{"id":24212,"date":"2024-09-10T20:12:13","date_gmt":"2024-09-10T19:12:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.skolo.org\/?p=24212"},"modified":"2024-09-10T20:11:06","modified_gmt":"2024-09-10T19:11:06","slug":"travail-collaboratif-marche-forcee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2024\/09\/10\/travail-collaboratif-marche-forcee\/","title":{"rendered":"Travail collaboratif, marche forc\u00e9e ?"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Herv\u00e9 Narainsamy et Roman Wittebroodt enseignent dans le secondaire. Le 15 mai dernier, ils publiaient dans <em>La Libre<\/em> une carte blanche cosign\u00e9e par un collectif du monde enseignant : \u00ab\u00a0<em>Le travail collaboratif ou la n\u00e9gation du labeur enseignant<\/em> \u00bb. Nous leur avons demand\u00e9 de contribuer \u00e0 notre dossier par leur t\u00e9moignage. Le travail collaboratif se pare de toutes les vertus: participation, collaboration, horizontalit\u00e9&#8230; mais qu&#8217;en est-il r\u00e9ellement ? Voici le fruit de leur r\u00e9flexion.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab\u00a0<em>L\u2019\u00e9ducation doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un service rendu au monde \u00e9conomique\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0<sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-2\" href=\"#post-24212-footnote-2\">[1]<\/a><\/sup><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 11pt;\"><strong>Un article initialement publi\u00e9 dans <a href=\"https:\/\/www.skolo.org\/notre-revue\/\"><em>L&#8217;\u00c9cole d\u00e9mocratique<\/em><\/a>, n\u00b098, juin 2024 (pp. 8-12).<\/strong><\/span><\/p>\n<h3><strong>Excellence et racisme de l\u2019intelligence<\/strong><\/h3>\n<p>Le Pacte pour un Enseignement d\u2019excellence se targue de gouvernance, comme c\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 le cas en 2004, sous la Ministre Arena, avec le Contrat strat\u00e9gique pour l\u2019apprentissage (qui mutera en un Contrat pour l\u2019\u00e9cole) : \u00ab <em>Le Contrat pour l\u2019\u00e9cole est original \u00e0 au moins deux titres : d\u2019une part, il assume une vision globale de l\u2019enseignement obligatoire, en s\u2019appuyant sur des outils existant pour certains depuis de nombreuses ann\u00e9es, mais en les inscrivant pour la premi\u00e8re fois dans une strat\u00e9gie d\u2019ensemble ; d\u2019autre part, il s\u2019est voulu exemplatif d\u2019un nouveau mode de gestion publique o\u00f9 sont impliqu\u00e9s, d\u00e8s le d\u00e9part, puis au cours des \u00e9valuations post\u00e9rieures, les acteurs de terrain : f\u00e9d\u00e9rations d\u2019employeurs de l\u2019enseignement ou du secteur priv\u00e9, organisations repr\u00e9sentatives des travailleurs interprofessionnelles ou propres \u00e0 l\u2019enseignement, mais aussi associations de parents et d\u2019\u00e9tudiants, sans oublier celles et ceux qui se sont exprim\u00e9s \u00e0 titre individuel.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019au tournant des ann\u00e9es 2016 et 2017 le projet de Pacte pour un Enseignement d\u2019excellence fut soumis aux enseignants, via leurs organisations syndicales, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 difficile de ne pas entendre un \u00ab non \u00bb massif<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-3\" href=\"#post-24212-footnote-3\">[2]<\/a><\/sup><\/sup>, confirm\u00e9 par le succ\u00e8s fulgurant de la page Facebook \u00ab\u00a0Non au Pacte d\u2019excellence\u00a0\u00bb et de l\u2019asbl 1Pact<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-4\" href=\"#post-24212-footnote-4\">[3]<\/a><\/sup><\/sup>\u2026 Les ardents d\u00e9fenseurs de cette r\u00e9forme ne virent pourtant dans ce refus que la manifestation de fonctionnaires grincheux et\/ou craintifs, auto-centr\u00e9s et incapables d\u2019imaginer un changement qui pourrait compromettre leur petit confort.<\/p>\n<p>Les enseignants redoutent-ils l\u2019avenir ? Oui, sans doute. Peut-\u00eatre \u00e0 raison\u2026 Dans l\u2019Homme r\u00e9volt\u00e9, Camus ne posait-il pas cette question essentielle : \u00ab <em>Si la fin justifie les moyens, qui justifiera la fin ?<\/em> \u00bb. Probl\u00e8me tr\u00e8s actuel de nos d\u00e9mocraties. La gouvernance permet-elle de vraiment discuter de la fin<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-5\" href=\"#post-24212-footnote-5\">[4]<\/a><\/sup><\/sup>? Si les enseignants rechignent, n\u2019est-ce pas en partie parce qu\u2019\u00e0 l\u2019instar d\u2019autres citoyens, ils se sentent d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de la r\u00e9flexion de la fin, du ou des sens possibles de l\u2019enseignement\u00a0?<\/p>\n<p>Bref, croire ou faire croire qu\u2019une majorit\u00e9 d\u2019enseignants ont dit \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb au Pacte par simple frilosit\u00e9 est une forme de racisme de l\u2019intelligence. Une sorte de racisme de classe. \u00ab Les \u00bb enseignants n\u2019auraient rien compris; les gouvernants et leurs experts, eux, ma\u00eetriseraient les donn\u00e9es du probl\u00e8me. Pas si s\u00fbr.<\/p>\n<h3><strong>Le Travail Collaboratif\u00a0: sympt\u00f4me du n\u00e9o-management<\/strong><\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 le \u00ab non \u00bb du corps enseignant, le Pacte pour un Enseignement d\u2019excellence s\u2019est implant\u00e9, vaille que vaille, co\u00fbte que co\u00fbte. Le Pacte impose aux acteurs de l\u2019\u00e9cole de se fixer des objectifs de r\u00e9sultats. Travaillant en \u00ab cellule \u00bb, les enseignants fournissent une prestation hors des heures de cours, d\u00e9veloppent en groupe un projet (ex. cellule bulletin, bien-\u00eatre des \u00e9l\u00e8ves, lecture, rem\u00e9diation, etc.). A peine une cellule vient-elle \u00e0 bout d\u2019un \u00ab objectif \u00bb que ses membres sont renvoy\u00e9s vers de nouveaux projets, quittant une cellule pour une autre. Aux engagements attendus s\u2019ajoutent donc les r\u00e9unions pour ces contrats d\u2019objectifs<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-6\" href=\"#post-24212-footnote-6\">[5]<\/a><\/sup><\/sup>. Le travail collaboratif vient ainsi compl\u00e9ter la toile de l\u2019Excellence.<\/p>\n<p>Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der n\u2019est pas apparue <em>ex nihilo<\/em>. Le travail collaboratif est un n\u00e9ologisme emprunt\u00e9 au secteur priv\u00e9. D\u00e8s les ann\u00e9es 90, on r\u00e9organise l\u2019enseignement sur le mod\u00e8le du monde de l\u2019entreprise, avec l\u2019approche par comp\u00e9tences<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-7\" href=\"#post-24212-footnote-7\">[6]<\/a><\/sup><\/sup>. D\u00e9sormais, la notion d\u2019excellence a pris le relais<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-8\" href=\"#post-24212-footnote-8\">[7]<\/a><\/sup><\/sup>. C\u2019est \u00e0 la fin du si\u00e8cle dernier, avec le d\u00e9ploiement des techniques de communication et d\u2019information, que le travail collaboratif voit le jour. Cette r\u00e9volution ouvre de nouveaux horizons et promesses de travail en r\u00e9seau, donc d\u2019efficience et de productivit\u00e9.<\/p>\n<p>Henry Mintzberg ou Marie-France Blanquet, deux sp\u00e9cialistes des sciences du travail, ont montr\u00e9 que la sp\u00e9cificit\u00e9 du travail collaboratif par rapport au travail coop\u00e9ratif est que le premier demande un engament des collaborateurs dans la totalit\u00e9 du projet \u2013 alors que, dans le second, il y a une division du travail dans laquelle chacun ou chaque groupe est avant tout responsable de sa t\u00e2che :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0<em>L\u2019objet de la collaboration est de cr\u00e9er une vision partag\u00e9e et des strat\u00e9gies articul\u00e9es pour faire \u00e9merger des int\u00e9r\u00eats communs d\u00e9passant les limites de chaque projet particulier<\/em>\u00a0\u00bb<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-9\" href=\"#post-24212-footnote-9\">[8]<\/a><\/sup><\/sup>.<\/p>\n<p>A l\u2019origine, l\u2019id\u00e9al du travail collaboratif va de pair avec celui d\u2019adhocratie, terme qui appara\u00eet d\u00e8s les ann\u00e9es 60. Celui-ci d\u00e9signe un syst\u00e8me souple et non formel. Cette nouvelle mani\u00e8re d\u2019envisager le fonctionnement en entreprise cherche \u00e0 favoriser l\u2019intelligence collective, la cr\u00e9ativit\u00e9, l\u2019innovation. Plus int\u00e9ressant, \u00ab <em>la hi\u00e9rarchie n\u2019a pas de place dans ce syst\u00e8me d\u2019organisation puisque chacun des experts est plac\u00e9 sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9. C\u2019est leur union qui permet un r\u00e9sultat innovant et un fonctionnement moderne<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Outre toutes les connotations positives qu\u2019elle charrie avec elle, il s\u2019agit de se rappeler que l\u2019adhocratie est bien un outil qui cherche \u00e0 rendre l\u2019entreprise plus flexible, s\u2019adaptant \u00e0 la complexit\u00e9 des projets, des nouveaux objectifs et des march\u00e9s\u2026 Ainsi en va-t-il, au d\u00e9part, du travail collaboratif.<\/p>\n<p>A quelles conditions ce v\u0153u pieux est-il r\u00e9ellement applicable ? Sp\u00e9cialiste du travail collaboratif dans le monde de l\u2019entreprise, le sociologue Jean-Pierre Durand<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-10\" href=\"#post-24212-footnote-10\">[9]<\/a><\/sup><\/sup> offre un point de vue assez tranch\u00e9\u00a0: pour des activit\u00e9s gratuites (ex. encyclop\u00e9dies en ligne), dans des associations ou des entreprises auto-g\u00e9r\u00e9es, il peut \u00eatre une fa\u00e7on de proc\u00e9der r\u00e9aliste et effective. Mais d\u00e8s lors qu\u2019on d\u00e9passe ce cadre pour tomber dans des entreprises de taille plus importante, les tensions se font sentir. Parce que les objectifs sont \u00e9crits d\u2019avance par l\u2019employeur, le donneur d\u2019ordre, la \u00ab\u00a0t\u00eate de r\u00e9seau\u00a0\u00bb. Tout travail, y compris collaboratif, y est donc en situation de subordination. Le travail est d\u00e9fini et orient\u00e9 par le patron. La promesse d\u2019autonomie du travail collaboratif laisse place \u00e0 la pression et l\u2019esprit collectif est finalement soumis \u00e0 un programme et \u00e0 des horizons qui ne lui appartiennent pas.<\/p>\n<p>L\u2019intelligence collective est ainsi r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e pour obtenir une \u00ab\u00a0contrainte douce\u00a0\u00bb<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-11\" href=\"#post-24212-footnote-11\">[10]<\/a><\/sup><\/sup> et une servitude volontaire. La pression et l\u2019\u00e9valuation ne viennent plus seulement d\u2019en haut mais passent d\u00e9sormais par les collaborateurs. La collectivit\u00e9 sort de l\u2019intelligence partag\u00e9e pour servir de relais \u00e0 la hi\u00e9rarchie. Paradoxe s\u2019il en est, dans toute entreprise qui n\u2019est pas auto-g\u00e9r\u00e9e mais pr\u00e9tendrait favoriser le travail collaboratif, la solidarit\u00e9 se voit d\u00e9faite de l\u2019int\u00e9rieur par la mise en tension mutuelle des pairs. La \u00ab\u00a0collectivisation\u00a0\u00bb du pouvoir optimise la pression manag\u00e9riale par le contr\u00f4le social. Au vu de ce constat, il est l\u00e9gitime de se demander dans quelle mesure ces outils du management sont pertinents et r\u00e9volutionnaires pour notre syst\u00e8me scolaire en faillite.<\/p>\n<h3><strong>Au programme de la contre-productivit\u00e9<\/strong><\/h3>\n<p>Le travail collaboratif en cellule d\u2019objectif est pr\u00e9sent\u00e9 comme un moyen d\u2019unifier les enseignants. L\u2019exp\u00e9rience montre parfois le contraire. Pour ne citer que deux\u00a0exemples : une \u00ab\u00a0cellule horaire\u00a0\u00bb dont les membres sont incapables de se mettre d\u2019accord sur un nouveau type d\u2019organisation des cours suivant les tronc communs, au point de briser l\u2019entente mutuelle entre coll\u00e8gues. Et dans un autre cas, un projet de \u00bc heure lecture, maladroitement pr\u00e9sent\u00e9 \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire sans validation des heures concern\u00e9es par les repr\u00e9sentants des professeurs \u2013, finit par recevoir l\u2019opposition d\u2019une partie des coll\u00e8gues voyant qu\u2019on empi\u00e8te sur leurs heures de cours ou de pause. Ceux qui se sont alors investis dans le projet \u2013 qu\u2019on leur a impos\u00e9 \u2013 \u00e9prouvent l\u2019amer sentiment d\u2019une absence de reconnaissance par leurs pairs du travail fourni, alors que l\u00e0 n\u2019\u00e9tait pas le r\u00e9el probl\u00e8me. Bref, ce rem\u00e8de miracle qu\u2019on nous vend pour mettre un terme aux conflits entre coll\u00e8gues s\u2019av\u00e8re toxique pour un certain nombre d\u2019entre eux.<\/p>\n<p>A cela, s\u2019ajoute un constat\u00a0: la libert\u00e9 p\u00e9dagogique<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-12\" href=\"#post-24212-footnote-12\">[11]<\/a><\/sup><\/sup> se dilue et laisse place \u00e0 une uniformisation des cadences de travail et \u00e0 une obligation de r\u00e9sultats. L\u2019\u00e9cole demeure un lieu strictement hi\u00e9rarchis\u00e9. Les professeurs restent de simples ex\u00e9cutants et les r\u00e9unions en \u00ab\u00a0cellules d\u2019objectifs\u00a0\u00bb sont toujours t\u00e9l\u00e9guid\u00e9es par les finalit\u00e9s de t\u00eates de r\u00e9seau. Effet collat\u00e9ral : l\u2019implication accrue des plus motiv\u00e9s parmi les professeurs finit par \u00e9clipser les autres et exacerbe un ph\u00e9nom\u00e8ne de comparaison. Or, tout enseignant investi le sait, aux prescrits l\u00e9gaux viennent s\u2019ajouter toutes sortes de prestations fant\u00f4mes (non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es) pour faire tourner l\u2019\u00e9cole. Titulariats, programmation de voyages scolaires, suivi de travaux ou de stages, rem\u00e9diations, autant d\u2019activit\u00e9s b\u00e9n\u00e9voles qu\u2019assurent les enseignants.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, il y a des tire-au-flanc, comme partout, mais, n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 ceux qui aiment caricaturer l\u2019enseignant, on voit beaucoup de professeurs \u00e9cras\u00e9s par leur charge de travail, livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames dans les difficult\u00e9s concr\u00e8tes du terrain : classes surpeupl\u00e9es, infrastructures d\u00e9labr\u00e9es ou obsol\u00e8tes, programmes et ressources p\u00e9dagogiques d\u00e9connect\u00e9s des r\u00e9alit\u00e9s. On nous fait croire\u00a0alors que le travail collaboratif stimulerait la motivation du corps enseignant. Or l\u2019investissement forc\u00e9 des acteurs dans un cadre g\u00e9n\u00e9ral qui ne leur parle pas, dans des m\u00e9thodes en d\u00e9calage parfois complet avec les urgences et les besoins concrets du terrain g\u00e9n\u00e8re d\u00e9saffection cognitive, \u00e9motionnelle et physique.<\/p>\n<p>L\u2019esprit du management par projet et le pr\u00e9texte du collectif permettent des \u00e9conomies structurelles (de personnels, de m\u00e9diations, de formations ad\u00e9quates) \u2013 en contournant les questions qui f\u00e2chent (taille des classes, \u00e9coles ghettos, infrastructures inad\u00e9quates voire insalubres). L\u2019injonction nouvelle qui se dissimule derri\u00e8re le projet collectif joyeux\u00a0: faire plus avec moins.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019air du temps \u00bb oblige, il s\u2019agit d\u2019\u00ab optimiser \u00bb davantage l\u2019investissement des enseignants. Et pour ce faire : changer les cours, changer les intitul\u00e9s, changer les pratiques. Sans pour autant changer les infrastructures, la taille des classes, le nombre des \u00e9ducateurs, le calcul aussi obscur qu\u2019improbable des heures NTPP. Surtout, ne pas changer, hors l\u2019Ecole, les d\u00e9r\u00e8glements qui nourrissent les in\u00e9galit\u00e9s. Surtout, ne pas lutter de front contre la pr\u00e9carisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des \u00ab classes moyennes \u00bb, le d\u00e9classement implacable des plus pauvres et l\u2019ub\u00e9risation sociale.<\/p>\n<p>Et si le travail collaboratif, tout comme la notion de Pacte et m\u00eame d\u2019Excellence, n\u2019\u00e9taient au fond que des trompe-l\u2019oeil, des cache-mis\u00e8re<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-13\" href=\"#post-24212-footnote-13\">[12]<\/a><\/sup><\/sup> ? Il faut ne jamais avoir mis les pieds dans les \u00e9coles pr\u00e9caris\u00e9es, par exemple, pour penser que \u00ab les enseignants \u00bb ne savent ou ne veulent pas \u00ab s\u2019adapter \u00bb aux n\u00e9cessit\u00e9s, qu\u2019ils ne savent pas ou ne veulent pas faire \u00e9quipe, \u00ab \u00e9changer les bonnes pratiques \u00bb. En fait, ils le font m\u00eame souvent plus &#8211; beaucoup plus : ils pratiquent l\u2019empathie et les encouragements mutuels. Et ce, gratuitement. Sans \u00ab contrat \u00bb ni \u00e9valuation. L\u2019accompagnement individualis\u00e9 sans temps ni salaire suppl\u00e9mentaires. Non pas toujours par \u00ab amour du m\u00e9tier \u00bb mais au moins par fibre humaine. On appelle tout cela la solidarit\u00e9. La particularit\u00e9 de celle-ci est de n\u2019ob\u00e9ir \u00e0 aucun objectif de r\u00e9sultats ou de comptes \u00e0 rendre&#8230;<\/p>\n<p>Certes, il est des milieux scolaires &#8211; plus favoris\u00e9s &#8211; qui autorisent des \u00e9volutions \u00ab ma\u00eetris\u00e9es \u00bb, en douceur. Ce sont les \u00e9coles \u00e0 \u00ab indice socio-\u00e9conomique fort \u00bb, une minorit\u00e9. Les autres se d\u00e9battent avec leurs multiples d\u00e9ficits : financiers, mat\u00e9riels, humains. Alors parfois, certains enseignants se recroquevillent sur eux-m\u00eames, quand ils sont fatigu\u00e9s, quand ils ont trop donn\u00e9.<\/p>\n<h3><strong>La peur institutionnelle, envers et contre tout<\/strong><\/h3>\n<p>Le constat des charges suppl\u00e9mentaires que fait peser le Pacte sur les enseignants ne doit pas nous enfermer dans un mis\u00e9rabilisme niais. La pierre n\u2019est pas \u00e0 lancer exclusivement sur les instances dirigeantes. Rendus responsables des nombreux projets, les enseignants sont \u00e9galement responsables de leur inertie. Prompte \u00e0 se plaindre, une partie du corps p\u00e9dagogique est incapable de d\u00e9passer la protestation st\u00e9rile de la salle des profs. Certains se montrent frileux \u00e0 d\u00e9noncer publiquement les pressions que fait peser le Pacte d\u2019excellence, ou \u00e0 formuler des revendications l\u00e9gitimes (ex. la demande d\u2019un audit ou une action syndicale).<\/p>\n<p>Dans la lutte pour ses droits, l\u2019enseignant brille souvent par son absence. Pour ne pas s\u2019exposer, il lui arrive d\u2019adopter des attitudes d\u2019\u00e9vitement\u00a0: \u00e7a louvoie quand \u00e7a ne fait pas l\u2019autruche, tandis que ceux qui aboient ne mordent pas forc\u00e9ment la main qui les nourrit\u2026 Certains ont toutefois l\u2019honn\u00eatet\u00e9 d\u2019admettre leur peur de repr\u00e9sailles suite \u00e0 une action ou revendication publique. Nominations, attributions, horaires, demande de d\u00e9tachement\u00a0: les leviers de contraintes sont nombreux et connus m\u00eame des primo enseignants. C\u2019est toutefois un fait troublant et nouveau pour des enseignants cens\u00e9s transmettre aux jeunes l\u2019esprit critique et la libert\u00e9 d\u2019expression que de les voir se censurer. Que se passe-t-il quand les vecteurs de la citoyennet\u00e9 ne sont plus en mesure d\u2019appliquer \u00e0 eux-m\u00eames les valeurs qu\u2019ils ont pour r\u00f4le d\u2019incarner et de d\u00e9fendre\u00a0?<\/p>\n<p>Le Pacte d\u2019excellence n\u2019y est pas pour rien dans cette\u2026 d\u00e9faillance p\u00e9dagogique. En offrant aux instances dirigeantes un arsenal de contr\u00f4le (carnet d\u2019heures collaboratives prest\u00e9es, \u00e9valuation des objectifs atteints, \u00e9valuation des enseignants), il pr\u00e9carise le statut enseignant. Infantilis\u00e9s une fois encore, les voil\u00e0 r\u00e9duits au r\u00f4le de fonctionnaires embrigad\u00e9s. Et pour pr\u00e9server leur petit confort, nombreux sont ceux qui en oublient toute logique de solidarit\u00e9.<\/p>\n<p>Outre un individualisme qui contrecarre l\u2019authentique et pr\u00e9cieuse collaboration enseignante, cette abstention met en lumi\u00e8re une peur institutionnelle qui confirme la reproduction dans le milieu scolaire des m\u00e9canismes de pressions manag\u00e9riales au travers du travail collaboratif. Quand, par exemple, une coll\u00e8gue s\u2019interdit de rejoindre les signataires d\u2019une carte blanche sur le travail collaboratif par peur d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0\u00e9pingl\u00e9e\u00a0\u00bb par sa direction et les coll\u00e8gues de son groupe de projet, cela en dit long sur la tension qui peut exister. Le travail collaboratif aurait voulu d\u00e9tricoter tout esprit d\u2019unit\u00e9 coll\u00e9giale qu\u2019il ne s\u2019y serait pas mieux pris. L\u2019effet d\u00e9l\u00e9t\u00e8re de coercition au sein des cellules ou des branches se dit du bout des l\u00e8vres chez certains enseignants. La d\u00e9tresse est \u00e9touff\u00e9e\u2026<\/p>\n<p>Le plus inqui\u00e9tant reste la crainte de repr\u00e9sailles hi\u00e9rarchiques. Elle se manifeste le plus souvent par la peur de la perte d\u2019 \u00ab\u00a0avantages\u00a0\u00bb. Fantasmes ou r\u00e9alit\u00e9s, les intentions retorses que pr\u00eatent certains aux directions ont un effet dissuasif puissant sur une partie des personnels concern\u00e9s \u2013 au d\u00e9part souvent mal inform\u00e9s. L\u2019autocensure des professeurs les soumet enti\u00e8rement aux nouvelles exigences de travail. La d\u00e9pendance \u00e0 des avantages peut devenir un moyen de pression indicible, une peur instrumentale. Et, l\u00e0 o\u00f9 la confiance en ses pairs et ses sup\u00e9rieurs est remplac\u00e9e par une d\u00e9fiance, rien de bon ne peut \u00e9merger.<\/p>\n<h3><strong>Perte de sens<\/strong><\/h3>\n<p>Faut-il le rappeler, l\u2019une des plumes \u00e0 avoir r\u00e9dig\u00e9 le Pacte d\u2019Excellence n\u2019est autre que le fameux bureau de consultance McKinsey, qui a depuis lors fait beaucoup parler de lui. Walt Bogdanich et Michael Forsythe, dans leur ouvrage<em> Mc Kinsey. Pour le meilleur et pour le pire<\/em>, ont d\u00e9voil\u00e9 la face sombre de l\u2019entreprise \u00e0 qui, chez nous, fut confi\u00e9e l\u2019\u00e9criture des mots directeurs de l\u2019enseignement. N\u2019avons-nous pas laiss\u00e9 \u00e0 la finance cynique le soin de dicter les mots \u2013 ali\u00e9n\u00e9s et ali\u00e9nants \u2013 cens\u00e9s porter notre m\u00e9tier\u00a0? \u00ab\u00a0<em>Quand on perd le sens des mots<\/em>, \u00e9crit Roland Gori, <em>on perd le monde commun<\/em><sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-14\" href=\"#post-24212-footnote-14\">[13]<\/a><\/sup><\/sup>\u00a0\u00bb Perdre nos mots, ne plus les chercher, ne plus les trouver, c\u2019est perdre ce qui fait le c\u0153ur de l\u2019enseignement.<\/p>\n<p>Toujours selon Roland Gori, nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 de \u00ab\u00a0densification normative\u00a0\u00bb (La fabrique des imposteurs). Du corps \u00e0 l\u2019esprit, en passant par le mode de vie, la soci\u00e9t\u00e9 est norm\u00e9e et syst\u00e9matis\u00e9e sur le mod\u00e8le de l\u2019entreprise. L\u2019innovation et la cr\u00e9ativit\u00e9 aussi se voient r\u00e9glement\u00e9es par le priv\u00e9, comme si, par manque d\u2019imagination, ce contr\u00f4le permanent \u00e9tait le Catholicon ind\u00e9passable pour redonner \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9nergie qui lui manque, qui lui glisse des mains. L\u2019\u00e9cole n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 cet esprit du temps.<\/p>\n<p>Si ce qui caract\u00e9rise l\u2019enseignement doit \u00eatre le sens partag\u00e9 et le sens transmis, si l\u2019objectif est d\u2019\u00e9manciper la jeunesse et de l\u2019outiller afin que les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir ne soient pas des machines ou des robots mais des individus autonomes et \u00e9panouis, si l\u2019enseignement doit \u00eatre un des leviers d\u2019humanit\u00e9, un ferment de d\u00e9mocratie, notre r\u00e9flexion se veut alors une autorisation, pour ceux qui ont charge d\u2019\u00e2me, comme on dit, \u00e0 penser, \u00e0 faire preuve d\u2019esprit critique, et donc \u00e0 r\u00e9sister, chacun selon sa force, l\u00e0 o\u00f9 le vide des mots et le creux des bonnes pratiques conduisent en silence vers des impasses.<\/p>\n<p>La collaboration, l\u2019intelligence collective, la n\u00e9cessit\u00e9 de faire communaut\u00e9 autour d\u2019un sens partag\u00e9 ou de sortir de pratiques p\u00e9dagogiques \u00e9cul\u00e9es, le besoin de solidarit\u00e9, tout cela est vital pour notre m\u00e9tier. Mais la d\u00e9marche propos\u00e9e par le travail collaboratif ne cr\u00e9e qu\u2019un effet f\u00e9d\u00e9rateur artificiel, creux.<\/p>\n<p>Shakespeare \u00e9crivait : \u00ab\u00a0<em>Nous sommes faits de nos r\u00eaves<\/em>\u00a0\u00bb. Et si le travail collaboratif avec tout son arri\u00e8re-fond manag\u00e9rial r\u00e9v\u00e9lait tout simplement un manque de r\u00eave(s) et donc un manque de libert\u00e9 ? Et si, sous le couvert d\u2019une pseudo-confiance renouvel\u00e9e dans les acteurs de terrain, on ne tentait pas plut\u00f4t de contr\u00f4ler la d\u00e9fiance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leur investissement ? Et si, sous le couvert d\u2019une autonomie collective, on ne construisait pas, en fait, un domptage de l\u2019enseignement, une marche douce mais forc\u00e9e vers les nouvelles \u00e9conomies absconses<sup><sup><a id=\"post-24212-footnote-ref-15\" href=\"#post-24212-footnote-15\">[14]<\/a><\/sup><\/sup> ?<\/p>\n<p>Tous les acteurs de l\u2019\u00e9cole en sont bien conscients\u00a0: l\u2019implication de tous a permis de lier un contr\u00f4le renforc\u00e9 des enseignants avec des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle. Mais c\u2019est un jeu \u00e0 somme nulle. Car la motivation des d\u00e9buts s\u2019estompe et l\u2019accumulation de charges des enseignants souffle sur les braises du m\u00e9contentement.<\/p>\n<p><strong>Herv\u00e9 Narainsamy<\/strong><br \/>\n<strong>Roman Wittebroodt<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Notes<\/strong><\/span><\/p>\n<ol>\n<li id=\"post-24212-footnote-2\">Education for Europeans. Towards the Learning Society. Cit\u00e9 dans : LAVAL, C., <a href=\"https:\/\/www.skolo.org\/2010\/08\/02\/le-paradigme-europeen-de-la-connaissance-2\/\"><em>Le paradigme europ\u00e9en de la connaissance<\/em><\/a>\u00a0<a href=\"#post-24212-footnote-ref-2\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-3\">CGSP Enseignement : <a href=\"https:\/\/www.irwcgsp.be\/non-mais-au-pacte-pour-un-enseignement-dexcellence\/\"><em>&#8220;Non mais&#8230;&#8221; au Pacte pour un Enseignement d&#8217;Excellence<\/em><\/a> <a href=\"#post-24212-footnote-ref-3\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-4\"><a href=\"https:\/\/1pactasbl.weebly.com\/uploads\/4\/0\/5\/3\/405335\/excellente-consultation-rapport.pdf\">Enqu\u00eate janvier 2019<\/a>\u00a0<a href=\"#post-24212-footnote-ref-4\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-5\">Sur les grandeurs et mis\u00e8res du concept de \u00ab gouvernance \u00bb, lire le tr\u00e8s bon article de J. PITSEYS, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-interdisciplinaire-d-etudes-juridiques-2010-2-page-207.htm\"><em>Le concept de gouvernance<\/em><\/a>\u00a0<a href=\"#post-24212-footnote-ref-5\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-6\">\u00ab <em>Le mode d&#8217;euph\u00e9misation le plus r\u00e9pandu aujourd&#8217;hui est \u00e9videmment la scientifisation apparente du discours. Si le discours scientifique est invoqu\u00e9 pour justifier le racisme de l&#8217;intelligence, ce n&#8217;est pas seulement parce que la science repr\u00e9sente la forme dominante du discours l\u00e9gitime; c&#8217;est aussi et surtout parce qu&#8217;un pouvoir qui se croit fond\u00e9 sur la science, un pouvoir de type technocratique, demande naturellement \u00e0 la science de fonder le pouvoir; c&#8217;est parce que l&#8217;intelligence est ce qui l\u00e9gitime \u00e0 gouverner lorsque le gouvernement se pr\u00e9tend fond\u00e9 sur la science et sur la comp\u00e9tence \u00abscientifique\u00bb des gouvernants (&#8230;)<\/em> \u00bb. (P. BOURDIEU, dans <em>Questions de sociologie<\/em>)\u00a0<a href=\"#post-24212-footnote-ref-6\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-7\">Voir N. HIRTT, <a href=\"https:\/\/www.skolo.org\/2016\/11\/16\/approche-par-competences-leconomie-du-savoir\/\"><em>Approche par comp\u00e9tences : l\u2019\u00e9conomie du savoir <\/em><\/a><a href=\"#post-24212-footnote-ref-7\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-8\">N. AUBERT et V. DE GAUJELAC, <em>Le co\u00fbt de l\u2019excellence<\/em>, Paris, Seuil 1991, introduction, p. III. Nicole Aubert est professeure de Sciences humaines \u00e0 l\u2019Ecole sup\u00e9rieure de commerce de Paris. Vincent de Gaujelac est entre autres membre fondateur de l\u2019Institut International de Sociologie clinique. <a href=\"#post-24212-footnote-ref-8\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-9\">D. CHRISLIP, cit\u00e9 dans : C. GANGLOFF-ZIEGLER, <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-marche-et-organisations-2009-3-page-95.htm\">\u00ab\u00a0Les freins au travail collaboratif\u00a0\u00bb<\/a>,\u00a0<em>March\u00e9 et organisations<\/em>, 2009\/3 (N\u00b0 10), p. 95-112. DOI : 10.3917\/maorg.010.0095. <a href=\"#post-24212-footnote-ref-9\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-10\">J.-P. DURAND, \u00ab <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-marche-et-organisations-2009-3-page-15.htm\">Le travail collaboratif\u00a0: des illusions \u00e0 d&#8217;\u00e9ventuels possibles<\/a>\u00a0\u00bb,\u00a0<em>March\u00e9 et organisations<\/em>, 2009\/3 (N\u00b0 10), p. 15-28. DOI : 10.3917\/maorg.010.0015. <a href=\"#post-24212-footnote-ref-10\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-11\">L\u2019expression est de J.-P. Durand. <a href=\"#post-24212-footnote-ref-11\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-12\">Qui n\u2019est ni le droit de faire ce qu\u2019on veut ou seulement ce qui nous pla\u00eet, ni le rempart contre toute remise en question n\u00e9cessaire, ni le d\u00e9cret d\u2019un droit \u00e0 la d\u00e9solidarisation. Lire \u00e0 ce sujet : <a href=\"https:\/\/www.snes.edu\/article\/la-liberte-pedagogique-une-notion-en-debat\/\">SNES-FSU: <em>La libert\u00e9 p\u00e9dagogique, une notion en d\u00e9bat<\/em><\/a> <a href=\"#post-24212-footnote-ref-12\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-13\">J. LE MAZIER, \u00ab <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-vacarme-2012-4-page-159.htm\">\u00c0 bas l&#8217;excellence !<\/a>\u00a0\u00bb, <em>Vacarme<\/em>, 2012\/4 (N\u00b0 61), p. 159-170. DOI : 10.3917\/vaca.061.0159. <a href=\"#post-24212-footnote-ref-13\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-14\">R. GORI, p. 35 <a href=\"#post-24212-footnote-ref-14\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-24212-footnote-15\">N. HIRTT, <a href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/317013999_Eduquer_et_former_sous_la_dictature_du_marche_du_travail\"><em>Eduquer et former, sous la dictature du march\u00e9 du travail<\/em><\/a>, dans <a href=\"https:\/\/www.skolo.org\/EDDS\/ED\/ED55.pdf\"><em>L&#8217;Ecole d\u00e9mocratique, n\u00b055<\/em><\/a>, septembre 2013.<a href=\"#post-24212-footnote-ref-15\"> \u2191<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Herv\u00e9 Narainsamy et Roman Wittebroodt enseignent dans le secondaire. Le 15 mai dernier, ils publiaient dans La Libre une carte blanche cosign\u00e9e par un collectif du monde enseignant : \u00ab\u00a0Le travail collaboratif ou la n\u00e9gation du labeur enseignant \u00bb. Nous leur avons demand\u00e9 de contribuer \u00e0 notre dossier par leur t\u00e9moignage. 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