{"id":2386,"date":"2014-09-28T18:06:18","date_gmt":"2014-09-28T17:06:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=2386"},"modified":"2017-01-10T11:18:19","modified_gmt":"2017-01-10T10:18:19","slug":"licenciements-et-greves-dans-leducation-a-djibouti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2014\/09\/28\/licenciements-et-greves-dans-leducation-a-djibouti\/","title":{"rendered":"Licenciements et gr\u00e8ves dans l&#8217;\u00e9ducation \u00e0 Djibouti"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">En R\u00e9publique de Djibouti, la rentr\u00e9e scolaire 2014-2015 a mal commenc\u00e9 avec des institutrices\/instituteurs et des professeures\/professeurs en moins et la permanence des gr\u00e8ves du personnel de l\u2019\u00e9ducation. D\u2019apr\u00e8s le collectif Sauvons l\u2019\u00e9ducation nationale, cr\u00e9\u00e9 par une partie du personnel de l\u2019\u00e9ducation, les enseignantes\/enseignants n\u2019ont pas re\u00e7u leurs salaires du mois d\u2019ao\u00fbt alors que le minist\u00e8re de tutelle leur demande de se pr\u00e9senter sur leurs lieux de travail. Elles\/ils r\u00e9clament le paiement de leurs r\u00e9mun\u00e9rations, en se regroupant devant les banques, depuis quelques jours. En r\u00e9ponse, elles\/ils subissent la violence de la police. Les gr\u00e8ves du personnel de l\u2019\u00e9ducation et les mesures abusives adopt\u00e9es par le minist\u00e8re de l\u2019Education et de la Formation de la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire 2013-2014 ont un impact n\u00e9gatif sur les apprenantes\/apprenants.<\/p>\n<p>La crise du secteur de l\u2019\u00e9ducation est le reflet d\u2019une crise profonde de la situation politique et sociale du pays. Dans l\u2019histoire r\u00e9cente de la R\u00e9publique de Djibouti, la question de l\u2019enseignement public a \u00e9t\u00e9 victime des crises politiques comme en 1991 et en 2013, des luttes politique et syndicales, mais aussi de l\u2019inefficacit\u00e9 de la r\u00e9forme de 1999 et sa mauvaise gestion.<\/p>\n<p><strong>L\u2019enseignement (priv\u00e9 et public) dans les crises sociopolitiques de 1991<\/strong><\/p>\n<p>En analysant le syst\u00e8me \u00e9ducatif djiboutien depuis les 20 derni\u00e8res ann\u00e9es, on se rend compte que le secteur de l\u2019\u00e9ducation est devenu une vache \u00e0 lait pour les gouvernements en termes financiers. Les r\u00e9ductions des d\u00e9penses publiques touchent particuli\u00e8rement ce secteur d\u2019abord en licenciant les int\u00e9rimaires ou conventionn\u00e9s ensuite en radiant les enseignantes\/enseignants fonctionnaires, qui ont un poste fixe et donc un droit reconnu par le statut de la fonction publique. Or face \u00e0 une mauvaise gestion tant sur le plan des ressources humaines que sur le plan p\u00e9dagogique, les actrices et acteurs de ce secteur s\u2019organisent. Et il est de leur devoir de r\u00e9agir. Le gouvernement, qui doit \u00eatre pr\u00e9occup\u00e9 par l\u2019\u00e9ducation de la population, a r\u00e9agi plut\u00f4t par la violence non contre le personnel enseignant, mais aussi contre les jeunes g\u00e9n\u00e9rations et la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, parce que le destinataire final de enseignements th\u00e9oriques et pratiques dispens\u00e9s par le personnel enseignant, quel que soit le niveau d\u2019\u00e9tudes, c\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 djiboutienne.<\/p>\n<p>Le champ d\u2019intervention du syst\u00e8me \u00e9ducatif n\u2019est pas hors des champs des syst\u00e8mes \u00e9conomique, politique et social du pays dans lequel il a un impact en mati\u00e8re d\u2019enseignement et de formation professionnelle, il y a une interd\u00e9pendance entre les sous-syst\u00e8mes. Or comme tout sous-syst\u00e8me, il a aussi son autonomie, certes limit\u00e9e. Il n\u2019\u00e9chappe pas aux cons\u00e9quences d\u2019une crise du syst\u00e8me sociopolitique[[ Un probl\u00e8me aussi important comme celui qui touche le syst\u00e8me de l\u2019enseignement ne survient pas du jour au lendemain. Il est intimement li\u00e9 \u00e0 un contexte g\u00e9n\u00e9ral et par l\u2019intervention d\u2019institutions et d\u2019organisations internationale. C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 au Premier ministre du Niger Hama Amadou, qui a \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9 par les pyromanes du FMI (expression de Jean Ziegler) qui voulait consacrer ce que le pays a gagn\u00e9 en vendant la licence de t\u00e9l\u00e9phonie mobile \u00e0 des op\u00e9rateurs priv\u00e9s. Selon Jean Ziegler, la priorit\u00e9 doit \u00eatre donn\u00e9e au paiement de la dette du Niger envers les institutions internationales. Jean Ziegler, <em>Les nouveaux ma\u00eetres du monde. Et ceux qui leur r\u00e9sistent<\/em>, Paris, Edition Fayard, 2002. Voir chapitre IV \u00abLes populations non rentables.\u00bb, et les enseignements et formations qu\u2019elles re\u00e7oivent ne sont pas rentables, donc ne peuvent avoir des financements.<\/p>\n<p>]], qui r\u00e9git les relations entre les diff\u00e9rents groupes qui composent la soci\u00e9t\u00e9. En analysant les soci\u00e9t\u00e9s africaines, on oublie qu\u2019elles sont de plus en plus complexes[[ Comme d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s \u00e9tatiques, les soci\u00e9t\u00e9s africaines sont aussi le lieu d\u2019affrontements de groupes qui d\u00e9fendent des int\u00e9r\u00eats particuliers, lesquels sont connect\u00e9s \u00e0 l\u2019international. La politique des dirigeantes\/dirigeants du continent suit le discours international, que \u00e7a soit des institutions financi\u00e8res internationales comme des organismes nationaux de coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, lesquels imposent des mesures draconiennes socialement.<\/p>\n<p>]].<\/p>\n<p>Pour comprendre l\u2019impact de la crise \u00e9conomique et sociopolitique sur le syst\u00e8me \u00e9ducatif, il faut revenir sur l\u2019histoire politique et sociale r\u00e9cente de ce pays de la Corne de l\u2019Afrique. Pour m\u00e9moire, faut-il rappeler l\u2019impact de la guerre civile vers la fin de l\u2019ann\u00e9e 1991. Elle a servi un alibi pour le discours en mati\u00e8re de d\u00e9gradation de l\u2019enseignement public. Mais quelle cons\u00e9quence a-t-elle eu r\u00e9ellement sur l\u2019enseignement[[ Par enseignement, je fais allusion, ici, \u00e0 un ensemble d\u2019acteurs institutionnels (Etat, gouvernement, partis politiques), de personnel (tant administratif comme enseignant), associatifs (repr\u00e9sentations syndicales, des parents) et acteurs internationaux (organismes de coop\u00e9ration nationale et multilat\u00e9rale).<\/p>\n<p>]] au sens plus large? D\u2019abord, et c\u2019est \u00e9vident, dans les zones de guerre, les \u00e9coles ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es\u00a0; les familles ont fui les villes et les villages. Les \u00e9coli\u00e8res\/ers passent une ann\u00e9e blanche, au moins celles et ceux dont leurs familles n\u2019ont pas pu \u00e9migrer vers d\u2019autres villes du pays. Ensuite, le secteur est devenu une d\u00e9pense publique importante[[ En fait, aucune statistique s\u00e9rieuse n\u2019est publi\u00e9e sur le budget et les d\u00e9penses du minist\u00e8re de l\u2019\u00e9ducation, minist\u00e8re qui cumulait les comp\u00e9tences en mati\u00e8re de culture et de sport. Il ne faut pas oublier l\u2019apport de la coop\u00e9ration, surtout fran\u00e7aise, \u00e0 ce minist\u00e8re, non seulement par le personnel enseignant expatri\u00e9, mais aussi l\u2019octroi de bourses pour les \u00e9tudiantes-s de ce pays.<\/p>\n<p>]], parce qu\u2019il est consid\u00e9r\u00e9 improductif, donc il fallait r\u00e9duire celles-ci. Comment\u00a0?<\/p>\n<p>La solution \u00e9tait facile et \u00e0 port\u00e9e des responsables gouvernementaux\u00a0: la r\u00e9duction des salaires des fonctionnaires, parmi lesquels les ma\u00eetresses, ma\u00eetres, professeures, professeurs, la suppression de postes par exemple les enseignantes\/s conventionn\u00e9es\/s&#8230; Le personnel enseignant doit contribuer \u00e0 l\u2019effort de guerre par la r\u00e9duction de salaires et la suppression des avantages sociaux comme la prime au logement. Le gouvernement du pr\u00e9sident Hassan Gouled invente un imp\u00f4t aussi injuste et improductif\u00a0: l\u2019imp\u00f4t de solidarit\u00e9. Mais quelle solidarit\u00e9[[ Il n\u2019y a pas de solidarit\u00e9 quand le produit d\u2019un imp\u00f4t est destin\u00e9 \u00e0 financer une guerre civile, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la destruction d\u2019une soci\u00e9t\u00e9\u00a0; ce sont des compatriotes qui s\u2019entretuent.<\/p>\n<p>]]\u00a0? Son introduction a eu comme cons\u00e9quence la r\u00e9duction drastique du niveau de vie du personnel enseignant, lequel s\u2019est aggrav\u00e9 avec l\u2019accord du Programme d\u2019Ajustement Structurel (PAS) du FMI en avril 1996.<\/p>\n<p>De 1991 \u00e0 l\u2019an 2000, date du dernier accord de paix entre le gouvernement et le Front pour la Restauration et l\u2019Unit\u00e9 et la D\u00e9mocratie \u2013 arm\u00e9e, la construction des \u00e9coles a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e, et celles-ci, qui existaient, se trouvaient en situation lamentable sur le plan d\u2019hygi\u00e8ne, de mat\u00e9riels p\u00e9dagogiques et un personnel r\u00e9duit et pers\u00e9cut\u00e9. Le secteur de l\u2019\u00e9ducation a beaucoup souffert de cette guerre et de ses multiples cons\u00e9quences\u00a0: exil de beaucoup d\u2019enseignantes\/enseignants en Europe (en Belgique, en France\u2026) et dans le monde, baisse du niveau des \u00e9l\u00e8ves&#8230; Face \u00e0 un manque de professeures\/professeurs form\u00e9s et ayant une exp\u00e9rience, le gouvernement a embauch\u00e9 des personnes sans formation pour combler le vide laiss\u00e9, mais qui savaient lire et \u00e9crire, ce qui a eu un impact n\u00e9gatif sur la qualit\u00e9 des enseignements dispens\u00e9s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un constat n\u00e9gatif sur l\u2019efficacit\u00e9 du syst\u00e8me h\u00e9rit\u00e9 par la colonisation, le premier gouvernement du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, \u00e9lu en 1999, organise des Etats G\u00e9n\u00e9raux de l\u2019Education en d\u00e9cembre 1999. Des bonnes propositions ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es, et surtout l\u2019instauration d\u2019une scolarisation obligatoire jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 16 ans. Et par magie apr\u00e8s la premi\u00e8re rentr\u00e9e post Etats G\u00e9n\u00e9raux, le taux brut de scolarisation au niveau g\u00e9n\u00e9ral comme celui des filles a fait un bon \u00e9norme 73% en , donc les enfants de ce pays en \u00e2ge scolaire ont pu entrer dans le nouveau syst\u00e8me \u00e9ducatif ou ce que les discours politiques ont appel\u00e9 \u00abl\u2019\u00e9cole djiboutienne[[ Les discours du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et du ministre de l\u2019Education nationale de l\u2019\u00e9poque ont donn\u00e9 une dimension nationaliste \u00e0 la r\u00e9forme de 1999. Or dans cette \u00e9cole djiboutienne, les langues nationales et la culture des peuples de la R\u00e9publique de Djibouti et l\u2019histoire du continent africain sont absentes dans les programmes de tous les cycles d\u2019enseignements.<\/p>\n<p>]].\u00bb<\/p>\n<p>Mais les intentions et les bonnes paroles des uns et des autres ne durent que peu de temps\u00a0; le temps d\u2019abaisser les esprits et surtout l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019aide accord\u00e9e. C\u2019est aussi le temps de la r\u00e9cup\u00e9ration politique par le pouvoir en place\u00a0; qui ne perd pas la capacit\u00e9 de r\u00e9pression en changement unilat\u00e9ralement d\u00e9cid\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Entre inefficacit\u00e9 d\u2019une r\u00e9forme et r\u00e9pression du pouvoir <\/strong><\/p>\n<p>Celles et ceux, qui vont et voient au-del\u00e0 de l\u2019horizon dans lequel enferme un pouvoir r\u00e9pressif, se rendent que dans beaucoup de pays du monde, le secteur de l\u2019\u00e9ducation est soumis \u00e0 mouvements sociaux. Plus que d\u2019autres secteurs de la soci\u00e9t\u00e9, il est revendicatif, c\u2019est un lieu de hautes confrontations intellectuelles et sociales entre diff\u00e9rents groupes (le gouvernement, le personnel enseignant, les syndicats, les parents\u2026). Les gouvernements r\u00e9pondent de mani\u00e8res diff\u00e9rentes\u00a0: ouverture d\u2019un dialogue, de n\u00e9gociations ouverte \u00e0 plusieurs actrices\/eurs de la soci\u00e9t\u00e9 \u2013 parce que c\u2019est un sujet important pour le futur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, recours \u00e0 la r\u00e9pression&#8230;<\/p>\n<p>Le gouvernement djiboutien a choisi plut\u00f4t la r\u00e9pression contre les demandes sociales des actrices\/eurs de l\u2019\u00e9ducation, qui rappelle la situation de 1996 et 1997\u00a0: retard et suspension des salaires (depuis octobre 2013), la r\u00e9pression des manifestations d\u2019enseignantes\/enseignants. Comment peut-on expliquer un tel retard pour un pays dont le budget national a consid\u00e9rablement augment\u00e9 avec la rente des trois bases militaires[[ A la base militaire fran\u00e7aise, qui existe depuis 1977, sont ouvertes une base militaire \u00e9tasunienne en 2002 et une japonaise en 2011. Par leur pr\u00e9sence, le pays re\u00e7oit des contributions financi\u00e8res vers\u00e9es par la France, les Etats-Unis et le Japon, \u00e9valu\u00e9es \u00e0 peu \u00e0 30 millions d\u2019\u20ac.<\/p>\n<p>]]\u00a0? Cette nouvelle situation est-elle li\u00e9e \u00e0 la crise politique que traverse le pays depuis f\u00e9vrier 2013\u00a0?<\/p>\n<p>Il para\u00eet fort bien\u00a0; en tout on peut l\u2019analyser comme une strat\u00e9gie bien r\u00f4d\u00e9e de la part du gouvernement de tenter une provocation envers certains leaders ou porte-parole du personnel enseignant. Et de la provocation, il passe \u00e0 la suspicion de l\u2019appui de ces derniers aux demandes de l\u2019opposition politique. Au moment le plus fort de la crise post\u00e9lectorale, parmi tant de manifestantes\/manifestants, une professeure candidate sur la liste la coalition de l\u2019opposition a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e et emprisonn\u00e9e. Mais le plus dramatique de cette folie r\u00e9pressive professeur, c\u2019est la situation du professeur, Mohamoud Elmi Rayaleh. Il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9\u00a0; il est mort en d\u00e9tention le 29 ao\u00fbt 2013 dans des circonstances atroce et floues. Le pire des actes commis par cette violence inou\u00efe est son enterrement par les autorit\u00e9s gouvernementales \u00e0 la va vite sans anesth\u00e9sie ni la pr\u00e9sence de sa famille. Or comme toute\/tout citoyenne\/citoyen, une\/un professeure\/eur a le droit d\u2019exprimer son opinion politique, de soutenir le parti qui r\u00e9pond \u00e0 ses attentes, de revendiquer leurs droits et de cr\u00e9er des associations et des mouvements revendicatifs, ce sont des principes reconnus par la constitution[[ Comme disait un africaniste, la constitution est devenue une \u201cfeuille de vigne\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle est constamment viol\u00e9e par celles-l\u00e0 et ceux-l\u00e0 m\u00eame qui doivent accomplir les principes fondamentaux, qui r\u00e9gissent les relations entre les administr\u00e9es\/\u00e9s et les administratrices\/eurs.<\/p>\n<p>]] du 15 septembre 1992. Revendiquer est un d\u00e9lit qui conduit \u00e0 l\u2019arrestation l\u2019humiliation, \u00e0 l\u2019arbitraire, \u00e0 l\u2019emprisonnement, \u00e0 la mort.<\/p>\n<p>Mais la mesure la plus dramatique est la d\u00e9cision du ministre de l\u2019\u00e9ducation de radier plus d\u2019une soixantaine d\u2019elles\/eux en dehors de tout reproche et de proc\u00e9dure administrative. C\u2019est ni plus ni moins l\u2019expression d\u2019un abus de pouvoir. C\u2019est une mesure qui a touch\u00e9 des professeures\/eurs ayant une exp\u00e9rience de plus de 17 ans, 20 ans\u2026 C\u2019est une grande perte pour le syst\u00e8me \u00e9ducatif alors qu\u2019en 1999, le discours du pr\u00e9sident et de son ministre de l\u2019\u00e9poque avaient mis l\u2019accent sur la valorisation des ressources humaines et de porter \u00e0 plus de 20% le budget consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation. Quelle qualit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9ducatif peut-on parler quand celles et ceux qui, ont l\u2019exp\u00e9rience, qui ont l\u2019amour au service public, qui transmettent des savoirs aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations, sont mal trait\u00e9es\/\u00e9s\u00a0? Au lieu et place d\u2019une certaine consid\u00e9ration, elles\/ils subissent une r\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re sur le plan humain, mais aussi physique.<\/p>\n<p>La politique du gouvernement et les agissements du ministre de l\u2019\u00e9ducation constituent un crime contre les g\u00e9n\u00e9rations actuelles et futures. Ce sont la g\u00e9n\u00e9ration actuelle et celle du futur, qui souffrent des cons\u00e9quences de la politique inefficace\u00a0; on joue sur leur futur. Une r\u00e9forme, th\u00e9oriquement c\u2019est pour construire quelque chose de positif pour tout le monde. Et on ne peut tirer \u00e0 court termes des r\u00e9sultats probants. Or ce qui se passe 13 ans apr\u00e8s cette grand-messe, c\u2019est plut\u00f4t la destruction d\u2019un des secteurs porteurs pour la soci\u00e9t\u00e9\u00a0: la sortie de l\u2019analphab\u00e9tisme et la formation des citoyennes\/citoyens responsables, qui participent au d\u00e9veloppement social et \u00e9conomique de leur pays.<\/p>\n<p>Dans le discours de la classe politique et celui des organisations internationales, on insiste beaucoup sur l\u2019importance et la place de l\u2019\u00e9ducation pour le futur des soci\u00e9t\u00e9s humaines. Au-del\u00e0 d\u2019un tel discours, les responsables \u00e9conomiques, politiques et sociaux mettent l\u2019accent sur ce que repr\u00e9sentent l\u2019enseignement et la formation, dispens\u00e9s aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations\u00a0: acc\u00e9der aux savoirs pour participer au d\u00e9veloppement de leurs soci\u00e9t\u00e9s. Malgr\u00e9 un tel discours, le FMI et la Banque Mondiale mettent des b\u00e2tons dans les roues des gouvernements de certains pays du Sud. Combien de fois avons-nous lu la position des hauts responsables du FMI s\u2019opposant \u00e0 la construction des \u00e9coles dans un pays d\u2019Afrique ou d\u2019Am\u00e9rique latine en mettant en avant la suppos\u00e9e dette de ces pays\u00a0? Pour cet organisme de la dictature financi\u00e8re occidentale et asiatique depuis quelques temps (par le poids \u00e9conomique dans le monde du Japon et de la Chine), le remboursement de la dette injuste et ill\u00e9gale constitue une priorit\u00e9. Un discours n\u2019est qu\u2019un ensemble de mots, tenu un moment donn\u00e9, devant les t\u00e9l\u00e9visions, \u00e9mis par les radios et publi\u00e9s dans les journaux et les sites web, or ce qu\u2019il faut juger et observer c\u2019est la concr\u00e9tisation de son contenu, donc des actions men\u00e9es par l\u2019administration et les autres acteurs. Or en observant la situation sociopolitique de certains pays, on constate clairement la tromperie d\u2019un tel discours comme le cas de la R\u00e9publique de Djibouti.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En R\u00e9publique de Djibouti, la rentr\u00e9e scolaire 2014-2015 a mal commenc\u00e9 avec des institutrices\/instituteurs et des professeures\/professeurs en moins et la permanence des gr\u00e8ves du personnel de l\u2019\u00e9ducation. D\u2019apr\u00e8s le collectif Sauvons l\u2019\u00e9ducation nationale, cr\u00e9\u00e9 par une partie du personnel de l\u2019\u00e9ducation, les enseignantes\/enseignants n\u2019ont pas re\u00e7u leurs salaires du mois d\u2019ao\u00fbt alors que le minist\u00e8re de tutelle leur demande de se pr\u00e9senter sur leurs lieux de travail. Elles\/ils r\u00e9clament le paiement de leurs r\u00e9mun\u00e9rations, en se regroupant devant les banques, depuis quelques jours. En r\u00e9ponse, elles\/ils subissent la violence de la police. Les gr\u00e8ves du personnel de l\u2019\u00e9ducation et les mesures abusives adopt\u00e9es par le minist\u00e8re de l\u2019Education et de la Formation de la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire 2013-2014 ont un impact n\u00e9gatif sur les apprenantes\/apprenants. <\/p>\n","protected":false},"author":6508,"featured_media":2385,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-2386","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2386","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6508"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2386"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2386\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2385"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2386"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2386"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2386"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}