{"id":438,"date":"2005-10-13T15:24:25","date_gmt":"2005-10-13T14:24:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=438"},"modified":"2017-02-20T18:33:15","modified_gmt":"2017-02-20T17:33:15","slug":"lolf-story","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2005\/10\/13\/lolf-story\/","title":{"rendered":"LOLF-story"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La <strong>Loi Organique relative aux Lois de Finances<\/strong> (<strong>LOLF<\/strong>) est la Constitution financi\u00e8re de l&#8217;Etat, elle est au c\u0153ur de la mise en \u0153uvre de la <strong>d\u00e9centralisation<\/strong>. La LOLF de 1959 a v\u00e9cu, elle fut abrog\u00e9e et remplac\u00e9e le 1er ao\u00fbt 2001. L&#8217;application de la LOLF de 2001 est programm\u00e9e pour 2006, la r\u00e9forme constitutionnelle relative \u00e0 la d\u00e9centralisation autorise sa mise en exp\u00e9rimentation entre 2004 et 2006.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-437\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2005\/10\/arton284.gif\" width=\"199\" height=\"148\" \/><\/p>\n<p>(les parties en <em>italiques<\/em> sont des citations du rapport au ministre de l&#8217;\u00e9ducation nationale d&#8217;avril 2005 :<strong> <\/strong>\u00ab<strong> <\/strong><strong> <em>L&#8217;exp\u00e9rimentation de la loi organique relative aux lois de finances dans les acad\u00e9mies de Bordeaux et de Rennes<\/em> <\/strong> \u00bb). <\/p>\n<p><strong>Fabius<\/strong>, alors Ministre de l&#8217;\u00c9conomie et des finances et instigateur de la r\u00e9forme avec le d\u00e9put\u00e9 Migaud, d\u00e9clarait dans son discours de pr\u00e9sentation de la LOLF au S\u00e9nat : \u00ab Quand, apr\u00e8s une longue r\u00e9flexion, on a d\u00e9cid\u00e9 de franchir le Rubicon, on ne s&#8217;arr\u00eate en g\u00e9n\u00e9ral pas pour go\u00fbter la temp\u00e9rature de l&#8217;eau<em>.<\/em> \u00bb ! Ce 1er ao\u00fbt 2001, il faut croire que tous les journalistes faisaient les canards: nul d\u00e9bat d\u00e9mocratique ni dans la presse ni dans les h\u00e9micycles, la loi fut adopt\u00e9e \u00e0 l&#8217;unanimit\u00e9 des chambres o\u00f9 elle  fut surnomm\u00e9e \u00ab la r\u00e9volution silencieuse \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Une r\u00e9volution totale :<br \/>\n<\/strong>La LOLF de 1959 \u00e9tait fond\u00e9e sur le principe d&#8217;une budg\u00e9tisation  par nature de d\u00e9penses (r\u00e9parties en 848 chapitres) selon une <strong>obligation de moyens<\/strong> orient\u00e9e vers des r\u00e9sultats \u00e0 partir d&#8217;objectifs d\u00e9finis. A contrario, la LOLF de 2001 se pr\u00e9sente dans une <strong>logique de r\u00e9sultat  et de performance <\/strong>o\u00f9 tout budget doit \u00eatre justifi\u00e9 au <strong>niveau local<\/strong> \u00ab au premier euro \u00bb pour remonter au niveau central. S&#8217;instaure alors une double <strong>notion contractuelle <\/strong>: verticale vis \u00e0 vis du minist\u00e8re, horizontale vis \u00e0 vis du \u00ab client \u00bb que l&#8217;on ne peut plus, d\u00e8s lors, appeler \u00ab usager \u00bb.<br \/>\n<em> \u00ab <\/em><strong> <em>Tous les acteurs du syst\u00e8me \u00e9ducatif<\/em> <\/strong><em> vont \u00eatre concern\u00e9s dans l&#8217;accomplissement de leurs missions et dans l&#8217;exercice de leurs pratiques professionnelles, <\/em><strong> <em>notamment p\u00e9dagogiques<\/em> <\/strong><em>&#8230;<\/em> <em>\u00e0 partir de 2006, les <\/em><strong> <em>services acad\u00e9miques<\/em> <\/strong><em> et les <\/em><strong> <em>\u00e9tablissements scolaires<\/em> <\/strong><em> d\u00e9velopperont leurs activit\u00e9s au sein d&#8217;une mission  interminist\u00e9rielle \u00ab Enseignement scolaire \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>L&#8217;exp\u00e9rimentation dans les acad\u00e9mies de Bordeaux et Rennes.<br \/>\nAvant sa toute premi\u00e8re application au titre de la loi de finance 2006, la LOLF a \u00e9t\u00e9 exp\u00e9riment\u00e9e dans les acad\u00e9mies de Rennes et Bordeaux.<br \/>\nLes rapporteurs de l&#8217;exp\u00e9rience pr\u00e9cisent ing\u00e9nument que \u00ab <em>le message a \u00e9t\u00e9 partiellement brouill\u00e9 <\/em><strong> <em>: l&#8217;exp\u00e9rimentation de la LOLF <\/em> <\/strong><em>a crois\u00e9, en effet, sur son chemin, dans les deux acad\u00e9mies, la mise en \u0153uvre de la <\/em><strong> <em>strat\u00e9gie minist\u00e9rielle de r\u00e9forme<\/em> <\/strong><em> (SMR) et l&#8217;application, pour les moyens du second degr\u00e9, <\/em><strong> <em>d&#8217;un plan de retour \u00e0 l&#8217;\u00e9quilibre<\/em> <\/strong><em>.<\/em> \u00bb et ceci \u00ab <em>En raison d&#8217;une articulation insuffisante au niveau central.<\/em> \u00bb<br \/>\nVoici un bel aveu : ces trois mesures ne visant qu&#8217;\u00e0 restreindre les d\u00e9penses de l&#8217;Etat et \u00e0 d\u00e9truire les services publics, appliqu\u00e9es de concert, ne peuvent dissimuler leurs noirs dessins.<br \/>\nAinsi les rapporteurs regrettent qu&#8217;<em>\u00ab une confusion s&#8217;est \u00e9tablie entre les trois d\u00e9marches : elles ont \u00e9t\u00e9 amalgam\u00e9es. Leurs effets respectifs ont fini par s&#8217;emm\u00ealer dans l&#8217;esprit de certains (<\/em><strong> <em>partenaires syndicaux<\/em> <\/strong><em> mais aussi cadres interm\u00e9diaires des services) qui en sont vite arriv\u00e9s \u00e0 la conclusion que tout \u00e9tait dirig\u00e9 vers un seul but : <\/em><strong> <em>les suppressions d&#8217;emplois<\/em> <\/strong><em>. Pour eux, telle est apparue la <\/em><strong> <em>vis\u00e9e premi\u00e8re de la LOLF<\/em> <\/strong><em>, alors que sa logique ne peut \u00eatre ainsi r\u00e9duite. Certes, <\/em><strong> <em>elle est un instrument de ma\u00eetrise de la d\u00e9pense publique<\/em> <\/strong><em> et les <\/em><strong> <em>gains de productivit\u00e9<\/em> <\/strong><em> d\u00e9gag\u00e9s n&#8217;y sont pas \u00e9trangers, mais elle est aussi un outil de r\u00e9forme du <\/em><strong> <em>management du syst\u00e8me \u00e9ducatif<\/em> <\/strong><em>, notamment sur le <\/em><strong> <em>plan p\u00e9dagogique<\/em> <\/strong><em>. \u00bb<br \/>\n<\/em><br \/>\nConfiant en leur bonne r\u00e9forme, les rapporteurs s&#8217;\u00e9tonnent du rejet des organisations syndicales et des conseils d&#8217;administrations des \u00e9tablissements : <em>\u00ab toute gestion par la performance est, par nature, jug\u00e9e incompatible avec les activit\u00e9s d&#8217;enseignement \u00bb.<\/em> De m\u00eame <em>\u00ab les \u00e9lus <\/em><strong> <em>des conseils d&#8217;administration<\/em> <\/strong><em>, per\u00e7oivent, pour certains d&#8217;entre eux, <\/em><strong> <em>la logique de la loi organique<\/em> <\/strong><em> &#8211; la <\/em><strong> <em>gestion par les objectifs et la performance<\/em> <\/strong><em> &#8211; comme \u00ab un <\/em><strong> <em>danger pour le service public<\/em> <\/strong><em> \u00bb, au sein duquel la concurrence et l&#8217;esprit de comp\u00e9tition pourraient finir par l&#8217;emporter au d\u00e9triment des usagers. \u00bb<br \/>\n<\/em>Qu&#8217;est-ce qui chiffonne dans la LOLF ? Une disposition incontournable et novatrice de finance publique qui a pour nom \u00ab <strong>la fongibilit\u00e9 asym\u00e9trique<\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p><strong>La fongibilit\u00e9 asym\u00e9trique.<br \/>\n<\/strong>Dans la nouvelle LOLF, la r\u00e9partition entre les titres budg\u00e9taires est d\u00e9sormais purement indicative ; les gestionnaires d\u00e9cident de la \u00ab r\u00e9partition optimale \u00bb des d\u00e9penses, pouvant par exemple <strong>transformer<\/strong> des <strong>cr\u00e9dits de fonctionnement<\/strong> en <strong>cr\u00e9dits d&#8217;investissement<\/strong> et inversement : le gestionnaire (rectorat pour le secondaire ; IA pour le premier degr\u00e9) poss\u00e8de une autonomie de gestion compl\u00e8te.<br \/>\nMais tout n&#8217;est pas possible: la loi organique a pos\u00e9 une <strong>limite \u00e0 cette nouvelle fongibilit\u00e9<\/strong>; en effet, si les <strong>cr\u00e9dits de personnel<\/strong> peuvent abonder le reste du programme \u00ab <em>les cr\u00e9dits ouverts sur le titre des <\/em><strong> <em>d\u00e9penses de personnel<\/em> <\/strong><em> de chaque programme <\/em><strong> <em>constituent le plafond des d\u00e9penses de cette nature<\/em> <\/strong><em> <\/em>\u00bb(Article 7.II de la LOLF). <strong>La masse salariale est donc soumise \u00e0 un plafond<\/strong>. <br \/>\nLa loi de finances de l&#8217;ann\u00e9e fixe en outre un <strong>plafond d&#8217;emploi limitatif par minist\u00e8re<\/strong> dont les gestionnaires devront imp\u00e9rativement tenir compte. <br \/>\n<strong>Si les diff\u00e9rents cr\u00e9dits<\/strong> <strong>peuvent donc \u00eatre major\u00e9s par des cr\u00e9dits de personnel<\/strong>, <strong>l&#8217;inverse est interdit<\/strong>. <br \/>\nA contrario, un <strong>cr\u00e9dit de d\u00e9penses de personnel<\/strong> <strong>peut d\u00e9sormais abonder tout autre cr\u00e9dit<\/strong> : fonctionnement, investissement, remboursement de la dette.<br \/>\nL\u00e0 est l&#8217;asym\u00e9trie dont le respect est assur\u00e9 par un double verrou.<\/p>\n<p><strong>Exemples de fonctionnement de la \u00ab fongibilit\u00e9 asym\u00e9trique \u00bb :<br \/>\n<\/strong>Ainsi, dans l&#8217;acad\u00e9mie de Rennes,  <em>\u00ab la priorit\u00e9 retenue a \u00e9t\u00e9 d&#8217;affecter les <\/em><strong> <em>\u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es sur la masse salariale<\/em> <\/strong><em>, essentiellement produites par un <\/em><strong> <em>sous consommation<\/em> <\/strong><em> des <\/em><strong> <em>cr\u00e9dits destin\u00e9s aux assistants d&#8217;\u00e9ducation<\/em> <\/strong><em> et aux <\/em><strong> <em>MI-SE,<\/em> <\/strong><em> au d\u00e9sendettement des acad\u00e9mies \u00bb.<br \/>\n<\/em><strong> <em>\u00ab A l&#8217;int\u00e9rieur du titre 3 <\/em> <\/strong><strong>(masse salariale)<\/strong><em>, la <\/em><strong> <em>fongibilit\u00e9<\/em> <\/strong><em> a \u00e9t\u00e9 en quelque sorte anticip\u00e9e par un <\/em><strong> <em>gel pr\u00e9alable de cr\u00e9dits<\/em> <\/strong><em>, d\u00e9bloqu\u00e9s et red\u00e9ploy\u00e9s ensuite en gestion. \u00bb<br \/>\n\u00ab Les cr\u00e9dits d\u00e9gag\u00e9s par le jeu de la <\/em><strong> <em>fongibilit\u00e9 asym\u00e9trique <\/em> <\/strong><em>ont permis, d&#8217;<\/em><strong> <em>apurer  \u00e0 hauteur de 60 %, les restes \u00e0 payer<\/em> <\/strong><em>  du service des examens et concours \u00bb.<br \/>\n\u00ab Dans l&#8217;acad\u00e9mie de <\/em><strong> <em>Bordeaux, <\/em> <\/strong><em>les <\/em><strong> <em>dettes<\/em> <\/strong><em> accumul\u00e9es sur les d\u00e9penses d&#8217;examen et concours ont \u00e9t\u00e9 <\/em><strong> <em>sold\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 la fongibilit\u00e9 asym\u00e9trique<\/em> <\/strong><em> \u00bb.<\/p>\n<p><\/em>Aussi est-il singulier de lire dans ce rapport la d\u00e9n\u00e9gation de l&#8217;utilisation de la fongibilit\u00e9 asym\u00e9trique des cr\u00e9dits :  <em>\u00ab <\/em><strong> <em>Dans les \u00e9tablissements, une crainte irraisonn\u00e9e <\/em> <\/strong><em>commence \u00e0 se r\u00e9pandre, celle de voir les <\/em><strong> <em>cr\u00e9dits de r\u00e9mun\u00e9ration<\/em> <\/strong><em>, donc les postes, red\u00e9ploy\u00e9s, dans le cadre de leur autonomie, pour <\/em><strong> <em>financer des d\u00e9penses d&#8217;\u00e9quipements<\/em> <\/strong><em> (micro ordinateurs, photocopieurs ) \u00bb. <br \/>\n<\/em>En l&#8217;occurrence, les \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es sur la masse salariale \u00e0 disposition des acad\u00e9mies n&#8217;ont pas abond\u00e9 des cr\u00e9dits d&#8217;\u00e9quipement,&#8230; uniquement des dettes !<\/p>\n<p>Mais, qui interdit une telle utilisation de la fongibilit\u00e9 asym\u00e9trique ? alors qu&#8217;elle est en nature faite pour restreindre la masse salariale dans un cadre de politique de restriction budg\u00e9taire.<br \/>\nLes rapporteurs n&#8217;ont qu&#8217;\u00e0 consulter l&#8217;article de Sophie MAHIEUX dans la <em>Revue Fran\u00e7aise de Finances Publiques (n\u00b0 76 &#8211; Novembre 2001)<\/em>, alors Directrice du Budget <strong>:<\/strong><strong> <em> Les cr\u00e9dits de personnel<\/em> <\/strong><em> de chaque programme ne peuvent, selon une logique de \u00ab <\/em><strong> <em>fongibilit\u00e9 asym\u00e9trique<\/em> <\/strong><em>\u00bb, \u00eatre major\u00e9s par des cr\u00e9dits relevant d&#8217;un autre titre, mais peuvent, en revanche, <\/em><strong> <em>abonder les cr\u00e9dits des autres titres<\/em> <\/strong><em> <\/em><strong> <em>: les \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es en mati\u00e8re de d\u00e9penses de personnel pourront ainsi servir \u00e0 accro\u00eetre les moyens de fonctionnement, d&#8217;investissement ou d&#8217;intervention des administrations \u00bb<\/em> <\/strong>.<br \/>\nL&#8217;aveu vient un peu plus loin dans le rapport : \u00ab <strong> <em>la ma\u00eetrise de la masse salariale &#8211; l&#8217;une des contraintes forte de la loi organique &#8211; doit \u00eatre assur\u00e9e<\/em> <\/strong><em> \u00bb.<\/p>\n<p><\/em>L&#8217;exp\u00e9rimentation des acad\u00e9mies de Bordeaux et Rennes n&#8217;a cependant pas \u00e9t\u00e9 compl\u00e8te, la r\u00e9mun\u00e9ration des enseignants s&#8217;effectuant jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent sur le budget de  l&#8217;Etat. Le regret point dans le rapport : \u00ab <em>Le protocole d&#8217;exp\u00e9rimentation voit dans <\/em><strong> <em>le pilotage et le suivi de la masse salariale<\/em> <\/strong><em> \u00ab un <\/em><strong> <em>enjeu particuli\u00e8rement strat\u00e9gique<\/em> <\/strong><em> \u00bb, compte tenu du poids (94 % des cr\u00e9dits ouverts) des r\u00e9mun\u00e9rations dans la section scolaire du budget du minist\u00e8re de l&#8217;Education nationale, et \u00ab <\/em><strong> <em>le principal levier de d\u00e9gagement des marges de man\u0153uvre<\/em> <\/strong><em> \u00bb. Mais, il convient de rappeler que la masse salariale des personnels enseignants du second degr\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e du champ de l&#8217;exp\u00e9rimentation, ce qui limite d&#8217;autant les conclusions que l&#8217;on peut en tirer \u00bb.<br \/>\n<\/em>Le \u00ab <strong> <em>pilotage de la masse salariale<\/em> <\/strong> \u00bb est le v\u00e9ritable enjeu de la LOLF, elle \u00ab <em>se trouve au point de rencontre de deux cultures : celle des divisions de moyens qui comptent en emplois, selon une logique qualitative, et celle de la division budg\u00e9taire qui compte en euros. De plus en plus, ils ont le r\u00e9flexe de <\/em><strong> <em>rapprocher tout acte de gestion de son impact sur la masse salariale<\/em> <\/strong><em>, pr\u00e9occupation qui leur \u00e9tait totalement \u00e9trang\u00e8re ant\u00e9rieurement. A terme, il faudra <\/em><strong> <em>concilier la dynamisation de la gestion des ressources humaines<\/em> <\/strong><em> <\/em><strong> <em>avec le maintien des \u00e9quilibres budg\u00e9taires.<\/em> <\/strong> \u00bb<\/p>\n<p>La gestion serr\u00e9e de la masse salariale (faire mieux avec moins) impose un nouveau culte, celui de la <strong>performance<\/strong> et son <strong>\u00e9valuation<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Le culte de la performance :<br \/>\n<\/strong>Les articles 51 et 54 de la LOLF mettent en place des \u00ab <strong>projets annuels de performance<\/strong> \u00bb (<strong>PAP<\/strong>) auxquels r\u00e9pondent des \u00ab <strong>rapports annuels de performance<\/strong> \u00bb (<strong>RAP<\/strong>).<br \/>\n\u00ab <strong>Le projet annuel de performances<\/strong> de chaque programme pr\u00e9cise la  pr\u00e9sentation des actions, des co\u00fbts associ\u00e9s, des objectifs poursuivis, des r\u00e9sultats obtenus et attendus pour les ann\u00e9es \u00e0 venir mesur\u00e9s au moyen d&#8217;indicateurs pr\u00e9cis dont le choix est justifi\u00e9 \u00bb<em> (article 51 de loi organique).<br \/>\n<\/em> Les <strong>rapports annuels de performances<\/strong> font conna\u00eetre  les \u00e9carts avec les pr\u00e9visions  sur  les objectifs, les r\u00e9sultats, les indicateurs et les co\u00fbts associ\u00e9s  et  les autorisations d&#8217;emplois \u00bb (article 54 de la loi organique).<br \/>\n<em>Dans la logique de \u00ab d\u00e9marche de projet \u00bb, \u00ab <\/em>le Projets Annuels de Performances doivent normalement constituer le noyau dur du projet<em> \u00bb.<br \/>\n<\/em>Les rapporteurs pr\u00e9cisent : \u00ab <strong> <em>Tous les acteurs du syst\u00e8me \u00e9ducatif<\/em> <\/strong><em> sont appel\u00e9s \u00e0 d\u00e9finir, \u00e0 partir de 2006, <\/em><strong> <em>leurs objectifs<\/em> <\/strong><em>, assortis d&#8217; <\/em><strong> <em>indicateurs de r\u00e9sultats<\/em> <\/strong><em>, en harmonie avec ceux fix\u00e9s par la repr\u00e9sentation nationale. <\/em><strong> <em>Performance et r\u00e9sultat<\/em> <\/strong><em> ne sont d&#8217;ailleurs <\/em><strong> <em>pas<\/em> <\/strong><em> vraiment <\/em><strong> <em>synonymes<\/em> <\/strong><em>. Le r\u00e9sultat est une donn\u00e9e, la performance est la mani\u00e8re dont il a \u00e9t\u00e9 atteint quel que soit son niveau. <\/em><strong> <em>La loi organique<\/em> <\/strong><em> <\/em><strong> <em>est orient\u00e9e vers la recherche de la performance<\/em> <\/strong><em> \u00bb.<br \/>\n<\/em>La <em>recherche de la performance<\/em> n&#8217;est pas autre chose que la recherche de \u00ab gains de productivit\u00e9 \u00bb du secteur priv\u00e9, elle impose la mise en \u0153uvre d&#8217;instruments d&#8217;<strong>\u00e9valuation<\/strong>. <\/p>\n<p>Les \u00ab \u00e9valuations \u00bb r\u00e9guli\u00e8rement demand\u00e9es aux enseignants ne visent qu&#8217;\u00e0 inculquer une \u00ab culture de la performance \u00bb ; en croyant \u00e9valuer les \u00e9l\u00e8ves, les enseignants contribuent \u00e0 \u00e9valuer le syst\u00e8me \u00ab Education Nationale \u00bb et ses performances au travers d&#8217;un ratio co\u00fbt\/r\u00e9sultats. Les rapporteurs ironisent m\u00eame en \u00e9crivant : \u00ab <em>A l&#8217;instar de Monsieur Jourdain et de la prose, des <\/em><strong> <em>\u00e9quipes p\u00e9dagogiques<\/em> <\/strong><em> ne r\u00e9alisent pas encore que <\/em><strong> <em>les performances qu&#8217;elles mesurent<\/em> <\/strong><em> \u00e0 leur mani\u00e8re et spontan\u00e9ment <\/em><strong> <em>rel\u00e8vent du m\u00eame esprit que celui de la LOLF<\/em> <\/strong><em>.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>\nLe rapport de la Cour des Comptes d&#8217;avril 2003 constatait :  \u00ab <strong> <em>l&#8217;absence d&#8217;objectifs pr\u00e9cis<\/em> <\/strong><em>, des incertitudes constantes pour <\/em><strong> <em>mesurer objectivement les r\u00e9sultats<\/em> <\/strong><em>, une <\/em><strong> <em>culture p\u00e9dagogique<\/em> <\/strong><em> trop souvent <\/em><strong> <em>oublieuse<\/em> <\/strong><em> des <\/em><strong> <em>consid\u00e9rations financi\u00e8res<\/em> <\/strong><em> n&#8217;ont pas contribu\u00e9, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire, \u00e0 favoriser jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent <\/em><strong> <em>l&#8217;approche du syst\u00e8me \u00e9ducatif et de ses politiques par les performances r\u00e9alis\u00e9es<\/em> <\/strong><em>. \u00bb<br \/>\n<\/em>Le tort sera r\u00e9par\u00e9 avec l&#8217;application de la nouvelle loi organique !<\/p>\n<p><strong>Les IEN : le maillon faible !<br \/>\n<\/strong><br \/>\n<em>\u00ab Le d\u00e9veloppement de la <\/em><strong> <em>d\u00e9marche d&#8217;\u00e9valuation<\/em> <\/strong><em> requiert une <\/em><strong> <em>intervention soutenue et continue des corps d&#8217;inspection territoriaux<\/em> <\/strong><em> \u00bb.<br \/>\n<\/em>Les rapporteurs d\u00e9plorent que la \u00ab <em>mobilisation <\/em>(des IEN) <em>est loin d&#8217;\u00eatre effective \u00bb.<\/em> Apr\u00e8s un audit du corps d&#8217;inspection des deux acad\u00e9mies les rapporteurs concluent que \u00ab <em>A les entendre, on peut se demander \u00e0 quoi servent alors les corps d&#8217;inspection. \u00bb<\/em> <br \/>\nDe toutes fa\u00e7ons les IEN n&#8217;ont pas le choix : \u00ab <em>la conception du m\u00e9tier d&#8217;inspecteur doit \u00eatre enrichie avec les obligations de la LOLF<\/em> \u00bb&#8230; malgr\u00e9 les r\u00e9sistances de certains.<\/p>\n<p>Le corps des <strong>inspecteurs g\u00e9n\u00e9raux<\/strong> est lui-m\u00eame remis en cause : \u00ab <em>Ces enjeux ne sont pas vraiment nouveaux. Mais, ils prennent une nouvelle ampleur avec la loi organique. Ils portent autant sur les <\/em><strong> <em>m\u00e9thodes<\/em> <\/strong><em>, largement \u00e0 d\u00e9finir, que sur les <\/em><strong> <em>structures<\/em> <\/strong><em> (p\u00f4le acad\u00e9mique d&#8217;\u00e9valuation<\/em><strong> <em>) \u00e0 b\u00e2tir et \u00e0 positionner<\/em> <\/strong><em>. Sur ces deux points, le d\u00e9bat est ouvert et <\/em><strong> <em>la place et les missions des inspections g\u00e9n\u00e9rales dans le dispositif d&#8217;\u00e9valuation du syst\u00e8me \u00e9ducatif<\/em> <\/strong><em> n&#8217;y sont pas \u00e9trang\u00e8res : il les concerne aussi directement. La LOLF impose qu&#8217;il soit tranch\u00e9, <\/em><strong> <em>faute de quo<\/em> <\/strong><em>i <\/em><strong> <em>d&#8217;autres intervenants &#8211; ext\u00e9rieurs &#8211; pourraient remplir seuls la fonction.<\/em> <\/strong> \u00bb<br \/>\nLa menace est lourde, \u00e0 la mesure des enjeux financiers !<\/p>\n<p>Les rapporteurs concluent :<br \/>\n<em>\u00ab la LOLF n&#8217;est pas qu&#8217;une simple reconfiguration de la nomenclature budg\u00e9taire<\/em><strong> <em>. <\/em> <\/strong><em>Elle est, tout \u00e0 la fois, un <\/em><strong> <em>instrument de ma\u00eetrise de la d\u00e9pense publique et un outil de la gestion de la performance et de son \u00e9valuation<\/em> <\/strong><em>. <\/em><strong> <em>Elle induit un nouveau management du syst\u00e8me \u00e9ducatif et l&#8217;\u00e9mergence corr\u00e9lative de nouveaux m\u00e9tiers<\/em> <\/strong><em>. \u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><em><br \/>\n<\/em>d.bar<\/p>\n<p><em><\/p>\n<p><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La <strong>Loi Organique relative aux Lois de Finances<\/strong> (<strong>LOLF<\/strong>) est la Constitution financi\u00e8re de l&#8217;Etat, elle est au c\u0153ur de la mise en \u0153uvre de la <strong>d\u00e9centralisation<\/strong>. La LOLF de 1959 a v\u00e9cu, elle fut abrog\u00e9e et remplac\u00e9e le 1er ao\u00fbt 2001. L&#8217;application de la LOLF de 2001 est programm\u00e9e pour 2006, la r\u00e9forme constitutionnelle relative \u00e0 la d\u00e9centralisation autorise sa mise en exp\u00e9rimentation entre 2004 et 2006.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":437,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-438","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/438","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=438"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/438\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/437"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=438"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=438"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=438"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}