{"id":1766,"date":"2011-05-30T11:45:57","date_gmt":"2011-05-30T10:45:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=1766"},"modified":"2011-05-30T11:45:57","modified_gmt":"2011-05-30T10:45:57","slug":"malaise-dans-leducation-musicale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2011\/05\/30\/malaise-dans-leducation-musicale\/","title":{"rendered":"Malaise dans l&#8217;\u00e9ducation (musicale)"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">\u00ab Quel mauvais souvenir j&#8217;ai de mes cours de musique ! Le prof nous apprenait \u00e0 jouer de la fl\u00fbte, \u00e7a sonnait faux, c&#8217;\u00e9tait vraiment cacophonique ! \u00bb Que de fois aurai-je entendu de tels propos&#8230; Il semblerait que l&#8217;enseignement de la musique \u00e0 l&#8217;\u00e9cole ait laiss\u00e9 ce genre de souvenirs pas nostalgiques \u00e0 une majorit\u00e9 d&#8217;entre nous. C&#8217;est pour cela que j&#8217;avais banni la fl\u00fbte \u00e0 bec de mes cours apr\u00e8s quelques mois d&#8217;essais infructueux, d\u00e8s 1989, pour essayer autre chose de plus captivant : partir \u00e0 la d\u00e9couverte de sa voix (et de sa voie, par la m\u00eame occasion). Vingt ans plus tard, le constat est d\u00e9sabus\u00e9.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1765\" src=\"http:\/\/www.skolo.org\/CM\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/arton1331.jpg\" width=\"144\" height=\"73\" \/><\/p>\n<p>\u00ab Comme il y a des usines d\u00e9saffect\u00e9es, il y a des adolescents d\u00e9saffect\u00e9s, souffrant d&#8217;une saturation affective qui a \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9e par une guerre : la guerre esth\u00e9tique induite par le contr\u00f4le des affects et la soumission des technologies aux imp\u00e9ratifs du contr\u00f4le comportemental, lui-m\u00eame soumis aux prescriptions du marketing, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 la diffusion de ces modes d&#8217;emploi qui d\u00e9truisent les savoir-vivre. \u00bb<br \/>\nBernard Stiegler (1)<\/p>\n<p>\u00ab On veut un paysage culturel us-am\u00e9ricain, c&#8217;est-\u00e0-dire industriel et lunaire. \u00bb<br \/>\nMichel Weber (2)<\/p>\n<p>\u00ab [Or], ce qui pla\u00eet au plus grand nombre, ce qui est acceptable par l&#8217;opinion publique n&#8217;est pas forc\u00e9ment bon du point de vue moral. [&#8230;] Les nouvelles technologies nous s\u00e9duisent et nous droguent : elles suscitent l&#8217;addiction plus que la r\u00e9flexion. \u00bb<br \/>\nBernadette Bensaude-Vincent (3)<\/p>\n<p>\u00ab Quel mauvais souvenir j&#8217;ai de mes cours de musique ! Le prof nous apprenait \u00e0 jouer de la fl\u00fbte, \u00e7a sonnait faux, c&#8217;\u00e9tait vraiment cacophonique ! \u00bb Que de fois aurai-je entendu de tels propos&#8230; Il semblerait que l&#8217;enseignement de la musique \u00e0 l&#8217;\u00e9cole ait laiss\u00e9 ce genre de souvenirs pas nostalgiques \u00e0 une majorit\u00e9 d&#8217;entre nous. C&#8217;est pour cela que j&#8217;avais banni la fl\u00fbte \u00e0 bec de mes cours apr\u00e8s quelques mois d&#8217;essais infructueux, d\u00e8s 1989, pour essayer autre chose de plus captivant : partir \u00e0 la d\u00e9couverte de sa voix (et de sa voie, par la m\u00eame occasion). Vingt ans plus tard, le constat est d\u00e9sabus\u00e9. Non que les professeurs de musique seraient moins comp\u00e9tents ou moins motiv\u00e9s qu&#8217;avant, mais la fa\u00e7on qu&#8217;ont les jeunes d&#8217;appr\u00e9hender le ph\u00e9nom\u00e8ne musical a fondamentalement chang\u00e9. On peut supposer que cela fait partie des signes d&#8217;une mutation anthropologique globale vers un type d&#8217;\u00eatre (post ?)humain enti\u00e8rement livr\u00e9 au macro-syst\u00e8me technique et \u00e0 la pression \u00e9volutive qui en font une cr\u00e9ature hors-sol vivant dans un pr\u00e9sent \u00e0 la fois \u00e9ternel et obsolescent (4). Par l\u00e0 m\u00eame, l&#8217;\u00e9coute et la pratique musicales s&#8217;en trouvent aussi affect\u00e9es. Flash-back. Au d\u00e9but des ann\u00e9es &#8216;70, lorsque je passais mes journ\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9cole primaire, \u00e9couter un bon vieux disque vinyle en classe repr\u00e9sentait encore une exp\u00e9rience sp\u00e9ciale et m\u00eame un \u00e9v\u00e9nement pour ceux d&#8217;entre nous dont les parents ne poss\u00e9daient pas de tourne-disque \u00e0 la maison. Adolescents, nous commencions \u00e0 acheter des 33 tours avec notre argent de poche et les \u00e9coutions religieusement dans notre chambre. Puis vint le temps des premiers concerts. Quand arriva la num\u00e9risation de la musique avec le compact disc, en 1984\/85, je quittais les bancs de l&#8217;universit\u00e9. Quelques ann\u00e9es plus tard, je me retrouvais professeur de musique \u00e0 l&#8217;\u00e9cole secondaire.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 la d\u00e9marche p\u00e9dagogique, il faut n\u00e9cessairement prendre en compte les <em>conditions de l&#8217;\u00e9ducation<\/em>, nous rappellent Marcel Gauchet, Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi dans un essai au titre \u00e9ponyme (5). Car est r\u00e9volu le temps de la recette p\u00e9dagogique appropri\u00e9e qui vous ouvrait toutes grandes les portes de la motivation des \u00e9l\u00e8ves. Que vous soyez un enseignant enthousiaste et comp\u00e9tent n&#8217;y changera pas grand-chose. La th\u00e8se de cet article, quelque peu provocatrice, est la suivante : enseigner la musique au premier degr\u00e9 dans les \u00e9tablissements secondaires de la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise de Belgique (et d&#8217;ailleurs, probablement) est devenu une mission quasi impossible. Pour \u00e9tayer cette th\u00e8se, je me concentrerai cette fois sur les raisons extra-scolaires &#8211; les susdites conditions de l&#8217;\u00e9ducation &#8211;, tout en \u00e9tant conscient que le sous-\u00e9quipement des \u00e9tablissements et la sous-repr\u00e9sentation de l&#8217;\u00e9ducation musicale dans les grilles horaires jouent aussi leur r\u00f4le.<\/p>\n<p>Tout d&#8217;abord, le marketing et ses relais m\u00e9diatiques imposent non seulement un <em>style unique<\/em> tournant autour du hip hop (pour faire court), mais un <em>son unique<\/em>, par le recours syst\u00e9matique \u00e0 la compression (6). Ensuite, un \u00ab progr\u00e8s \u00bb technologique a boulevers\u00e9, peut-\u00eatre irr\u00e9versiblement, les conditions d&#8217;\u00e9coute, depuis dix ans : le baladeur num\u00e9rique, qui permet de stocker des milliers de morceaux que l&#8217;on peut ensuite \u00e9couter n&#8217;importe o\u00f9 et n&#8217;importe quand, au moyen des oreillettes, des heures durant, et ce jusqu&#8217;\u00e0 nonante d\u00e9cibels ! Les ados, et m\u00eame les adultes, en sont de grands consommateurs. En 2007, l&#8217;Ipod d&#8217;Apple a d\u00e9pass\u00e9 les cent millions d&#8217;unit\u00e9s vendues (7). Mais il y a pire, si je puis dire. Il n&#8217;est point besoin d&#8217;avoir des proth\u00e8ses enfonc\u00e9es dans le conduit auditif pour \u00ab profiter \u00bb pleinement du d\u00e9versoir \u00e0 musique que repr\u00e9sente de nos jours l&#8217;espace public : il y a des sonos dans les caf\u00e9s, les restaurants, les grandes surfaces, les gares, les stations de m\u00e9tro (8) et m\u00eame les rues. Les possibilit\u00e9s d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 cette \u00ab bande-son du n\u00e9olib\u00e9ralisme \u00bb, selon la juste expression du philosophe Jean-Claude Mich\u00e9a, sont de plus en plus minces. Demandez gentiment \u00e0 un cafetier de baisser l&#8217;intensit\u00e9 de sa sono, il vous regardera avec \u00e9tonnement, s&#8217;ex\u00e9cutera en tra\u00eenant les pieds, puis remontera sournoisement le volume quelques minutes plus tard en profitant de votre inattention, pour r\u00e9tablir la situation normale (sic) qu&#8217;il estime convenir \u00e0 la majorit\u00e9 des clients. Les espaces public, semi-public et priv\u00e9 \u00e9tant satur\u00e9s de musique, comment pourrait-on imaginer qu&#8217;un jeune trouve encore un quelconque int\u00e9r\u00eat dans une <em>\u00e9coute active<\/em> impos\u00e9e en classe par un professeur ? La diffusion des productions musicales &#8211; surtout celles des <em>majors<\/em> &#8211; s&#8217;est tellement banalis\u00e9e que les ados en sont blas\u00e9s et d\u00e9j\u00e0 revenus. Ne serait-ce qu&#8217;une simple question de style ? Le conformisme des \u00e9l\u00e8ves, qui les pousse \u00e0 consommer tous de la m\u00eame mani\u00e8re, ne fait de myst\u00e8re pour personne. Deux choix se pr\u00e9sentent au professeur. Soit il garde le cap de son go\u00fbt et de sa culture en leur faisant d\u00e9couvrir des idiomes moins commerciaux inconnus d&#8217;eux, avec pour objectif l&#8217;\u00e9largissement de leurs horizons ; soit, versant dans le jeunisme, il leur sert la soupe qu&#8217;ils attendent, mais en se faisant alors violence. Dans quel cas a-t-il la meilleure chance de capter leur int\u00e9r\u00eat ? Certainement pas dans le premier, car les ados, en g\u00e9n\u00e9ral, ne font pas preuve de curiosit\u00e9 intellectuelle ; pas vraiment dans le second non plus, car alors l&#8217;\u00e9coute ne peut \u00eatre active, mais distraite et m\u00e2tin\u00e9e de bavardages. D&#8217;ailleurs, comment pourrait-il en \u00eatre autrement ? D&#8217;abord, le buzz marketing rend obsol\u00e8te \u00e0 une vitesse record les nouveaux tubes, sit\u00f4t \u00e0 la mode, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9s par les suivants, concurrence entre <em>majors<\/em> oblige. Ensuite, \u00ab leur \u00bb musique n&#8217;est pas faite pour nourrir l&#8217;esprit, mais pour stimuler les sens. Sauf que les sens aussi s&#8217;\u00e9moussent vite et qu&#8217;il ne reste alors <em>plus rien<\/em> qui puisse les toucher ! D&#8217;autre part, lorsque l&#8217;enseignant fait un pas en direction des \u00e9l\u00e8ves, ce n&#8217;est pas toujours favorablement per\u00e7u, car le cadre scolaire a pour effet de rendre ennuyeux ce qui les grise \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur. Sa marge de man&#339;uvre serait \u00e9troite : trouver une hypoth\u00e9tique niche musicale ni ringarde, ni branch\u00e9e, voil\u00e0 bien un exercice ardu. <\/p>\n<p>Stimuler les sens et vider l&#8217;esprit, et ne plus faire que cela, c&#8217;est ce qui semble \u00eatre devenu le r\u00f4le psycho-social de la musique commerciale. Certes, en son temps, le rock &#038; roll stimulait aussi les sens des jeunes, mais il v\u00e9hiculait par ailleurs des valeurs alternatives \u00e0 l&#8217;\u00e9touffant mode de vie bourgeois de l&#8217;\u00e9poque et pouvait m\u00eame susciter une r\u00e9flexion politique. Alors, qu&#8217;est-ce qui a chang\u00e9 ? Depuis une vingtaine d&#8217;ann\u00e9es, l&#8217;esth\u00e9tique de la techno a impr\u00e9gn\u00e9 une bonne partie de la production musicale pris\u00e9e de la jeunesse, en particulier le rap, le R&#038;B (le faussement d\u00e9nomm\u00e9 <em>rhythm &#038; blues<\/em>) et m\u00eame la <em>world music<\/em> : rythmique obs\u00e9dante, fr\u00e9quences basses tr\u00e8s (trop) pr\u00e9sentes et compression \u00e0 tous les \u00e9tages. Les militants grenoblois de Pi\u00e8ces et Main d&#8217;&#339;uvre (PMO) se sont pench\u00e9s sur le ph\u00e9nom\u00e8ne dans un court essai, percutant comme \u00e0 l&#8217;accoutum\u00e9e. Description : \u00ab <em>La techno d\u00e9verse un flux sonore sans d\u00e9but ni fin, des jours et des nuits durant, sans jamais un instant de pause. Ses boucles sonores it\u00e9ratives tournent sur elles-m\u00eames en un pr\u00e9sent ind\u00e9finiment reproduit, tandis que ses timbres synth\u00e9tis\u00e9s ne renvoient \u00e0 aucune r\u00e9alit\u00e9. Elle supprime tout rep\u00e8re spatio-temporel au danseur, noy\u00e9 dans une masse sans contours, un temps sans pass\u00e9 ni futur &#8211; sans Histoire.<\/em> \u00bb (9) Cette fa\u00e7on de concevoir le monde sonore est en symbiose avec le culte de l&#8217;urgence propre \u00e0 la vie urbaine dans les soci\u00e9t\u00e9s industrielles avanc\u00e9es. La rave en est la concr\u00e9tisation festive. PMO ajoute encore : \u00ab <em>En privil\u00e9giant une forme impersonnelle, toujours mouvante et recompos\u00e9e, aux contours flous, qui se d\u00e9robe, en r\u00e9futant la notion d&#8217;&#339;uvre, en dissimulant celui qui la compose au profit d&#8217;une pseudo-&#8220;horizontalit\u00e9&#8221; entre \u00e9metteur et r\u00e9cepteur, bref, en s&#8217;arrachant \u00e0 tout territoire symbolique, [la techno] refuse l&#8217;expression d&#8217;une singularit\u00e9, d&#8217;une parole propre, d&#8217;un enracinement. <\/em> \u00bb (10)<\/p>\n<p>Ces r\u00e9flexions en appellent une autre, plus fondamentale, celle de la possibilit\u00e9 d&#8217;encore transmettre un h\u00e9ritage culturel aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations. Depuis pr\u00e8s de trente ans, les r\u00e9formes de la p\u00e9dagogie ont diabolis\u00e9 la transmission au profit de la construction des savoirs par les \u00ab apprenants \u00bb eux-m\u00eames, ont fait \u00ab <em>primer sur le savoir et l&#8217;\u00e9tude des &#339;uvres une culture de l&#8217;authenticit\u00e9, de l&#8217;expression de soi et de la communication<\/em> \u00bb, comme le pr\u00e9cise le philosophe Olivier Rey (11). Pourtant, un cours de musique ne sert pas seulement \u00e0 apprendre \u00e0 chanter ou \u00e0 utiliser des percussions Orff, mais \u00e0 d\u00e9velopper ses capacit\u00e9s d&#8217;\u00e9coute et de d\u00e9codage critique de la culture sonore ambiante. Or l&#8217;offre apparemment infinie de styles musicaux masque l&#8217;appauvrissement de celle-ci dans nos soci\u00e9t\u00e9s. Voyage sans retour pour les \u00ab m\u00e9lomanes \u00bb pr\u00e9sents et \u00e0 venir ? La question peut \u00eatre \u00e9largie \u00e0 l&#8217;involution g\u00e9n\u00e9rale vers une technologisation d\u00e9shumanisante et ali\u00e9nante. Elle appelle donc \u00e0 r\u00e9sister au populisme industriel et \u00e0 ce que le philosophe Slavoj Zizek appelle \u00ab <em>la fr\u00e9n\u00e9sie d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de technologie d\u00e9cha\u00een\u00e9e<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Bernard Legros<\/p>\n<p>NOTES<\/p>\n<p>(1) Bernard Stiegler &#038; Ars Industrialis, <em>R\u00e9enchanter le monde. La valeur esprit contre le populisme industriel<\/em>, Flammarion, 2006, p. 94.<\/p>\n<p>(2) Michel Weber, <em>Eduquer (\u00e0) l&#8217;anarchie<\/em>, Chromatika, 2008, p. 224.<\/p>\n<p>(3) Bernadette Bensaude-Vincent, <em>Les vertiges de la technoscience. Fa\u00e7onner le monde atome par atome<\/em>, La D\u00e9couverte, 2009, p. 174.<\/p>\n<p>(4) Cf. St\u00e9phen Kerckhove, <em>La dictature de l&#8217;imm\u00e9diatet\u00e9. Sortir du pr\u00e9sentialisme<\/em>, Yves Michel, 2010 ; Jacques Testart, \u00ab Vers l&#8217;homme augment\u00e9 ? \u00bb in <em>Le Sarkophage<\/em> n\u00b0 24, mai-juillet 2011, p. 12.<\/p>\n<p>(5) Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet, Dominique Ottavi, <em>Conditions de l&#8217;\u00e9ducation<\/em>, Stock, 2008. Ils y \u00e9crivent : \u00ab <em>Avant d&#8217;entreprendre de redonner aux savoirs un sens qui n&#8217;appara\u00eet plus, il convient d&#8217;analyser les composantes du milieu culturel, scientifique et technique dans lequel \u00e9voluent les \u00e9l\u00e8ves aujourd&#8217;hui et qui ont sans doute quelques r\u00e9percussions sur leur rapport au savoir.<\/em> \u00bb, pp. 114 &#038; 115.<\/p>\n<p>(6) La compression est un proc\u00e9d\u00e9 technologique quasi-g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 qui consiste \u00e0 \u00ab \u00e9craser \u00bb les fr\u00e9quences, \u00e0 r\u00e9duire la dynamique d&#8217;un enregistrement pour obtenir un effet de volume et de grain, comme \u00ab boost\u00e9s \u00bb. Mais cela au d\u00e9triment des nuances. Ainsi, les jeunes ont de grandes difficult\u00e9s \u00e0 saisir celles-ci dans une &#339;uvre de musique classique ou de jazz, styles qui \u00e9chappent encore peu ou prou \u00e0 la compression. <\/p>\n<p>(7) Cf. Vincent Rouz\u00e9, <em>Mythologie de l&#8217;Ipod<\/em>, Le Cavalier bleu, 2010.<\/p>\n<p>(8) Ainsi la STIB a diffus\u00e9 le 23 mai 2011 dans l&#8217;ensemble du r\u00e9seau du m\u00e9tro bruxellois le nouvel album de Lady Gaga ; nouvel exemple de marchandisation des services publics sous couvert d&#8217;un partenariat sympa. Cf. http:\/\/www.stib.be\/last-news.html?l=fr&#038;news_rid=\/STIB-MIVB\/INTERNET\/ACTUS\/2011-05\/WEB_Article_1305533454406.xml<\/p>\n<p>(9) Pi\u00e8ces et Main d&#8217;&#339;uvre, <em>Techno. Le son de la technopole<\/em>, L&#8217;Echapp\u00e9e, 2011, p. 24.<\/p>\n<p>(10) Op. cit., p. 49.<\/p>\n<p>(11) Olivier Rey, <em>Une folle solitude. Le fantasme de l&#8217;homme auto-construit<\/em>, Seuil, 2006, p. 266.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Quel mauvais souvenir j&#8217;ai de mes cours de musique ! Le prof nous apprenait \u00e0 jouer de la fl\u00fbte, \u00e7a sonnait faux, c&#8217;\u00e9tait vraiment cacophonique ! \u00bb Que de fois aurai-je entendu de tels propos&#8230; Il semblerait que l&#8217;enseignement de la musique \u00e0 l&#8217;\u00e9cole ait laiss\u00e9 ce genre de souvenirs pas nostalgiques \u00e0 une majorit\u00e9 d&#8217;entre nous. C&#8217;est pour cela que j&#8217;avais banni la fl\u00fbte \u00e0 bec de mes cours apr\u00e8s quelques mois d&#8217;essais infructueux, d\u00e8s 1989, pour essayer autre chose de plus captivant : partir \u00e0 la d\u00e9couverte de sa voix (et de sa voie, par la m\u00eame occasion). 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