir de l&#8217;intelligence, de la cr\u00e9ativit\u00e9, de la justice sociale et de la d\u00e9mocratie qui se joue. Les progressistes peuvent-ils accepter que les go\u00fbts, les \u00e9motions, les amours soient sacrifi\u00e9s sur l&#8217;autel des dogmes lib\u00e9raux ? Comment un autre monde pourrait-il devenir possible si le loisir est commerce, si le d\u00e9sir est objet de consommation, si le r\u00e9alisme devient fiction, si le bonheur devient r\u00e9alit\u00e9 individuelle ?<br \/>\nCes divertissements ne sont-ils pas finalement les supercheries modernes qui promettent de nouveaux paradis aux fid\u00e8les de la religion lib\u00e9rale mondialis\u00e9e ? En effet, ces concepts d&#8217;\u00e9missions se retrouvent sur les principales cha\u00eenes de la plan\u00e8te. Prenons garde, la mobilisation doit s&#8217;activer car le bombardement a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9but\u00e9 et certains chefs de guerre sont d\u00e9j\u00e0 aux commandes. Par exemple, la victoire de Berlusconi, produit par excellence de l&#8217;image d&#8217;une certaine t\u00e9l\u00e9vision, ne constitue-t-elle pas d\u00e9j\u00e0 l&#8217;all\u00e9gorie politique de la &#8220;t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9&#8221; ?<\/p>\n<p><strong>Une parenth\u00e8se sur les cha\u00eenes culturelles.<\/strong><\/p>\n<p>Ne n\u00e9glige-t-on pas trop all\u00e9grement le fait que les cha\u00eenes culturelles et th\u00e9matiques sont \u00e9galement le produit d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 un moment donn\u00e9 de son \u00e9volution ? En ce sens, elles ne peuvent se soustraire aux orientations culturello-id\u00e9ologiques v\u00e9hicul\u00e9es par les syst\u00e8mes \u00e9conomiques et politiques qui les financent et les fa\u00e7onnent. Ainsi, la &#8220;d\u00e9mocratie&#8221; du march\u00e9 et du capital s&#8217;\u00e9rige souvent en horizon ultime de l&#8217;histoire et de l&#8217;avenir des soci\u00e9t\u00e9s humaines. D\u00e8s lors, nul n&#8217;est plus \u00e9tonn\u00e9 d&#8217;observer des approches sensiblement manich\u00e9ennes de l&#8217;histoire (cfr. celle relative, par exemple, au &#8220;communisme&#8221;). La pr\u00e9sentation, \u00e0 moult reprises, de l&#8217;amalgame quasi dogmatique &#8220;extr\u00eame droite&#8221; &#8220;extr\u00eame gauche&#8221; semble, pour le moins, fort discutable \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve d&#8217;une \u00e9tude plus objective et fouill\u00e9e. Mais, d&#8217;une mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, toute opposition \u00e0 l&#8217;Europe lib\u00e9rale en chantier y est pr\u00e9sent\u00e9e comme archa\u00efque et r\u00e9trograde. Le label &#8220;cha\u00eenes culturelles&#8221; conf\u00e8re \u00e0 celles-ci une dimension r\u00e9f\u00e9rentielle quasi aveugle quant \u00e0 la qualit\u00e9 des programmes propos\u00e9s. Enfin, ce label ne risque-t-il pas de s&#8217;av\u00e9rer pernicieux s&#8217;il exalte, en d\u00e9finitive, l&#8217;abandon du banal r\u00e9flexe dubitatif et la d\u00e9mission intellectuelle des t\u00e9l\u00e9spectateurs ? Par exemple, ARTE symbolise l&#8217;objectivit\u00e9 et la v\u00e9rit\u00e9 pour une tr\u00e8s large part de l&#8217;opinion publique. Paradoxalement, cette m\u00eame opinion publique fuit, la plupart du temps, les programmes de cette cha\u00eene.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Si conscientiser, c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 r\u00e9sister, nous esp\u00e9rons avoir humblement particip\u00e9 \u00e0 cet engagement citoyen. Nous voulons \u00e9galement affirmer que l&#8217;alternative est possible (voir l&#8217;article &#8220;D&#8217;autres m\u00e9dias sont possibles&#8221;). Nous avons la conviction qu&#8217;une autre culture m\u00e9diatique est parfaitement compatible avec les aspirations du large public pour autant qu&#8217;on s&#8217;en donne les moyens, et qu&#8217;on ne craigne pas le politiquement incorrect. Nous aussi, nous pr\u00e9conisons la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9 mais celle qui na\u00eet de la compl\u00e9mentarit\u00e9 tout-\u00e0-fait r\u00e9alisable entre le divertissement populaire et l&#8217;intelligence cr\u00e9atrice, critique et communicative. Ne seraient-ce pas l\u00e0 les priorit\u00e9s d&#8217;une vraie t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9 ?<\/p>\n<p>(1) Nadine Lejaer, T\u00e9l\u00e9pro, janvier 2002<br \/>\n(2) Pierre Bourdieu, Sur la T\u00e9l\u00e9vision, \u00e9d. Liber Raisons D&#8217;Agir, 1996<br \/>\n(3) T\u00e9l\u00e9pro, 23\/2\/2002<br \/>\n(4) Lire APED, R\u00e9ussite scolaire et s\u00e9lection sociale, quatri\u00e8me journ\u00e9e d&#8217;\u00e9tude Bruxelles, 14 mars 1998.<br \/>\n(5) G.Geuens, Administrateurs et groupes de presse en Belgique, \u00e0 para\u00eetre chez Labor Espace de Libert\u00e9s, article Solidaire 16\/05\/2001<br \/>\n(6) Trends Tendances, 14\/03\/2002<br \/>\n(7) G.Geuens, Les relations au niveau mondial entre le capital, l&#8217;\u00e9tat et les m\u00e9dias, \u00e0 para\u00eetre chez EPO<br \/>\n(8) Le Petit Robert, \u00e9dition 1996<br \/>\n(9) G\u00e9rard Roulet, Marx, \u00e9d. Ellipses, collection Philo-philosophes<br \/>\n(10) TF1, Le Maillon Faible, le 16\/02\/2002<br \/>\n(11) Nicolas Monceau, En Turquie, les jeux de la crise (Le Monde Diplomatique, mars 2002)<br \/>\n(12) Philippe Val, &#8220;Loft story&#8221;, c&#8217;est clair, Charlie Hebdo 30 mai 2001<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis des ann\u00e9es, certains coll\u00e8gues et moi-m\u00eame nous interrogeons au sujet du degr\u00e9 de conditionnement de la t\u00e9l\u00e9vision sur l&#8217;esprit de nos \u00e9l\u00e8ves. Le d\u00e9veloppement, ces derniers temps, d&#8217;un cort\u00e8ge de joutes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es a fr\u00e9quemment suscit\u00e9 nos lectures, aliment\u00e9 nos \u00e9changes critiques. Un lundi apr\u00e8s-midi comme les autres, une classe de 7\u00e8me professionnelle et un professeur qui tente d&#8217;expliquer l&#8217;existentialisme ath\u00e9e de Sartre. Soudain, une intervention : &#8220;Arr\u00eate un peu, esp\u00e8ce de Jean-Pascal !&#8221; Une br\u00e8ve enqu\u00eate et mes lacunes &#8220;culturelles&#8221; sont combl\u00e9es. &#8220;Mais enfin monsieur, il s&#8217;agit de la vedette de l&#8217;\u00e9mission &#8220;Star Acad\u00e9my&#8221;. Quelques jours plus tard, une lourde plaisanterie autour du &#8220;Maillon Faible&#8221; de la classe ouvrait d\u00e9finitivement la voie \u00e0 ces quelques r\u00e9flexions.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-67","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=67"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=67"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=67"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=67"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}