{"id":1981,"date":"2012-07-06T22:21:04","date_gmt":"2012-07-06T21:21:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=1981"},"modified":"2012-07-06T22:21:04","modified_gmt":"2012-07-06T21:21:04","slug":"ecrivains-en-classe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2012\/07\/06\/ecrivains-en-classe\/","title":{"rendered":"Ecrivains en classe"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L\u2019enjeu de la lecture est une \u00e9vidence. Comme l\u2019est son rejet par bon nombre d\u2019adolescents. Voici la br\u00e8ve relation d\u2019une exp\u00e9rience, tr\u00e8s modeste, mais encourageante, men\u00e9e en 2011 avec le soutien du dispositif \u00ab Ecrivains en classe \u00bb. C\u2019est le Li\u00e9geois Luc Baba, pour son roman Clandestins, qu\u2019a rencontr\u00e9 une classe de 3e qualification en \u00e9lectrom\u00e9canique. Une exp\u00e9rience reconduite en 2012. Pour combien de temps encore ? En effet, &#8220;crise&#8221; &#8220;oblige&#8221;, le politique resserre les cordons de la bourse&#8230;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1980\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/arton1470.jpg\" width=\"400\" height=\"578\" srcset=\"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/arton1470.jpg 400w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/arton1470-208x300.jpg 208w, https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/arton1470-291x420.jpg 291w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/p>\n<h2>La lecture en classe et la rencontre<\/h2>\n<p>Plantons d\u2019abord le d\u00e9cor : un groupe d\u2019une dizaine d\u2019\u00e9l\u00e8ves, dans une \u00e9cole tr\u00e8s avanc\u00e9e\u2026 sur la voie de la ghetto\u00efsation. Un \u00ab groupe \u00bb classe tr\u00e8s d\u00e9cevant sur les plans humain et scolaire : rapport ex\u00e9crable au travail scolaire, groupe tr\u00e8s dissip\u00e9, divis\u00e9 en presque autant de clans qu\u2019il compte d\u2019individus, beaucoup de gamineries. Les relations p\u00e9dagogiques sont souvent plus que tendues. Les heures de cours fr\u00e9quemment des impasses.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e, toute simple : \u00ab au point o\u00f9 on en est \u00bb, peut-\u00eatre que la lecture de ce roman-l\u00e0 fera \u00e9cho chez les \u00e9l\u00e8ves. En effet, Luc Baba y \u00e9voque \u00e0 la fois le parcours d\u2019une jeune r\u00e9fugi\u00e9e kosovare (un r\u00e9cit authentique qu\u2019il a recueilli aupr\u00e8s de l\u2019int\u00e9ress\u00e9e, l\u2019une de ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 lui), et la vie de quelques ados vivant dans un quartier populaire de Li\u00e8ge (un v\u00e9cu proche de celui de mes \u00e9l\u00e8ves \u00e0 moi). Dans un style aussi d\u00e9pouill\u00e9 que po\u00e9tique et teint\u00e9 d\u2019humour. L\u2019auteur est une connaissance, sans doute acceptera-t-il, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de rencontrer le groupe. Voil\u00e0 pour les termes du pari.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode ? Rien d\u2019alambiqu\u00e9. L\u2019essentiel de la lecture du roman s\u2019est fait en classe. Le plus souvent, je lisais moi-m\u00eame, parfois les \u00e9l\u00e8ves chacun \u00e0 tour de r\u00f4le (mais alors, \u00e7a devenait vite chaotique \u2013 eh oui, en 3e secondaire, avec des \u00e9l\u00e8ves qui ont pourtant tous le CEB\u2026) Lecture ponctu\u00e9e de quelques questions de compr\u00e9hension. Au cours de sciences humaines, quelques rudiments g\u00e9ographiques et historiques sur le Kosovo. <\/p>\n<p>Au terme de la lecture, un questionnaire de synth\u00e8se o\u00f9 il est notamment demand\u00e9 \u00e0 chacun de formuler des critiques \u2013positives et\/ou n\u00e9gatives- sur l\u2019ouvrage, et des questions qui seront pos\u00e9es au romancier quand il nous rendra visite.<\/p>\n<p>La rencontre apporte un plus incontestable ! Essentiellement un rapprochement entre deux soci\u00e9t\u00e9s qui se c\u00f4toient peu. Quand j\u2019ai \u00e9mis pour la premi\u00e8re fois en classe l\u2019id\u00e9e de rencontrer l\u2019auteur du livre qu\u2019ils tenaient en main, les \u00e9l\u00e8ves doutaient du fait m\u00eame que je pus conna\u00eetre personnellement un \u00e9crivain. Et qui fut vivant, de surcro\u00eet ! Car \u00e0 leurs yeux, je caricature \u00e0 peine, un auteur publi\u00e9 est forc\u00e9ment d\u00e9j\u00e0 mort et enterr\u00e9\u2026 et tout aur\u00e9ol\u00e9 de gloire. Alors, l\u2019arriv\u00e9e de Luc en baskets, jeans et t-shirt fut un choc, comme sa disponibilit\u00e9, le fait qu\u2019il n\u2019\u00e9lude aucune question, qu\u2019il d\u00e9voile les raisons existentielles qui ont fait de lui un \u00e9crivain. Les questions auront port\u00e9 sur le r\u00e9cit (la part du r\u00e9el et celle de l\u2019imaginaire), sur le travail d\u2019\u00e9criture (quand, comment, dans quelles conditions) et les raisons qui poussent \u00e0 \u00e9crire. Tous n\u2019auront pas mordu \u00e0 pleines dents dans l\u2019occasion qui s\u2019offrait \u00e0 eux. Mais quelques-uns, oui. C\u2019\u00e9tait gagn\u00e9.<\/p>\n<h2>Luc BABA, <em>Clandestins<\/em> <\/p>\n<p>Quelques exploitations possibles<\/h2>\n<p>\u00ab <em>Mai 1998. L\u2019alerte est donn\u00e9e dans un village du Kosovo o\u00f9 Serbes et Albanais s\u2019\u00e9pient depuis de longs mois. Les soldats sont \u00e0 une demi-heure de route. Aussit\u00f4t entass\u00e9s sur des remorques, Vahide et les siens fuient vers le nord. Loin de l\u00e0, dans une banlieue triste, Antoine tue le temps, r\u00eavant \u00e0 peine entre les jours d\u2019\u00e9cole, jusqu\u2019\u00e0 ce soir d\u2019hiver o\u00f9 Vahide s\u2019installe dans son quartier au terme d\u2019un exil infernal. Boulevers\u00e9s par son t\u00e9moignage, Antoine et sa bande se rallient \u00e0 la cause de la jeune femme, allant jusqu\u2019\u00e0 planifier une fausse prise d\u2019otage pour demander sa lib\u00e9ration d\u2019un centre ferm\u00e9. <\/em> \u00bb <\/p>\n<p>Roman publi\u00e9 en 2006, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 2009 chez Mijade, Namur, dans la collection Zone J. 189 p, 7,00 \u20ac.<\/p>\n<p>Outre la rencontre avec l\u2019auteur, il m\u2019a sembl\u00e9 int\u00e9ressant de travailler l\u2019esprit critique des \u00e9l\u00e8ves en leur faisant comparer deux versions de l\u2019histoire r\u00e9cente du Kosovo. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, celle du <em>Petit Larousse illustr\u00e9<\/em>, unilat\u00e9rale (version officielle tendance nationaliste albanaise) et celle du <em>Monde diplomatique<\/em> de mars 2011 (mentionnant aussi les exactions des nationalistes et la reconnaissance encore tr\u00e8s partielle de l\u2019Etat kosovar). Je leur ai demand\u00e9 d\u2019\u00e9mettre des hypoth\u00e8ses sur les causes de ces deux fa\u00e7ons de pr\u00e9senter les choses.<\/p>\n<p>Autre d\u00e9veloppement possible : un travail sur la question des clandestins dans la soci\u00e9t\u00e9 belge. L\u2019approche litt\u00e9raire, par laquelle les \u00e9l\u00e8ves se sont identifi\u00e9s \u00e0 une \u00ab sans-papiers \u00bb, est un levier int\u00e9ressant. Int\u00e9ressant, mais insuffisant, bien s\u00fbr : il faut aussi tout un travail sur les r\u00e9alit\u00e9s (politiques, sociales, \u00e9conomiques) et le choix de soci\u00e9t\u00e9, solidaire ou x\u00e9nophobe\u2026<\/p>\n<h2>Le dispositif \u00ab Ecrivains en classe \u00bb, menac\u00e9 par l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 ?<\/h2>\n<p>C\u2019est l\u2019intervention financi\u00e8re de la F\u00e9d\u00e9ration Wallonie &#8211; Bruxelles qui permet aux auteurs de venir gracieusement dans les classes. Le Service de la Promotion des Lettres d\u00e9veloppe cette action vers les \u00e9coles de l&#8217;enseignement secondaire, tous r\u00e9seaux confondus, depuis une dizaine d&#8217;ann\u00e9es. Ainsi, les \u00e9crivains peuvent se frotter aux \u00e9coliers, leur parler de leur travail litt\u00e9raire ou les accompagner dans un projet d&#8217;\u00e9criture.<br \/>\nA noter : parall\u00e8lement \u00e0 ce programme, un centre de documentation est install\u00e9 au sein de la Promotion des Lettres et propose une vaste documentation sur nos auteurs.<br \/>\nUne connexion \u00e0 la page ci-dessous vous donnera \u00e9galement acc\u00e8s aux sites et autres blogs anim\u00e9s par les auteurs. Des fiches p\u00e9dagogiques \u00e0 l&#8217;usage des enseignants y sont \u00e9galement propos\u00e9es.<\/p>\n<p>Seulement voil\u00e0, &#8220;crise&#8221; &#8220;oblige&#8221; (c&#8217;est \u00e0 dessein que nous mettons entre guillemets distinctement les deux termes de l&#8217;expression), le politique resserre les cordons de la bourse, en limitant le nombre de rencontres et leur dur\u00e9e. A pr\u00e9sent, les enseignants doivent demander <em>\u00e0 l&#8217;avance<\/em> un document \u00e0 compl\u00e9ter, qui doit parvenir \u00e0 Christian Libens dans le courant de la semaine qui pr\u00e9c\u00e8de la rencontre, une copie de ce document devant \u00eatre envoy\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9crivain.<br \/>\nChaque auteur a le droit de rencontrer 30 classes par ann\u00e9e civile, \u00e0 raison d&#8217;une heure par classe, pas plus. Le droit du moins d&#8217;\u00eatre d\u00e9fray\u00e9 pour ces heures-l\u00e0.<\/p>\n<p>Internet : http:\/\/www.promotiondeslettres.cfwb.be\/index.php?id=1373<\/p>\n<p><em>Contact : Christian Libens<\/p>\n<p>T\u00e9l. 02\/413.23.19 &#8211; 0477\/350.943<\/p>\n<p>Boulevard L\u00e9opold II, 44 \u00e0 1080 Bruxelles<\/p>\n<p>christian.libens@cfwb.be <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019enjeu de la lecture est une \u00e9vidence. Comme l\u2019est son rejet par bon nombre d\u2019adolescents. Voici la br\u00e8ve relation d\u2019une exp\u00e9rience, tr\u00e8s modeste, mais encourageante, men\u00e9e en 2011 avec le soutien du dispositif \u00ab Ecrivains en classe \u00bb. C\u2019est le Li\u00e9geois Luc Baba, pour son roman Clandestins, qu\u2019a rencontr\u00e9 une classe de 3e qualification en \u00e9lectrom\u00e9canique. Une exp\u00e9rience reconduite en 2012. Pour combien de temps encore ? En effet, &#8220;crise&#8221; &#8220;oblige&#8221;, le politique resserre les cordons de la bourse&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1980,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-1981","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1981","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1981"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1981\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1980"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1981"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1981"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1981"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}