{"id":2288,"date":"2014-01-04T20:44:24","date_gmt":"2014-01-04T19:44:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=2288"},"modified":"2020-11-04T19:54:36","modified_gmt":"2020-11-04T18:54:36","slug":"les-tic-a-lecole-un-bien-un-mal-ou-cest-plus-complique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2014\/01\/04\/les-tic-a-lecole-un-bien-un-mal-ou-cest-plus-complique\/","title":{"rendered":"Les TIC \u00e0 l\u2019\u00e9cole : un bien, un mal ou c\u2019est plus compliqu\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Spontan\u00e9ment, je dirai que c\u2019est ind\u00e9niablement plus compliqu\u00e9, que ce soit en ce qui concerne l\u2019\u00e9cole ou encore la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re. Ainsi, lorsque nous parlons du r\u00f4le des technologies pour r\u00e9duire le foss\u00e9 entre les individus, nous pourrions tout aussi bien argumenter que ce dernier ne fera que s&#8217;\u00e9largir entre ceux qui sont connect\u00e9s \u00e0 Internet et les autres. D&#8217;autre part, si r\u00e9duire le foss\u00e9 revient \u00e0 niveler les diff\u00e9rences qui constituent la richesse de nos cultures, c&#8217;est \u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9sert culturel que nous entra\u00eenent ces \u00abmerveilleuses\u00bb technologies. Ainsi, comme toute cr\u00e9ation humaine, les technologies sont ambigu\u00ebs, elles constituent \u00e0 la fois un \u00ab bien \u00bb et un \u00ab mal \u00bb, cette \u00ab option \u00bb d\u00e9pendant des usages que nous ferons des artefacts que nous avons nous-m\u00eames cr\u00e9\u00e9s.<\/p>\n<p>La chose n&#8217;est pas nouvelle. D\u00e9j\u00e0 Socrate racontait la fable, rapport\u00e9e par Platon dans Ph\u00e8dre, que nous r\u00e9sumons ici : <em>Le dieu Thot, inventeur de l&#8217;\u00e9criture, vint \u00e0 amener ce merveilleux pr\u00e9sent \u00e0 Pharaon; avec elle, lui dit-il, jamais plus les Hommes ne perdront la m\u00e9moire et leur sagesse deviendra grande. Que me racontes-tu l\u00e0 lui dit Pharaon. Si tout est \u00e9crit, les hommes ne feront plus l&#8217;effort de se souvenir et leur m\u00e9moire se dess\u00e9chera. Quant \u00e0 la sagesse, crois-tu qu&#8217;il suffise de se fier aux exp\u00e9riences des autres pour l&#8217;acqu\u00e9rir ? La sagesse d&#8217;un Homme n&#8217;est-elle pas celle qu&#8217;il s&#8217;est lui-m\u00eame construit d&#8217;exp\u00e9riences en exp\u00e9riences personnelles ?<\/em><\/p>\n<h2>A titre de contextualisation, les MOOC : 2 mill\u00e9naires plus tard<\/h2>\n<p>Il y en eut des discours sur les technologies dans l\u2019\u00e9ducation. Chaque fois, que l\u2019on pense au \u00ab bon vieil EAO \u00bb (Enseignement Assist\u00e9 par Ordinateur) dans les ann\u00e9es 80, au c\u00e9d\u00e9rom interactif des ann\u00e9es 90, au Web ou plus tard au Web 2.0 des ann\u00e9es 2000, des discours enthousiasmants, prudents ou encore hostiles virent le jour. Ballot\u00e9s entre ces extr\u00eames, des pionniers ont de tout temps, tent\u00e9 de chercher et d\u2019exp\u00e9rimenter des \u00ab tierces places \u00bb fertiles en valeurs ajout\u00e9es de ces TIC (Technologies de l\u2019Information et de la Communication). Ils ont \u00e9t\u00e9 les explorateurs du monde de la technop\u00e9dagogie mais, leurs innovations sont trop souvent rest\u00e9es des enclaves.<\/p>\n<p>Depuis environ 2008, un nouvel avatar de ces TIC dans l\u2019environnement \u00e9ducatif a vu le jour : les MOOC. Est-il besoin de rappeler ce que sont ces Massive Open Online Courses ? Vous avez suivi des cours en amphi ? Vous avez r\u00e9alis\u00e9 des exercices en salle de TP ? Vous avez \u00e9chang\u00e9 sur une th\u00e9matique lors d&#8217;un s\u00e9minaire ? Et bien voil\u00e0, ce c\u0153ur de m\u00e9tier des universit\u00e9s et hautes \u00e9coles est l\u00e0 sur la toile, accessible, gratuit, ouvert \u00e0 des milliers d&#8217;\u00e9tudiants de par le monde. Accessible via Internet (oui, \u00e9videmment il faut \u00eatre connect\u00e9), gratuit (on ne paie pas pour y entrer mais la certification c&#8217;est ou ce sera autre chose), ouvert, (pas de pr\u00e9requis enfin on dit \u00e7a).<br \/>\nAvant de continuer notre analyse, il est bon de comprendre qu&#8217;il y a MOOC et MOOC ! L&#8217;enseignement lui-m\u00eame a toujours \u00e9t\u00e9 balanc\u00e9 entre des tendances relativement caricaturales que je qualifierais de &#8220;transmissives&#8221; (transmettre le savoir d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, certains diront le savoir cristallis\u00e9) et d&#8217;autres un peu plus id\u00e9alistes davantage orient\u00e9es vers la construction par l&#8217;apprenant lui-m\u00eame de ses connaissances et comp\u00e9tences (ce qui est malgr\u00e9 tout une \u00e9vidence, on ne peut apprendre \u00e0 la place de quelqu&#8217;un d&#8217;autre). On passe ainsi, dans un \u00e9ternel balancement, du &#8220;Sage on the stage&#8221; au &#8220;Guide on the side&#8221;. Pour ma part, j&#8217;y ai toujours vu une belle compl\u00e9mentarit\u00e9, une position somme toute difficile \u00e0 tenir, chacun demandant \u00e0 l&#8217;expert de se prononcer.<br \/>\nLes MOOC n&#8217;\u00e9chappent pas \u00e0 cette cat\u00e9gorisation rudimentaire. Ils sont n\u00e9s dans le courant connectiviste de Georges Siemens privil\u00e9giant le caract\u00e8re contextuellement, socialement et historiquement construit des savoirs. En cons\u00e9quence, ces MOOC s&#8217;inscrivent initialement dans le courant davantage constructiviste et socio-constructiviste de l&#8217;apprentissage et pr\u00f4nent l&#8217;\u00e9dification d&#8217;une intelligence collective (communaut\u00e9 d\u2019apprentissage et de pratiques) soutenue \u00e0 large \u00e9chelle par le num\u00e9rique. Mais, l&#8217;appellation &#8220;MOOC&#8221; a \u00e9t\u00e9 reprise (usurp\u00e9e ?) un peu plus tard par des syst\u00e8mes fortement automatis\u00e9s dans un courant davantage transmissif voire behavioriste (des cours film\u00e9s, des exercices en ligne \u2026). Les premiers historiquement, connectivistes sont appel\u00e9s cMOOC, les seconds plut\u00f4t transmissifs, xMOOC. Ces derniers sont port\u00e9s actuellement par des consortiums prestigieuses principalement nord-am\u00e9ricaines : edX, Coursera, Udacity. En Europe, des universit\u00e9s s\u2019affilient \u00e0 ces consortiums. Par exemple, l\u2019UCL (Universit\u00e9 catholique de Louvain) a rejoint edX \u2026 leurs premiers xMOOC seront disponibles en fin janvier 2014.<\/p>\n<p>Comme pour l&#8217;enseignement ou la formation en g\u00e9n\u00e9ral, nous imaginons dans l\u2019avenir une hybridation f\u00e9conde de ces extr\u00eames. Si chacun(e) de nous va devoir &#8220;apprendre toute la vie durant&#8221;, il sera n\u00e9cessaire que nous (les m\u00eames) enseignions toute la vie durant. L&#8217;enseignement n&#8217;est plus seulement une &#8220;affaire de profs&#8221;, il nous concerne chacun et chacune. Et c&#8217;est l\u00e0, que peuvent revenir en force des m\u00e9thodes comme l&#8217;apprentissage par probl\u00e8mes, l&#8217;apprentissage par projet, l&#8217;apprentissage par investigation (d&#8217;o\u00f9 l&#8217;appellation iMOOC de Jean-Marie Gilliot) ou encore par t\u00e2ches (les tMOOC de Lisa Lane) \u2026 et aussi des espaces d&#8217;apprentissage et d\u2019\u00e9changes de pratiques ancr\u00e9s dans les contextes, les communaut\u00e9s, les r\u00e9gions (comme les LearningLabs et les ateliers de co-design \u2026). Entre \u00e9mancipation gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019outil technologique qu\u2019il conviendra d\u2019utiliser et de socialiser correctement et prol\u00e9tarisation des enseignants par la machine num\u00e9rique, avons-nous vraiment le choix ?<\/p>\n<p>Pour notre part, nous avons lanc\u00e9, en partenariat entre l\u2019UCL avec l\u2019Universit\u00e9 Claude Bernard de Lyon I, en octobre 2013 un x-c-MOOC, eLearn2 \u00ab Se former en ligne pour former en ligne \u00bb. Une trentaine d\u2019apprenants sont accompagn\u00e9s (un tutorat est organis\u00e9 sur la base de leur projet individuel) et b\u00e9n\u00e9ficient de ressources (parcours p\u00e9dagogiques faits de documents, d\u2019exercices, de t\u00e2ches \u2026) qui sont partag\u00e9es avec une communaut\u00e9 plus vastes (700 participants) dont l\u2019accompagnement est effectu\u00e9 \u2026 par la communaut\u00e9 elle-m\u00eame. La communaut\u00e9 large b\u00e9n\u00e9ficie des ressources de la formation tutor\u00e9e (ce serait donc un xMOOC) et procure diff\u00e9rentes formes d\u2019accompagnement dont b\u00e9n\u00e9ficient aussi les participants tutor\u00e9s (comme dans un cMOOC). Une pr\u00e9figuration de l\u2019\u00e9cole avec des \u00e9l\u00e8ves encadr\u00e9s plong\u00e9e dans des r\u00e9seaux plus vastes ?<\/p>\n<h2>Une boussole pour s\u2019orienter et survivre dans l\u2019oc\u00e9an num\u00e9rique<\/h2>\n<p>Dans ces champs de tension, il devient n\u00e9cessaire selon nous de retourner aux fondamentaux. Un de ceux-ci concerne l\u2019\u00e9laboration par le formateur (nous ?) de dispositifs p\u00e9dagogiques dans lequel l\u2019apprenant (nous ?) pourra apprendre. John Biggs pr\u00e9conise ainsi l\u2019alignement constructif.<br \/>\nL&#8217;alignement Constructif (on entend parfois Constructiviste) consiste en l&#8217;alignement des objectifs d&#8217;apprentissage d\u00e9clar\u00e9s (intended Learning outcomes), des m\u00e9thodes p\u00e9dagogiques mises en place et de l&#8217;\u00e9valuation (des apprenants).<br \/>\nPour ma part, j\u2019ai compl\u00e9t\u00e9 cet alignement en tenant en compte des outils technologiques (notre pr\u00e9occupation dans cet article). J&#8217;\u00e9crivais r\u00e9cemment (Lebrun, 2011) : \u00ab Parmi les conditions qui \u00e9mergent des \u00e9tudes (Lebrun, 2007), celle de l&#8217;alignement entre les objectifs (aujourd&#8217;hui, apr\u00e8s les comp\u00e9tences, les learning outcomes), les m\u00e9thodes mises en place pour les atteindre et les \u00e9valuations de cette atteinte par les \u00e9tudiants (Biggs, 2003) est f\u00e9cond : il manque dans ce mod\u00e8le, selon nous, les outils (ressources, instruments et r\u00e9seau) qui pourtant impr\u00e8gnent ces piliers de la construction de dispositifs \u00e0 valeurs ajout\u00e9es. En effet, les objectifs exprim\u00e9s en termes de comp\u00e9tences (recherche d&#8217;information, esprit critique, travail d&#8217;\u00e9quipe, communication &#8230;) sont color\u00e9s par le num\u00e9rique; les m\u00e9thodes orient\u00e9es vers l&#8217;apprentissage effectif et augment\u00e9 seront soutenues par ces m\u00eames outils. Pourquoi sont-ils si peu pr\u00e9sents dans nos &#8220;r\u00e9f\u00e9rentiels de comp\u00e9tences&#8221; ? \u00bb<br \/>\nC&#8217;est pourquoi, j&#8217;ai propos\u00e9 un principe un peu plus large que j&#8217;appelle principe de coh\u00e9rence. Dans la figure ci-dessous, je d\u00e9veloppe une approche syst\u00e9mique &#8220;Objectifs, m\u00e9thodes et outils&#8221; en les encadrant par l&#8217;omnipr\u00e9sente \u00e9valuation : l&#8217;\u00e9valuation des apprenants (\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur) et l&#8217;\u00e9valuation du dispositif ainsi cr\u00e9\u00e9 (\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur). J&#8217;y inscris donc deux choses &#8220;nouvelles&#8221; : la pr\u00e9sence de la technologie avec le p\u00f4le &#8220;Outils&#8221; et l&#8217;\u00e9valuation du dispositif (en compl\u00e9ment de l&#8217;\u00e9valuation des apprenants).<\/p>\n<h2>Une question d\u2019objectifs, de comp\u00e9tences<\/h2>\n<p>La question des technologies \u00e0 l\u2019\u00e9cole ne peut ainsi \u00eatre r\u00e9solue ou pour le moins document\u00e9e qu\u2019apr\u00e8s la consid\u00e9ration des objectifs vis\u00e9s par cette m\u00eame \u00e9cole (un mot que nous consid\u00e9rons ici au sens large, de l\u2019\u00e9cole primaire au sup\u00e9rieur voire en formation continu\u00e9e, la formation et l\u2019apprentissage toute la vie durant). La notion d\u2019objectif tr\u00e8s pr\u00e9sente encore dans les ann\u00e9es 90, fut compl\u00e9t\u00e9e par celle de comp\u00e9tences dans les ann\u00e9es 2000. Jacques Tardif (2006) d\u00e9finit ainsi cette notion : \u00ab Une comp\u00e9tence est d\u00e9finie comme un savoir-agir complexe qui prend appui sur la mobilisation et la combinaison efficace d&#8217;une vari\u00e9t\u00e9 de ressources internes et externes \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;une famille de situations \u00bb. Nous proposons une d\u00e9finition personnelle construite sur les \u00e9l\u00e9ments suivants que nous appelons parfois les \u00ab CCC \u00bb : des Capacit\u00e9s (les op\u00e9rations \u00e9l\u00e9mentaires \u00e0 effectuer) qui s\u2019exercent sur des Contenus (ce sur quoi s\u2019exerce la capacit\u00e9) dans diff\u00e9rents Contextes (les conditions dans lesquelles s\u2019exercent les op\u00e9rations et prennent sens les productions). En ce qui concerne les deux premiers termes (contenus et capacit\u00e9s, tr\u00e8s proches des Savoirs et Savoir-faire), la taxonomie de Bloom revisit\u00e9e les croise : diff\u00e9rents types de savoirs (factuels, conceptuels, proc\u00e9duraux \u2026) et diff\u00e9rentes activit\u00e9s (comprendre, appliquer, analyser \u2026).<br \/>\nCette approche cognitive (li\u00e9e aux connaissances et \u00e0 leur construction) est compl\u00e9t\u00e9e par la typologie de Jean-Marie De Ketele qui ajoute aux savoirs et savoir-faire des \u00e9l\u00e9ments qui touchent davantage aux comportements, aux attitudes, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019anticiper, de se mettre en projet : les savoir-\u00eatre et savoir-devenir. Ces \u00ab comp\u00e9tences \u00bb qui sortent du giron des disciplines cloisonn\u00e9es et purement acad\u00e9miques, qui sont \u00e9galement cens\u00e9es se d\u00e9velopper toute la vie durant, qui font rarement l\u2019objet d\u2019un apprentissage formel \u2026 en prennent un statut de transversalit\u00e9 : comp\u00e9tences transversales, fuzzy competences ou encore comp\u00e9tences LLL (LifeLong Learning). L\u2019Europe les d\u00e9finit dans son cadre de r\u00e9f\u00e9rence de 2006. Elles sont reli\u00e9es \u00e0 l\u2019esprit critique, la cr\u00e9ativit\u00e9, l\u2019initiative, la r\u00e9solution de probl\u00e8mes, l\u2019\u00e9valuation des risques, la prise de d\u00e9cision \u2026<br \/>\nAndreas Schleicher (OCDE) nous dit : \u00ab Nous vivons dans un monde en mutation rapide et reproduire les savoirs actuels et les comp\u00e9tences utiles ici et maintenant ne va pas suffire pour faire face aux d\u00e9fis du futur. Il y a une g\u00e9n\u00e9ration, un enseignant pouvait pense que ce qu\u2019il enseignait \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves allait les accompagner pendant toute une vie. Aujourd\u2019hui, par la suite des changements rapides \u00e9conomiques, sociaux, nous avons \u00e0 pr\u00e9parer nos \u00e9tudiants pour des m\u00e9tiers qui n\u2019existent pas encore, pour des technologies qui ne sont pas encore invent\u00e9es et pour faire face \u00e0 des probl\u00e8mes dont nous n\u2019imaginons m\u00eame pas la venue. \u00bb<br \/>\nTout ceci est \u00e9videmment \u00e0 mettre en rapport avec la disponibilit\u00e9 des savoirs de plus en plus externalis\u00e9s. S\u2019agit-il vraiment encore aujourd\u2019hui de m\u00e9moriser tous les savoirs cristallis\u00e9s disponibles sur la WikiP\u00e9dia, la Khan Academy ou les MOOCs ou alors d\u2019\u00eatre capables de les convoquer en fonction des situations-probl\u00e8mes rencontr\u00e9es, des besoins d\u2019informations identifi\u00e9s ? Sans n\u00e9gliger les savoirs fondamentaux, s\u2019agit-il d\u00e8s lors de d\u00e9velopper aussi et surtout ces comp\u00e9tences fluides qui nous permettent de trouver, de valider, d\u2019interpr\u00e9ter, de communiquer ces savoirs \u2026 individuellement et collectivement ? xMOOC contre cMOOC ou alors compl\u00e9mentarit\u00e9 des approches, la question est pos\u00e9e ? Notre x-c-MOOC montre une forme de compl\u00e9mentarit\u00e9 syst\u00e9mique entre les savoirs (les ressources \u00e0 disposition) et les comp\u00e9tences \u00e0 exercer (proposer une synth\u00e8se sur son Blog, r\u00e9pondre \u00e0 une question dans un forum, travailler en \u00e9quipe pour animer une activit\u00e9, critiquer un document \u2026).<\/p>\n<h2>Des m\u00e9thodes, un cheminement \u00e0 organiser dans le temps et l\u2019espace<\/h2>\n<p>M\u00eame si ces outils et ressources constituent un potentiel formidable et une condition n\u00e9cessaire \u00e0 l&#8217;apprentissage, ils sont donc loin d&#8217;\u00eatre suffisants. M\u00eame si les formes traditionnelles que nous avons \u00e9voqu\u00e9es plus haut (cours, exercices, s\u00e9minaires) demeurent les formes d&#8217;enseignement les plus r\u00e9pandues (il suffit, au-del\u00e0 des discours, de le demander aux \u00e9tudiant(e)s) et que ces m\u00e9thodes peuvent \u00eatre largement assum\u00e9es voire automatis\u00e9es par les technologies (un podcast du cours, un questionnaire en ligne, un forum de discussion) mettant ainsi en p\u00e9ril le &#8220;c\u0153ur de m\u00e9tier&#8221; de l&#8217;enseignement (que va-t-on faire des campus ?), il serait regrettable voire coupable de s&#8217;en maintenir \u00e0 cette situation de statut quo voire d&#8217;un ent\u00e9rinement collectif de cette fossilisation des pratiques p\u00e9dagogiques. Il y a longtemps d\u00e9j\u00e0 (\u00e0 l&#8217;\u00e9poque d&#8217;un autre mirage technologique, l&#8217;EAO, l&#8217;enseignement Assist\u00e9 par Ordinateur) des enseignants me demandaient fr\u00e9quemment : Est-ce que vous pensez qu&#8217;un jour l&#8217;ordinateur va remplacer l&#8217;enseignant ? Et je leur r\u00e9pondais invariablement : il y a de grandes chances que oui \u2026 si vous me posez une question pareille ! Les technologies quelque part nous lib\u00e8rent (de notre devoir de transmission) mais nous condamnent \u00e0 devenir intelligents, \u00e0 retrouver un r\u00f4le d&#8217;accompagnateur d&#8217;apprentissage, \u00e0 retrouver et \u00e0 mettre en place des activit\u00e9s et interactivit\u00e9s f\u00e9condes pour l&#8217;apprentissage dans ces campus d\u00e9sormais annonc\u00e9s en voie d&#8217;extinction \u2026 et c&#8217;est sans doute encore une question de formation des enseignants mais aussi une question de courage politique. Comment mettre en place les pratiques que nous pr\u00e9conisons dans des cr\u00e9neaux de 50 min d\u00e9di\u00e9s \u00e0 des disciplines cloisonn\u00e9es ? Comment r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019apprentissage tout la vie durant comme si ce dernier d\u00e9marrait \u00e0 18 ans ou \u00e0 23 ans apr\u00e8s des formations primaires, secondaires, sup\u00e9rieures minist\u00e9riellement cloisonn\u00e9es ? Comment mettre en place un laboratoire d\u2019apprentissage dans des salles en gradin ou au mobilier attach\u00e9 au sol ?<\/p>\n<p>Agir autrement (c&#8217;est-\u00e0-dire miser gros et uniquement sur ces r\u00e9surgences de l&#8217;enseignement traditionnel que sont les xMOOC ou m\u00eame sur cette avalanche de ressources m\u00e9diatis\u00e9es offertes partout sur Internet) serait faire fi des attentes \u00e0 la fois des individus et du monde socio-professionnel pour le d\u00e9veloppement des comp\u00e9tences transversales que nous avons appel\u00e9es plus haut comp\u00e9tences LLL (LifeLong Learning), des usages m\u00eame embryonnaires des fameux natifs num\u00e9riques, et aussi de ne pas profiter du potentiel (j&#8217;insiste sur ce mot) offert par les ressources externalis\u00e9es et ind\u00e9pendantes du temps et de l&#8217;espace \u2026<br \/>\nEnseigner c&#8217;est mettre en place des conditions dans lesquelles l&#8217;\u00e9tudiant(e) pourra apprendre et cette constatation nous conduit \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;organiser autour des m\u00e9dias et des outils dont nous avons parl\u00e9 des espaces, des dispositifs p\u00e9dagogiques (en pr\u00e9sence, \u00e0 distance, hybride) \u00e0 hautes valeurs ajout\u00e9es pour l&#8217;apprentissage. Et c&#8217;est l\u00e0 que se niche l&#8217;avenir des \u00e9coles et des campus.<br \/>\nA cet \u00e9gard, les classes invers\u00e9es (Flipped Classrooms) sont int\u00e9ressantes dans la combinaison qu&#8217;elles proposent entre pr\u00e9sence et distance et entre les orientations centr\u00e9es sur l&#8217;enseignement et ses ressources et celles centr\u00e9es sur l&#8217;apprentissage et son ancrage dans les contextes.<\/p>\n<h2>Vers l\u2019hybridation, \u00e0 la recherche de tierces places<\/h2>\n<p>Mais que sont ces classes invers\u00e9es qui nous promettent d\u2019allier ces ressources num\u00e9riques d\u00e9sormais \u00e0 distance et la volont\u00e9 de redonner du sens \u00e0 la pr\u00e9sence ? La \u00ab distance \u00bb nous offrirait-elle une occasion de repenser la pr\u00e9sence ? La num\u00e9risation rendrait-elle notre cerveau plus libre ?<\/p>\n<p>Le concept, ou en tout cas l\u2019appellation de Flipped Classrooms, est apparu vers 2007 quand deux enseignants en chimie dans l\u2019\u00e9quivalent de notre niveau secondaire, Jonathan Bergman et Aaron Sams, ont d\u00e9couvert le potentiel de vid\u00e9os (PowerPoint comment\u00e9s, Screencast, Podcast \u2026) pour motiver leurs \u00e9l\u00e8ves \u00e0 pr\u00e9parer (\u00e0 domicile ou plut\u00f4t hors classe) les le\u00e7ons qui seront donn\u00e9es en classe, en pr\u00e9sence de \u00ab l\u2019enseignant \u00bb, afin de rendre ces derni\u00e8res plus interactives : Lectures at Home and HomeWork in Class, le slogan \u00e9tait lanc\u00e9. L\u2019air de rien, cette m\u00e9thode est \u00e0 la fois une petite r\u00e9volution par rapport \u00e0 l\u2019enseignement dit traditionnel (le magistral, l\u2019enseignement ex cathedra) et une piste d\u2019\u00e9volution acceptable et progressive pour les enseignants qui souhaitent se diriger, sans n\u00e9gliger la transmission des savoirs, vers une formation davantage centr\u00e9e sur l\u2019apprenant, ses connaissances et ses comp\u00e9tences. Comme nous le voyons d\u00e9j\u00e0, ces classes invers\u00e9es repositionnent les espaces-temps traditionnels de l\u2019enseigner-apprendre.<\/p>\n<p>(1) L\u2019enseignement traditionnel transmissif se passe en classe ; les interactions et les activit\u00e9s des \u00e9l\u00e8ves y sont bien souvent limit\u00e9es. Les devoirs se passent \u00e0 la maison ainsi que la pr\u00e9paration des examens.<br \/>\n(2) Le \u00ab flip \u00bb va agir reconsid\u00e9rant les espaces-temps de l\u2019enseigner-apprendre. Il s\u2019agira de mieux occuper l\u2019espace et le temps, d\u2019accompagner une partie de l\u2019apprentissage (m\u00e9morisation, compr\u00e9hension \u2026) hors de la classe et de rendre \u00e0 cette derni\u00e8re sa vocation li\u00e9e \u00e0 la rencontre, au caract\u00e8re social de l\u2019apprentissage.<br \/>\n(3) La figure se compl\u00e8te : la partie transmissive (les n\u00e9cessaires savoirs, les principes, les th\u00e9ories\u2026) se d\u00e9roule en dehors de la classe soit \u00e0 la maison soit dans des lieux sp\u00e9cialement am\u00e9nag\u00e9s dans l\u2019\u00e9cole ; l\u2019espace et le temps de la classe proprement dite (de la rencontre avec l\u2019enseignant) sont utilis\u00e9s pour les activit\u00e9s et les interactivit\u00e9s.<br \/>\n(4) L\u2019hybridation (soutenue par le principe de vari\u00e9t\u00e9 dans les approches p\u00e9dagogiques) m\u00e9lange ces diff\u00e9rents modes d\u2019interaction. Les Flipped Classrooms ne sont pas pr\u00e9sent\u00e9es ici comme un mode unique de formation : tout au plus comme une alternative \u00e0 d\u2019autres m\u00e9thodes, une configuration particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Autour de ce concept de Flipped Classrooms, les variations sont aussi infinies et nous vous en proposons une d\u00e9finition large (une d\u00e9finition construite avec un de nos m\u00e9morants, Antoine Defise) : une \u00ab flipped classroom \u00bb ou \u00ab classe invers\u00e9e \u00bb est une m\u00e9thode (une strat\u00e9gie) p\u00e9dagogique o\u00f9 la partie transmissive de l\u2019enseignement (expos\u00e9, consignes, protocole,\u2026) se fait \u00ab \u00e0 distance \u00bb en pr\u00e9alable \u00e0 une s\u00e9ance en pr\u00e9sence, notamment \u00e0 l\u2019aide des technologies (ex. : vid\u00e9o en ligne du cours, lecture de documents papier, pr\u00e9paration d\u2019exercice,\u2026) et o\u00f9 l\u2019apprentissage bas\u00e9 sur les activit\u00e9s et les interactions se fait \u00ab en pr\u00e9sence \u00bb (ex. : \u00e9changes entre l\u2019enseignant et les \u00e9tudiants et entre pairs, projet de groupe, activit\u00e9 de laboratoire, s\u00e9minaire,\u2026).<\/p>\n<p>Clairement, les Flipped Classrooms \u00e9vacuent, si on peut dire, la partie transmissive voire l\u2019appropriation des savoirs, hors de la classe pour redonner \u00e0 cette derni\u00e8re son potentiel d\u2019apprentissage et de co-apprentissage. Il en r\u00e9sulte aussi une r\u00e9vision des statuts des savoirs (en particulier ceux de nature informelle), des r\u00f4les assum\u00e9s par les \u00e9tudiants et les enseignants \u2026 En outre, nul besoin de flipper tout son enseignement en une fois : une activit\u00e9 parmi d\u2019autres, quelques semaines sur le quadrimestre. De quoi exp\u00e9rimenter et \u00e9voluer en douceur. Malgr\u00e9 l\u2019origine initiale de la m\u00e9thode, une Flipped Classrooms, ce n\u2019est pas juste une vid\u00e9o avant le \u201ccours\u201d et du d\u00e9bat pendant le \u201ccours\u201d.<\/p>\n<p>(Temps 1) Recherche d\u2019informations, lecture d\u2019un article, d\u2019un chapitre, d\u2019un blog \u2026, pr\u00e9paration d\u2019une th\u00e9matique \u00e0 exposer, interviews ou micro-trottoirs \u2026 \u00e0 r\u00e9aliser seul ou en groupe avant une s\u00e9ance en pr\u00e9sentiel. Le r\u00e9sultat des investigations peut \u00eatre d\u00e9pos\u00e9 dans un dossier sur une plateforme, des avis, opinions, commentaires, questions \u2026 peuvent \u00eatre d\u00e9pos\u00e9s sur un forum, la vid\u00e9o r\u00e9alis\u00e9e peut \u00eatre d\u00e9pos\u00e9e sur YouTube \u2026<br \/>\n(Temps 2) Pr\u00e9sentation de la th\u00e9matique, d\u00e9bat sur des articles lus, analyse argument\u00e9e du travail d\u2019un autre groupe (\u00e9valuation par les pairs), cr\u00e9ation d\u2019une carte conceptuelle commune \u00e0 partir des avis, opinions, commentaires \u2026 r\u00e9colt\u00e9s, mini-colloque dans lequel un groupe pr\u00e9sente et un autre organise le d\u00e9bat \u2026 pendant le moment (l\u2019espace-temps) du pr\u00e9sentiel \u2026<\/p>\n<p>Les technologies nous lib\u00e8rent des contraintes de l&#8217;espace et du temps (tel cours dans tel amphi \u00e0 telle heure) mais, faute d&#8217;une approche intelligente, positive et humaniste, elles risquent aussi de les vider. On le sait depuis longtemps aussi : les plans d&#8217;\u00e9quipements des \u00e9coles, de num\u00e9risation des ressources, d&#8217;automatisation de l&#8217;apprentissage \u2026 n&#8217;ont pas apport\u00e9 les fruits esp\u00e9r\u00e9s (en termes d&#8217;apprentissage, d&#8217;\u00e9ducation, de culture \u2026) : les recherches de Russell (2009) sur le NSD (No Significant Difference) montrent bien la vanit\u00e9 du propos \u2026 Chaque fois, c&#8217;est le facteur humain qui a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9 et pas seulement la formation technique des \u00e9tudiants et des enseignants : le num\u00e9rique, l&#8217;apprentissage \u00e0 l&#8217;\u00e8re num\u00e9rique, ce n&#8217;est pas qu&#8217;une affaire d\u2019infrastructures, d&#8217;outils et de ressources, pas seulement une affaire de m\u00e9thodes et d&#8217;usages, c&#8217;est surtout une affaire de mentalit\u00e9, d&#8217;\u00e9tat d&#8217;esprit et de culture.<\/p>\n<h2>Les outils : fast learning ou humanisation num\u00e9rique<\/h2>\n<p>Comme \u00e0 chaque apparition d&#8217;une nouvelle technologie, le mirage technologique op\u00e8re. Mais o\u00f9 se trouve le virage p\u00e9dagogique ?<br \/>\nQu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;outils (je pense au TBI, le tableau blanc interactif ou encore aux tablettes) ou de ressources ( les eBooks ou les podcasts, ces v\u00e9hicules de contenus), le charme op\u00e8re, les enseignants (certains du moins) sont hypnotis\u00e9s, les dirigeants sont s\u00e9duits par cette &#8220;potion magique&#8221; qui tout \u00e0 la fois agira et \u00e0 court terme sur et pour un enseignement du 21\u00e8me si\u00e8cle qui se cherche et qui donnera un lustre renouvel\u00e9 aux citadelles du savoir confront\u00e9es \u00e0 une intelligence collective qui trouve de plus en plus sa place dans la formation continu\u00e9e et l&#8217;apprentissage toute la vie durant.<br \/>\nPourtant, on sait depuis bien longtemps que les ressources disponibles (le livre existe depuis bien longtemps, est-ce que les enseignants utilisent ou ont utilis\u00e9 vraiment les textbooks ?) ne suffisent pas pour apprendre, que les outils sont ambivalents et que leurs apports, leurs impacts et leurs valeurs ajout\u00e9es d\u00e9pendent largement des usages qui en sont faits. Comme \u00e0 chaque &#8220;nouvelle&#8221; technologie, les commentaires s&#8217;opposent entre &#8220;le c\u00f4t\u00e9 clair et le c\u00f4t\u00e9 obscur de la force&#8221;. S&#8217;agit-il de savoirs en bo\u00eete (du fastlearning) promus par les SuperCampus d&#8217;une \u00e9ducation devenue mondiale et dont les MOOC seraient les vitrines ? Ou d&#8217;un soubresaut m\u00e9diatis\u00e9 d&#8217;un enseignement ex-cathedra h\u00e9rit\u00e9 d&#8217;une \u00e9poque o\u00f9 la lecture \u00e9tait la seule voie de la transmission ? Ou encore de la pr\u00e9paration en douce d&#8217;un guet-apens \u00e9conomique qui surviendra lorsque les mod\u00e8les financiers seront r\u00e9v\u00e9l\u00e9s aux na\u00effs s\u00e9duits par la gratuit\u00e9 toute temporaire de ces op\u00e9rations pseudo-philanthropiques ? Ou alors, plus positivement, dans la lign\u00e9e de l&#8217;intelligence collective, des communaut\u00e9s d&#8217;apprentissage et de pratiques, s&#8217;agirait-il d&#8217;une occasion historique de construire ensemble un nouvel humanisme num\u00e9rique dont les apprenants (nous tous) seraient les apprentis ? Une occasion de restaurer l&#8217;humain, ses contextes et ses cultures, au sein des savoirs normalis\u00e9s de la Science universelle (on n&#8217;est pas loin de l&#8217;opposition st\u00e9rile entre savoirs et comp\u00e9tences) ?<br \/>\nSerions-nous des binaires s\u00e9duits par le confort des propos extr\u00eames et r\u00e9ticents \u00e0 vivre dans l&#8217;incertitude ? Perdons-nous si facilement la m\u00e9moire de la st\u00e9rilit\u00e9 de ces polarisations caricaturales ? Nous l\u2019avons dit : d\u00e9j\u00e0 Socrate, \u00e0 propos de l&#8217;\u00e9criture, une fabuleuse invention de Thot, le dieu des technologues, se montrait m\u00e9fiant par rapport \u00e0 cette technologie en \u00e9voquant le pharmakon : ces technologies sont tout \u00e0 la fois un poison et un rem\u00e8de. Plus r\u00e9cemment, Michel Serres, parlant de l&#8217;externalisation de notre m\u00e9moire sur les artefacts mobiles, disait : On n&#8217;a pas le cerveau vide, on a le cerveau libre ! C&#8217;est donc \u00e0 imaginer des tierces places que nous devons travailler. Au-del\u00e0 de l&#8217;ambivalence de l&#8217;outil, les technologies sont et resteront des potentiels qu&#8217;il revient aux humains d&#8217;activer et de socialiser.<br \/>\nLes MOOC, tout en \u00e9tant un potentiel formidable pour l&#8217;apprentissage, ne peuvent en garantir la qualit\u00e9, la profondeur, le transfert. Richard Clark en 1983 disait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 propos des m\u00e9dias : Pas plus que le camion qui am\u00e8ne les victuailles au Supermarch\u00e9 ne peut am\u00e9liorer la sant\u00e9 d&#8217;une population \u2026 les m\u00e9dias ne peuvent de facto apporter des valeurs ajout\u00e9es \u00e0 l&#8217;apprentissage. La relation entre enseigner et apprendre est syst\u00e9mique, non lin\u00e9aire. C&#8217;est par le dispositif construit &#8220;autour des ressources&#8221;, un dispositif constitu\u00e9 d&#8217;outils certes mais aussi d&#8217;activit\u00e9s signifiantes et d&#8217;interactivit\u00e9s \u00e9dificatrices, c&#8217;est par la formation des \u00e9tudiants et des enseignants tous apprenants, qu&#8217;appara\u00eetront les valeurs ajout\u00e9es attendues des technologies. Et c\u2019est une affaire de longue haleine.<\/p>\n<p>Marcel Lebrun<br \/>\nProfesseur, conseiller p\u00e9dagogique<br \/>\nInstitut de P\u00e9dagogie universitaire et des Multim\u00e9dias IPM<br \/>\nUniversit\u00e9 Catholique de Louvain UCL<br \/>\nmarcel.lebrun@uclouvain.be<br \/>\nBlog de M@rcel : http:\/\/bit.ly\/blogdemarcel<br \/>\nTwitter id : @mlebrun2<br \/>\nScoop.it : http:\/\/www.scoop.it\/u\/marcel-lebrun<\/p>\n<h2>R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n<p>Bergmann, J., et Sams A. (2012). Flip Your Classroom: Reach Every Student in Every Class Every Day. Washington DC: International Society for Technology in Education.<\/p>\n<p>BIGGS, J. (2003). Teaching for quality learning at University. Berhshire: Open University Press and Mac Graw Hill.<\/p>\n<p>ELearn2 (2013). Se former en ligne pour former en ligne. Site consult\u00e9 en ligne http:\/\/www.elearn2.eu\/<\/p>\n<p>CLARK, R.E. (1983). Reconsidering research on learning from media. Review of Educational Research. Vol. 17(2), p. 92-101<\/p>\n<p>GILLIOT, J-M. et al. (2013). Le concept de iMOOC pour une ouverture ma\u00eetris\u00e9e. EIAH-2013. En ligne http:\/\/ateliermooceiah2013.files.wordpress.com\/2013\/05\/gilliot.pdf, consult\u00e9 le 18 novembre 2013.<\/p>\n<p>LEBRUN, M. (2011). Impacts des TIC sur la qualit\u00e9 des apprentissages des \u00e9tudiants et le d\u00e9veloppement professionnel des enseignants : vers une approche syst\u00e9mique. Sticef.org, 18, 20. En ligne http:\/\/bit.ly\/STICEF-Lebrun, consult\u00e9 le 18 novembre 2013.<\/p>\n<p>RUSSELL, T.L. (2009). The no significant difference phenomenon. Chapel Hill, NC : Office of Instructional Telecommunications, North Carolina State University. En ligne http:\/\/www.nosignificantdifference.org\/, Consult\u00e9 le 18 novembre 2013.<\/p>\n<p>SIEMENS, G. (2004). Connectivism : a learning theory for the digital age. En ligne http:\/\/www.elearnspace.org\/Articles\/connectivism.htm, consult\u00e9 le 18 novembre 2013.<\/p>\n<p>TARDIF, J. (2006). L\u2019\u00e9valuation des comp\u00e9tences : Documenter le parcours de d\u00e9veloppement. Montr\u00e9al : Cheneli\u00e8re \u00c9ducation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Spontan\u00e9ment, je dirai que c\u2019est ind\u00e9niablement plus compliqu\u00e9, que ce soit en ce qui concerne l\u2019\u00e9cole ou encore la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re. Ainsi, lorsque nous parlons du r\u00f4le des technologies pour r\u00e9duire le foss\u00e9 entre les individus, nous pourrions tout aussi bien argumenter que ce dernier ne fera que s&#8217;\u00e9largir entre ceux qui sont connect\u00e9s \u00e0 Internet et les autres. D&#8217;autre part, si r\u00e9duire le foss\u00e9 revient \u00e0 niveler les diff\u00e9rences qui constituent la richesse de nos cultures, c&#8217;est \u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9sert culturel que nous entra\u00eenent ces \u00abmerveilleuses\u00bb technologies. Ainsi, comme toute cr\u00e9ation humaine, les technologies sont ambigu\u00ebs, elles constituent \u00e0 la fois un \u00ab bien \u00bb et un \u00ab mal \u00bb, cette \u00ab option \u00bb d\u00e9pendant des usages que nous ferons des artefacts que nous avons nous-m\u00eames cr\u00e9\u00e9s. <\/p>\n","protected":false},"author":6496,"featured_media":2287,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-2288","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6496"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2288"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2288\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}