{"id":2477,"date":"2015-01-28T14:15:43","date_gmt":"2015-01-28T13:15:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=2477"},"modified":"2017-03-26T17:50:00","modified_gmt":"2017-03-26T16:50:00","slug":"pas-dexcellence-sans-vision-et-sans-ambition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2015\/01\/28\/pas-dexcellence-sans-vision-et-sans-ambition\/","title":{"rendered":"Pas d\u2019excellence sans vision et sans ambition"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Ce lundi 26 janvier, la ministre de l\u2019Education en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles, Jo\u00eblle Milquet (CDH), a officiellement pr\u00e9sent\u00e9 son projet de \u00ab\u00a0Pacte pour un enseignement d\u2019excellence\u00a0\u00bb. La ministre nous avait re\u00e7u \u00e0 ce sujet, d\u00e9but janvier, et avait annonc\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait, dans son esprit, de r\u00e9pondre positivement \u00e0 la demande d\u2019une \u00ab\u00a0refondation de l\u2019\u00e9cole\u00a0\u00bb lanc\u00e9e il y a un an par la <em>Plateforme de lutte contre l\u2019\u00e9chec scolaire<\/em>, dont fait partie notre association. Nous avons analys\u00e9 soigneusement le document de pr\u00e9sentation de ce Pacte, que nous ont transmis les services du minist\u00e8re.\u00a0C\u2019est le r\u00e9sultat de cette analyse que nous livrons ici. En annexe, nous reproduisons notre programme de r\u00e9forme de l\u2019enseignement, qui constitue en quelque sorte notre catalogue de propositions pour ce \u00ab\u00a0Pacte d\u2019excellence\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><em><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/discussion_pacte_aped.pdf\" target=\"_blank\">T\u00e9l\u00e9charger notre article dans un format imprimable<\/a><\/em><\/p>\n<p>Il faut bien l\u2019avouer d\u2019embl\u00e9e, le document propos\u00e9 est loin de nous combler de joie. Avant de pr\u00e9senter les objectifs et la proc\u00e9dure du Pacte, le minist\u00e8re commence par \u00e9tablir le bilan des forces et faiblesses de notre syst\u00e8me \u00e9ducatif.<\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0Un besoin de qualit\u00e9 et d\u2019\u00e9quit\u00e9\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Le texte s\u2019attarde assez longuement sur les r\u00e9sultats de nos \u00e9l\u00e8ves aux tests PISA et aux \u00e9valuations externes pour juger que les \u00ab\u00a0savoirs et comp\u00e9tences\u00a0\u00bb sont \u00ab\u00a0en progr\u00e8s, mais encore insuffisamment ma\u00eetris\u00e9s par un trop grand nombre\u00a0\u00bb. Nous sommes plut\u00f4t sceptiques quant \u00e0 ces progr\u00e8s et \u00e0 leur mesure, mais passons sur ce point, ce n\u2019est pas l\u2019essentiel. (p9)<\/p>\n<p>Le document regrette \u00e9galement que les \u00ab\u00a0bonnes pratiques p\u00e9dagogiques\u00a0\u00bb ne soient pas assez diffus\u00e9es. C\u2019est sans doute vrai mais quand on en vient \u00e0 \u00e9num\u00e9rer quelles seraient ces \u00ab\u00a0bonnes pratiques\u00a0\u00bb nous nous interrogeons : \u00ab\u00a0diff\u00e9renciation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0individualisation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0plan individuel d\u2019apprentissage\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0p\u00e9dagogies invers\u00e9es\u00a0\u00bb (on \u00e9tudie la th\u00e9orie chez soi, on exerce les comp\u00e9tences \u00e0 l\u2019\u00e9cole)\u2026 autant de pratiques qui tendent \u00e0 briser la classe, l\u2019\u00e9cole, comme lieu d\u2019apprentissage collectif. Nous ne r\u00e9p\u00e9terons jamais assez qu\u2019il faut \u00eatre prudent avant de g\u00e9n\u00e9raliser de telles exp\u00e9riences. Leur succ\u00e8s apparent, lorsqu\u2019elles sont port\u00e9es par des \u00e9quipes p\u00e9dagogiques tr\u00e8s motiv\u00e9es, qui s\u2019y investissent \u00e0 fond et le font souvent dans des contextes particuli\u00e8rement favorables, ne prouve nullement qu\u2019elles pourraient \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, du moins pas sans danger pour les \u00e9l\u00e8ves des milieux socio-\u00e9conomiques les plus pauvres, ceux qui n\u2019ont que l\u2019\u00e9cole pour apprendre. (p7)<\/p>\n<p>Le texte du minist\u00e8re regrette \u00e9videmment <em>\u00ab\u00a0un taux de d\u00e9crochage anormalement \u00e9lev\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> et <em>\u00ab\u00a0un taux d\u2019\u00e9chec et de redoublement trop important\u00a0\u00bb<\/em>. Nous partageons cet avis, bien s\u00fbr, mais ce n\u2019est pas vraiment nouveau.<\/p>\n<p>La relative (et malheureusement unique) bonne surprise du document vient des deux pages consacr\u00e9es aux in\u00e9galit\u00e9s et au manque d\u2019\u00e9quit\u00e9 dans l\u2019enseignement. Le seul fait que ces pages existent constitue d\u00e9j\u00e0 une bonne nouvelle. Apr\u00e8s une D\u00e9claration de Politique Communautaire o\u00f9 le sujet avait \u00e9t\u00e9 quasiment \u00e9vinc\u00e9, apr\u00e8s plusieurs interviews de Jo\u00eblle Milquet dans la presse \u00e9crite ou radiodiffus\u00e9e, o\u00f9 elle \u00e9vitait syst\u00e9matiquement cette question, nous pouvons enfin lire que :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La corr\u00e9lation entre l\u2019indice socio-\u00e9conomique et les r\u00e9sultats des \u00e9l\u00e8ves est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e en FWB (tout comme d\u2019ailleurs pour l\u2019enseignement en Communaut\u00e9 flamande et en France). Notre syst\u00e8me scolaire ne joue donc pas son r\u00f4le d\u2019ascenseur social.\u00a0\u00bb (p12)<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est bien le moins que l\u2019on puisse dire ! Pour notre part, nous estimerons plut\u00f4t que l\u2019\u00e9cole joue parfaitement son r\u00f4le dans la reproduction interg\u00e9n\u00e9rationnelle de la division sociale. N\u00e9anmoins, le sentiment positif l\u2019emporte. Surtout lorsque le document reprend ce triple constat que l\u2019Aped et d\u2019autres r\u00e9p\u00e8tent depuis des ann\u00e9es :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les rapports de diff\u00e9rentes organisations internationales d\u00e9montrent que les syst\u00e8mes les plus \u00e9galitaires et inclusifs partagent plusieurs caract\u00e9ristiques:<br \/>\n_ \u2022 un faible degr\u00e9 de s\u00e9lection : les in\u00e9galit\u00e9s sont moins importantes l\u00e0 o\u00f9 le tronc commun est plus long et le redoublement et l\u2019orientation pr\u00e9coce en fili\u00e8res \u00e9vit\u00e9s,<br \/>\n_ \u2022 l\u2019importante h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des profils d\u2019\u00e9l\u00e8ves dans les classes et au sein des \u00e9tablissements scolaires et une faible comp\u00e9tition entre les \u00e9tablissements scolaires.\u00a0\u00bb (p13)<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Des \u00e9tudes universitaires d\u00e9montrent \u00e9galement qu\u2019il convient de continuer \u00e0 lutter contre la situation de quasi march\u00e9 scolaire \u00e9tabli non intentionnellement en Belgique, car la composition du public des \u00e9tablissements scolaires a un effet direct sur l\u2019efficacit\u00e9 des performances des \u00e9l\u00e8ves.\u00a0\u00bb (p13) <\/em><\/p>\n<p>La mention du quasi-march\u00e9 scolaire parmi les causes de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de notre enseignement est sans doute une premi\u00e8re de la part d\u2019un minist\u00e8re CDH et nous devons saluer ce courage. Nous avouerons cependant \u00eatre un peu perplexes \u00e0 la lecture du <em>\u00ab\u00a0non intentionnellement\u00a0\u00bb<\/em> que l\u2019on a jug\u00e9 utile d\u2019accoler au march\u00e9 scolaire. Serait-ce donc un fait du hasard, une malheureuse b\u00e9vue, si nous avons des r\u00e9seaux concurrents et l\u2019obligation pour les parents de trouver eux-m\u00eames une \u00e9cole ? Si tel est l\u2019avis de la ministre, nous en serions ravis, car cet accident pourra donc \u00eatre rapidement r\u00e9par\u00e9. Mais un l\u00e9ger doute nous assaille\u2026<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces phrases encourageantes, le document du minist\u00e8re t\u00e9moigne d\u2019une certaine incompr\u00e9hension du probl\u00e8me de la s\u00e9gr\u00e9gation et de son impact sur l\u2019in\u00e9galit\u00e9 socio-culturelle des performances scolaires. On peut par exemple lire ceci :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Beaucoup d\u2019\u00e9coles atteignent d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent des niveaux tout \u00e0 fait satisfaisants. Ainsi, le score moyen de plus de 50 % des \u00e9coles ayant particip\u00e9 \u00e0 PISA en 2012 atteint des niveaux qualifi\u00e9s de \u00ab Bon \u00bb, \u00ab Tr\u00e8s Bon \u00bb ou m\u00eame \u00ab Excellent \u00bb. (p8)<\/em><\/p>\n<p>Or, chacun sait que ces pr\u00e9tendues \u00ab\u00a0bonnes \u00e9coles\u00a0\u00bb le sont d\u2019abord par la composition homog\u00e8ne du public qui les fr\u00e9quentent. En d\u2019autres mots, elles sont \u00ab\u00a0bonnes\u00a0\u00bb surtout parce que d\u2019autres \u00e9coles sont \u00ab\u00a0moins bonnes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0mauvaises\u00a0\u00bb. On ne peut pas dire : \u00ab\u00a0 dommage qu\u2019il y ait de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 et de la s\u00e9gr\u00e9gation\u00a0; mais heureusement, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u2018mauvaises\u2019 \u00e9coles il y en a aussi de tr\u00e8s bonnes\u00a0\u00bb. Car l\u2019existence de \u2018bonnes\u2019 et \u2018moins bonnes\u2019 \u00e9coles est justement le r\u00e9sultat de cette s\u00e9gr\u00e9gation que l\u2019on d\u00e9plore par ailleurs.<\/p>\n<p>Les auteurs du texte le savent d\u2019ailleurs fort bien puisqu\u2019ils laissent tomber, un peu plus loin, que \u00ab<em>\u00a0<\/em><em>ces disparit<\/em><em>\u00e9<\/em><em>s sont expliqu<\/em><em>\u00e9<\/em><em>es principalement par des effets de composition scolaire<\/em><em>\u00a0\u00bb. <\/em>Malheureusement c\u2019est pour tenter de le nuancer tout de suite :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0 A indice socio-\u00e9conomique donn\u00e9, la dispersion des r\u00e9sultats PISA des \u00e9coles est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e en FWB Il s\u2019av\u00e8re que certaines \u00e9coles font beaucoup mieux que d\u2019autres avec des publics pourtant similaires : ces \u00e9coles appliquent d\u00e9j\u00e0 certaines \u00ab bonnes pratiques \u00bb qui pourraient inspirer l\u2019ensemble du syst\u00e8me.\u00a0\u00bb (p8).<\/p>\n<p>On rel\u00e8vera deux erreurs r\u00e9currentes. La premi\u00e8re est de croire que la s\u00e9gr\u00e9gation engendr\u00e9e par le march\u00e9 scolaire serait seulement socio-culturelle. En r\u00e9alit\u00e9, elle est tout autant \u00ab\u00a0acad\u00e9mique\u00a0\u00bb. Dans les \u00ab\u00a0bonnes \u00e9coles\u00a0\u00bb on ne trouve pas que des riches, mais aussi les \u00e9l\u00e8ves les plus capables des classes populaires et des familles issues de l\u2019immigration. La deuxi\u00e8me erreur est d\u2019imaginer que les \u00ab\u00a0bonnes pratiques\u00a0\u00bb seules pourraient constituer une solution profonde et durable au probl\u00e8me de l\u2019iniquit\u00e9. Si nous ne contestons pas que ces pratiques sont importantes, on ne peut pas non plus nier l\u2019action d\u00e9terminante des diverses structures s\u00e9gr\u00e9gatives d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es.<\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0Un besoin de modernit\u00e9\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>L\u2019un des objectifs annonc\u00e9s par le Pacte est de repenser \u00ab\u00a0la place de l\u2019\u00e9cole dans la soci\u00e9t\u00e9 du XXIe si\u00e8cle\u00a0\u00bb. A priori, on ne peut que s\u2019en r\u00e9jouir, tant il est rare de voir pos\u00e9e cette question fondamentale du sens et des missions de l\u2019\u00e9cole. Cependant, ce que le texte pr\u00e9paratoire en dit ne manque pas de nous surprendre :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Nous nous devons de pr<\/em><em>\u00e9<\/em><em>ciser ce que nous voulons mettre dans la t\u00eate, le c\u0153ur, les mains des jeunes de 18 ans, issus d\u2019une soci<\/em><em>\u00e9t\u00e9 <\/em><em>de plus en plus multiculturelle<\/em><em>,<\/em><em> \u00e0 la fois pour en faire des citoyens <\/em><em>\u00e9panouis, int\u00e9gr\u00e9<\/em><em>s, lucides, curieux, critiques, responsabilis<\/em><em>\u00e9<\/em><em>s, capables de s\u2019<\/em><em>adapter, d<\/em><em>\u2019<\/em><em>innover, de d\u00e9<\/em><em>coder le monde dans lequel ils vivront, mais aussi pour en faire des acteurs qui travailleront, porteront des projets et cr<\/em><em>\u00e9<\/em><em>eront dans une soci<\/em><em>\u00e9t\u00e9 <\/em><em>qui mise de plus en plus sur l\u2019<\/em><em>intelligence, la mobilit\u00e9, l<\/em><em>\u2019<\/em><em>adaptabilit\u00e9<\/em><em>, la cr<\/em><em>\u00e9ativit\u00e9 <\/em><em>et l\u2019autonomie de ses citoyens.<\/em><em>\u00a0\u00bb (p 16-17)<\/em><\/p>\n<p>Nous applaudissons des deux mains \u00e0 la premi\u00e8re partie de ce projet\u00a0: former des citoyens critiques. Le probl\u00e8me, c\u2019est que cet objectif est diam\u00e9tralement oppos\u00e9 \u00e0 la deuxi\u00e8me partie du texte cit\u00e9\u00a0: tout ce qui suit la mention \u00ab\u00a0mais aussi\u00a0\u00bb. Nous n\u2019avons pas vu, nous, cette soci\u00e9t\u00e9 qui miserait sur l\u2019intelligence et la cr\u00e9ativit\u00e9. Encore moins sur l\u2019esprit critique. En revanche nous avons bien entendu le patronat r\u00e9clamer de la mobilit\u00e9 et de l\u2019adaptabilit\u00e9. Et pour ce faire, demander qu\u2019on remplace les savoirs \u00ab\u00a0inutiles\u00a0\u00bb par des \u00ab\u00a0comp\u00e9tences\u00a0\u00bb jug\u00e9es plus efficaces face \u00e0 la demande de flexibilit\u00e9 des travailleurs. Le Pacte pr\u00e9tendrait-il marier l\u2019eau et le feu ?<\/p>\n<p>Notre inqui\u00e9tude grandit encore en lisant, toujours dans le constat, ce genre d\u2019affirmations\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Le savoir est partout, disponible sur la Toile, accessible \u00e0 tous dans les smartphones. La transition num<\/em><em>\u00e9<\/em><em>rique est plus qu\u2019en marche et avec elle la transmission de savoirs via de nouveaux canaux immat<\/em><em>\u00e9<\/em><em>riels ouverts. Cependant l\u2019\u00e9cole, son organisation, ses cours, ses r\u00e8gles, ses pratiques sont encore, sous plusieurs aspects, rest<\/em><em>\u00e9s fig\u00e9<\/em><em>s dans un pass<\/em><em>\u00e9 <\/em><em>qui la handicape.<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Il faudra tout de m\u00eame qu\u2019un jour on en finisse avec cette id\u00e9e-l\u00e0. Ce qui est disponible \u00ab\u00a0partout, sur la Toile\u00a0\u00bb, ce n\u2019est pas du savoir, c\u2019est de l\u2019information. Le savoir, lui, implique une d\u00e9marche intellectuelle de compr\u00e9hension, faite d\u2019abstraction, de th\u00e9orisation, d\u2019analyse, de synth\u00e8se\u2026 Cela ne se trouve pas \u00ab\u00a0sur la toile\u00a0\u00bb, mais cela se construit dans une interaction entre l\u2019apprenant et l\u2019enseignant. On peut certes r\u00e9fl\u00e9chir aux formes de l\u2019\u00e9cole, mais il est extr\u00eamement dangereux d\u2019affirmer que son r\u00f4le ne serait plus, demain, de transmettre des savoirs.<\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0Un besoin d\u2019efficacit\u00e9\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Selon le document minist\u00e9riel, notre enseignement manque d\u2019efficacit\u00e9 parce que sa qualit\u00e9 et son \u00e9quit\u00e9 sont insuffisants en regard des moyens qui lui sont accord\u00e9s. A la page 17 ces d\u00e9penses sont exprim\u00e9es en % du PIB francophone et le document observe que ce taux est plus \u00e9lev\u00e9 que la moyenne OCDE ou europ\u00e9enne. Ce n\u2019est pas inexact, mais l\u2019indicateur en question p\u00eache par deux d\u00e9fauts : primo il ne nous dit rien sur les moyens r\u00e9ellement disponibles, par \u00e9l\u00e8ve ; secundo, le concept de \u00ab\u00a0PIB francophone\u00a0\u00bb est extr\u00eamement douteux (comment r\u00e9partit-on le PIB de Bruxelles par exemple).<\/p>\n<p>Les d\u00e9penses en pour-cent du PIB sont un bon indicateur pour observer l\u2019\u00e9volution des moyens \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un pays. Mais ce n\u2019est pas le meilleur outil pour comparer les pays entre eux. Il est beaucoup plus judicieux d\u2019observer ce que co\u00fbte r\u00e9ellement (en euros) chaque \u00e9l\u00e8ve d\u2019un pays. A ce sujet, l\u2019introduction du document affirme que nos <em>\u00ab<\/em>\u00a0<em>d\u00e9<\/em><em>penses publiques par <\/em><em>\u00e9l<\/em><em>\u00e8<\/em><em>ve<\/em><em>\u00a0\u00bb <\/em>seraient<em> \u00ab\u00a0<\/em><em>sup\u00e9<\/em><em>rieures \u00e0 la moyenne europ<\/em><em>\u00e9enne<\/em><em>\u00a0\u00bb (p6). <\/em>Qu\u2019en-est-il\u00a0?<\/p>\n<p>Le graphique ci-dessous indique les d\u00e9penses publiques totales, par \u00e9l\u00e8ve ou \u00e9tudiant (tous niveaux d\u2019enseignement confondus), pour les pays europ\u00e9ens.((<a href=\"http:\/\/ec.europa.eu\/eurostat\/web\/education-and-training\/data\/database\"> Eurostat, [http:\/\/ec.europa.eu\/eurostat\/web\/education-and-training\/data\/database<\/a>. Ann\u00e9e 2012. Donn\u00e9es pour la Gr\u00e8ce non disponibles.))<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-5506 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_1.jpg\" width=\"450\" height=\"498\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_1.jpg 792w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_1-271x300.jpg 271w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_1-768x850.jpg 768w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_1-696x771.jpg 696w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_1-379x420.jpg 379w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a>On observe tout d\u2019abord que les pays qui d\u00e9pensent beaucoup moins que la Belgique sont, pour l\u2019essentiel, les pays les plus pauvres, de l\u2019Est et du Sud de l\u2019Europe : Roumanie, Bulgarie, Croatie, Pologne, Slovaquie, Hongrie, R\u00e9publique tch\u00e8que, Portugal, Espagne. En revanche, si l\u2019on compare la Belgique aux pays qui lui sont comparables sur le plan du niveau de richesse et qui lui sont proches g\u00e9ographiquement, alors seuls la France, le Royaume Uni, l\u2019Islande et l\u2019Italie d\u00e9pensent moins que nous. En revanche, nos d\u00e9penses d\u2019enseignement sont inf\u00e9rieures \u00e0 celles de la Finlande, des Pays-Bas, de l\u2019Allemagne, d\u2019 l\u2019Irlande ; nettement inf\u00e9rieures \u00e0 celles de la Su\u00e8de, de l\u2019Autriche, du Danemark, de la Suisse et de la Norv\u00e8ge. &lt;img|left&gt;<\/p>\n<p>Encore s\u2019agit-il l\u00e0 de donn\u00e9es concernant l\u2019ensemble de la Belgique. Or, il se trouve que les d\u00e9penses par \u00e9l\u00e8ve sont consid\u00e9rablement plus \u00e9lev\u00e9es en Flandre qu\u2019en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles\u00a0: 19,3% d\u2019\u00e9cart pour l\u2019enseignement fondamental, 16,7% dans le secondaire.((Cahiers de Recherches du CERPE n\u00b073))<\/p>\n<p>On notera aussi que les pays qui d\u00e9pensent le plus pour leur enseignement sont pr\u00e9cis\u00e9ment ceux qui obtiennent les meilleurs r\u00e9sultats, notamment sur le plan de l\u2019\u00e9quit\u00e9. C\u2019est particuli\u00e8rement le cas de la Norv\u00e8ge.<\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0L\u2019excellence comme urgence\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>A la question : \u2018pourquoi est-il si important d\u2019am\u00e9liorer l\u2019enseignement ?\u2019, le document pr\u00e9paratoire r\u00e9pond (p 18-19) :<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les deux premiers points, qui constituent sans doute l\u2019introduction \u00ab\u00a0politiquement correcte\u00a0\u00bb, le texte en arrive \u00e0 l\u2019essentiel puisque le troisi\u00e8me point a droit \u00e0 une pleine page de d\u00e9veloppement. On y retrouve plusieurs mythes courants :<\/p>\n<p>_ Mythe n\u00b01 : <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Notre march\u00e9 <\/em><em>du travail est demandeur de qualifications croissantes et d\u2019innovations constantes.<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em>. Ce n\u2019est pas vrai : notre march\u00e9 du travail est en voie de polarisation entre des emplois tr\u00e8s hautement qualifi\u00e9s (\u00e9tudes universitaires) et des emplois \u00e0 tr\u00e8s faible niveau de qualification dans le secteur des services. La DARES (service d\u2019\u00e9tude du Minist\u00e8re du Travail, de l\u2019Emploi et de la Formation Professionnelle en France) note\u00a0: \u00ab\u00a0la tertiarisation de l\u2019\u00e9conomie ira aussi de pair avec une modification des structures de qualifications. Globalement, on peut parler de polarisation des qualifications, les familles professionnelles qui cr\u00e9eront le plus d\u2019emplois \u00e9tant celles de cadres et celles d\u2019employ\u00e9s peu qualifi\u00e9s\u00bb.(( Chardon, O., Estrade, M.-A., France. Les m\u00e9tiers en 2015. Centre d\u2019analyse strat\u00e9gique, Direction de l\u2019animation de la recherche, des \u00e9tudes et des statistiques (2007). (Paris: la Documentation fran\u00e7aise), p. 41.<\/p>\n<p>))<\/p>\n<p>_ Mythe n\u00b02 : <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Un enseignement de qualit<\/em><em>\u00e9 <\/em><em>permet d\u2019accroitre le nombre d\u2019emplois<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em>. Faut-il rappeler que les emplois vacants repr\u00e9sentent entre 1,0 et 1,4% du march\u00e9 du travail ? Alors que le ch\u00f4mage s&#8217;\u00e9tablit \u00e0 10-15% selon le mode de calcul. Donc m\u00eame en supposant que tous les emplois vacants seraient combl\u00e9s par une meilleure qualification (ce qui est \u00e9videmment excessivement optimiste) ; m\u00eame en supposant que tous ces emplois combl\u00e9s n&#8217;auraient aucune incidence secondaire sur d&#8217;autres emplois (dix restos qui recrutent, ne nous feront pas manger plus, ce sont donc des ventes en moins et des emplois supprim\u00e9s ailleurs) ; m\u00eame dans toutes les hypoth\u00e8ses les plus optimistes, l&#8217;am\u00e9lioration de la formation ne pourra jamais \u00e9liminer davantage qu&#8217;un dixi\u00e8me du taux de ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>_ Mythe n\u00b03 : <em>\u00ab\u00a0C<\/em><em>ombler l<\/em><em>\u2019\u00e9cart de performance entre l\u2019enseignement obligatoire de la FWB et celui de la Flandre g<\/em><em>\u00e9n<\/em><em>\u00e9<\/em><em>rerait \u00e0 terme une croissance additionnelle de l\u2019ordre de 0.7 % par an du Produit Int<\/em><em>\u00e9<\/em><em>rieur Brut par habitant de l\u2019ensemble Wallonie- Bruxelles<\/em><em>\u00a0\u00bb. <\/em>Cette affirmation repose en fait sur des \u00e9tudes(( Hanushek, E.A., and Woessmann, L. (2009). Do Better Schools Lead to More Growth? Cognitive Skills, Economic Outcomes, and Causation (National Bureau of Economic Research).<\/p>\n<p>)) extr\u00eamement controvers\u00e9es, o\u00f9 la corr\u00e9lation (r\u00e9elle) entre niveau d\u2019\u00e9ducation d\u2019un pays et PIB\/habitant est transform\u00e9e en une \u00e9quation lin\u00e9aire dont on d\u00e9cr\u00e8te arbitrairement que le niveau d\u2019\u00e9ducation serait la variable ind\u00e9pendante et le PIB\/habitant la variable d\u00e9pendante. En d\u2019autres mots on interpr\u00e8te abusivement une corr\u00e9lation comme une relation causale. Cette conception, ch\u00e8re aux partisans de la th\u00e9orie du \u00ab\u00a0capital humain\u00a0\u00bb n\u2019a gu\u00e8re de fondement s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>Aussi, lorsque le texte conclut sur cette affirmation :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0un r\u00e9el consensus se dessine entre les diff\u00e9rentes forces vives sur l\u2019importance de l\u2019enseignement dans le processus de d\u00e9ploiement socio-\u00e9conomique. La majeure partie des d\u00e9cideurs et des acteurs cl\u00e9s s\u2019accordent sur le fait qu\u2019un enseignement obligatoire performant est fondamental pour assurer la prosp\u00e9rit\u00e9 future en Wallonie et \u00e0 Bruxelles\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u2026nous nous voyons oblig\u00e9s de conclure que nous sommes en d\u00e9saccord profond avec la \u00ab\u00a0majeure partie des d\u00e9cideurs et des axcteurs-cl\u00e9\u00a0\u00bb. Ce qui n\u2019emp\u00eache pourtant pas le minist\u00e8re de se f\u00e9liciter que <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>la Plate-forme de <\/em><em>\u00ab Lutte contre l\u2019\u00e9chec scolaire <\/em><em>\u00bb <\/em><em>appelle <\/em><em>\u00e9<\/em><em>galement \u00e0 une refondation de l\u2019\u00e9<\/em><em>cole<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em><em>. <\/em>(p20) Sans doute avons-nous de cette refondation une vision quelque peu diff\u00e9rente de celle de la ministre.<\/p>\n<h2>Les objectifs du Pacte<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s ces constats, le document en arrive aux objectifs du Pacte. Nous citons int\u00e9gralement et soulignons les mots essentiels :<\/p>\n<p><strong>Renforcer la qualit\u00e9 de l&#8217;offre d&#8217;enseignement pour chaque \u00e9l\u00e8ve <\/strong><\/p>\n<p>&#8211; \u00a0principalement en am\u00e9liorant la formation initiale et continu\u00e9e, l\u2019accompagnement, le soutien et les outils p\u00e9dagogiques des acteurs de l\u2019enseignement et parall\u00e8lement leur autonomie et leur responsabilisation, en red\u00e9finissant les diff\u00e9rentes fonctions des <strong>enseignants<\/strong>, leur carri\u00e8re et leur fin de carri\u00e8re ;<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0en renfor\u00e7ant les <strong>initiatives<\/strong> et les <strong>m<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>thodes<\/strong> en vue d\u2019augmenter les <strong>performances de chaque <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>l<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>ve<\/strong> et l\u2019accompagnement personnalis\u00e9, d\u2019harmoniser les transitions et de lutter contre l\u2019<strong>\u00e9<\/strong><strong>chec scolaire<\/strong>, contre le <strong>redoublement<\/strong> et contre l\u2019<strong>iniquit<\/strong><strong>\u00e9 <\/strong><strong>de notre syst<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>me<\/strong> ;<\/p>\n<p>&#8211; ensuite en adaptant nos <strong>savoirs, comp<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>tences et pratiques p<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>dagogiques<\/strong> aux <strong>besoins de la soci<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>t<\/strong><strong>\u00e9<\/strong> du 21e si\u00e8cle, en int\u00e9grant la <strong>r<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>volution num<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>rique<\/strong>, en organisant une plus grande <strong>ad<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>quation<\/strong> et un d\u00e9cloisonnement plus important principalement pour l\u2019enseignement qualifiant <strong>avec le monde socio-<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>conomique<\/strong>, en renfor\u00e7ant l\u2019apprentissage des <strong>langues<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Am<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>liorer l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>efficacit<\/strong><strong>\u00e9 <\/strong><strong>de la gouvernance <\/strong><\/p>\n<p>&#8211; \u00a0en am\u00e9liorant et modernisant le <strong>pilotage p<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>dagogique<\/strong> de l\u2019enseignement par l\u2019administration et les \u00e9tablissements et en d\u00e9ployant la <strong>culture de l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>valuation<\/strong> ;<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0en optimalisant, simplifiant et modernisant <strong>l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>organisation de l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>enseignement<\/strong> et des \u00e9tablissements, en renfor\u00e7ant les <strong>partenariats<\/strong>, <strong>l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>efficacit<\/strong><strong>\u00e9 <\/strong><strong>de la gestion<\/strong> des \u00e9coles, la diminution de leurs <strong>co<\/strong><strong>\u00fb<\/strong><strong>ts de fonctionnement<\/strong>, en densifiant la formation, l\u2019accompagnement, le soutien au <strong>management<\/strong>, <strong>l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>autonomie<\/strong> et la <strong>responsabilisation<\/strong> des responsables d\u2019\u00e9tablissements.<\/p>\n<p>Tout ceci nous inqui\u00e8te au plus haut point.<\/p>\n<p>Commen\u00e7ons par le plus important, le 3e point. Nous sommes grandement demandeurs d\u2019une r\u00e9flexion sur les missions de l\u2019\u00e9cole, sur les \u00ab\u00a0savoirs, comp\u00e9tences et pratiques p\u00e9dagogiques\u00a0\u00bb que r\u00e9clame la \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 du 21e si\u00e8cle\u00a0\u00bb. Parce que cette soci\u00e9t\u00e9, si elle se veut d\u00e9mocratique, a besoin de citoyens capables d\u2019appr\u00e9hender des probl\u00e8mes nouveaux, d\u2019une extr\u00eame complexit\u00e9 : l\u2019environnement, la croissance \u00e9conomique, les in\u00e9galit\u00e9s nord-sud, l\u2019\u00e9puisement des ressources, la gestion de l\u2019\u00e9nergie, les tensions religieuses et ethniques, la mobilit\u00e9, les services publics, la fiscalit\u00e9, les soins de sant\u00e9, etc. Que peut faire l\u2019\u00e9cole pour rendre les futurs citoyens responsables, critiques, capables de penser le monde avec leur propre t\u00eate (et pas celle du directeur de l\u2019information de RTL-RTBF) et de le transformer par l\u2019action collective\u00a0? Voil\u00e0, pour nous, le sens du d\u00e9fi \u00ab\u00a0adapter l\u2019\u00e9cole \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 du 21e si\u00e8cle\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 le questionnement qui doit guider notre r\u00e9flexion sur le socle de culture commune, sur la place des cours philosophiques, sur la formation polytechnique\u2026 Malheureusement, madame Milquet semble l\u2019entendre fort diff\u00e9remment, puisqu\u2019il s\u2019agit, pour elle, d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0int\u00e9grer la r\u00e9volution num\u00e9rique\u00a0\u00bb et d\u2019assurer \u00ab\u00a0l\u2019ad\u00e9quation de l\u2019enseignement avec le monde socio-\u00e9conomique\u00a0\u00bb. Quelle tristesse ! Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, le fait que <em>\u00ab\u00a0les services de l\u2019OCDE\u00a0\u00bb<\/em> et la Commission europ\u00e9enne <em>\u00ab\u00a0seront associ\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em> au processus du Pacte, n\u2019est certainement pas de nature \u00e0 nous rassurer. (p48)<\/p>\n<p>Notre deuxi\u00e8me grande inqui\u00e9tude porte sur la lutte contre les in\u00e9galit\u00e9s sociales \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Dans la partie relative au constat, nous nous \u00e9tions r\u00e9jouis de lire que, pour le minist\u00e8re, les causes de l\u2019iniquit\u00e9 r\u00e9sidaient dans la s\u00e9lection pr\u00e9coce et les march\u00e9s scolaires. Nous aurions donc pu esp\u00e9rer que l\u2019un des objectifs du pacte serait de mettre au point cette profonde r\u00e9forme des structures qui doit n\u00e9cessairement accompagner la \u00ab\u00a0refondation\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9cole\u00a0: l\u2019\u00e9cole commune, sans fili\u00e8res, de 5 \u00e0 16 ans, une s\u00e9paration nette entre cette \u00e9cole commune et le secondaire sup\u00e9rieur, l\u2019\u00e9cole ouverte, la fin du march\u00e9 scolaire par une proc\u00e9dure d\u2019inscription moderne, la fin des r\u00e9seaux concurrents, etc\u2026 Or ici, on ne parle plus que de <em>\u00ab\u00a0renforcer les initiatives et m\u00e9thodes en vue (\u2026) de lutter (\u2026) contre l\u2019iniquit\u00e9 de notre syst\u00e8me\u00a0\u00bb<\/em>. Qui plus est, Madame Milquet s\u2019en va r\u00e9p\u00e9tant qu\u2019il n\u2019est pas question d\u2019aller vers de \u00ab\u00a0grandes r\u00e9formes structurelles\u00a0\u00bb. Le texte dit d\u2019ailleurs : <em>\u00ab\u00a0le Pacte (\u2026) <\/em><em>propose avant tout de remettre la p<\/em><em>\u00e9<\/em><em>dagogie au centre du processus et non les syst\u00e8<\/em><em>mes<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em> (p53).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-5507\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_2.jpg\" width=\"500\" height=\"478\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_2.jpg 761w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_2-300x287.jpg 300w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_2-696x666.jpg 696w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/graphique_2-439x420.jpg 439w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le grahique ci-dessus(( PISA 2012 sans fard et sans voile, Pourquoi les syst\u00e8mes \u00e9ducatifs de Belgique et de France sont-ils les champions de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 sociale, Aped, janvier 2014)) montre pourtant que les diff\u00e9rences entre pays europ\u00e9ens sur le plan de l\u2019\u00e9quit\u00e9 des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs sont corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 raison de 67% aux facteurs structurels g\u00e9n\u00e9rateurs de s\u00e9gr\u00e9gation. On est en donc en droit de se demander si le Pacte ne ferme pas d\u2019embl\u00e9e la porte principale avant m\u00eame que ne commence le d\u00e9bat.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me sujet d\u2019inqui\u00e9tude, le discours final sur le \u00ab\u00a0management, l\u2019autonomie et la responsabilisation\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 qui sent \u00e0 plein nez la strat\u00e9gie lib\u00e9rale classique, qui consiste \u00e0 utiliser la carotte de la \u00ab\u00a0libert\u00e9\u00a0\u00bb pour mieux nous diviser et nous faire g\u00e9rer nous-m\u00eames une aust\u00e9rit\u00e9 que nous refuserions si on nous l\u2019imposait.<\/p>\n<p>Ce qui nous conduit finalement \u00e0 notre quatri\u00e8me inqui\u00e9tude. Elle ne porte pas sur l\u2019un des points mentionn\u00e9s ci-dessus, mais sur celui qui justement n\u2019y figure pas, sur cet immense vide laiss\u00e9 l\u00e0 et qui suscitera les questions de tous les acteurs de l\u2019\u00e9cole\u00a0: avec quels moyens\u00a0? Nous avons d\u00e9j\u00e0 d\u00e9truit ce grand mensonge d\u2019un enseignement francophone belge qui serait plus d\u00e9pensier que celui d\u2019autres pays ou r\u00e9gions. Mais la question essentielle n\u2019est m\u00eame pas l\u00e0, dans ces comparaisons internationales. Quelqu\u2019un peut-il s\u00e9rieusement croire qu\u2019on luttera contre l\u2019\u00e9chec scolaire, le redoublement, la d\u00e9valorisation de la fonction enseignante, le d\u00e9ficit de mat\u00e9riel p\u00e9dagogique,\u2026 sans investir dans l\u2019\u00e9cole\u00a0? Certes, le redoublement en secondaire co\u00fbte cher. Mais imagine-t-on qu\u2019on le combattra sans commencer par donner \u00e0 l\u2019\u00e9cole fondamentale les moyens de la r\u00e9ussite de tous\u00a0?<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>Tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de nous incite \u00e0 la plus grande prudence. Les quelques \u00e9l\u00e9ments positifs du constat initial sont largement contrebalanc\u00e9s par le carcan, selon nous inacceptable, des \u00ab\u00a0objectifs\u00a0\u00bb du Pacte. Et toute la proc\u00e9dure en cinq phases semble con\u00e7ue pour ne pas sortir de ce sentier \u00e9troit.<\/p>\n<p>En avril 2007, l\u2019Appel pour une \u00e9cole d\u00e9mocratique avait rendu public un projet de r\u00e9forme de l\u2019enseignement obligatoire en Belgique. Il \u00e9tait l\u2019oeuvre de professeurs engag\u00e9s, \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une vision politique lucide, d\u2019une analyse soigneuse de la litt\u00e9rature scientifique et de notre exp\u00e9rience d\u2019enseignants de terrain. Ce projet d\u2019 \u00ab\u00a0\u00e9cole commune\u00a0\u00bb est certes tr\u00e8s ambitieux. Mais ses grandes lignes sont absolument incontournables si l\u2019on veut r\u00e9ellement aller vers une \u00e9cole d\u00e9mocratique et \u00e9mancipatrice. Il ne peut s\u2019inscrire dans le cadre \u00e9triqu\u00e9 que nous propose actuellement le Pacte d\u2019excellence. Par certains aspects il est m\u00eame diam\u00e9tralement oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019orientation du Pacte.<\/p>\n<p>Madame Milquet, le CDH et le PS, veulent des r\u00e9sultats dans un an ; le MR, par la voix de madame Bertiaux, lui r\u00e9torque(( Le Soir, 27 janvier 2015<\/p>\n<p>)) qu\u2019on peut prendre les mesures les plus importantes sans attendre. Mais nous, qui vivons depuis trois d\u00e9cennies la d\u00e9b\u00e2cle scolaire provoqu\u00e9e par les mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 des uns et les mauvaises r\u00e9formes des autres, nous sommes moins press\u00e9s. Nous ne voulons plus d\u2019un n-i\u00e8me d\u00e9cret mal ficel\u00e9, d\u2019une tanti\u00e8me somme de \u00ab\u00a0mesurettes\u00a0\u00bb sans vision. En d\u00e9pit de la gravit\u00e9 de la situation, ou peut-\u00eatre justement en raison de cette gravit\u00e9, nous voulons que l\u2019on prenne le temps. Le temps d\u2019une r\u00e9flexion politiquement aboutie et scientifiquement fond\u00e9e pour penser les r\u00e9formes. Le temps d\u2019un profond travail p\u00e9dagogique en direction des enseignants et des parents afin de pouvoir r\u00e9ussir ces r\u00e9formes avec l\u2019appui le plus large possible. Le temps, enfin, d\u2019une mise en oeuvre coh\u00e9rente, commen\u00e7ant dans l\u2019enseignement maternel et s\u2019\u00e9tendant progressivement vers les ann\u00e9es suivantes.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas du tout la direction que propose le Pacte et nous sommes donc extr\u00eamement sceptiques et inquiets. N\u00e9anmoins, nous constatons que la premi\u00e8re phase (de fin janvier \u00e0 mi-avril) reste, heureusement, assez ouverte. Il s\u2019agit de constituer deux groupes de travail :<\/p>\n<p>-*Groupe de travail 1 : <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>Etat des lieux de la situation actuelle de l\u2019enseignement.<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>-*Groupe de travail 2 : <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>R\u00e9<\/em><em>flexion sur le sens les valeurs, les objectifs et missions de l\u2019\u00e9<\/em><em>cole au 21e si<\/em><em>\u00e8<\/em><em>cle.<\/em><em>\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les nombreuses r\u00e9serves exprim\u00e9es ici, nous estimons qu\u2019il est de notre devoir de participer \u00e0 cette phase initiale (directement ou en proposant des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 la r\u00e9flexion). En effet, s\u2019il devait y avoir le moindre espoir de voir le groupe 1 influer de fa\u00e7on sensible sur l\u2019ouverture du pacte \u00e0 de v\u00e9ritables r\u00e9formes structurelles ; s\u2019il devait y avoir le moindre espoir de voir le groupe 2 proposer une vision de l\u2019\u00e9cole allant dans le sens d\u2019une citoyennet\u00e9 critique et tournant r\u00e9solument le dos \u00e0 l\u2019utilitarisme \u00e9conomique de la Commission europ\u00e9enne ou de l\u2019OCDE, eh bien il serait dommage de ne pas tenter cette chance.<\/p>\n<p>Cependant, si, au terme de cette proc\u00e9dure initiale, l\u2019orientation devait rester celle qui caract\u00e9rise actuellement les documents du minist\u00e8re, alors nous n\u2019aurions malheureusement plus gu\u00e8re de raison de poursuivre notre collaboration \u00e0 ce projet.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><em>Appel pour une \u00e9cole d\u00e9mocratique<\/em><em><br \/>\n_ <\/em><em>Le 28 janvier 2015<\/em><\/p>\n<h2>Programme pour une \u00e9cole d\u00e9mocratique en Belgique<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" alignleft size-full wp-image-2476\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/10000201000000ac00000083dcc08718.png\" alt=\"10000201000000ac00000083dcc08718.png\" width=\"227\" height=\"173\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/10000201000000ac00000083dcc08718.png 227w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/10000201000000ac00000083dcc08718-80x60.png 80w\" sizes=\"auto, (max-width: 227px) 100vw, 227px\" \/><\/p>\n<p><em>Adopt<\/em><em>\u00e9 <\/em><em>en avril 2007 <\/em><em><br \/>\n_ <\/em><em>par le Conseil g<\/em><em>\u00e9<\/em><em>n<\/em><em>\u00e9<\/em><em>ral de l<\/em><em>\u2019<\/em><em>Aped<\/em><\/p>\n<p><strong>Des constats qui heurtent de front notre vision de l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>cole<\/strong><\/p>\n<p>A nos yeux, <strong>l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>cole obligatoire peut <\/strong><strong>\u00ea<\/strong><strong>tre un formidable levier pour changer le monde<\/strong>, pour le rendre plus juste, elle est un instrument d\u2019\u00e9mancipation collective. Il s\u2019agit, comme disait C\u00e9lestin Freinet d\u2019 <em>\u00ab <\/em><em>aider <\/em><em>\u00e0 <\/em><em>la naissance d<\/em><em>\u2019<\/em><em>un homme qui saura lutter pour une soci<\/em><em>\u00e9<\/em><em>t<\/em><em>\u00e9 <\/em><em>dont la libert<\/em><em>\u00e9<\/em><em>, la justice, la fraternit<\/em><em>\u00e9 <\/em><em>et le travail d<\/em><em>\u00e9<\/em><em>sali<\/em><em>\u00e9<\/em><em>n<\/em><em>\u00e9 <\/em><em>seront les fondements, une soci<\/em><em>\u00e9<\/em><em>t<\/em><em>\u00e9 <\/em><em>d<\/em><em>\u2019<\/em><em>o<\/em><em>\u00f9 <\/em><em>aura <\/em><em>\u00e9<\/em><em>t<\/em><em>\u00e9 <\/em><em>bannie l<\/em><em>\u2019<\/em><em>exploitation de l<\/em><em>\u2019<\/em><em>homme par l<\/em><em>\u2019<\/em><em>homme. <\/em><em>\u00bb<\/em><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cole doit aussi \u00eatre un lieu d\u2019\u00e9mancipation individuelle, d\u2019\u00e9ducation et de socialisation. Chaque enfant doit y d\u00e9velopper ses talents tout en devenant un \u00eatre sociable (et vice-versa).<\/p>\n<p>Nous avons l\u2019intime conviction que, mis \u00e0 part le tr\u00e8s faible pourcentage d\u2019enfants souffrant de handicaps mentaux particuliers, <strong>tous sont capables<\/strong> d\u2019acc\u00e9der aux savoirs et aux comp\u00e9tences de l\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral et polytechnique de base que nous pr\u00f4nons. Moyennant, bien s\u00fbr, une r\u00e9forme progressive de l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p>Tous capables, pas tous les m\u00eames, bien s\u00fbr.<\/p>\n<p>Ce qui pr\u00e9c\u00e8de suppose que l\u2019\u00e9cole respecte <strong>les droits de l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>enfant, les droits de l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>l<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>ve<\/strong>. Le droit d\u2019apprendre, le droit aux explications, \u00e0 l\u2019aide, \u00e0 l\u2019\u00e9coute, mais aussi celui de vivre, de s\u2019exprimer, de jouer, d\u2019avoir du temps pour soi, sans \u00eatre soumis \u00e0 un stress permanent\u00a0; le droit d\u2019\u00eatre assis sur des bancs confortables, dans des locaux agr\u00e9ables, d\u2019avoir des repas convenables, etc.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cole actuelle n\u2019atteint aucun de ces objectifs. Bien au contraire.<\/p>\n<p>Non seulement, elle ne \u00ab\u00a0sort\u00a0\u00bb pas beaucoup de citoyens aptes \u00e0 comprendre le monde et \u00e0 s\u2019y engager, mais aussi, pire, c\u2019est l\u2019id\u00e9e inverse\u00a0qui s\u2019y impose: les jeunes devraient, para\u00eet-il, accepter le monde tel qu\u2019il est et apprendre \u00e0 s\u2019y adapter. Accepter l\u2019in\u00e9galit\u00e9 toujours plus scandaleuse entre une minorit\u00e9 de nantis et une majorit\u00e9 de populations r\u00e9duites \u00e0 survivre\u00a0? Accepter des conditions de travail de plus en plus d\u00e9r\u00e9gul\u00e9es\u00a0? Accepter le saccage de l\u2019environnement\u00a0? Tol\u00e9rer l\u2019intol\u00e9rable\u00a0? A nos yeux, l\u2019\u00e9cole ne peut \u00eatre complice d\u2019un tel d\u00e9sastre.<\/p>\n<p>Si nous centrons notre attention sur les enfants des milieux populaires, force est de constater que <strong>l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>in<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>galit<\/strong><strong>\u00e9 <\/strong><strong>sociale<\/strong> dont ils sont victimes se prolonge et se renforce \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Et vice-versa. Un. D\u00e8s l\u2019enseignement maternel, il en est ainsi, dans chaque classe, entre les classes au sein d\u2019un m\u00eame \u00e9tablissement, ou encore entre diff\u00e9rentes \u00e9coles. Deux. Dans le secondaire, la s\u00e9gr\u00e9gation est structurellement organis\u00e9e et amplifi\u00e9e par les fili\u00e8res (g\u00e9n\u00e9ral, technique, professionnel). Trois. Cette injustice est renforc\u00e9e par le lib\u00e9ralisme de notre syst\u00e8me scolaire\u00a0(son organisation en quasi-march\u00e9 et la concurrence entre \u00e9coles et r\u00e9seaux). En d\u2019autres termes, ce sont les tares du capitalisme qui se voient appliqu\u00e9es et reproduites par l\u2019\u00e9cole. Quatre. Il y a aussi ces pratiques p\u00e9dagogiques qui font la part belle \u00e0 un rapport au savoir typique des classes sociales et\/ou intellectuelles ais\u00e9es. Cinq. Trop d\u2019enfants d\u2019origine populaire sont orient\u00e9s vers l\u2019enseignement sp\u00e9cial. Six. On parle de plus en plus de jeunes r\u00e9put\u00e9s \u00ab\u00a0non scolarisables\u00a0\u00bb. Sept. Les enseignants sont trop peu nombreux et manquent de temps pour permettre \u00e0 tous les jeunes de r\u00e9ussir et d\u2019int\u00e9grer dans leur vie et leur pratique ce qu\u2019ils ont appris \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p>Chez un nombre non n\u00e9gligeable d\u2019enfants, l\u2019\u00e9chec scolaire ou le redoublement (ou la crainte de l\u2019\u00e9chec et du redoublement) provoquent une r\u00e9elle souffrance. La pression de l\u2019\u00e9valuation, la pression \u00e0 la \u00ab\u00a0r\u00e9ussite scolaire\u00a0\u00bb, est parfois excessive. Trop d\u2019\u00e9l\u00e8ves viennent \u00e0 l\u2019\u00e9cole avec des pieds de plomb, s\u2019interrogent sur le sens de ce qu\u2019ils viennent y faire, manquent de \u00ab\u00a0motivation\u00a0\u00bb. La taille moyenne des \u00e9tablissements, en augmentation constante depuis vingt ans, n\u2019arrange rien\u00a0: les \u00e9coles-mammouths deviennent des \u00e9coles-casernes. Et les enseignants, particuli\u00e8rement dans les \u00e9coles o\u00f9 se concentrent les difficult\u00e9s, voient leur m\u00e9tier devenir de plus en plus p\u00e9nible. Une lourdeur amplifi\u00e9e par des programmes trop souvent incoh\u00e9rents, illisibles et \u2013paradoxalement- peu ambitieux (surtout dans le qualifiant). Il n\u2019est pas inutile de noter combien la souffrance des \u00e9l\u00e8ves participe de celle des professeurs \u2026 et inversement.<\/p>\n<p>Pour clore ce r\u00e9quisitoire, soulignons le co\u00fbt social \u2013 et financier \u2013 de tous ces jeunes qui d\u00e9crochent d\u2019un syst\u00e8me scolaire aussi catastrophique\u00a0!<\/p>\n<p>Mais restons-en l\u00e0 des constats n\u00e9gatifs. D\u2019autres publications de l\u2019Aped les ont suffisamment d\u00e9taill\u00e9s. T\u00e2chons plut\u00f4t d\u2019imaginer une autre \u00e9cole possible.<\/p>\n<p><strong>1.Une <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>cole de base commune de 6 <\/strong><strong>\u00e0 <\/strong><strong>15 ans<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s un enseignement maternel distinct, obligatoire \u00e0 partir de 3 ans, avec des objectifs clairement d\u00e9finis \u2013 acquisition de la langue parl\u00e9e, spatialisation et autonomie -, nous proposons une seule structure d\u2019enseignement de base commune, de 6 \u00e0 15 ans. Donc, la rupture entre \u00ab\u00a0primaire\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0secondaire\u00a0\u00bb dispara\u00eet. Concr\u00e8tement, cette r\u00e9forme se mat\u00e9rialise par la multiplication de petites entit\u00e9s scolaires. Dans cette \u00e9cole commune, les enfants passent progressivement d\u2019un instituteur unique \u00e0 des ma\u00eetres sp\u00e9cialis\u00e9s par branche. De 16 \u00e0 18\/19 ans, les jeunes fr\u00e9quentent des lyc\u00e9es pr\u00e9paratoires \u00e0 l\u2019enseignement sup\u00e9rieur ou des lyc\u00e9es qualifiants. Mais, dans tous les cas, un socle commun de formation g\u00e9n\u00e9rale y est organis\u00e9. Une formation g\u00e9n\u00e9rale exigeante, \u00e9valu\u00e9e en termes d\u2019acquis.<\/p>\n<p>La mise en \u0153uvre de l\u2019\u00e9cole commune devra se r\u00e9aliser progressivement, soit en dix ans. En effet, il est impossible de supprimer la s\u00e9lection au d\u00e9but du secondaire du jour au lendemain\u00a0: en l\u2019\u00e9tat actuel, les \u00e9carts de niveaux au sortir du primaire sont trop importants. Par contre, d\u00e8s maintenant, il faut renforcer la formation g\u00e9n\u00e9rale dans les premiers degr\u00e9s de l\u2019enseignement qualifiant. Enfin, pr\u00e9cisons que l\u2019\u00e9cole commune ne signifie \u00e9videmment pas la disparition d\u2019un enseignement sp\u00e9cialis\u00e9 pour les enfants et les jeunes souffrant de handicaps particuliers.<br \/>\n_<\/p>\n<p><strong>2<\/strong><strong>.Une formation g<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>n<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>rale<\/strong> <strong>et polytechnique pour tous<\/strong><\/p>\n<p>Nous voulons que tous atteignent les comp\u00e9tences et savoirs de base (math, lecture, langues \u00e9trang\u00e8res), que tous acqui\u00e8rent une culture commune de haut niveau (histoire, g\u00e9ographie, sciences, litt\u00e9rature, arts, philosophie, etc.), que tous soient initi\u00e9s aux technologies de la production et de la vie quotidienne (TIC, sant\u00e9, \u00e9lectricit\u00e9 domestique, agriculture, industrie, \u2026), que tous re\u00e7oivent une \u00e9ducation physique et une formation sportive. Nous sommes attach\u00e9s enfin \u00e0 une d\u00e9couverte et \u00e0 une valorisation de l\u2019acte productif, pas seulement les divers m\u00e9tiers de la sph\u00e8re \u00e9conomique, mais aussi l\u2019activit\u00e9 associative, le jardinage, etc. Bref, autre chose que regarder la t\u00e9l\u00e9. Cette formation g\u00e9n\u00e9rale et polytechnique pour tous entre 6 et 15 ans implique bien l\u2019abandon de toute sp\u00e9cialisation professionnelle avant l\u2019\u00e2ge de 16 ans.<\/p>\n<p><strong>3<\/strong><strong>.Affectation des <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>l<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>ves aux <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>coles<\/strong><\/p>\n<p>Pour \u00e9viter les \u00e9coles \u00ab\u00a0ghettos\u00a0\u00bb, autrement dit pour garantir une mixit\u00e9 sociale dans chaque \u00e9tablissement, une \u00e9cole est attribu\u00e9e \u00e0 chaque \u00e9l\u00e8ve d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e et pour une dur\u00e9e de 10 ans, sauf accident ou d\u00e9m\u00e9nagement. Cette affectation se fait selon le domicile et le revenu. Ce syst\u00e8me n\u00e9cessite un d\u00e9coupage g\u00e9ographique du territoire en zones socialement mixtes. Jusqu\u2019\u00e0 une date avanc\u00e9e (le 15 ao\u00fbt par exemple), les \u00e9coles doivent admettre en priorit\u00e9 les \u00e9l\u00e8ves qui leur sont affect\u00e9s. En d\u2019autres mots, jusqu\u2019\u00e0 cette date, on a la garantie d\u2019avoir une place dans cet \u00e9tablissement. Le nombre de places dans chaque \u00e9cole est d\u00e9termin\u00e9 selon ses capacit\u00e9s d\u2019accueil et ne peut \u00eatre d\u00e9pass\u00e9. Apr\u00e8s la date butoir (du 15 ao\u00fbt par exemple), les inscriptions redeviennent libres, mais selon la disponibilit\u00e9 de places. Ce syst\u00e8me implique \u00e9videmment la suppression des examens de passage. Des d\u00e9rogations motiv\u00e9es sont possibles, sur avis de l\u2019\u00e9quipe \u00e9ducative de l\u2019\u00e9tablissement et\/ou du PMS.<\/p>\n<p><strong>4<\/strong><strong>.Fusion des r<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>seaux<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est la fonction m\u00eame d\u2019associations comme la n\u00f4tre de poser ce genre de question et d\u2019oser fixer des objectifs que la majorit\u00e9 consid\u00e8re encore comme \u00ab\u00a0tabous\u00a0\u00bb. La fusion est le prix \u00e0 payer si l\u2019on veut l\u2019av\u00e8nement d\u2019une \u00e9cole vraiment d\u00e9mocratique. Alors, osons.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cole commune sera celle d\u2019un seul r\u00e9seau, forc\u00e9ment public. Elle impliquera un immense chamboulement dans l\u2019affectation des enseignants et des b\u00e2timents scolaires. Toutes les structures actuelles se verront modifier, aucun \u00e9tablissement ne subsistant dans sa forme actuelle.<\/p>\n<p>Les b\u00e2timents du r\u00e9seau libre, s\u2019ils appartiennent \u00e0 une asbl, seront mis sous statut public. Lou\u00e9s, les anciens contrats emphyt\u00e9otiques seront reconduits au nom de l\u2019Etat et aux m\u00eames conditions. La suppression du caract\u00e8re confessionnel nous semble \u00e9galement souhaitable pour \u00e9viter la mont\u00e9e des communautarismes religieux.<\/p>\n<p><strong>5<\/strong><strong>.Un encadrement suffisant pour z<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>ro d<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>crochage<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e-cl\u00e9\u00a0: qu\u2019un groupe\/classe progresse ensemble, surtout dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019\u00e9cole commune. Les enfants sont 15 par classe dans les trois premi\u00e8res ann\u00e9es (de 6 \u00e0 9 ans), maximum 20 au-del\u00e0 de ces ann\u00e9es primordiales. L\u2019essentiel du travail se passe dans cette classe, mais il faut imaginer diverses strat\u00e9gies pour soutenir les \u00e9l\u00e8ves qui en ont besoin, d\u00e8s qu\u2019ils en ont besoin\u00a0: \u00e9tude dirig\u00e9e apr\u00e8s les cours, rattrapage collectif et\/ou individuel \u2013 peut-\u00eatre dirig\u00e9 par des enseignants sp\u00e9cialis\u00e9s -, cours de langue acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 pour les \u00e9l\u00e8ves issus de l\u2019immigration, guidances individualis\u00e9es, mise \u00e0 disposition de tous les \u00e9l\u00e8ves d\u2019un centre de documentation dans chaque \u00e9cole.<\/p>\n<p><strong>6<\/strong><strong>.Une <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>cole ouverte<\/strong><\/p>\n<p>Si nous voulons r\u00e9concilier les enfants des milieux populaires avec l\u2019\u00e9cole, celle-ci doit devenir leur principal lieu de vie, o\u00f9 l\u2019on pr\u00e9pare et partage des repas, des jeux, des soir\u00e9es cin\u00e9ma ou d\u2019autres activit\u00e9s culturelles, sportives ou techniques. Le soir, le week-end et pendant les cong\u00e9s. C\u2019est l\u00e0 que s\u2019exerce la citoyennet\u00e9\u00a0: l\u2019instruction et l\u2019\u00e9ducation sont intimement li\u00e9es \u00e0 la vie sociale et \u00e0 la pratique productive. On y d\u00e9veloppe les valeurs de coop\u00e9ration, de solidarit\u00e9, de cr\u00e9ativit\u00e9, l\u2019amour des sciences, des techniques, des arts, de l\u2019activit\u00e9 physique, de la nature, etc. L\u2019\u00e9cole commune s\u2019ouvre sur les autres lieux d\u2019\u00e9ducation\u00a0: les associations citoyennes et culturelles, les mouvements de jeunesse, les clubs de sport, les festivit\u00e9s locales \u2026 L\u2019\u00e9cole peut s\u2019ouvrir aussi \u00e0 la participation des parents dans des projets. En effet, lib\u00e9r\u00e9e de la logique concurrentielle li\u00e9e au quasi-march\u00e9 scolaire actuel, la relation parents-\u00e9cole n\u2019est plus commerciale, mais citoyenne, b\u00e2tie sur une base d\u00e9mocratique autrement int\u00e9ressante. Il va de soi que, si l\u2019on ne veut pas qu\u2019elle se r\u00e9alise au d\u00e9triment des apprentissages, l\u2019\u00e9cole ouverte signifie passer plus de temps \u00e0 l\u2019\u00e9cole, disposer d\u2019un encadrement suppl\u00e9mentaire et r\u00e9duire la taille des \u00e9tablissements.<\/p>\n<p><strong>7<\/strong><strong>.Retrouver un <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>quilibre dans les pratiques<\/strong><\/p>\n<p>Pour ce qui est des pratiques p\u00e9dagogiques, nous voulons surtout \u00e9viter les \u00e9cueils du dogmatisme (une seule m\u00e9thode serait privil\u00e9gi\u00e9e) et du relativisme (toutes les m\u00e9thodes se vaudraient). Nous pr\u00e9conisons une large autonomie p\u00e9dagogique pour les enseignants, \u00e0 condition que les objectifs d\u2019apprentissage soient strictement d\u00e9finis et contr\u00f4l\u00e9s.<\/p>\n<p>Nous observons n\u00e9anmoins que certaines pratiques \u00ab\u00a0marchent\u00a0\u00bb mieux que d\u2019autres, permettent mieux d\u2019atteindre les objectifs fix\u00e9s, et\/ou sont plus respectueuses du rapport au savoir des enfants d\u2019origine populaire. Les sciences p\u00e9dagogiques ont \u00e0 cet \u00e9gard une grande importance, comme la connaissance des diff\u00e9rents caract\u00e8res psychologiques des enfants. Il faut \u00e9galement privil\u00e9gier les p\u00e9dagogies qui donnent du sens aux apprentissages, celles qui assurent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la compr\u00e9hension et pas uniquement \u00e0 la m\u00e9morisation ou au savoir-faire. C\u2019est sans doute en int\u00e9grant dans nos pratiques des approches vari\u00e9es que nous am\u00e9liorerons notre enseignement sans tomber dans les pi\u00e8ges de la diff\u00e9renciation.<\/p>\n<p>Nous ne voulons pas imposer \u00e0 toute force ces pratiques, mais bien les valoriser et les diffuser (sites internet, livres, formations). Faciliter et favoriser les \u00e9changes prend ici tout son sens, car trop d\u2019enseignants r\u00e9alisent les m\u00eames outils, emploient la m\u00eame documentation chacun dans leur coin.<\/p>\n<p>Nous n\u2019insisterons jamais assez sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une formation des enseignants &#8211; initiale et continu\u00e9e &#8211; solide et en coh\u00e9rence avec les quelques principes que nous venons d\u2019\u00e9noncer.<\/p>\n<p>N.B. Aujourd\u2019hui, on voit se multiplier des aventures p\u00e9dagogiques aux forts relents de marketing (immersion linguistique, premier degr\u00e9 diff\u00e9renci\u00e9 \u2026). Gageons que lib\u00e9r\u00e9e des logiques concurrentielles entre \u00e9coles, l\u2019innovation conna\u00eetra moins d\u2019errements.<\/p>\n<p><strong>8<\/strong><strong>.Une <\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>valuation centralis<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>e pour mieux piloter l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>cole<\/strong><\/p>\n<p>Notre syst\u00e8me scolaire manque cruellement de donn\u00e9es statistiques. Nous pr\u00e9conisons des \u00e9preuves centralis\u00e9es r\u00e9guli\u00e8res. Non pour juger les \u00e9l\u00e8ves (ces \u00e9preuves ne seraient pas certificatives), mais pour \u00e9valuer les niveaux des acquis, les pratiques p\u00e9dagogiques et le syst\u00e8me dans son enti\u00e8ret\u00e9. L\u2019analyse de ces donn\u00e9es guiderait les \u00e9tablissements et les enseignants. De plus, dans une \u00e9cole commune o\u00f9 ne s\u00e9vira plus la concurrence, l\u2019information pourra \u00eatre communiqu\u00e9e aux \u00e9l\u00e8ves et \u00e0 leurs parents.<\/p>\n<p><strong>9<\/strong><strong>.Des programmes rigoureux, lisibles et coh<\/strong><strong>\u00e9<\/strong><strong>rents<\/strong><\/p>\n<p>Les programmes devront exposer clairement et par le d\u00e9tail les connaissances, les savoir-faire, les attitudes et les niveaux de ma\u00eetrise attendus des \u00e9l\u00e8ves. Ils devront insister sur les savoirs-cl\u00e9s, ceux qu\u2019il faut r\u00e9activer r\u00e9guli\u00e8rement. En appui des programmes, les enseignants doivent disposer gratuitement de manuels, r\u00e9f\u00e9rentiels, recueils de documents, mat\u00e9riel audio-visuel, logiciels, listes de sites internet \u2026 Sans imposer de m\u00e9thodes, les programmes pourront en recommander.<\/p>\n<p><strong>1<\/strong><strong>0<\/strong><strong>.Refinancer l<\/strong><strong>\u2019\u00e9<\/strong><strong>cole <\/strong><strong>\u00e0 <\/strong><strong>hauteur de 7% du PIB<\/strong><\/p>\n<p>Pour financer notre projet, assurer une authentique gratuit\u00e9 de l\u2019\u00e9cole et de ses activit\u00e9s annexes, il faudra que l\u2019Etat consacre de nouveau 7% de son PIB \u00e0 l\u2019enseignement (comme \u00e0 la fin des ann\u00e9es \u201870). Sans doute plus durant la p\u00e9riode de transition (10 ans), mais on pourra en r\u00e9cup\u00e9rer progressivement une partie sur le co\u00fbt de l\u2019\u00e9chec scolaire, des fili\u00e8res, des options et des r\u00e9seaux, et gr\u00e2ce \u00e0 une utilisation plus rationnelle des infrastructures.<\/p>\n<p>Ce refinancement ne peut se faire que via une r\u00e9vision de la loi de financement des communaut\u00e9s ou via un retour de l\u2019\u00e9cole dans le giron f\u00e9d\u00e9ral. Il se fera par une contribution des grandes fortunes, et certainement pas au d\u00e9triment d\u2019autres besoins de la soci\u00e9t\u00e9 (notamment des autres services publics).<\/p>\n<p><strong>Ultime mise au point<\/strong><\/p>\n<p>Les dix points de ce programme constituent un tout indissociable, sans quoi le lib\u00e9ralisme scolaire et ses in\u00e9galit\u00e9s reviendraient en force.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cole commune, ses \u00e9preuves centralis\u00e9es et sa p\u00e9dagogie de la r\u00e9ussite ne peuvent se mettre en place sans les pr\u00e9alables suivants\u00a0: la fin de la concurrence entre \u00e9coles, la r\u00e9vision des programmes, l\u2019injection de moyens et, surtout, la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s de r\u00e9sultats dans les premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019enseignement. La formation initiale et continue des enseignants doit aussi faire l\u2019objet d\u2019un soin tout particulier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce lundi 26 janvier, la ministre de l\u2019Education en F\u00e9d\u00e9ration Wallonie-Bruxelles, Jo\u00eblle Milquet (CDH), a officiellement pr\u00e9sent\u00e9 son projet de \u00ab\u00a0Pacte pour un enseignement d\u2019excellence\u00a0\u00bb. La ministre nous avait re\u00e7u \u00e0 ce sujet, d\u00e9but janvier, et avait annonc\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait, dans son esprit, de r\u00e9pondre positivement \u00e0 la demande d\u2019une \u00ab\u00a0refondation de l\u2019\u00e9cole\u00a0\u00bb lanc\u00e9e il y a un an par la <em>Plateforme de lutte contre l\u2019\u00e9chec scolaire<\/em>, dont fait partie notre association. 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