{"id":357,"date":"2005-03-07T21:21:42","date_gmt":"2005-03-07T20:21:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=357"},"modified":"2021-08-27T17:21:06","modified_gmt":"2021-08-27T16:21:06","slug":"education-et-formation-2010-comment-mme-reding-a-fait-accelerer-la-cadence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2005\/03\/07\/education-et-formation-2010-comment-mme-reding-a-fait-accelerer-la-cadence\/","title":{"rendered":"\u00ab Education et formation 2010 \u00bb : Comment Mme Reding a fait acc\u00e9l\u00e9rer la cadence"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Afin de couper court aux protestations lyc\u00e9ennes, le ministre fran\u00e7ais de l&#8217;Education, Fran\u00e7ois Fillon, s&#8217;est vu press\u00e9 par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer son projet de r\u00e9forme. Au m\u00eame moment, en Belgique francophone, la ministre Arena affirme vouloir boucler son \u00ab Contrat strat\u00e9gique pour l&#8217;\u00e9ducation \u00bb avant les vacances d&#8217;\u00e9t\u00e9, en d\u00e9pit d&#8217;une vive opposition. En Italie, le gouvernement Berlusconi entend bien, lui aussi, aller de l&#8217;avant dans l&#8217;application du \u00ab plan Moratti \u00bb, pourtant extr\u00eamement contest\u00e9 par les enseignants, les \u00e9l\u00e8ves et les parents. En Angleterre, le gouvernement a propos\u00e9 une augmentation du budget de l&#8217;\u00e9ducation \u00e0 5,6% du PIB, en \u00e9change d&#8217;une mise en oeuvre rapide du plan \u00ab Education and Skills: Investment for Reform \u00bb. En Allemagne, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et les L\u00e4nder viennent de mettre en place, dans l&#8217;urgence, un programme d&#8217;\u00e9valuation des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs, destin\u00e9 \u00e0 coordonner les politiques r\u00e9gionales. Au Danemark, une r\u00e9forme de l&#8217;enseignement secondaire sup\u00e9rieur est \u00e9galement pr\u00e9vue pour l&#8217;ann\u00e9e en cours. La liste est encore longue&#8230;<\/p>\n<p>La mouche qui a piqu\u00e9 les ministres europ\u00e9ens de l&#8217;Education ? Elle se nomme Commission Europ\u00e9enne. En effet, le Commissaire europ\u00e9en \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation (jusqu&#8217;\u00e0 il y a peu Mme Viviane Reding, aujourd&#8217;hui remplac\u00e9e par Jan Figel),  a obtenu r\u00e9cemment un pouvoir immense : celui de pouvoir dicter aux pays membres le contenu et le rythme des r\u00e9formes de leurs syst\u00e8mes d&#8217;enseignement et de les orienter selon un objectif unique : mettre l&#8217;\u00e9cole europ\u00e9enne au service de l&#8217; \u00e9conomie europ\u00e9enne, ainsi que le pr\u00e9voit la strat\u00e9gie dite \u00ab de Lisbonne \u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-356\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton251.jpg\" width=\"144\" height=\"161\" \/><\/p>\n<p>Il y a un peu plus d&#8217;un an, le 11 novembre 2003, la Commission europ\u00e9enne publiait une communication d&#8217;une importance capitale, qui n&#8217;a pas re\u00e7u \u00e0 l&#8217;\u00e9poque toute l&#8217;attention qu&#8217;elle m\u00e9ritait : <em>\u00ab Education et formation 2010 : l&#8217;urgence des r\u00e9formes pour r\u00e9ussir la strat\u00e9gie de Lisbonne \u00bb.<\/em><br \/>\nDans ce document, Mme Reding s&#8217;\u00e9rige en juge des politiques \u00e9ducatives nationales. Elle se dit satisfaite parce que <em>\u00ab des efforts sont d\u00e9ploy\u00e9s dans tous les pays europ\u00e9ens pour adapter les syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9ducation et de formation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie de la connaissance \u00bb<\/em>, mais, ajoute-t-elle, <em>\u00ab les r\u00e9formes entreprises ne sont pas \u00e0 la hauteur des enjeux et leur rythme actuel ne permettra pas \u00e0 l&#8217;Union d&#8217;atteindre les objectifs qu&#8217;elle s&#8217;est fix\u00e9s. \u00bb <\/em>Au terme d&#8217;un long r\u00e9quisitoire, largement alarmiste, le texte de la Commission entreprend d&#8217;\u00e9num\u00e9rer ce que devraient \u00eatre les priorit\u00e9s des gouvernements pour les ann\u00e9es suivantes. La Commission \u00ab propose \u00bb \u00e9galement des m\u00e9canismes de contr\u00f4le afin d&#8217;assurer que chacun respecte ces priorit\u00e9s. <em>\u00ab A d\u00e9faut \u00bb,<\/em> dit la Commission, <em>\u00ab il est pr\u00e9visible que l&#8217;\u00e9cart entre l&#8217;Union et ses principaux concurrents grandira et, plus grave encore, que la r\u00e9ussite de la strat\u00e9gie de Lisbonne dans son ensemble s&#8217;en trouvera fortement compromise \u00bb.<\/em><br \/>\nAvant d&#8217;entrer dans le d\u00e9tail de la note de Mme Reding, rappelons tout d&#8217;abord ce qu&#8217;est cette \u00ab strat\u00e9gie de Lisbonne \u00bb qui constitue d\u00e9sormais la r\u00e9f\u00e9rence incontournable de toute politique \u00e9ducative en Europe.<\/p>\n<p><strong>Lisbonne, Stockholm, Barcelone<\/strong><\/p>\n<p>En mars 2000, le Conseil europ\u00e9en de Lisbonne, constatant que l&#8217;Union europ\u00e9enne se trouvait <em>\u00ab face \u00e0 un formidable bouleversement induit par la mondialisation et par les d\u00e9fis inh\u00e9rents \u00e0 une nouvelle \u00e9conomie fond\u00e9e sur la connaissance \u00bb,<\/em> avait retenu un objectif strat\u00e9gique fort : l&#8217;Union devait, d&#8217;ici \u00e0 2010, <em>\u00ab devenir l&#8217;\u00e9conomie de la connaissance la plus comp\u00e9titive et la plus dynamique du monde \u00bb.<\/em> Le Conseil soulignait que ces changements appelaient non seulement <em>\u00ab une transformation radicale de l&#8217;\u00e9conomie europ\u00e9enne \u00bb<\/em>, mais aussi <em>\u00ab un programme ambitieux en vue de moderniser les syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 sociale et d&#8217;\u00e9ducation \u00bb<\/em>. Comme le reconna\u00eet la Commission europ\u00e9enne dans sa communication de 2003, cela revenait \u00e0 d\u00e9cider de l&#8217;instrumentalisation totale de l&#8217;enseignement au service de la comp\u00e9tition \u00e9conomique : <em>\u00ab Jamais auparavant le Conseil europ\u00e9en n&#8217;avait accord\u00e9 une telle reconnaissance au r\u00f4le jou\u00e9 par les syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9ducation et de formation dans la strat\u00e9gie \u00e9conomique et sociale et l&#8217;avenir de l&#8217;Union \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Encore fallait-il traduire les objectifs g\u00e9n\u00e9raux de Lisbonne en une strat\u00e9gie coh\u00e9rente en mati\u00e8re de politique \u00e9ducative. C&#8217;est ce \u00e0 quoi se sont attel\u00e9s les ministres de l&#8217;\u00e9ducation lors des Conseils de Stockholm (mars 2001) et de Barcelone (mars 2002). A Stockholm, les ministres d\u00e9cid\u00e8rent de retenir trois objectifs strat\u00e9giques : <em>\u00ab am\u00e9liorer la qualit\u00e9 et l&#8217;efficacit\u00e9 des syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9ducation et de formation \u00bb,<\/em> <em>\u00ab faciliter l&#8217;acc\u00e8s de tous aux syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9ducation et de formation \u00bb<\/em> et <em>\u00ab ouvrir au monde ext\u00e9rieur les syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9ducation et de formation \u00bb<\/em>. Nous verrons plus loin ce que signifient, ici, les mots \u00ab qualit\u00e9 \u00bb et \u00ab ouverture \u00bb. A Barcelone, ces trois objectifs strat\u00e9giques furent traduits en treize \u00ab objectifs concrets \u00bb comme : <em>\u00ab d\u00e9velopper les comp\u00e9tences de la soci\u00e9t\u00e9 de la connaissance \u00bb, \u00ab augmenter les investissements dans le capital humain \u00bb, \u00ab renforcer les liens avec le monde du travail \u00bb<\/em> ou encore <em>\u00ab d\u00e9velopper l&#8217;esprit d&#8217;entreprise \u00bb.<\/em> Ces objectifs communs furent fondus en un document strat\u00e9gique : <em>\u00ab Education et formation en Europe : syst\u00e8mes diff\u00e9rents, objectifs partag\u00e9s \u00bb, <\/em>publi\u00e9 en 2002.  Enfin, en mai 2003, la Commission fit adopter cinq crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation ou \u00ab benchmarks \u00bb afin de juger de la mise en oeuvre de la strat\u00e9gie commune.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;\u00e9cole au service de l&#8217;\u00e9conomie<\/strong><\/p>\n<p>Les syst\u00e8me \u00e9ducatifs des soci\u00e9t\u00e9s capitalistes avanc\u00e9es affrontent d\u00e9sormais une contradiction majeure : comment concilier la modernisation de l&#8217;enseignement au service de l&#8217;\u00e9conomie avec des contraintes budg\u00e9taires de plus en plus restrictives ? La r\u00e9ponse \u00e0 ce dilemme est au coeur de la strat\u00e9gie \u00e9labor\u00e9e \u00e0 la suite de Lisbonne. Elle consiste \u00e0 adapter l&#8217;enseignement \u00e0 un environnement \u00e9conomique hautement impr\u00e9visible et \u00e0 un march\u00e9 du travail o\u00f9 les niveaux de qualification tendent davantage \u00e0 s&#8217;\u00e9tirer, \u00e0 se polariser, qu&#8217;\u00e0 s&#8217;\u00e9lever.<br \/>\nSi la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 de la connaissance \u00bb r\u00e9clame un nombre croissant de sp\u00e9cialistes de diff\u00e9rents niveaux &#8211; formations professionnelles, techniques et sup\u00e9rieures &#8211; dans certains secteurs bien particuliers, le march\u00e9 du travail cr\u00e9e aussi, paradoxalement, de plus en plus d&#8217;emplois \u00e0 tr\u00e8s faible niveau de qualification. En France, apr\u00e8s une chute r\u00e9guli\u00e8re depuis plusieurs d\u00e9cennies, le nombre des emplois \u00ab non qualifi\u00e9s \u00bb a recommenc\u00e9 \u00e0 augmenter, passant de 4,3 \u00e0 5 millions au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es [Enqu\u00eate emploi 1982-2001, INSEE]. Ces travailleurs dits \u00ab non qualifi\u00e9s \u00bb doivent pourtant disposer d&#8217;un grand nombre de comp\u00e9tences : savoir lire, \u00e9crire, calculer, se servir d&#8217;un traitement de texte ou d&#8217;Internet, savoir prononcer quelques phrases standardis\u00e9es dans deux ou trois langues europ\u00e9ennes dont, obligatoirement, l&#8217;Anglais. D&#8217;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9ciser les \u00ab comp\u00e9tences de base \u00bb dont ils devront \u00eatre porteurs. <br \/>\nDans ce contexte, la vision classique de la \u00ab d\u00e9mocratisation \u00bb &#8211; plus exactement : de la massification &#8211; de l&#8217;enseignement, pens\u00e9e comme une hausse g\u00e9n\u00e9rale et continue de l&#8217;acc\u00e8s aux savoirs pour tous, peut aujourd&#8217;hui \u00eatre remplac\u00e9e par une vision duale et flexible : renforcer et sp\u00e9cialiser les formations sup\u00e9rieures ou techniques des uns, tout en abaissant la formation commune au rang d&#8217;un socle minimal de vagues comp\u00e9tences \u00ab sociales \u00bb et \u00ab transversales \u00bb. Quant \u00e0 la mise \u00e0 jour des connaissances et des comp\u00e9tences des travailleurs, pour assurer le maintien de leur productivit\u00e9 dans un environnement technique et \u00e9conomique en \u00e9volution rapide, ce sera l&#8217;affaire, non plus du syst\u00e8me \u00e9ducatif formel, mais de la formation \u00ab tout au long de la vie \u00bb.<br \/>\nCertes, il n&#8217;y aura pas d&#8217;<em>emploi<\/em> pour tous, mais en assurant l&#8217;<em>employabilit\u00e9<\/em> de tous dans ces postes de travail pr\u00e9caires et flexibles, on augmente la r\u00e9serve de recrutement de main d&#8217;oeuvre et on garantit ainsi le maintien d&#8217;une pression constante sur les salaires.<\/p>\n<p>Voici comment le document <em>\u00ab Education et formation en Europe \u00bb <\/em>d\u00e9finit les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires dans la pr\u00e9tendue \u00ab soci\u00e9t\u00e9 de la connaissance \u00bb : <em>\u00ab non seulement savoir compter, lire et \u00e9crire, mais aussi des comp\u00e9tences de base en sciences, langues \u00e9trang\u00e8res, l&#8217;utilisation des TIC et des technologies, la capacit\u00e9 d&#8217;apprendre \u00e0 apprendre, les comp\u00e9tences facilitant la vie en soci\u00e9t\u00e9, l&#8217;esprit d&#8217;entreprise et ce qui pourrait \u00eatre qualifi\u00e9 de culture g\u00e9n\u00e9rale \u00bb.<\/em> Remarquons au passage qu&#8217;ailleurs on ne parle plus gu\u00e8re de \u00ab ce qui pourrait \u00eatre qualifi\u00e9 de culture g\u00e9n\u00e9rale \u00bb. Cette \u00ab comp\u00e9tence \u00bb semble bien ne figurer l\u00e0 que pour la forme. En revanche, on pr\u00e9cise soigneusement ce que l&#8217;on entend par \u00ab esprit d&#8217;entreprise \u00bb et comment y parvenir. L&#8217;\u00e9ducation et la formation devraient, nous dit-on, <em>\u00ab faire comprendre la valeur de l&#8217;entreprise au sens le plus large possible du terme, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;empressement pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes, l&#8217;investissement en termes de temps et d&#8217;efforts en vue de r\u00e9ussir, la volont\u00e9 de prendre des initiatives et des risques raisonnables. \u00bb<\/em><br \/>\nA cette fin, l&#8217;un des moyens pr\u00e9conis\u00e9s est de renforcer les liens entre l&#8217;\u00e9cole et le monde de l&#8217;entreprise. En effet, la Commission estime que les syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9ducation et de formation d&#8217;Europe sont trop souvent <em>\u00ab  repli\u00e9s sur eux-m\u00eames \u00bb<\/em> et qu&#8217;ils ont <em>\u00ab besoin de cette collaboration pour devenir eux-m\u00eames des organisations d&#8217;apprenants, pour rester ouverts aux \u00e9volutions, aux contributions, aux id\u00e9es et aux talents de l&#8217;ext\u00e9rieur, et pour conserver &#8211; ou acqu\u00e9rir &#8211; leur utilit\u00e9 face aux besoins r\u00e9els des personnes qui s&#8217;y forment \u00bb<\/em>. C&#8217;est ce constat, ce d\u00e9ficit d&#8217;adaptabilit\u00e9 de l&#8217;enseignement face aux demandes rapidement changeantes de l&#8217;environnement \u00e9conomique, qui justifie un discours pr\u00f4nant toujours plus de d\u00e9centralisation, de d\u00e9r\u00e9gulation et d&#8217;autonomie : <em>\u00ab des institutions plus ouvertes et plus r\u00e9ceptives seront (&#8230;) plus \u00e0 m\u00eame de stimuler l&#8217;esprit d&#8217;entreprise et d&#8217;initiative dont les \u00e9tudiants, les personnes en formation et les dipl\u00f4m\u00e9s ont besoin \u00bb.<\/em><br \/>\nSur le plan des investissements \u00e0 consacrer en vue d&#8217;atteindre les objectifs fix\u00e9s \u00e0 Lisbonne, la Commission explique qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une part d&#8217;assurer <em>\u00ab une distribution \u00e9quitable et efficace des ressources disponibles \u00bb<\/em> et d&#8217;autre part de d\u00e9velopper <em>\u00ab le potentiel des partenariats entre les secteurs public et priv\u00e9 \u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>Madame Reding se f\u00e2che !<\/strong><\/p>\n<p>Ce programme, tous les ministres y ont souscrit. Et nous pouvons, en France, en Belgique, en Italie et ailleurs, t\u00e9moigner des efforts qu&#8217;ils ont consenti pour le mettre en application. Pourtant, dans sa communication de novembre 2003, la Commission se met en col\u00e8re et \u00e9num\u00e8re une longue s\u00e9rie de critiques \u00e0 l&#8217;adresse des ministres de l&#8217;\u00e9ducation qui, estime-t-elle, font bien mal leur travail. Passons bri\u00e8vement en revue les principales d&#8217;entre elles.<\/p>\n<p>1. La commission regrette qu&#8217;il n&#8217;y ait <em>\u00ab aucun signe d&#8217;une augmentation substantielle des investissements totaux (publics et priv\u00e9s) dans les ressources humaines \u00bb.<\/em> Constatant que l&#8217;effort public est dans l&#8217;impossibilit\u00e9 d&#8217;augmenter et qu&#8217;il a m\u00eame diminu\u00e9 dans la plupart des Etats membres au cours de la p\u00e9riode 1995-2000, la Commission conclut \u00e0 un <em>\u00ab sous investissement du secteur priv\u00e9, en particulier dans l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur et dans la formation continue \u00bb.<\/em> Par rapport \u00e0 l&#8217;Union, l&#8217;effort priv\u00e9 est cinq fois plus important aux Etats-Unis (2.2% du PIB contre 0.4%) et trois fois plus au Japon (1.2%).<\/p>\n<p>2. La Commission estime <em>\u00ab insuffisants \u00bb,<\/em> les efforts r\u00e9alis\u00e9s en vue de renforcer l&#8217;acc\u00e8s aux <em>\u00ab comp\u00e9tences de base \u00bb<\/em>. Elle s&#8217;inqui\u00e8te en particulier de l&#8217;acc\u00e8s aux langues \u00e9trang\u00e8res. Malgr\u00e9 une l\u00e9g\u00e8re augmentation &#8211; de 1.2 langues \u00e9trang\u00e8res par \u00e9l\u00e8ve au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, on est pass\u00e9 \u00e0 une moyenne de 1.5 en 2000 &#8211; on reste <em>\u00ab tr\u00e8s loin de l&#8217;objectif fix\u00e9 par le Conseil europ\u00e9en de Barcelone \u00bb <\/em>: garantir que tous les \u00e9l\u00e8ves\/\u00e9tudiants apprennent au moins deux langues \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>3. La Commission critique \u00e9galement les taux \u00e9lev\u00e9s d&#8217;\u00e9chec scolaire <em>(\u00ab aux co\u00fbts individuel, social et \u00e9conomique \u00e9lev\u00e9s \u00bb<\/em>). Elle rappelle que l&#8217;objectif est de ramener de 20% \u00e0 10% (en 2010) le taux d&#8217;\u00e9l\u00e8ves quittant l&#8217;\u00e9cole sans dipl\u00f4me. Cet objectif peut sembler g\u00e9n\u00e9reux, mais n&#8217;oublions pas qu&#8217;il implique, dans l&#8217;esprit des dirigeants europ\u00e9ens, d&#8217;abaisser les exigences de l&#8217;enseignement obligatoire au rang des seules \u00ab comp\u00e9tences de base \u00bb indiqu\u00e9es ci-dessus.<\/p>\n<p>4. La formation professionnelle reste, aux yeux de la Commission, trop peu adapt\u00e9e aux exigences actuelles de l&#8217;\u00e9conomie. <em>\u00ab Peu de pays se sont vraiment engag\u00e9s \u00e0 faire de la fili\u00e8re professionnelle et de l&#8217;apprentissage en entreprise une alternative aussi attrayante que l&#8217;enseignement g\u00e9n\u00e9ral \u00bb<\/em>. D\u00e8s lors, <em>\u00ab de nombreux secteurs doivent faire face \u00e0 une p\u00e9nurie de main d&#8217;\u0153uvre qualifi\u00e9e \u00bb<\/em>. Il convient ici de nuancer cette notion de \u00ab p\u00e9nurie \u00bb. Elle signifie g\u00e9n\u00e9ralement, non pas une p\u00e9nurie r\u00e9elle, mais plut\u00f4t un taux de ch\u00f4mage sectoriel inf\u00e9rieur au taux de ch\u00f4mage moyen, ce qui tend \u00e0 limiter la capacit\u00e9 des employeurs \u00e0 faire pression sur les salaires et les conditions de travail et, par voie de cons\u00e9quence, entra\u00eene une perte relative de comp\u00e9titivit\u00e9 par rapport \u00e0 d&#8217;autres secteurs, dot\u00e9s d&#8217;une r\u00e9serve de recrutement plus vaste.<\/p>\n<p>5. A l&#8217;autre extr\u00eame de la hi\u00e9rarchie des emplois, la Commission estime que l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur europ\u00e9en n&#8217;est <em>\u00ab pas suffisamment comp\u00e9titif \u00bb.<\/em> Elle rappelle \u00e0 cet \u00e9gard que <em>\u00ab la place de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur dans la strat\u00e9gie globale de Lisbonne d\u00e9passe de loin le programme de r\u00e9formes de structures initi\u00e9 par la D\u00e9claration de Bologne \u00bb<\/em>. Les questions cl\u00e9s, pour assurer aux universit\u00e9s europ\u00e9ennes leur place dans le grand march\u00e9 de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur, qui se dessine \u00e0 l&#8217;horizon 2010 (dans le cadre de l&#8217;AGCS), sont <em>\u00ab le financement, la diversit\u00e9 des institutions dans leurs fonctions et leurs priorit\u00e9s, la mise en place des p\u00f4les d&#8217;excellence, l&#8217;attrait des carri\u00e8res ou le travail en r\u00e9seaux \u00bb.<\/em> Le signe que l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur europ\u00e9en n&#8217;est pas encore pr\u00eat pour constituer un vaste march\u00e9, c&#8217;est, estime la Commission, le fait que la mobilit\u00e9 des \u00e9tudiants reste faible. Elle ne concerne annuellement que 120.000 \u00e9tudiants ERASMUS, soit 0,8 % de l&#8217;effectif total.<\/p>\n<p>6. La Commission stigmatise enfin la trop faible participation des citoyens europ\u00e9ens aux initiatives de formation tout au long de la vie, sens\u00e9es assurer le maintien de leur productivit\u00e9. Les lacunes en ce domaine r\u00e9sultent, aux yeux de Mme Reding, d&#8217;une <em>\u00ab vision trop limit\u00e9e aux exigences de l&#8217;employabilit\u00e9 \u00bb<\/em> ou <em>\u00ab d&#8217;un accent trop exclusif mis sur le rep\u00eachage de ceux qui sont pass\u00e9s \u00e0 travers les mailles de l&#8217;\u00e9ducation initiale \u00bb. <\/em>Ces \u00e9l\u00e9ments se justifient, reconna\u00eet la Commission, mais ils ne constituent pas \u00e0 eux seuls une strat\u00e9gie d&#8217;\u00e9ducation et de formation tout au long de la vie.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9cr\u00e9 est finie&#8230;<br \/>\n<\/strong><br \/>\nUne fois ce constat accablant \u00e9tal\u00e9 sous le nez des mauvais \u00e9l\u00e8ves-ministres, Mme Reding, en bonne institutrice, passe \u00e0 la phase de la \u00ab rem\u00e9diation \u00bb. Elle va donc non seulement pr\u00e9ciser aux cancres ce qu&#8217;elle attend d&#8217;eux mais, surtout, elle leur promet d&#8217;\u00eatre d\u00e9sormais beaucoup plus stricte et de contr\u00f4ler tout cela de tr\u00e8s pr\u00e8s.<br \/>\nSi la didactique moderne pr\u00f4ne de \u00ab placer l&#8217;apprenant et non le programme au centre \u00bb, les m\u00e9thodes p\u00e9dagogiques de la Commission et de la ma\u00eetresse Reding vont, en revanche, s&#8217;av\u00e9rer beaucoup plus directives. Certes, on admet encore que <em>\u00ab les priorit\u00e9s guidant les r\u00e9formes et l&#8217;action sont d\u00e9finies par chaque pays, en fonction de conditions et de contraintes qui lui sont propres \u00bb,<\/em> mais <em>\u00ab il est essentiel que cette r\u00e9flexion et ces choix nationaux prennent d\u00e9sormais pleinement en compte les objectifs communs fix\u00e9s au niveau europ\u00e9en dans le cadre de la strat\u00e9gie de Lisbonne \u00bb.<\/em> La Commission demande d\u00e8s lors que chaque pays <em>\u00ab fasse conna\u00eetre ses priorit\u00e9s politiques d&#8217;investissement et de r\u00e9forme dans l&#8217;\u00e9ducation et la formation \u00e0 court et \u00e0 moyen terme, ainsi que la contribution \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs europ\u00e9ens pour 2010 qu&#8217;il en attend \u00bb.<\/em>  Cet exercice devra ensuite permettre d&#8217;identifier <em>\u00ab les domaines cl\u00e9s qui conditionnent le plus directement la r\u00e9ussite de chaque pays et celle de ses citoyens dans l&#8217;\u00e9conomie et la soci\u00e9t\u00e9 de la connaissance et ceux qui requi\u00e8rent des efforts de r\u00e9forme et d&#8217;investissement plus soutenus \u00bb. <\/em>En d&#8217;autres mots : chaque pays devra \u00eatre capable de justifier, devant Mme Reding, comment les r\u00e9formes qu&#8217;il entreprend dans le domaine de l&#8217;enseignement r\u00e9pondent bien aux strat\u00e9gies europ\u00e9ennes d\u00e9finies depuis Lisbonne.<br \/>\nPour juger du travail de chaque ministre, on aura recours \u00e0 ce que les sciences de l&#8217;\u00e9ducation appellent \u00ab l&#8217;\u00e9valuation externe \u00bb : un <em>\u00ab groupe de haut niveau \u00bb<\/em> sera charg\u00e9 de <em>\u00ab faire le point des politiques nationales (&#8230;) et de d\u00e9finir les domaines de coop\u00e9ration les plus urgents \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>En r\u00e9ponse aux d\u00e9bats r\u00e9currents, dans diff\u00e9rents pays, sur la mani\u00e8re de concilier les r\u00e9formes n\u00e9cessaires avec les imp\u00e9ratifs budg\u00e9taires actuels, la Commission mart\u00e8le, avec une clart\u00e9 renouvel\u00e9e, l&#8217;orientation \u00e0 suivre. D&#8217;une part, dit-elle, on peut envisager <em>\u00ab la r\u00e9orientation vers l&#8217;\u00e9ducation et la formation de ressources existantes affect\u00e9es \u00e0 d&#8217;autres secteurs o\u00f9 le rendement \u00e9conomique et social est plus limit\u00e9 \u00bb<\/em> (la culture ? l&#8217;audiovisuel ? les soins de sant\u00e9 ?). Mais surtout, partant du constat que <em>\u00ab le secteur public ne peut seul supporter le poids financier de la mise en \u0153uvre de l&#8217;objectif fix\u00e9 \u00e0 Lisbonne \u00bb<\/em>, c&#8217;est donc le secteur priv\u00e9 qui devrait <em>\u00ab avoir \u00e0 assumer une responsabilit\u00e9 plus grande au niveau des investissements n\u00e9cessaires dans l&#8217;\u00e9ducation \u00bb.<\/em> Elle estime d\u00e8s lors <em>\u00ab n\u00e9cessaires \u00bb<\/em> des mesures d&#8217;incitation pour un investissement accru de la part des entreprises et des individus.<\/p>\n<p>En vue de d\u00e9velopper l&#8217;\u00e9ducation et la formation tout au long de la vie, la Commission exige <em>\u00ab des r\u00e9formes radicales et la mise en \u0153uvre de strat\u00e9gies nationales v\u00e9ritablement globales, coh\u00e9rentes et concert\u00e9es, elles-m\u00eames en phase avec le contexte europ\u00e9en \u00bb<\/em>. Et pour contraindre les plus m\u00e9diocres des ministres \u00e0 faire preuve de diligence, Madame Reding pose des balises claires : <em>\u00ab au plus tard en 2005, tous les pays devraient avoir d\u00e9fini une telle strat\u00e9gie, en impliquant tous les partenaires concern\u00e9s, et un plan d&#8217;action coh\u00e9rent pour sa mise en \u0153uvre portant sur toutes les dimensions des syst\u00e8mes (formels et non formels) \u00bb.<\/em><br \/>\nPlus question de laisser la bride sur le cou des gouvernements nationaux. On va d\u00e9velopper et (faire) adopter des <em>\u00ab r\u00e9f\u00e9rences communes (&#8230;) pour plusieurs aspects importants de l&#8217;\u00e9ducation et de la formation tout au long de la vie \u00bb<\/em>. Elles concerneront : les principes de validation des comp\u00e9tences non formelles ; la d\u00e9finition des comp\u00e9tences cl\u00e9s <em>\u00ab que chacun devrait acqu\u00e9rir \u00bb<\/em> ; la d\u00e9finition des comp\u00e9tences et qualifications n\u00e9cessaires aux enseignants et aux formateurs <em>\u00ab pour assumer leurs nouveaux r\u00f4les \u00bb <\/em>; et les principes de base \u00e0 respecter <em>\u00ab pour une mobilit\u00e9 de qualit\u00e9 \u00bb<\/em>. Ces r\u00e9f\u00e9rences communes devraient \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es en 2005 et <em>\u00ab leur utilisation syst\u00e9matique dans tous les pays constituer une priorit\u00e9 \u00bb.<\/em><br \/>\nPour ce qui est plus pr\u00e9cis\u00e9ment du socle commun de comp\u00e9tences pour l&#8217;enseignement obligatoire, la Commission pr\u00e9conise la d\u00e9finition, en 2005, <em>\u00ab d&#8217;une r\u00e9f\u00e9rence communautaire pour un profil de connaissances et de comp\u00e9tences europ\u00e9ennes \u00e0 acqu\u00e9rir par les \u00e9l\u00e8ves \u00bb<\/em> ce qui <em>\u00ab permettrait de soutenir et de faciliter l&#8217;action nationale en la mati\u00e8re \u00bb.<\/em> Il est certain que si Th\u00e9lot, Fillon ou Arena peuvent dire, \u00e0 propos de leur vision minimaliste de la formation obligatoire au niveau du coll\u00e8ge ou du premier degr\u00e9 secondaire \u00ab nous  n&#8217;avons pas le choix, c&#8217;est un accord europ\u00e9en \u00bb, cela leur facilitera grandement la t\u00e2che sur le plan politique&#8230;<\/p>\n<p>M\u00eame en mati\u00e8re de recrutement et de formation des professeurs, l&#8217;Europe entend dicter sa loi aux pays membres. Ceux-ci devront <em>\u00ab prendre des mesures pour attirer vers le m\u00e9tier d&#8217;enseignant et de formateur les meilleurs talents et les y garder, y compris par l&#8217;encouragement et la r\u00e9compense des bonnes performance \u00bb<\/em> (entendez : le paiement au m\u00e9rite et le d\u00e9mant\u00e8lement des droits statutaires qui garantissent par exemple, aujourd&#8217;hui, qu&#8217;un prof de langue maternelle &#8211; exc\u00e9dentaire sur le march\u00e9 du travail &#8211; sera aussi bien pay\u00e9 qu&#8217;un math\u00e9maticien qui est une denr\u00e9e rare). Mais surtout, ces nouveaux enseignants, il faudra <em>\u00ab  les pr\u00e9parer \u00e0 leurs nouveaux r\u00f4les dans la soci\u00e9t\u00e9 de la connaissance et dans la transformation des syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9ducation et de formation \u00bb<\/em>. A cette fin, chaque pays devra mettre en place, en 2005, <em>\u00ab un plan d&#8217;action en mati\u00e8re de formation continue du personnel \u00e9ducatif (qui doit) avoir un impact positif sur l&#8217;\u00e9volution des carri\u00e8res \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>S&#8217;agissant des formations techniques, professionnelles et universitaires, la Commission r\u00e9clame la cr\u00e9ation d&#8217;un <em>\u00ab cadre europ\u00e9en servant de r\u00e9f\u00e9rence commune pour la reconnaissance des qualifications \u00bb<\/em> et <em>\u00ab la cr\u00e9ation d&#8217;une plate-forme d&#8217;assurance qualit\u00e9 ou d&#8217;accr\u00e9ditation dans l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur (en liaison avec le processus de Bologne) \u00bb.<\/em> La Commission dit \u00eatre <em>\u00ab d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 tout mettre en \u0153uvre pour les faire aboutir d&#8217;ici 2005 \u00bb<\/em> et elle <em>\u00ab s&#8217;attend \u00bb<\/em> \u00e0 ce que les Etats membres fassent de m\u00eame.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, la Commission impose que le projet <em>\u00ab Education et Formation en Europe\u00bb<\/em> devienne <em>\u00ab dans les faits, un \u00e9l\u00e9ment central dans la formulation des politiques nationales \u00bb.<\/em> Mais plus question de faire, \u00e0 ce sujet, confiance aux mauvais \u00e9l\u00e8ves-ministres, emp\u00eatr\u00e9s face \u00e0 des r\u00e9sistances jug\u00e9es corporatistes, des traditions nationales forc\u00e9ment obsol\u00e8tes. Etant donn\u00e9 le peu de temps qui reste pour agir jusqu&#8217;en 2010, la Commission s&#8217;arroge d\u00e9sormais le droit <em>\u00ab d&#8217;assurer un suivi plus structur\u00e9 et plus syst\u00e9matique des progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s \u00bb<\/em>. Les Etats Membres devront ainsi lui fournir chaque ann\u00e9e <em>\u00ab un rapport consolid\u00e9 sur l&#8217;ensemble de leur action d&#8217;\u00e9ducation et de formation contribuant \u00e0 la strat\u00e9gie de Lisbonne \u00bb.<\/em><br \/>\nAu moment o\u00f9 les pays europ\u00e9ens s&#8217;appr\u00eatent \u00e0 ratifier &#8211; avec ou sans r\u00e9f\u00e9rendum &#8211; le projet de trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en, les manoeuvres en cours dans le secteur de l&#8217;enseignement pr\u00e9figurent sans doute \u00e0 quelle portion congrue seront r\u00e9duits les marges de manoeuvre des gouvernements nationaux &#8211; et les droits des citoyens europ\u00e9ens, puisque cette constitution ne leur accordera aucun pouvoir nouveau &#8211; face \u00e0 une Commission europ\u00e9enne toujours plus puissante, enferm\u00e9e dans le dogme inamovible et fondateur de l&#8217;Europe actuelle : ce qui est bon pour les march\u00e9s et pour les entreprises est bon pour tous.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Afin de couper court aux protestations lyc\u00e9ennes, le ministre fran\u00e7ais de l&#8217;Education, Fran\u00e7ois Fillon, s&#8217;est vu press\u00e9 par le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique d&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer son projet de r\u00e9forme. Au m\u00eame moment, en Belgique francophone, la ministre Arena affirme vouloir boucler son \u00ab Contrat strat\u00e9gique pour l&#8217;\u00e9ducation \u00bb avant les vacances d&#8217;\u00e9t\u00e9, en d\u00e9pit d&#8217;une vive opposition. En Italie, le gouvernement Berlusconi entend bien, lui aussi, aller de l&#8217;avant dans l&#8217;application du \u00ab plan Moratti \u00bb, pourtant extr\u00eamement contest\u00e9 par les enseignants, les \u00e9l\u00e8ves et les parents. En Angleterre, le gouvernement a propos\u00e9 une augmentation du budget de l&#8217;\u00e9ducation \u00e0 5,6% du PIB, en \u00e9change d&#8217;une mise en oeuvre rapide du plan \u00ab Education and Skills: Investment for Reform \u00bb. En Allemagne, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et les L\u00e4nder viennent de mettre en place, dans l&#8217;urgence, un programme d&#8217;\u00e9valuation des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs, destin\u00e9 \u00e0 coordonner les politiques r\u00e9gionales. Au Danemark, une r\u00e9forme de l&#8217;enseignement secondaire sup\u00e9rieur est \u00e9galement pr\u00e9vue pour l&#8217;ann\u00e9e en cours. La liste est encore longue&#8230;<\/p>\n<p>La mouche qui a piqu\u00e9 les ministres europ\u00e9ens de l&#8217;Education ? Elle se nomme Commission Europ\u00e9enne. En effet, le Commissaire europ\u00e9en \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation (jusqu&#8217;\u00e0 il y a peu Mme Viviane Reding, aujourd&#8217;hui remplac\u00e9e par Jan Figel),  a obtenu r\u00e9cemment un pouvoir immense : celui de pouvoir dicter aux pays membres le contenu et le rythme des r\u00e9formes de leurs syst\u00e8mes d&#8217;enseignement et de les orienter selon un objectif unique : mettre l&#8217;\u00e9cole europ\u00e9enne au service de l&#8217; \u00e9conomie europ\u00e9enne, ainsi que le pr\u00e9voit la strat\u00e9gie dite \u00ab de Lisbonne \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":356,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-357","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/357","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=357"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/357\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/356"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=357"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=357"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=357"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}