{"id":3141,"date":"2010-12-01T17:31:55","date_gmt":"2010-12-01T16:31:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=3141"},"modified":"2017-02-20T12:28:43","modified_gmt":"2017-02-20T11:28:43","slug":"philosophie-et-ecologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2010\/12\/01\/philosophie-et-ecologie\/","title":{"rendered":"Philosophie et \u00e9cologie"},"content":{"rendered":"<\/p>\n<p>Anne Dalsuet, <em>Philosophie et \u00e9cologie<\/em>, Gallimard, 2010, 225 p.<\/p>\n<p>Si, dans nos contr\u00e9es, on s&#8217;int\u00e9resse surtout \u00e0 la philosophie politique, morale et \u00e0 l&#8217;\u00e9pist\u00e9mologie, par contre on se penche moins sur les rapports entre philosophie et \u00e9cologie. La situation d&#8217;urgence plan\u00e9taire nous incite pourtant \u00e0 \u00e9tudier de plus pr\u00e8s ce domaine. Cet essai dense d&#8217;Anne Dalsuet, \u00e0 destination des classes de terminale en France, nous y aidera et nous ouvrira de nouvelles perspectives. La premi\u00e8re explore les racines historiques du sentiment de la nature dans la pens\u00e9e am\u00e9ricaine, avec Ralph Waldo Emerson et Henry D. Thoreau, jusqu&#8217;\u00e0 Aldo Leopold et sa d\u00e9nonciation de l&#8217;anthropocentrisme \u00e0 travers la <em>land ethic<\/em>. La <em>wilderness<\/em> (la nature sauvage), irrigu\u00e9e par le romantisme, a particip\u00e9 \u00e0 la construction du sentiment national am\u00e9ricain, tout en \u00e9tant paradoxalement exploit\u00e9e sans retenue par les colons. La seconde perspective retourne vers l&#8217;ancien continent pour montrer que la valorisation de la nature et le refus de la domination de l&#8217;homme sur elle sont des id\u00e9es apparues en Angleterre, o\u00f9 un mouvement philosophique a t\u00f4t r\u00e9agi contre l&#8217;industrialisation naissante. La troisi\u00e8me perspective examine le passage du concept de nature \u00e0 celui d&#8217;environnement \u00e0 la fin du 20\u00e8me si\u00e8cle, en France, pays dont l&#8217;h\u00e9ritage cart\u00e9sien l&#8217;a tenu longtemps \u00e0 l&#8217;\u00e9cart des pr\u00e9occupations \u00e9cologiques. La quatri\u00e8me perspective, consacr\u00e9e \u00e0 l&#8217;illusion techniciste, est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Dalsuet r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 partir de l&#8217;excellent essai du g\u00e9ographe Andr\u00e9 Lebeau <em>L&#8217;enfermement plan\u00e9taire<\/em> (Gallimard, 2008). L&#8217;influence de l&#8217;homme sur son environnement, via la technique et la d\u00e9mographie, est devenue telle que l&#8217;humanit\u00e9 est en train d&#8217;atteindre les limites physiques et compromet ainsi ses conditions de vie, et m\u00eame de survie. L&#8217;auteur conclut que \u00ab <em>seule une pens\u00e9e post-m\u00e9taphysique de la technique, affranchie d&#8217;une volont\u00e9 de ma\u00eetrise, pourrait nous aider \u00e0 appr\u00e9hender la crise aujourd&#8217;hui<\/em> \u00bb (p. 117). La cinqui\u00e8me perspective, qui r\u00e9fl\u00e9chit sur la notion de catastrophe, est certainement la plus ardue \u00e0 appr\u00e9hender conceptuellement. La sixi\u00e8me perspective nous invite \u00e0 d\u00e9couvrir quelque chose de relativement neuf en Europe, l&#8217;\u00e9thique environnementale, port\u00e9e par des penseurs anglo-saxons comme Paul W. Taylor, Peter Singer, Tom Regan, Lynn White, et surtout John Baird Callicott. La nature est-elle un sujet de droit ? Y a-t-il des fins dans la nature ? La vie a-t-elle une valeur intrins\u00e8que ? Faut-il se d\u00e9barrasser du dualisme ? Comment traiter la question du bien-\u00eatre animal ?, autant de sujets de r\u00e9flexion pour cette discipline. Pour conclure, Anne Dalsuet se pose la question d&#8217;une \u00e9cologie politique adapt\u00e9e aux temps pr\u00e9sent, en la confrontant \u00e0 l&#8217;\u00e9cofascisme, au r\u00e9formisme et \u00e0 l&#8217;\u00e9cologique profonde (<em>deep ecology<\/em>) anti-humaniste d&#8217;Arne N\u00e6ss qui \u00ab <em>analyse les racines culturelles de la crise \u00e9cologique pour interroger notre conception du monde<\/em> \u00bb (p. 199 &#038; 200). <\/p>\n<p>Bernard Legros<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Anne Dalsuet, Philosophie et \u00e9cologie, Gallimard, 2010, 225 p. Si, dans nos contr\u00e9es, on s&#8217;int\u00e9resse surtout \u00e0 la philosophie politique, morale et \u00e0 l&#8217;\u00e9pist\u00e9mologie, par contre on se penche moins sur les rapports entre philosophie et \u00e9cologie. La situation d&#8217;urgence plan\u00e9taire nous incite pourtant \u00e0 \u00e9tudier de plus pr\u00e8s ce domaine. 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