{"id":503,"date":"2006-03-09T15:28:50","date_gmt":"2006-03-09T14:28:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=503"},"modified":"2006-03-09T15:28:50","modified_gmt":"2006-03-09T14:28:50","slug":"la-reforme-de-lenseignement-superieur-et-universitaire-au-congo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2006\/03\/09\/la-reforme-de-lenseignement-superieur-et-universitaire-au-congo\/","title":{"rendered":"La r\u00e9forme de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire au Congo"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L&#8217;histoire de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo est jalonn\u00e9e par une s\u00e9rie de r\u00e9formes, dont la derni\u00e8re en date est celle de 2003. Celle-ci a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e au sortir d&#8217;une des crises les plus graves de l&#8217;histoire du pays, \u00ab crise de l\u00e9gitimit\u00e9, crise de souverainet\u00e9, crise identitaire, crise de gouvernance dont les effets d\u00e9vastateurs se passent de tout commentaire (plus de trois millions de morts, destruction des infrastructures, criminalisation de l&#8217;arm\u00e9e, pillage des ressources nationales, faiblesse institutionnelle de l&#8217;\u00c9tat, paup\u00e9risation de la population&#8230;) \u00bb (Muhalangu, 2004, p. 5). Quelles sont les chances de r\u00e9ussite d&#8217;une r\u00e9forme initi\u00e9e dans ce contexte ? C&#8217;est la question qui nous pr\u00e9occupe dans cet article.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-502\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2006\/03\/arton314.jpg\" width=\"149\" height=\"126\" \/><\/p>\n<h2>R\u00e9formes universitaires avant 2003<\/h2>\n<p>La situation de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo avant la r\u00e9forme de 2003 peut \u00eatre examin\u00e9e par rapport \u00e0 trois moments de r\u00e9formes ci-apr\u00e8s :<br \/>\n&#8211; La r\u00e9forme de 1971 ;<br \/>\n&#8211; La r\u00e9forme de 1981 ;<br \/>\n&#8211; Les \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux de l&#8217;\u00c9ducation (1996).<\/p>\n<p><strong>a) La r\u00e9forme de 1971<\/strong><\/p>\n<p>De l&#8217;ind\u00e9pendance de la RDC jusqu&#8217;en 1971, l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur fonctionnait selon un sch\u00e9ma qui n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 repens\u00e9 par et pour le pays (Verheust, 1974, pp. 13-14). Des critiques fusaient alors de partout pour d\u00e9plorer l&#8217;inadaptation des m\u00e9thodes d&#8217;enseignement, des programmes, des structures d&#8217;enseignement et des contenus des cours par rapport aux \u00e9tudiants et l&#8217;inad\u00e9quation de la formation donn\u00e9e par rapport aux besoins de la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nEn 1971, une r\u00e9forme est intervenue, laquelle a consist\u00e9 essentiellement en l&#8217;unification de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur dans une seule universit\u00e9 (Universit\u00e9 Nationale du Za\u00efre) supervis\u00e9e par un seul recteur. Cette unification s&#8217;est accompagn\u00e9e de l&#8217;\u00e9laboration des nouveaux programmes d&#8217;\u00e9tudes et de l&#8217;organisation des \u00e9tudes en trois cycles d&#8217;enseignement (le graduat en trois ans, la licence en deux ans et le doctorat).<br \/>\nSi la r\u00e9forme de 1971 a entra\u00een\u00e9 l&#8217;augmentation sensible des effectifs des \u00e9tudiants, elle n&#8217;a malheureusement pas \u00e9t\u00e9 appuy\u00e9e sur l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;un plan pr\u00e9visionnel des domaines dans lesquels la formation des cadres \u00e9tait la plus urgente et n&#8217;a pas ainsi permis de former des agents de d\u00e9veloppement dont le pays avait besoin. La singularit\u00e9 de cette r\u00e9forme a plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 la forte politisation de l&#8217;appareil universitaire qui, \u00e0 l&#8217;instar des autres secteurs de la vie nationale, devrait \u00eatre un instrument de consolidation de l&#8217;id\u00e9ologie mobutiste.<\/p>\n<p><strong>b) La r\u00e9forme de 1981<\/strong><\/p>\n<p>En 1981, la vie et le d\u00e9veloppement de l&#8217;universit\u00e9 congolaise ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par les m\u00eames maux que ceux d\u00e9cri\u00e9s avant la r\u00e9forme de 1971 notamment :<br \/>\n&#8211; l&#8217;inad\u00e9quation entre la formation universitaire et le monde d&#8217;emplois ;<br \/>\n&#8211; l&#8217;incapacit\u00e9 de former des agents de d\u00e9veloppement national \u00e9pris d&#8217;un sens aiguis\u00e9 de nationalisme, de conscience professionnelle, de respect des biens communs ;<br \/>\n&#8211; la difficult\u00e9 d&#8217;entreprendre des recherches ax\u00e9es sur des solutions des probl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Conscient des \u00e9checs de la r\u00e9forme de 1971, le pouvoir a d\u00fb proc\u00e9der \u00e0 une r\u00e9forme administrative. En effet, au cours de cette r\u00e9forme, on a cherch\u00e9 \u00e0 instaurer l&#8217;autonomie de gestion au sein de chaque \u00e9tablissement d&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire. Malheureusement, comme lors de la pr\u00e9c\u00e9dente r\u00e9forme, on a \u00e9t\u00e9 loin du compte. Cinq ans apr\u00e8s, soit en 1986, Verhaegen (1986, p. 54) constatera que \u00ab l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire au Za\u00efre n&#8217;est pas en crise, il est plut\u00f4t en voie de disparition. La formation dispens\u00e9e dans ses instituts et facult\u00e9s est tomb\u00e9e en dessous du seuil qui permet de pr\u00e9tendre \u00e0 une qualification professionnelle ou scientifique du niveau sup\u00e9rieur. Il y a d\u00e9j\u00e0 quelques ann\u00e9es que l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire ne produit plus de nouveaux savants, de nouveaux professeurs ou de nouveaux chercheurs ; bient\u00f4t, il ne produira plus de nouveaux universitaires \u00bb.<\/p>\n<p><strong>c) Les \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux de l&#8217;\u00c9ducation (EGE)<\/strong><\/p>\n<p>S&#8217;il est ind\u00e9niable que les sp\u00e9cialistes et praticiens de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur ainsi que les autres partenaires \u00e9ducatifs ont unanimement reconnu et d\u00e9cri\u00e9 la faillite de notre universit\u00e9 apr\u00e8s la r\u00e9forme de 1981, il a fallu attendre les \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux de l&#8217;\u00c9ducation (1996) cons\u00e9cutifs \u00e0 la Conf\u00e9rence Nationale Souveraine (1992), pour que l&#8217;on proc\u00e8de \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;un nouveau syst\u00e8me \u00e9ducatif. Aussi, les EGE ont-ils opt\u00e9 pour un syst\u00e8me de gestion participatif au sein du syst\u00e8me \u00e9ducatif national. Cependant, ce projet est rest\u00e9 lettre morte \u00e0 cause des soubresauts politiques qui ont plong\u00e9 la RDC dans le chaos de 1997 \u00e0 l&#8217;an 2002.<\/p>\n<h2>La r\u00e9forme de 2003<\/h2>\n<p>Si les r\u00e9solutions des \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux de l&#8217;\u00c9ducation sont rest\u00e9es en veilleuse, la lanterne de la r\u00e9forme ne s&#8217;est pas pour autant \u00e9teinte. D\u00e9j\u00e0 au lendemain de ce forum national, certaines id\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par le dernier gouvernement du r\u00e9gime du pr\u00e9sident Mobutu en vue de faire progresser, tant soit peu, certains aspects du syst\u00e8me \u00e9ducatif. De m\u00eame, \u00e0 l&#8217;issue de la guerre de l&#8217;AFDL (Alliance des Forces D\u00e9mocratiques de Lib\u00e9ration) d\u00e9clench\u00e9e en 1996, le gouvernement mis en place en 1997 a cherch\u00e9 \u00e0 son tour \u00e0 tirer son \u00e9pingle du jeu en prenant par-ci par-l\u00e0 des id\u00e9es novatrices sans jamais r\u00e9former le syst\u00e8me \u00e9ducatif dans sa globalit\u00e9 .<\/p>\n<p>Ces timides \u00e9lans ont \u00e9t\u00e9 bris\u00e9s par la seconde guerre de \u00ab lib\u00e9ration \u00bb d\u00e9clench\u00e9e en ao\u00fbt 1998. Il a fallu attendre la fin de cette guerre en 2002 et la formation du gouvernement d&#8217;union nationale en juin 2003 pour que la question de la r\u00e9forme refasse surface.<\/p>\n<p>Deux types de facteurs ont milit\u00e9 en faveur de la nouvelle r\u00e9forme : les facteurs externes et les facteurs internes \u00e0 l&#8217;universit\u00e9. <\/p>\n<p>Les facteurs externes se rapportent \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de se mettre au pas avec les pairs africains, \u00e0 la mondialisation et \u00e0 la nouvelle donne politique. La R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo devrait notamment se mettre au pas avec ses pairs africains, question d&#8217;\u00eatre cons\u00e9quent avec elle-m\u00eame en honorant les engagements pris vis-\u00e0-vis de l&#8217;Organisation de l&#8217;Unit\u00e9 Africaine au cours de ses diverses rencontres . En effet, la r\u00e9forme de 1971 n&#8217;a pas su r\u00e9pondre avec efficacit\u00e9 aux pr\u00e9occupations exprim\u00e9es par l&#8217;Afrique sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;\u00e9laborer un plan pr\u00e9visionnel dans la formation des cadres selon les domaines. La l\u00e9thargie qui s&#8217;en est suivie n&#8217;a pas permis \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 congolaise de basculer pour devenir un instrument de d\u00e9veloppement tant pour le Congo que pour l&#8217;Afrique tel que pr\u00f4n\u00e9 \u00e0 Lagos en 1980 . Ensuite, sous la pouss\u00e9e de la mondialisation qui s&#8217;accompagne de nouveaux champs de connaissances, d&#8217;un accroissement rapide du volume de l&#8217;information scientifique et technologique, l&#8217;universit\u00e9 congolaise n&#8217;avait pas de choix, elle dispara\u00eetrait sans la r\u00e9forme. Enfin, la nouvelle donne politique cons\u00e9cutive \u00e0 la formation d&#8217;un nouveau gouvernement de transition consacrant la fin de la guerre de plus de cinq ans a donn\u00e9 lieu \u00e0 des mutations dans tous les secteurs de la vie nationale, notamment dans le secteur de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire.<br \/>\nLes facteurs internes \u00e0 l&#8217;universit\u00e9, quant \u00e0 eux, rel\u00e8vent essentiellement des acteurs principaux de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire que sont les enseignants, les administratifs et les \u00e9tudiants.  Pour les enseignants, les avanc\u00e9es dans le domaine des sciences et technologie ouvraient de nouveaux champs et offraient de nouveaux moyens technologiques pour la formation et la recherche. Cela appelait donc une r\u00e9forme de l&#8217;universit\u00e9 dont les programmes \u00e9taient devenus d\u00e9suets et les structures asphyxiantes. Quant aux administratifs, la restructuration de la gigantesque machine administrative s&#8217;imposait pour qu&#8217;une gestion autonome s&#8217;instaure pour le bien des b\u00e9n\u00e9ficiaires des services de l&#8217;universit\u00e9. Enfin, les \u00e9tudiants ont, depuis fort longtemps, fustig\u00e9 le cloisonnement de chaque sp\u00e9cialiste dans son propre domaine, l&#8217;absence de composantes telles que l&#8217;informatique, l&#8217;anglais dans leur formation, l&#8217;absence du caract\u00e8re utilitaire de certaines disciplines de formation, le caract\u00e8re d\u00e9suet des programmes de formation, etc.<br \/>\nBref, tous les acteurs de l&#8217;universit\u00e9 ont, chacun en ce qui le concerne, plaid\u00e9 en faveur d&#8217;une nouvelle r\u00e9forme. Celle-ci est intervenue au cours de l&#8217;ann\u00e9e acad\u00e9mique 2003-2004 et a essentiellement concern\u00e9 le statut de certaines institutions, les programmes de formation et l&#8217;organisation des \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Certaines institutions ont ainsi vu leur statut modifi\u00e9, tels sont les cas de l&#8217;Institut P\u00e9dagogique National (IPN) de Kinshasa, l&#8217;Institut Sup\u00e9rieur P\u00e9dagogique (ISP) de Bukavu, appel\u00e9s \u00e0 devenir des universit\u00e9s dans un avenir relativement proche. N\u00e9anmoins, cette transformation, qui permettrait aux nouvelles universit\u00e9s d&#8217;organiser des \u00e9tudes en trois cycles (Graduat, licence et doctorat), n&#8217;aurait lieu qu&#8217;\u00e0 la suite d&#8217;une \u00e9tude de faisabilit\u00e9 .<br \/>\nOutre la modification du statut de certaines institutions, la r\u00e9forme de 2003 a \u00e9galement  consist\u00e9 en l&#8217;\u00e9laboration de nouveaux programmes. A ce sujet, il convient de faire remarquer que des disciplines telles que l&#8217;informatique et l&#8217;\u00e9ducation \u00e0 la citoyennet\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 introduites dans toutes les facult\u00e9s et instituts sup\u00e9rieurs. La r\u00e9forme a, par ailleurs, institu\u00e9 certaines fili\u00e8res de formation dans la plupart des institutions.<\/p>\n<h2>Proc\u00e9dure de la r\u00e9forme<\/h2>\n<p>L&#8217;initiative de la r\u00e9forme revient au Minist\u00e8re de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire. Au terme d&#8217;un long p\u00e9riple effectu\u00e9 aupr\u00e8s de quelques universit\u00e9s occidentales, le Ministre a r\u00e9uni \u00e0 Kinshasa les secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux acad\u00e9miques des universit\u00e9s et instituts sup\u00e9rieurs du pays en vue de soumettre \u00e0 leur appr\u00e9ciation le projet de la r\u00e9forme des programmes d&#8217;\u00e9tudes. Un atelier regroupant ces secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux a ensuite \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 \u00e0 Lubumbashi du 1er au 13 septembre 2003 dans le but d&#8217;\u00e9laborer la premi\u00e8re mouture des programmes, laquelle a \u00e9t\u00e9 ensuite soumise pour analyse aux diff\u00e9rentes institutions universitaires de la RDC. Au niveau de chaque facult\u00e9 et institut, des commissions ont \u00e9t\u00e9 institu\u00e9es pour examiner et donner des avis sur les programmes propos\u00e9s. A l&#8217;issue du recueil des avis \u00e9mis par la base, un second atelier des secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux a eu lieu \u00e0 Lubumbashi pour finaliser les nouveaux programmes d&#8217;\u00e9tudes.<\/p>\n<p>Cependant, avant cette finalisation, l&#8217;application des nouveaux programmes, qui n&#8217;\u00e9taient jusqu&#8217;alors qu&#8217;un projet, a \u00e9t\u00e9 amorc\u00e9e dans les auditoires de premi\u00e8re ann\u00e9e universitaire. Selon l&#8217;esprit de la nouvelle r\u00e9forme, cette application se ferait graduellement de sorte que cinq ans apr\u00e8s la r\u00e9forme soit de mise \u00e0 tous les \u00e9chelons des cycles de graduat et de licence.<\/p>\n<h2>Faiblesses de la r\u00e9forme<\/h2>\n<p>Au niveau de la conception, il faut noter l&#8217;absence des enqu\u00eates pr\u00e9alables qui devraient recueillir les avis des sp\u00e9cialistes et praticiens de l&#8217;enseignement universitaire, des b\u00e9n\u00e9ficiaires directs de la formation que sont les \u00e9tudiants, voire des b\u00e9n\u00e9ficiaires indirects que sont les administrations locales, le patronat. Ensuite, les secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux acad\u00e9miques qui ont \u00e9t\u00e9 les artisans principaux de la r\u00e9forme de 2003 en se r\u00e9unissant deux fois seulement, ne repr\u00e9sentent pas valablement toutes les sp\u00e9cialit\u00e9s couvertes par la formation universitaire en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo. Ceci a entra\u00een\u00e9 une certaine f\u00e9brilit\u00e9 dans l&#8217;examen de propositions des programmes sinon de toutes, du moins de plusieurs fili\u00e8res de formation. <\/p>\n<p>De m\u00eame, les pr\u00e9alables p\u00e9dagogiques, financiers, et mat\u00e9riels n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s au niveau de la conception de la r\u00e9forme. <\/p>\n<p>Au niveau de l&#8217;ex\u00e9cution de la r\u00e9forme, on peut d\u00e9plorer le fait que les nouveaux programmes d&#8217;\u00e9tudes soient introduits en premi\u00e8re ann\u00e9e avant la mise au point de la forme finale. Pire encore, des ateliers de formation et d&#8217;information des diff\u00e9rents corps des milieux universitaires n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s et la motivation de ceux-ci n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e en ordre utile dans les priorit\u00e9s de la r\u00e9forme. En outre, la coordination entre les objectifs de la r\u00e9forme et les ressources mat\u00e9rielles et financi\u00e8res n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 assur\u00e9e, \u00e0 telle enseigne que les biblioth\u00e8ques et les laboratoires n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9quip\u00e9s en cons\u00e9quence. <\/p>\n<p>Enfin, peut-on r\u00e9former l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire sans, en amont, r\u00e9former l&#8217;enseignement primaire et secondaire et sans, en aval, cr\u00e9er des structures d&#8217;emplois susceptibles de r\u00e9sorber le produit de l&#8217;universit\u00e9 ? L&#8217;on ne devrait pas en fait oublier que l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire n&#8217;est qu&#8217;un sous-syst\u00e8me du grand syst\u00e8me \u00e9ducatif du pays et doit tenir compte des r\u00e9alit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 globale.<br \/>\nEtant donn\u00e9 les lacunes relev\u00e9es ci-haut, on peut se demander quelles sont les chances de r\u00e9ussite de la r\u00e9forme de 2003. En effet, une r\u00e9forme qui n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par des enqu\u00eates pour cerner les attentes de la soci\u00e9t\u00e9, qui n&#8217;a pas cherch\u00e9 \u00e0 obtenir une forte implication des formateurs, qui a \u00e9t\u00e9 la propre affaire du Minist\u00e8re de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire&#8230;amenuise fortement ses chances de r\u00e9ussite .<\/p>\n<h2>Pour la r\u00e9ussite de la r\u00e9forme<\/h2>\n<p>La r\u00e9ussite de la r\u00e9forme d\u00e9pend largement de la volont\u00e9 politique, car, \u00ables universit\u00e9s ne sont pas les seules responsables de leur propre \u00e9volution. La politique est partenaire \u00e0 part enti\u00e8re, sinon majoritaire, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de traiter de tout d\u00e9veloppement pouvant \u00eatre souhait\u00e9 par les universit\u00e9s \u00bb (Dejean &#038; Binnemans, 1971, p. 307). Par-del\u00e0 la volont\u00e9  politique, des mesures doivent \u00eatre prises pour assurer la r\u00e9ussite de la r\u00e9forme de 2003.<\/p>\n<p> A ce propos, il conviendrait:<br \/>\n&#8211; d&#8217;instaurer un organe consultatif \u00e0 caract\u00e8re permanent qui jouerait le r\u00f4le de l&#8217;observatoire ;<br \/>\n&#8211; de promouvoir les principes de d\u00e9mocratie, d&#8217;efficacit\u00e9, de participation dans la direction des institutions universitaires ;<br \/>\n&#8211; de veiller \u00e0 ce que la participation de diff\u00e9rents corps de l&#8217;universit\u00e9 ainsi que des autres partenaires \u00e9ducatifs se fasse sans pr\u00e9jug\u00e9s, mais dans le dialogue franc et constructif ;<br \/>\n&#8211; de remplir les conditions p\u00e9dagogiques, psychologiques, socio-\u00e9conomiques&#8230;.d&#8217;implantation de la r\u00e9forme ;<br \/>\n&#8211; de mettre un accent particulier sur la r\u00e9forme des niveaux primaire et secondaire ;<br \/>\n&#8211; de coordonner les efforts en mati\u00e8re de formation universitaire avec ceux de la cr\u00e9ation des structures d&#8217;emplois.<\/p>\n<p>Du reste, il serait illusoire de pr\u00e9tendre disposer des recettes \u00e0 toutes les questions pendantes et \u00e0 celles qui pourraient l&#8217;\u00eatre demain. Mais si l&#8217;on met sur pied un organe consultatif, les ajustements, voire les r\u00e9ajustements s&#8217;op\u00e9reront \u00e0 temps utile apr\u00e8s un diagnostic et une analyse des solutions et des choix \u00e0 op\u00e9rer. Par ailleurs, le temps n&#8217;est plus aux demi-mesures, aux compromis, aux repl\u00e2trages. La solution devra \u00eatre globale, elle devra&#8230; prendre en consid\u00e9ration tous les aspects de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9ducative : p\u00e9dagogiques autant que financiers, psychologiques aussi bien qu&#8217;\u00e9conomiques \u00bb. (Dejean &#038; Binnemans, 1971, p. 561).<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/p>\n<p>Dejean, C. &#038; Binnemans, C. L. (1971). L&#8217;universit\u00e9 Belge. Du pari au d\u00e9fi. Bruxelles : ULB.<\/p>\n<p>Conf\u00e9rence Nationale Souveraine. (1992). Commission de l&#8217;\u00c9ducation. Rapport final non publi\u00e9. Kinshasa.<\/p>\n<p>\u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux de l&#8217;\u00c9ducation. (1996). Commission pr\u00e9paratoire. Kinshasa.<\/p>\n<p>Muholangu, M. A. (2004). Pr\u00e9face. Comprendre la transition ou La constitution de la transition expliqu\u00e9e. Kinshasa : Fored.<\/p>\n<p>Verhaegen, B. (1986). Propositions sur l&#8217;Universit\u00e9 de demain. Revue de l&#8217;IRSA, 1, 45-64.<\/p>\n<p>Verheust, T. (1974). L&#8217;enseignement en R\u00e9publique du Za\u00efre. Cahiers du CEDAF, 1, 1-47.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;histoire de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et universitaire en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo est jalonn\u00e9e par une s\u00e9rie de r\u00e9formes, dont la derni\u00e8re en date est celle de 2003. Celle-ci a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e au sortir d&#8217;une des crises les plus graves de l&#8217;histoire du pays, \u00ab crise de l\u00e9gitimit\u00e9, crise de souverainet\u00e9, crise identitaire, crise de gouvernance dont les effets d\u00e9vastateurs se passent de tout commentaire (plus de trois millions de morts, destruction des infrastructures, criminalisation de l&#8217;arm\u00e9e, pillage des ressources nationales, faiblesse institutionnelle de l&#8217;\u00c9tat, paup\u00e9risation de la population&#8230;) \u00bb (Muhalangu, 2004, p. 5). Quelles sont les chances de r\u00e9ussite d&#8217;une r\u00e9forme initi\u00e9e dans ce contexte ? C&#8217;est la question qui nous pr\u00e9occupe dans cet article.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":502,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-503","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/503","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=503"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/503\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/502"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=503"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=503"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=503"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}