{"id":2203,"date":"2003-09-05T19:05:00","date_gmt":"2003-09-05T18:05:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=2203"},"modified":"2017-02-20T12:17:00","modified_gmt":"2017-02-20T11:17:00","slug":"le-tiers-mondisme-a-la-facon-banque-mondiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2003\/09\/05\/le-tiers-mondisme-a-la-facon-banque-mondiale\/","title":{"rendered":"Le tiers-mondisme &#8221; \u00e0 la fa\u00e7on Banque Mondiale &#8220;"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Nous l&#8217;\u00e9crivions dans l&#8217;introduction, la Banque Mondiale (BM) d\u00e9nonce depuis trois ou quatre ann\u00e9es la situation alarmante de l&#8217;alphab\u00e9tisation dans nombre de pays dits en &#8221; voie de d\u00e9veloppement &#8220;. Ce faisant, elle stigmatise l&#8217;\u00e9chec criant des politiques \u00e9ducatives de ces pays. Mais pourquoi la BM prend-elle position sur ces questions ? Serait-elle tout \u00e0 coup tent\u00e9e par le militantisme tiers-mondiste ? <\/p>\n<p>Ne nous emballons pas trop vite. Comme Nico Hirtt l&#8217;a montr\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises dans ces colonnes et ailleurs, la caract\u00e9ristique principale de l&#8217;\u00e9volution des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs \u00e0 travers le monde est ce que nous appelons la &#8221; marchandisation de l&#8217;enseignement &#8220;.  Par cette expression commode mais un peu barbare, il faut entendre &#8221; mise en ad\u00e9quation des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs par rapport aux attentes des march\u00e9s &#8220;. Cette mise en ad\u00e9quation rev\u00eat plusieurs formes. On peut distinguer trois grandes orientations. Premi\u00e8rement, l&#8217;\u00e9volution du march\u00e9 du travail incite le patronat \u00e0 instrumentaliser toujours plus l&#8217;\u00e9cole afin qu&#8217;elle r\u00e9ponde mieux \u00e0 ses exigences en mati\u00e8re de formation, notamment une plus grande flexibilit\u00e9. Ces exigences se traduisent, entre autres, par le glissement des savoirs vers les comp\u00e9tences, glissement auquel on assiste un peu partout. Ainsi que par une dualisation accrue des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs afin de r\u00e9pondre \u00e0 la dualisation du march\u00e9 du travail. Deuxi\u00e8mement, les lobbies patronaux et leurs chevaliers servants (l&#8217;Union Europ\u00e9enne par exemple : voir le dossier sur le sujet dans notre n\u00b0 pr\u00e9c\u00e9dent) attendent de l&#8217;\u00e9cole qu&#8217;elle soutienne les march\u00e9s, \u00e0 la fois comme cliente et en pr\u00e9parant leur future client\u00e8le. Mais c&#8217;est le troisi\u00e8me aspect de la marchandisation qui retiendra surtout notre attention ici. On pourrait l&#8217;appeler la marchandisation proprement dite. Les multinationales consid\u00e8rent en effet de plus en plus l&#8217;\u00e9ducation comme un march\u00e9 en tant que tel. Il suffit de se rappeler que les d\u00e9penses mondiales d&#8217;\u00e9ducation (pr\u00e8s de 2.000 milliards $) d\u00e9passent le chiffre d&#8217;affaires du march\u00e9 de l&#8217;automobile pour comprendre le caract\u00e8re potentiellement tr\u00e8s juteux de ce secteur. Bien s\u00fbr, tout n&#8217;est pas privatisable, mais les sommes en jeu sont tellement consid\u00e9rables qu&#8217;une partie du secteur suffit pour attirer les vautours. Et le processus est en cours : d\u00e9veloppement des \u00e9coles priv\u00e9es, explosion du march\u00e9 des logiciels \u00e9ducatifs (didacticiels), mainmise du secteur priv\u00e9 sur des pans entiers des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs traditionnellement g\u00e9r\u00e9s  par le secteur public comme, par exemple, l&#8217;inspection au Royaume-Uni.<br \/>\nPour \u00eatre vraiment rentable, ce march\u00e9 doit \u00eatre mondial. Par cons\u00e9quent, la lib\u00e9ralisation s&#8217;impose du point de vue des investisseurs : en 1998, en pr\u00e9vision du sommet de Seattle, le secr\u00e9tariat de l&#8217;Organisation Mondiale du Commerce (OMC) avait constitu\u00e9 un groupe de travail charg\u00e9 d&#8217;\u00e9tudier les perspectives d&#8217;une lib\u00e9ralisation accrue de l&#8217;\u00e9ducation. Dans son rapport, il soulignait le rapide d\u00e9veloppement de l&#8217;apprentissage \u00e0 distance et saluait la multiplication des partenariats entre des institutions d&#8217;enseignement et des entreprises du secteur des nouvelles technologies de l&#8217;information et de la communication. Le rapport se r\u00e9jouissait \u00e9galement de la d\u00e9r\u00e9glementation croissante de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur en Europe, f\u00e9licitant les gouvernements qui avaient entrepris de <em>&#8221; quitter la sph\u00e8re du financement exclusivement public pour se rapprocher du march\u00e9, en s&#8217;ouvrant \u00e0 des m\u00e9canismes de financement alternatifs <\/em>&#8220;. Enfin, l&#8217;OMC \u00e9num\u00e9rait les nombreuses &#8221; <em>barri\u00e8res<\/em> &#8221; qu&#8217;il faudrait lever afin de lib\u00e9rer le commerce des services \u00e9ducatifs, citant par exemple &#8221; <em>les mesures limitant l&#8217;investissement direct par des fournisseurs d&#8217;\u00e9ducation \u00e9trangers <\/em>&#8221; ou encore <em>&#8221; l&#8217;existence de monopoles gouvernementaux et d&#8217;\u00e9tablissements largement subventionn\u00e9s par l&#8217;Etat <\/em>&#8220;. <\/p>\n<p><strong>Privatiser partout o\u00f9 c&#8217;est possible<\/strong><\/p>\n<p>En Europe, l&#8217;importance du syndicalisme enseignant et des mouvements \u00e9tudiants oblige les chantres du lib\u00e9ralisme \u00e0 avancer masqu\u00e9s. Ce n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 pas feutr\u00e9s, \u00e9tape par \u00e9tape, qu&#8217;ils poussent leurs pions. M\u00eame s&#8217;il ne faut aucunement douter de leurs intentions ni de la r\u00e9alit\u00e9 du processus en cours (voir encore une fois notre n\u00b0 pr\u00e9c\u00e9dent).<br \/>\nEn ce qui concerne le Tiers Monde, les objectifs sont les m\u00eames, mais les m\u00e9thodes plus radicales. Pas besoin ici de mettre des gants, ou si peu. Et c&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;on en revient \u00e0 la BM. Voici son raisonnement : il y a beaucoup d&#8217;analphab\u00e9tisme ? Il faut donc que les Etats recentrent leurs activit\u00e9s sur l&#8217;enseignement primaire. &#8221; Il faut concentrer les investissements publics l\u00e0 o\u00f9 leur rentabilit\u00e9 sera la plus forte, ce qui dans le secteur de l&#8217;\u00e9ducation sera g\u00e9n\u00e9ralement au niveau de l&#8217;enseignement de base &#8221; (1). Oui mais, r\u00e9torquera-t-on, les Etats disposent de peu de moyens (voir encadr\u00e9 sur la dette). S&#8217;ils r\u00e9investissent dans le primaire, ce sera forc\u00e9ment au d\u00e9triment du secondaire et du sup\u00e9rieur. La BM y a pens\u00e9. La solution ? Puisque les Etats du Tiers Monde n&#8217;ont pas les moyens d&#8217;entretenir des syt\u00e8mes \u00e9ducatifs de qualit\u00e9 \u00e0 tous les niveaux, qu&#8217;ils se concentrent sur l&#8217;enseignement de base et qu&#8217;ils laissent le priv\u00e9 s&#8217;occuper des autres niveaux ! Suis-je en train de faire un proc\u00e8s d&#8217;intention ? Non. La strat\u00e9gie de la BM peut se d\u00e9cliner comme suit. Premi\u00e8re \u00e9tape : augmentation de la participation financi\u00e8re des \u00e9tudiants. Ainsi, apr\u00e8s avoir pr\u00f4n\u00e9 la gratuit\u00e9 dans l&#8217;enseignement de base, la BM propose d&#8217;introduire &#8221; un paiement s\u00e9lectif d&#8217;un droit de scolarit\u00e9 au niveau du deuxi\u00e8me cycle du secondaire &#8221; et &#8221; un droit d&#8217;inscription dans tous les \u00e9tablissements publics d&#8217;enseignement sup\u00e9rieur &#8221; (2). Il est \u00e9vident qu&#8217;une telle mesure ne peut qu&#8217;augmenter les in\u00e9galit\u00e9s dans l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;enseignement en excluant encore davantage les nombreux jeunes dont les parents ne pourront pas assumer ces frais. La BM n&#8217;en a cure. Deuxi\u00e8me \u00e9tape : une plus grande autonomie pour les autorit\u00e9s locales. L&#8217;objectif \u00e9tant de permettre &#8221; aux \u00e9coles de r\u00e9partir comme elles l&#8217;entendent leurs ressources &#8220;. Toute ressemblance avec les politiques men\u00e9es au Nord ne serait pas purement fortuite \u2026<br \/>\nTroisi\u00e8me \u00e9tape : &#8221; encourager le recours au secteur priv\u00e9, soit pour financer des \u00e9tablissements priv\u00e9s, soit pour constituer un compl\u00e9ment de recettes \u00e0 des \u00e9tablissements d&#8217;Etat &#8221; (3). Nous y voil\u00e0. La premi\u00e8re \u00e9tape n&#8217;avait pour but que d&#8217;\u00e9viter une &#8221; concurrence d\u00e9loyale &#8221; des \u00e9tablissements publics par rapport aux priv\u00e9s. La deuxi\u00e8me est n\u00e9cessaire pour permettre le recours au secteur priv\u00e9 dans les \u00e9tablissements publics. Mais comme on le voit, les propositions vont plus loin qu&#8217;une &#8221; collaboration &#8221; public &#8211; priv\u00e9, puisqu&#8217;il est question d&#8217;\u00e9tablissements purement priv\u00e9s.<br \/>\nIl faut \u00e9videmment que les investisseurs potentiels connaissent les situations locales afin d&#8217;y adapter leurs strat\u00e9gies. Ils peuvent compter sur la BM. Ainsi la SFI (Soci\u00e9t\u00e9 de Financement International), une succursale de la BM, a organis\u00e9 \u00e0 Washington en juin 1999 une conf\u00e9rence au titre \u00e9vocateur : &#8221; Opportunit\u00e9s d&#8217;investissements dans l&#8217;\u00e9ducation priv\u00e9e dans les pays en voie de d\u00e9veloppement &#8220;. Elle a \u00e9galement mis sur pied le service Edinvest  qui &#8221; fournit des informations pour rendre possibles les investissements priv\u00e9s \u00e0 grande \u00e9chelle &#8221; (4). La BM a aussi mis en route la Privatization Link, charg\u00e9e de &#8221; fournir des informations sur les privatisations dans les pays en voie de d\u00e9veloppement \u00e0 l&#8217;adresse des professionnels de la privatisation (!) dans le monde entier &#8221; (5). Et les objectifs sont clairs : &#8221; Mon propre sentiment est que le potentiel de rendement et de profit sur les investissements dans l&#8217;\u00e9ducation est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 (\u2026) nous pensons que c&#8217;est l\u00e0 v\u00e9ritablement l&#8217;industrie de la prochaine d\u00e9cennie &#8221; d\u00e9clare Javed Hamid, responsable de la SFI pour l&#8217;Asie de l&#8217;Est et le Pacifique. Autrement dit : il y aura encore plus d&#8217;exclus, plus d&#8217;in\u00e9galit\u00e9s dans l&#8217;acc\u00e8s aux savoirs, mais c&#8217;est le prix \u00e0 payer pour augmenter les profits. Sans compter que le processus aura in\u00e9vitablement une autre cons\u00e9quence d\u00e9sastreuse : dans les mains du priv\u00e9, seuls les savoirs &#8221; utiles &#8221; subsisteront. Utiles pour la production s&#8217;entend. L&#8217;instrumentalisation de l&#8217;\u00e9cole sera donc in\u00e9vitable si le processus n&#8217;est pas arr\u00eat\u00e9. Des pans entiers des diff\u00e9rentes cultures et des savoirs accumul\u00e9s par l&#8217;humanit\u00e9 risquent bien de dispara\u00eetre. Ainsi d&#8217;ailleurs qu&#8217;une grande partie de l&#8217;histoire des Hommes. En plus des in\u00e9galit\u00e9s, c&#8217;est \u00e0 une catastrophe intellectuelle et culturelle que la marchandisation nous pr\u00e9pare. Or, de quel enseignement ont besoin les peuples du Tiers Monde ? En r\u00e9alit\u00e9, les jeunes du Nord et du Sud ont les m\u00eames besoins \u00e9ducatifs. Ils doivent pouvoir acqu\u00e9rir les bases n\u00e9cessaires pour trouver un emploi. Ils doivent aussi recevoir une formation g\u00e9n\u00e9rale pouss\u00e9e, afin de ma\u00eetriser au mieux les diff\u00e9rents aspects, naturels, technologiques, artistiques, litt\u00e9raires ou historiques du monde dans lequel nous vivons. Mais il est aussi de leur int\u00e9r\u00eat collectif qu&#8217;ils d\u00e9couvrent les m\u00e9canismes d&#8217;exploitation mis en place par les puissances du Nord aux \u00e9poques coloniales et  n\u00e9ocoloniales. C&#8217;est important pour les jeunes du monde entier. Mais pour ceux du Sud, cet apprentissage est fondamental. Non seulement pour retrouver leur dignit\u00e9 collective, en d\u00e9couvrant leur apport crucial au d\u00e9veloppement de pays occidentaux qui ont le culot de se poser maintenant en donneurs de le\u00e7ons. Mais \u00e9galement pour disposer des outils intellectuels n\u00e9cessaires pour s&#8217;opposer au n\u00e9o-colonialisme et \u00e0 la mainmise occidentale sur leurs \u00e9conomies. Il y a fort \u00e0 parier qu&#8217;ils ne puissent compter sur un enseignement -aux mains des multinationales &#8211; pour atteindre cet objectif \u2026<\/p>\n<p><strong>Quel choix ?<\/strong><\/p>\n<p>On r\u00e9torquera \u00e9videmment que les pays du Sud ne sont pas oblig\u00e9s de vendre leur enseignement. Qu&#8217;ils peuvent faire le choix d&#8217;un enseignement public et d\u00e9mocratique. La BM en tout cas ne veut pas en entendre parler : &#8221; La question vitale maintenant n&#8217;est pas de savoir si des acteurs non gouvernementaux vont jouer un r\u00f4le croissant dans l&#8217;\u00e9ducation &#8211; cela est d\u00e9sormais certain &#8211; mais de voir comment ces d\u00e9veloppements peuvent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans les strat\u00e9gies globales des nations &#8221; (6). Et elle dispose d&#8217;arguments pour convaincre : &#8221; Les pays qui sont dispos\u00e9s \u00e0 adopter, pour l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur, un cadre l\u00e9gislatif et r\u00e9glementaire favorisant une structure institutionnelle diff\u00e9renci\u00e9e et une base de ressources diversifi\u00e9e, o\u00f9 le secteur priv\u00e9 interviendra davantage au niveau de l&#8217;enseignement et du financement, continueront \u00e0 recevoir la priorit\u00e9 &#8221; (7). Traduction : si vous ne suivez pas nos &#8221; recommandations &#8220;, nous vous coupons les vivres ! Et on retrouve ici le m\u00e9canisme de la dette comme diktat vis \u00e0 vis des pays du Tiers Monde. Si ceux-ci veulent \u00e9viter de se soumettre \u00e0 ces diktats, il leur reste en effet un choix. Un choix crucial. Celui de refuser les r\u00e8gles injustes de l&#8217;\u00e9conomie capitaliste mondiale et de penser au d\u00e9veloppement et aux int\u00e9r\u00eats de leur propre population. Ce choix n&#8217;est pas facile tant les pressions sont \u00e9normes. Des exemples existent n\u00e9anmoins, comme le montre l&#8217;article consacr\u00e9 \u00e0 Cuba. Plus ces exemples se multiplieront, plus ces pays pourront collaborer entre eux et plus ils pourront se d\u00e9fendre face \u00e0 l&#8217;arrogance imp\u00e9rialiste du Nord. Il est vrai aussi que les progressistes du Nord peuvent les soutenir. La meilleure mani\u00e8re de le faire \u00e9tant sans nul doute de s&#8217;opposer \u00e0 l&#8217;imp\u00e9rialisme de leurs propres dirigeants. Mais aussi de s&#8217;opposer au processus de marchandisation en cours chez eux afin de gripper le rouleau compresseur.<\/p>\n<p>(1)\t: Priorit\u00e9s et Strat\u00e9gies pour l&#8217;\u00e9ducation, The International Bank for Reconstruction and Development, 95<br \/>\n(2)\t : ibidem<br \/>\n(3)\t : ibidem<br \/>\n(4)\t : Education sector strategy ; World Bank, 07\/99<br \/>\n(5)\t : <br \/>\n(6)\t : Education sector strategy, op cit<br \/>\n(7)\t : Priorit\u00e9s et strat\u00e9gies pour l&#8217;\u00e9ducation, op cit<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous l&#8217;\u00e9crivions dans l&#8217;introduction, la Banque Mondiale (BM) d\u00e9nonce depuis trois ou quatre ann\u00e9es la situation alarmante de l&#8217;alphab\u00e9tisation dans nombre de pays dits en &#8221; voie de d\u00e9veloppement &#8220;. Ce faisant, elle stigmatise l&#8217;\u00e9chec criant des politiques \u00e9ducatives de ces pays. Mais pourquoi la BM prend-elle position sur ces questions ? 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