{"id":54,"date":"1999-03-11T00:00:00","date_gmt":"1999-03-10T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=54"},"modified":"2017-02-23T17:49:49","modified_gmt":"2017-02-23T16:49:49","slug":"mais-ou-trouver-largent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/1999\/03\/11\/mais-ou-trouver-largent\/","title":{"rendered":"Mais o\u00f9 trouver l&#8217;argent ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Comme l&#8217;explique Hugo Vandroogenbroek dans sa contribution, il est impossible de doter l&#8217;enseignement de moyens suffisants dans le cadre de l&#8217;actuelle loi de financement des Communaut\u00e9s. Le refinancement n&#8217;est possible qu&#8217;en modifiant cette loi et en exigeant du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral qu&#8217;il trouve les fonds n\u00e9cessaires. Mais peut-il les trouver\u00a0?<\/p>\n<p>Il ne saurait \u00e9videmment \u00eatre question de cautionner un transfert depuis d&#8217;autres secteurs comme les soins de sant\u00e9, les transports en commun, la culture ou les allocations de ch\u00f4mage. On ne saurait pas davantage accepter que l&#8217;on fasse payer l&#8217;ensemble des parents ou des \u00e9tudiants, directement ou par voie d&#8217;imp\u00f4t. Mais alors, notre pays peut-il se permettre les quelque 120 milliards de d\u00e9penses publiques suppl\u00e9mentaires qui permettraient de ramener nos d\u00e9penses d&#8217;enseignement au niveau de 1980, soit 7% du PIB.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse \u00e0 cette question est oui. La Belgique est un pays riche. Simplement, ces richesses sont bien mal r\u00e9parties et mises en \u0153uvre. Voici quelques chiffres pour le montrer.<\/p>\n<p>&#8211; Le patrimoine total des m\u00e9nages belges \u00e9tait estim\u00e9, en 1997, \u00e0 44.000 milliards de francs. Cela repr\u00e9sente une moyenne de plus de 10 millions de francs par m\u00e9nage. Mais on sait que les 10% les plus riches accaparent au moins 60% de cette fortune, alors que les 10% les plus pauvres ne poss\u00e8dent que\u2026 des dettes.<br \/>\n&#8211; Ce patrimoine rapporte de l&#8217;argent \u00e0 ses propri\u00e9taires: dividendes, int\u00e9r\u00eats et loyers essentiellement. En 1996, les revenus de la fortune s&#8217;\u00e9levaient \u00e0 1.530 milliards de francs, soit presque quatre fois le montant des d\u00e9penses publiques pour l&#8217;enseignement. La plus grande partie de ces revenus &#8211;\u00a0int\u00e9r\u00eats et loyers &#8211; ne sont impos\u00e9s qu&#8217;au taux ridicule de 15%, alors que le moindre petit salari\u00e9 paye facilement plus de 30% d&#8217;imp\u00f4ts sur le revenu de ses heures de travail. Et encore\u00a0! Une importante proportion des revenus mobiliers \u00e9chappe \u00e0 toute forme d&#8217;imp\u00f4t en raison de la fraude fiscale.<br \/>\n&#8211; En r\u00e9alit\u00e9, les 1.530 milliards de revenus de la fortune sont une sous-estimation. Pour s&#8217;en rendre compte, il suffit de comparer le montant du patrimoine de 97 \u00e0 celui de 91: 27.000 milliards. En six ans, le patrimoine a donc augment\u00e9 de 17.000 milliards ou 63%. Cela repr\u00e9sente 8,4% de croissance annuelle: plus du double des revenus de la propri\u00e9t\u00e9\u00a0! M\u00eame en supposant que les b\u00e9n\u00e9ficiaires de ces revenus les recapitalisent int\u00e9gralement, il reste une diff\u00e9rence consid\u00e9rable. L&#8217;explication est simple: les revenus de la fortune ne tiennent pas compte des plus-values sur placements en bourse. L&#8217;argent plac\u00e9 en actions rapporte des dividendes, mais les actions ont \u00e9galement tendance \u00e0 voir augmenter leur valeur boursi\u00e8re. Un million plac\u00e9 en 91, valait 3,5 millions sept ans plus tard. Un rendement de 2,5 milliards qui n&#8217;est soumis \u00e0 aucun imp\u00f4t (sauf une minuscule taxe sur op\u00e9rations boursi\u00e8res).<br \/>\n&#8211; Voil\u00e0 pour l&#8217;argent des particuliers, ou plus exactement des plus riches des particuliers. Mais il y a aussi les entreprises. Les banques et les institutions financi\u00e8res d&#8217;abord, qui se sont incroyablement enrichies sur le dos des contribuables et qui continuent \u00e0 s&#8217;enrichir en percevant chaque ann\u00e9e des centaines de milliards d&#8217;int\u00e9r\u00eats sur la dette de l&#8217;Etat. Mais les autres entreprises aussi. Si certaines sont en difficult\u00e9 &#8211; et le font ch\u00e8rement payer \u00e0 leur personnel &#8211; d&#8217;autres engrangent des b\u00e9n\u00e9fices consid\u00e9rables: quelque 800 milliards par an. L\u00e0 encore, la fiscalit\u00e9 n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi laxiste qu&#8217;aujourd&#8217;hui. De 40% d&#8217;imp\u00f4t sur le b\u00e9n\u00e9fice des soci\u00e9t\u00e9s fin des ann\u00e9es 70, on est tomb\u00e9 \u00e0 un peu plus de 20% seulement aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>Ainsi, la lutte pour le refinancement de l&#8217;enseignement s&#8217;inscrit, doit s&#8217;inscrire, dans un combat beaucoup plus global pour une distribution diff\u00e9rente des richesses dans ce pays, c&#8217;est-\u00e0-dire pour une fiscalit\u00e9 plus juste. Les pistes sont nombreuses: imp\u00f4t annuel ou exceptionnel sur la fortune, lutte contre la fraude fiscale, globalisation des revenus de la fortune et des revenus professionnels pour le calcul de l&#8217;imp\u00f4t, meilleure taxation des entreprises, etc., etc. Voil\u00e0 un combat que les enseignants ne gagneront pas tout seuls mais auquel ils peuvent et doivent largement contribuer , aux c\u00f4t\u00e9s des autres travailleurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme l&#8217;explique Hugo Vandroogenbroek dans sa contribution, il est impossible de doter l&#8217;enseignement de moyens suffisants dans le cadre de l&#8217;actuelle loi de financement des Communaut\u00e9s. Le refinancement n&#8217;est possible qu&#8217;en modifiant cette loi et en exigeant du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral qu&#8217;il trouve les fonds n\u00e9cessaires. 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