{"id":586,"date":"2006-12-04T21:47:33","date_gmt":"2006-12-04T20:47:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=586"},"modified":"2017-02-20T12:35:42","modified_gmt":"2017-02-20T11:35:42","slug":"paco-ignacio-taibo-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2006\/12\/04\/paco-ignacio-taibo-ii\/","title":{"rendered":"Paco Ignacio Taibo II"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-585\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2006\/12\/arton352.jpg\" width=\"160\" height=\"230\" \/><\/p>\n<p>L&#8217;\u0153uvre de Paco Ignacio Taibo II pr\u00e9sente deux visages : historien, il s&#8217;est impos\u00e9 avec un \u00e9gal brio dans le roman noir. N\u00e9 en 1949 dans l&#8217;Espagne franquiste, d&#8217;un p\u00e8re lui-m\u00eame \u00e9crivain (d&#8217;o\u00f9 le II qui l&#8217;en distingue), il accompagne ses parents dans leur exil mexicain.<\/p>\n<p>Les amateurs de polars connaissent son d\u00e9tective priv\u00e9, Hector Belascoaran Shayne, &#8211; Mexicain d&#8217;origine basque et irlandaise, la trentaine, anar et borgne (suite \u00e0 l&#8217;une de ses (m\u00e9s)aventures), p\u00e8re et m\u00e8re anciens r\u00e9sistants, fr\u00e8re syndicaliste &#8211; dans des enqu\u00eates qui r\u00e9v\u00e8lent toujours le dessous des cartes politiques et sociales d&#8217;un pays gangren\u00e9 par le n\u00e9olib\u00e9ralisme et la corruption. <strong>Cosa facil, Pas de fin heureuse, Quelques nuages<\/strong> &#8230;publi\u00e9s en poche Rivages\/Noir, Paris, sont les premiers titres d&#8217;une s\u00e9rie qui ne cesse de s&#8217;enrichir. L&#8217;atmosph\u00e8re qui enrobe ces r\u00e9cits est faite de petits d\u00e9tails, de notations subtiles, distill\u00e9s avec ma\u00eetrise et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. L&#8217;humour &#8211; l&#8217;autod\u00e9rision &#8211; et la solidarit\u00e9 \u00e9clairent heureusement des tableaux plut\u00f4t moroses. R\u00e9v\u00e9lateur, cet avertissement : \u00ab Les faits relat\u00e9s ici, de m\u00eame que les noms des personnages, sont purement fictifs. Mais le pays, m\u00eame si cela semble difficile \u00e0 croire, est bien r\u00e9el. \u00bb<\/p>\n<p>Mais PIT II est avant tout un authentique historien, capable de plonger avec avidit\u00e9 dans les archives et de livrer \u00e0 ses lecteurs de la vulgarisation historique de haute tenue. Nous lui devons une passionnante biographie, <strong>Ernesto Guevara, connu aussi comme le Che<\/strong> (disponible en poche &#8211; deux volumes &#8211; chez M\u00e9taili\u00e9\/Payot, Paris, 2001), \u00e9vocation tout en sobri\u00e9t\u00e9 et strictement chronologique de la vie d&#8217;un r\u00e9volutionnaire bien loin des clich\u00e9s romantiques. Bien s\u00fbr, \u00e7a se lit comme un roman d&#8217;aventure, tant la vie de l&#8217;Argentin fut fertile en rebondissements. Mais l&#8217;image d&#8217;Epinal vole en \u00e9clats : on d\u00e9couvre un homme, m\u00e9decin et intellectuel de haut vol, ses traits de caract\u00e8re, ses principes moraux, sa vision politique &#8230; <\/p>\n<p>Avec <strong>De passage<\/strong> (\u00e9ditions M\u00e9taili\u00e9, Paris, 1995), Taibo II s&#8217;aventure pour son plus grand bonheur &#8211; et le n\u00f4tre &#8211; dans un genre litt\u00e9raire hybride franchement assum\u00e9 : c&#8217;est \u00e0 la fois de l&#8217;histoire &#8211; Sebastian San Vicente a bel et bien exist\u00e9 &#8211; et de la fiction &#8211; les sources historiques le concernant sont \u00e0 ce point lacunaires qu&#8217;elles laissent au romancier le soin de composer son tableau comme il l&#8217;entend. En une succession tr\u00e8s rythm\u00e9e de chapitres brefs et vari\u00e9s (articles de presse, t\u00e9l\u00e9grammes des services secrets, rapports de police croustillants, r\u00e9cits, t\u00e9moignages, r\u00e9flexions de l&#8217;\u00e9crivain, etc.), c&#8217;est la lutte d&#8217;un irr\u00e9ductible anarcho-l\u00e9niniste qui se r\u00e9v\u00e8le : San Vicente, Basque exil\u00e9 au Mexique, poursuit son combat syndical sans rel\u00e2che et sans compromis. Adepte de l&#8217;action directe, il sera renvoy\u00e9 sur sa terre natale, o\u00f9 il trouvera la mort, en 1938, en d\u00e9fendant la R\u00e9publique. <\/p>\n<p>Et puis il y a <strong>Archanges<\/strong>. Douze histoires de r\u00e9volutionnaires sans r\u00e9volution possible (\u00e9ditions M\u00e9taili\u00e9, Paris, 2001), douze r\u00e9cits que nous recommande Anne Morelli, \u00e0 qui ils \u00ab semblent tr\u00e8s stimulants pour la r\u00e9flexion sur les h\u00e9ros pour notre temps \u00bb. Douze d\u00e9faites peut-\u00eatre, mais douze histoires de t\u00e9nacit\u00e9 et de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 indomptable : combattre l&#8217;oppression. Ce livre est le fruit d&#8217;un long et patient travail, d&#8217;autant plus opini\u00e2tre que ses personnages ne sont jamais les figures de proues des r\u00e9volutions &#8211; russe, allemande, mexicaine, chinoise ou cubaine &#8211; o\u00f9 ils se sont engag\u00e9s. Pas de Che, ici, ni de L\u00e9nine, ni de Luxembourg, Zapata ou Mao, mais des Larissa Reisner, Max H\u00f6lz, Adolf Abramovitch Ioffe, J.R. Escudero, Librado Rivera, P&#8217;eng P&#8217;ai &#8230; Il aura fallu des ann\u00e9es \u00e0 PIT II pour reconstituer leur vie \u00e0 partir de bribes de sources \u00e9parses. Et tout son talent d&#8217;\u00e9crivain pour jongler avec des formes de r\u00e9cit originales et tenir toujours notre int\u00e9r\u00eat en \u00e9veil.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;\u0153uvre de Paco Ignacio Taibo II pr\u00e9sente deux visages : historien, il s&#8217;est impos\u00e9 avec un \u00e9gal brio dans le roman noir. N\u00e9 en 1949 dans l&#8217;Espagne franquiste, d&#8217;un p\u00e8re lui-m\u00eame \u00e9crivain (d&#8217;o\u00f9 le II qui l&#8217;en distingue), il accompagne ses parents dans leur exil mexicain. 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