{"id":50,"date":"1999-04-11T00:00:00","date_gmt":"1999-04-10T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=50"},"modified":"2017-02-23T17:42:50","modified_gmt":"2017-02-23T16:42:50","slug":"pourquoi-faut-il-investir-dans-lenseignement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/1999\/04\/11\/pourquoi-faut-il-investir-dans-lenseignement\/","title":{"rendered":"Pourquoi faut-il investir dans l&#8217;enseignement ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">&#8220;Refinancer&#8221; l&#8217;enseignement ? Sans doute. Mais \u00e0 quoi bon ? Apr\u00e8s tout, la fonction premi\u00e8re de l&#8217;\u00e9cole n&#8217;est pas d&#8217;engloutir du budget, mais d&#8217;instruire la jeunesse. La r\u00e9alisation des objectifs \u00e9ducatifs n\u00e9cessite-t-elle r\u00e9ellement qu&#8217;on y consacre davantage de moyens financiers ? Ne pourrait-on se contenter de mieux utiliser les moyens existants ? Notre conviction est que le refinancement est essentiel pour une et une seule raison: rendre l&#8217;\u00e9cole plus d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>Faut-il refinancer l&#8217;enseignement ? La question se ram\u00e8ne d&#8217;abord \u00e0 cette autre interrogation, plus fondamentale : \u00e0 quoi sert l&#8217;\u00e9cole ? Dans la mythologie de la pens\u00e9e dominante, l&#8217;enseignement remplit essentiellement trois fonctions: une fonction \u00e9conomique, une fonction sociale et une fonction politique. D&#8217;abord, l&#8217;\u00e9cole doit former des jeunes capables de s&#8217;ins\u00e9rer dans la vie professionnelle en distribuant qualifications et employabilit\u00e9. Ensuite, l&#8217;\u00e9cole doit \u00e9galiser les chances et offrir \u00e0 chacun la possibilit\u00e9 d&#8217;une &#8216;\u00e9mancipation sociale&#8217;. Enfin, l&#8217;\u00e9cole doit \u00e9duquer des citoyens conscients, actifs, attach\u00e9s aux institutions d\u00e9mocratiques de leur pays.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour l&#8217;id\u00e9ologie officielle. La r\u00e9alit\u00e9, elle, est bien \u00e9loign\u00e9e de ce discours.<\/p>\n<h2>D\u00e9mystifier l&#8217;\u00e9cole<\/h2>\n<p>Primo. L&#8217;\u00e9cole assure certes l&#8217;employabilit\u00e9, mais celle-ci ne garantit nullement l&#8217;emploi. En r\u00e9pondant au mieux aux attentes du march\u00e9 de l&#8217;emploi, l&#8217;enseignement sert exclusivement les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques du patronat, en lui fournissant une main-d&#8217;\u0153uvre nombreuse, peu co\u00fbteuse et directement exploitable. Mais cela ne cr\u00e9e \u00e9videmment pas un seul emploi suppl\u00e9mentaire. La distribution des comp\u00e9tences et des connaissances d\u00e9termine bien qui acc\u00e8de \u00e0 quel emploi, mais n&#8217;influe nullement sur le volume global de l&#8217;emploi disponible. Il est bon de ne pas l&#8217;oublier quand on veut nous faire prendre des initiatives de formation pour des solutions au probl\u00e8me du ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>Secundo. L&#8217;\u00e9cole n&#8217;\u00e9galise pas les chances, elle contribue au contraire \u00e0 reproduire les in\u00e9galit\u00e9s sociales existantes. Elle envoie massivement les enfants des classes populaires dans les fili\u00e8res g\u00e9n\u00e9rales et techniques et r\u00e9serve de facto les options \u00e9litistes de l&#8217;enseignement g\u00e9n\u00e9ral aux fils et filles de la bourgeoisie. Pire m\u00eame: par son discours sur les &#8216;chances \u00e9gales&#8217;, le syst\u00e8me \u00e9ducatif contribue \u00e0 faire accepter, par les parias de demain, l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;ils ne doivent leur destin social qu&#8217;\u00e0 leur propre incapacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9ussir \u00e0 l&#8217;\u00e9cole. Puisque les chances sont \u00e9gales au d\u00e9part, celui qui &#8216;n&#8217;arrive&#8217; pas ne doit s&#8217;en prendre qu&#8217;\u00e0 lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Tertio. Inculquer aux jeunes l&#8217;id\u00e9e que nos soci\u00e9t\u00e9s sont fond\u00e9es sur la d\u00e9mocratie et le respect des Droits de l&#8217;Homme n&#8217;a que l&#8217;apparence d&#8217;une intention g\u00e9n\u00e9reuse. Car le message est terriblement mensonger. Peut-on dire \u00e0 un jeune qu&#8217;il vit dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique quand il voit son p\u00e8re licenci\u00e9 sur d\u00e9cision arbitraire d&#8217;un patron en qu\u00eate de rationalisation ? Peut-on vanter notre respect des droits de l&#8217;homme quand les candidats r\u00e9fugi\u00e9s sont parqu\u00e9s dans des camps de concentration et maltrait\u00e9s, voire assassin\u00e9s, lors de leur renvoi forc\u00e9 ? Peut-on parler d&#8217; &#8216;\u00e9galit\u00e9&#8217; ou de &#8216;justice&#8217; lorsque quelques pays riches, dont le n\u00f4tre, s&#8217;arrogent le droit d&#8217;imposer leur loi et leur domination aux autres ? Quand le vol d&#8217;une motocyclette est plus s\u00e9v\u00e8rement puni qu&#8217;une fraude fiscale de plusieurs millions de francs? Quand le luxe arrogant de quelques-uns est si visiblement b\u00e2ti sur la mis\u00e8re de milliers d&#8217;autres ? A vrai dire, les jeunes d&#8217;origine populaire n&#8217;ont nullement le sentiment de vivre dans cette soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale. Sans doute est-ce aussi cela que certains d&#8217;entre eux expriment &#8211; maladroitement peut-\u00eatre -par des actes de violence. A force de leur r\u00e9p\u00e9ter que c&#8217;est \u00e7\u00e0 la d\u00e9mocratie, on ne fait \u00e9videmment que les jeter dans les bras des fascistes ou des int\u00e9gristes de tous bords qui leur crient sans cesse: \u00e0 bas la d\u00e9mocratie !<\/p>\n<h2>Apprendre pour changer le monde<\/h2>\n<p>Si l&#8217;\u00e9cole doit servir &#8211; via la production de main d&#8217;\u0153uvre, la s\u00e9lection sociale ou l&#8217;endoctrinement id\u00e9ologique &#8211; \u00e0 maintenir en place ou \u00e0 reproduire des rapports sociaux profond\u00e9ment injustes, alors effectivement, \u00e0 quoi bon l&#8217;\u00e9cole?<\/p>\n<p>Mais pour celui qui situe son action et son enseignement dans le projet de transformer ces rapports sociaux, l&#8217;instruction prend un sens totalement diff\u00e9rent. Dans une vision r\u00e9solument progressiste, l&#8217;\u00e9cole acquiert une mission cruciale: apporter aux jeunes les savoirs et les comp\u00e9tences qui leur permettront de comprendre le monde o\u00f9 ils vivent et de participer \u00e0 sa transformation. Que tous apprennent l&#8217;histoire, la g\u00e9ographie, l&#8217;\u00e9conomie, pour comprendre comment fonctionne notre soci\u00e9t\u00e9 et comment on en est arriv\u00e9 l\u00e0! Que tous ma\u00eetrisent les sciences et les techniques pour savoir les merveilles que promet le g\u00e9nie humain, mais aussi les dangers qu&#8217;il rec\u00e8le! Qu&#8217;ils apprennent la rigueur du raisonnement math\u00e9matique et la preuve de l&#8217;exp\u00e9rience scientifique! Que tous sachent lire, \u00e9crire, formaliser, structurer, planifier et, pourquoi pas, &#8216;surfer&#8217; intelligemment sur Internet! Que tous sachent utiliser les multiples formes de communication et d&#8217;art pour discuter, argumenter et diffuser leurs id\u00e9es! Qu&#8217;ils acqui\u00e8rent l&#8217;intelligence de briser les pr\u00e9jug\u00e9s et l&#8217;ambition de r\u00e9volutionner le monde!<\/p>\n<p>Tel est le projet de l&#8217;\u00e9cole d\u00e9mocratique, de l&#8217;\u00e9cole progressiste, d&#8217;une \u00e9cole qui ait du sens \u00e0 l&#8217;aube du XXI\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Mais l&#8217;\u00e9cole n&#8217;est pas d\u00e9mocratique. Elle l&#8217;est m\u00eame de moins en moins. Les savoirs sont m\u00e9pris\u00e9s et font place aux comp\u00e9tences que r\u00e9clame l&#8217;employabilit\u00e9 de travailleurs flexibles. La s\u00e9lection sociale, l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des chances \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, loin de d\u00e9cro\u00eetre se trouve renforc\u00e9e par les politiques d&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire et par les politiques visant \u00e0 adapter l&#8217;orientation aux besoins \u00e9conomiques. Cette s\u00e9lection sociale constitue m\u00eame, aujourd&#8217;hui, le principal obstacle au r\u00f4le progressiste de l&#8217;\u00e9cole tel que je l&#8217;ai d\u00e9fini plus haut. A quoi bon r\u00e9clamer une vaste formation g\u00e9n\u00e9rale pour tous si, \u00e0 12 ou 14 ans, on doit constater que 50% des jeunes &#8211; et pr\u00e9cis\u00e9ment ceux qu&#8217;il s&#8217;agit prioritairement d&#8217;instruire: les futurs ouvriers, les futurs exploit\u00e9s &#8211; en sont d\u00e9go\u00fbt\u00e9s. Ils ne veulent plus de ces cours-l\u00e0, ils n&#8217;y comprennent rien et cela leur semble totalement inutile.<\/p>\n<h2>Les m\u00e9canismes de la s\u00e9lection sociale<\/h2>\n<p>Pourquoi donc certains comprennent-ils et d&#8217;autres pas ? Pourquoi certains sont-ils int\u00e9ress\u00e9s, motiv\u00e9s et d&#8217;autres pas ? Pourquoi ceux qui comprennent et sont motiv\u00e9s proviennent-ils souvent de familles ais\u00e9es, bourgeoises ou petites-bourgeoises ? Et pourquoi les autres, ceux dont on dit en conseil de classe qu&#8217;ils ont &#8216;atteint leurs limites&#8217;, qu&#8217;ils &#8216;ne s&#8217;int\u00e9ressent \u00e0 rien&#8217;, pourquoi ceux-l\u00e0 viennent-ils surtout de familles populaires ?<\/p>\n<p>Toutes les enqu\u00eates relatives \u00e0 l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 sociale \u00e0 l&#8217;\u00e9cole (entre autres celle que J.P. Kerckhofs et moi-m\u00eame avons men\u00e9e en Hainaut) ont mis en \u00e9vidence les r\u00e9sultats scolaires tout \u00e0 fait remarquables des enfants d&#8217;enseignants. Pourquoi un fils ou une fille de prof r\u00e9ussissent-ils mieux que les rejetons d&#8217;un ouvrier, d&#8217;un employ\u00e9 et m\u00eame, l\u00e9g\u00e8rement mais significativement, mieux que les enfants d&#8217;un cadre sup\u00e9rieur ou d&#8217;un m\u00e9decin ? Il semble que le secret de leur succ\u00e8s tienne en deux points.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, le parent-professeur inculque \u00e0 ses enfants &#8211; sans doute parfois jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;exc\u00e8s &#8211; l&#8217;importance de l&#8217;\u00e9cole et des savoirs. L&#8217;homme n&#8217;est rien sans une biblioth\u00e8que et des dipl\u00f4mes: ce message, l&#8217;enfant l&#8217;a appris presque au berceau. Ce rapport au savoir et \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, cette valorisation du savoir pour le savoir et de l&#8217;\u00e9cole &#8216;pour apprendre&#8217; (pas pour apprendre un m\u00e9tier mais pour apprendre, simplement), cette glorification de l&#8217;intelligence scolaire n&#8217;est pas sans effet. Elle constitue une profonde motivation que viennent soutenir des r\u00e9sultats souvent positifs.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, l&#8217;enfant de prof trouve \u00e0 la maison un v\u00e9ritable pr\u00e9cepteur priv\u00e9. Ses parents ont la disponibilit\u00e9 horaire, le savoir et l&#8217;exp\u00e9rience qui leur permettent d&#8217;intervenir efficacement pour redresser une situation tangente. Ils connaissent les &#8216;r\u00e8gles du jeu&#8217; scolaire; ils savent par exemple ma\u00eetriser la subtile dialectique du rapport aux &#8216;cotes&#8217; (ou comment expliquer \u00e0 son enfant qu&#8217; &#8216;il ne faut pas \u00e9tudier pour les points&#8217;, tout en surveillant ceux-ci de tr\u00e8s pr\u00e8s&#8230;). Bref, ils apportent \u00e0 leurs enfants ce qui manque si terriblement aux autres: un encadrement personnalis\u00e9, une aide individualis\u00e9e, attentive, comp\u00e9tente et permanente.<\/p>\n<p>Dans les m\u00e9canismes de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 sociale \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, ces deux aspects sont \u00e0 mon sens \u00e9galement importants: la motivation et l&#8217;encadrement.<\/p>\n<h2>Agir sur la motivation: un choix personnel<\/h2>\n<p>Nous ne pouvons agir sur la motivation que par le discours que nous, enseignants, osons tenir aux jeunes qu&#8217;on nous confie. On en revient alors aux missions de l&#8217;\u00e9cole. Si nous leur parlons d&#8217;employabilit\u00e9, nous leur mentons et ils le savent. Si je dis \u00e0 un \u00e9l\u00e8ve: travaille pour avoir une chance de d\u00e9crocher un emploi, je lui dis en r\u00e9alit\u00e9: essaie de faire mieux que ton voisin, sinon c&#8217;est lui qui aura le job. Si nous leur parlons de d\u00e9mocratie, ce n&#8217;est gu\u00e8re plus convainquant, on l&#8217;a vu. Pour remotiver les enfants d&#8217;origine populaire, ces gosses souvent violents que l&#8217;\u00e9cole d\u00e9go\u00fbte et qui nous le font bien sentir, je ne vois qu&#8217;une issue. C&#8217;est de leur montrer que l&#8217;\u00e9cole peut les aider \u00e0 r\u00e9aliser ce dont ils ont r\u00e9ellement besoin, ce dont ils ont profond\u00e9ment envie: &#8216;tout f&#8230; en l&#8217;air&#8217;. Mais efficacement et intelligemment ! &#8216;Oui, tu as raison de cracher ta haine de ce monde d\u00e9solant. Mais tu as tort de te croire trop idiot pour imaginer mieux, pour b\u00e2tir autre chose. Ou plut\u00f4t, tu n&#8217;es idiot que parce que tu ne sais rien. Prends la peine d&#8217;apprendre, \u00e9tudie, instruis-toi, lis beaucoup, suis tes cours, m\u00eame chez les profs que tu d\u00e9testes. Et plus tu progresseras, plus tu te sentiras capable de faire mieux, d&#8217;\u00eatre plus efficace que de casser un carreau ou de crever les pneus du directeur. Mais surtout n&#8217;oublie jamais que tu n&#8217;es pas l\u00e0 pour t&#8217;en sortir seul, pour &#8216;r\u00e9ussir&#8217; dans ce monde, pour &#8216;arriver&#8217;. Si je t&#8217;instruis, si je prends la peine de te parler et de t&#8217;\u00e9couter, c&#8217;est parce que je compte sur toi pour qu&#8217;on s&#8217;en sorte tous. Ensemble&#8217;.<\/p>\n<p>C&#8217;est un discours difficile \u00e0 tenir, surtout sans d\u00e9magogie, sans concessions. Ici, disons le clairement, le refinancement de l&#8217;enseignement ne peut rien faire ou pas grand chose. Cela ne d\u00e9pend que de notre choix et de notre courage. C&#8217;est d&#8217;ailleurs un discours qui ne se tient pas qu&#8217;avec des paroles: il s&#8217;agit tout autant, dans les actes quotidiens de notre enseignement, dans le choix d&#8217;un exemple, dans la fa\u00e7on d&#8217;interpr\u00e9ter ou de compl\u00e9ter un programme, dans l&#8217;initiative d&#8217;une visite extrascolaire et m\u00eame dans l&#8217;exemple que nous donnons aux \u00e9l\u00e8ves de notre propre engagement, il s&#8217;agit de mettre constamment en avant le sens social du savoir, sa force r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<h2>La place du refinancement<\/h2>\n<p>Mais la meilleure motivation ne peut r\u00e9sister \u00e0 l&#8217;accumulation d&#8217;\u00e9checs scolaires. Pour \u00e9viter ces \u00e9checs, pour garantir que chaque \u00e9l\u00e8ve suive, il n&#8217;y a que deux solutions: soit on abaisse les exigences (moins de mati\u00e8re, moins de devoirs, moins de le\u00e7ons&#8230;) soit on permet \u00e0 chacun de disposer de l&#8217;encadrement individualis\u00e9 dont seuls quelques-uns jouissent aujourd&#8217;hui \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re solution n&#8217;en est pas une. Elle pousse les parents qui en ont les moyens \u00e0 rechercher, hors de l&#8217;\u00e9cole, de quoi compenser ce qu&#8217;ils per\u00e7oivent \u00e0 juste titre comme une &#8216;baisse de niveau&#8217;. Cela ne fera donc qu&#8217;aggraver le foss\u00e9 scolaire entre les enfants d&#8217;origines sociales in\u00e9gales en poussant \u00e0 la privatisation de l&#8217;enseignement.<\/p>\n<p>Il faut donc augmenter et am\u00e9liorer l&#8217;encadrement. Diminuer le nombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves dans les classes, surtout dans l&#8217;enseignement primaire; pr\u00e9voir du personnel qualifi\u00e9 pour assurer des guidances personnalis\u00e9es en dehors des heures de cours; faire r\u00e9aliser les devoirs \u00e0 l&#8217;\u00e9cole avec une aide individualis\u00e9e; permettre aux ma\u00eetres, professeurs et \u00e9ducateurs d&#8217;avoir des temps de concertation, de pr\u00e9paration, de guidance et de recyclage; am\u00e9liorer la formation des enseignants; assurer une v\u00e9ritable gratuit\u00e9 pour les fournitures scolaires et les activit\u00e9s hors cours; organiser des activit\u00e9s gratuites durant les vacances: stages, voyages, sports&#8230;; doter tous les \u00e9tablissements du mat\u00e9riel didactique n\u00e9cessaire, d&#8217;une biblioth\u00e8que, de locaux accueillants et de personnel d&#8217;entretien en nombre suffisant; \u00e9viter les \u00e9coles mammouth.<\/p>\n<p>Tout cela co\u00fbte cher. Une rapide estimation montre qu&#8217;il faudrait plus de 100 milliards de FB (2,5 milliards d&#8217;Euro) pour r\u00e9aliser un tel programme en Belgique. C&#8217;est beaucoup, mais c&#8217;est une question de choix, car l&#8217;argent existe comme on le lira par ailleurs.<\/p>\n<p>Que l&#8217;on compare les conditions d&#8217;enseignement d&#8217;un enfant de 8, 12 ou 14 ans avec les conditions de formation des cadres d&#8217;entreprises: groupes de 6 maximum, locaux luxueux, formateurs disposant de mat\u00e9riel et de temps&#8230; Alors qu&#8217;est-ce qui prime ? Former un vendeur de GSM ou apprendre l&#8217;histoire aux ouvriers de demain ?<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 se situe le choix.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#8220;Refinancer&#8221; l&#8217;enseignement ? Sans doute. Mais \u00e0 quoi bon ? 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