{"id":1403,"date":"2009-11-17T18:58:19","date_gmt":"2009-11-17T17:58:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=1403"},"modified":"2017-03-02T11:41:52","modified_gmt":"2017-03-02T10:41:52","slug":"les-inscriptions-et-maintenant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2009\/11\/17\/les-inscriptions-et-maintenant\/","title":{"rendered":"Les inscriptions : et maintenant ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Voici le compte rendu de l&#8217;atelier consacr\u00e9 aux inscriptions scolaires, \u00e0 l&#8217;occasion des &#8220;Six Heures pour l&#8217;Ecole d\u00e9mocratique&#8221;, le 17 octobre 2009 \u00e0 Bruxelles. Les intervenants \u00e9taient Chantal Massaer d\u2019Infor-Jeunes Laeken, Nico Hirtt de l\u2019APED.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l\u2019intervention de Chantal Massaer<\/strong><\/p>\n<p>Infor Jeunes Laeken a men\u00e9 une campagne itin\u00e9rante sur le terrain, sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0Pour une \u00e9cole ouverte \u00e0 tous\u00a0\u00bb, avec un bus affr\u00e9t\u00e9 pour l\u2019occasion et distribution sur les march\u00e9s, notamment \u00e0 Molenbeek, d\u2019une brochure de sensibilisation des parents, pour les informer de la proc\u00e9dure en vigueur et de leurs droits \u00e0 faire respecter.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9marche a permis \u00e0 l\u2019association d\u2019aller \u00e0 la rencontre de publics qui, autrement, ne franchirait sans doute pas la porte de son antenne (situ\u00e9e tout pr\u00e8s de la place Bockstael).<br \/>\nUn travail d\u2019approche directe qui leur a fait prendre la mesure de l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0autocensure\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0d\u00e9faitisme\u00a0\u00bb par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9cole que ressentent beaucoup de parents de milieux populaires, majoritairement d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p>En effete, face aux innombrables difficult\u00e9s que ces familles pr\u00e9caris\u00e9es rencontrent au quotidien, dans l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un\u00a0logement abordable et d\u00e9cent, \u00e0 un emploi, dans la capacit\u00e9 \u00e0 boucler leur budget, \u00e0 ma\u00eetriser les arcanes administratives\u2026 la question de l\u2019\u00e9cole, aussi importante soit-elle, passe au second plan en terme de priorit\u00e9s. Il y a un peu un sentiment de \u00ab\u00a0ce n\u2019est de toute fa\u00e7on pas pour nous, on n\u2019y peut rien, on ne pourra rien changer\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mme Massaer cite le cas d\u2019une maman qui, refoul\u00e9e par plusieurs \u00e9coles o\u00f9 elle avait essuy\u00e9 des refus r\u00e9p\u00e9t\u00e9s d\u2019inscription, demandait\u00a0: \u00ab\u00a0comment puis-je encore \u00eatre cr\u00e9dible pour mon enfant\u00a0?\u00a0\u00bb. Cette m\u00e8re de famille t\u00e9moignait d\u2019une \u00e9norme frustration, doubl\u00e9e d\u2019un terrible sentiment d\u2019injustice, d\u2019autant qu\u2019elle avait d\u00fb subir non seulement ces refus, mais qui plus est n\u2019avait m\u00eame pas pu obtenir d\u2019attestation de ceux-ci.<\/p>\n<p>Une pratique de refus de d\u00e9livrance ne f\u00fbt-ce que d\u2019un accus\u00e9 de r\u00e9ception, est assez r\u00e9pandue semble-t-il, ce qui, rappelle Chantal Massaer, est totalement ill\u00e9gal. Significativement, lorsque des d\u00e9marches similaires ont \u00e9t\u00e9 entreprises par des travailleurs d\u2019Infor-Jeunes pour (et avec) des parents jusque-l\u00e0 rejet\u00e9s, les choses \u00ab\u00a0s\u2019arrangeaient\u00a0\u00bb subitement &#8211; un constat du m\u00eame type que dans les exp\u00e9riences de \u00ab\u00a0testing\u00a0\u00bb dans l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019emploi, au logement, ou aux dancings r\u00e9alis\u00e9es notamment par le MRAx.<\/p>\n<p>Chantal Massaer \u00e9voque le sentiment de discrimination et d\u2019arbitraire terrible ressenti par ces familles, mais surtout et d\u2019abord par les jeunes qui en sont directement victimes. Un sentiment d\u2019autant plus grave qu\u2019il est le fait de l\u2019\u00e9cole, laquelle pr\u00f4ne par ailleurs des valeurs de justice, d\u2019\u00e9galit\u00e9, de tol\u00e9rance, de vivre ensemble\u2026 Un double discours qui a des effets pervers et m\u00eame contre-productifs ravageurs. Comme le dit Chantal Massaer\u00a0: \u00ab\u00a0Allez vous en d\u00e9fendre et promouvoir ces valeurs, quand la pratique de ces \u00e9tablissements les d\u00e9mentit aussi radicalement. On pourra tenir tous les discours qu\u2019on voudra, si les faits les contredisent, cela restera des mots\u00a0pour ces jeunes, qui jugent sur les actes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Parmi les autres pratiques \u00ab\u00a0dissuasives\u00a0\u00bb subies par ces familles, certaines \u00e9coles demandent le bulletin des enfants pour arguer de r\u00e9sultats insuffisants comme justification parfois d\u2019un refus pur et simple (encore une fois un comportement tout \u00e0 fait interdit par la loi), ou, plus souvent et subtilement, pour \u00ab\u00a0d\u00e9conseiller\u00a0\u00bb aux parents de les y inscrire.<br \/>\nCela, soi-disant dans leur propre int\u00e9r\u00eat et \u00ab\u00a0pour le bien de leurs enfants \u00bb, en leur expliquant que ceux-ci ne \u00ab\u00a0pourraient pas suivre, vu leur niveau\u00a0\u00bb. Dans le m\u00eame registre, parfois combin\u00e9e \u00e0 cette premi\u00e8re \u00ab intimidation\u00a0\u00bb, on met en garde les parents contre les frais et (sur)co\u00fbts des activit\u00e9s parascolaires (voire scolaires\u00a0: contributions demand\u00e9es pour du mat\u00e9riel, de la documentation\u2026), les excursions, les classes vertes ou de neige, etc.<\/p>\n<p>Mme Massaer y voit la d\u00e9monstration que si la mixit\u00e9 scolaire se r\u00e9sume \u00e0 un \u00ab\u00a0saupoudrage\u00a0\u00bb, elle sera presque toujours un \u00e9chec, la petite minorit\u00e9 d\u2019enfants des milieux populaires admis du bout des l\u00e8vres dans ces \u00e9coles s\u2019y retrouvant de facto \u00ab\u00a0noy\u00e9s\u00a0\u00bb et en porte-\u00e0-faux, en d\u00e9calage complet avec l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 d\u2019 \u00e9l\u00e8ves issus de classes moyennes ou sup\u00e9rieures, dot\u00e9s d\u2019un statut \u00ab\u00a0dominant\u00a0\u00bb. Et de citre l\u2019anecdote de cet \u00e9l\u00e8e qui s\u2019\u00e9tait invent\u00e9 des vacances en Gr\u00e8ce, pour ne pas \u00ab\u00a0se taper la honte\u00a0\u00bb, face \u00e0 ses condisciples coutumiers de voyages vers des destinations aussi exotiques que prestigieuses.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, elle plaide pour que l\u2019esprit comme la lette du D\u00e9cret mixit\u00e9 soient respect\u00e9s, \u00e0 savoir l\u2019objectif de 15 \u00e0 20 % d\u2019enfants moins favoris\u00e9s, venus de ZEP, inscrits dans ces \u00e9coles.<\/p>\n<p>Elle insiste sur le (res)sentiment de honte, d\u2019humiliation et de souffrance de ces familles vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9cole. Honte qui se traduit notamment par la difficult\u00e9 et la r\u00e9ticence des parents en question pour t\u00e9moigner publiquement de ce qu\u2019ils subissent, notamment dans les m\u00e9dias. Suite \u00e0 sa campagne, Infor-Jeunes Laeken a plus d\u2019une fois \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9e par la radio ou la TV, \u00e0 la recherche de t\u00e9moignages des principaux int\u00e9ress\u00e9s \u00e9tayant les accusations de l\u2019association.<\/p>\n<p>Mais, pour reprendre l\u2019image audacieuse de Mme Massaer, tout comme peu de gens t\u00e9moigneront volontiers avoir pu \u00e9viter de contracter le sida, ou au contraire en \u00eatre atteints, rares sont les parents qui reconna\u00eetront face \u00e0 une cam\u00e9ra avoir \u00e9t\u00e9 victimes de telles discriminations (outre qu\u2019ils peuvent craindre que cette \u00ab\u00a0exposition\u00a0\u00bb ne les stigmatisent personnellement encore plus, et les handicape dans la recherche d\u2019une solution pour leurs enfants).<\/p>\n<p>Aussi, Infor-Jeunes Laeken a d\u00fb en quelque sorte jouer le r\u00f4le d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0interface\u00a0\u00bb entre ces familles et les m\u00e9dias, mais son discours \u00e9tant moins \u00ab\u00a0spectaculaire\u00a0\u00bb et direct, cela n\u2019int\u00e9ressait que tr\u00e8s m\u00e9diocrement les journalistes. Elle appelle en cons\u00e9quence \u00e0 une r\u00e9flexion sur des m\u00e9thodes permettant de briser cette \u00ab\u00a0invisibilit\u00e9\u00a0\u00bb qui frappe les milieux en butte \u00e0 ces disrciminations.<\/p>\n<p>Un dernier constat qu\u2019elle livre en guise de conclusion\u00a0: les \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 de fa\u00e7on chiffr\u00e9e que, parmi les parents qui ont d\u00e9pos\u00e9 des recours dans le cadre des deux d\u00e9crets successifs, l\u2019essentiel \u00e9tait le fait de familles ais\u00e9es et des quartiers bourgeois, et cela dans un rapport de un \u00e0 douze (pour cent), compar\u00e9 aux recours introduits par des familles socialement plus modestes. Une disproportion qui se passe de commentaires.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 de l&#8217;intervention de M. Nico Hirtt<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Ceci n&#8217;est qu&#8217;un \u00e9bauche ne reprenant que quelques points saillants, ayant renonc\u00e9 \u00e0 prendre note vu la richesse de l&#8217;expos\u00e9 et la documentation abondante accessible aupr\u00e8s de Nico Hirtt. Pour + de d\u00e9tail, je renvoie aux slides qui lui ont servi de base et aux autres textes qu&#8217;il a publi\u00e9s.<\/p>\n<p>Il a centr\u00e9 son expos\u00e9 sur trois aspects : les admissions, la libert\u00e9 de choix et les in\u00e9galit\u00e9s sociales.<\/p>\n<p>Selon lui, le probl\u00e8me avec les deux d\u00e9crets est qu&#8217;ils r\u00e9gulent mais ne r\u00e9duisent pas le \u00ab\u00a0march\u00e9 scolaire\u00a0\u00bb, qu&#8217;ils visent simplement \u00e0 plus d&#8217;\u00e9galit\u00e9. L&#8217;objectif \u00e9tant en principe que tout le monde ait acc\u00e8s aux m\u00eames chances, mais cela reste purement formel : que tout le monde ne fasse pas les files devant les m\u00eames \u00e9coles.<\/p>\n<p>Sur le principe, il est favorable au syst\u00e8me de carte scolaire, mais r\u00e9alistement, il ne le pr\u00f4ne pas comme un objectif imm\u00e9diat, vu le rapport de forces actuel, le poids pr\u00e9pond\u00e9rant de la classe moyenne majoritaire et les sp\u00e9cificit\u00e9s historiques belges. Pour lui, son introduction doit donc \u00eatre progressive, d&#8217;abord au niveau primaire, du 1er degr\u00e9 autonome, durant minium trois ans.<\/p>\n<p>Comme en Finlande, o\u00f9 l&#8217;on a agit en deux temps. On a d&#8217;abord demand\u00e9 aux parents leur choix, puis on a pris en compte deux crit\u00e8res : le regroupement des fratries et la localisation g\u00e9ographique. Le tout visant \u00e0 un maximum de mixit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>N. Hirtt sugg\u00e8re une proc\u00e9dure \u00e9galement en plusieurs temps : on commencerait par le choix \u00ab\u00a0philosophique\u00a0\u00bb demander aux parents s&#8217;ils accepteraient de placer leurs enfants dans une \u00e9cole confessionnelle.<\/p>\n<p>[mes notes s&#8217;interrompent l\u00e0, ayant pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 me concentrer sur le power point projet\u00e9\u2026]<\/p>\n<p><strong>D\u00e9bat<\/strong><\/p>\n<p>Un directeur de coll\u00e8ge bruxellois intervient pour mettre en garde contre une g\u00e9n\u00e9ralisation abusive de certains constats, notamment en termes de refus d&#8217;inscription discutables voire ill\u00e9gaux, mais affirme que beaucoup de directions d&#8217;\u00e9tablissement font correctement leur travail. Personnellement, il n&#8217;a jamais refus\u00e9 quiconque, encore moins sur une base sociale, et met au d\u00e9fi qu&#8217;on le prenne en d\u00e9faut sous cet angle. De plus, il rappelle que les \u00e9coles catholiques ne sont pas purement priv\u00e9es, puisqu&#8217;elles sont subsidi\u00e9es et ont un contr\u00f4le en mati\u00e8re de programme, o\u00f9 elles ne font pas \u00ab\u00a0ce qu&#8217;elles veulent\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Par contre, il revendique la libert\u00e9 des directions, \u00e0 laquelle il est tr\u00e8s attach\u00e9.<\/p>\n<p>Une jeune enseignante se dit au contraire tr\u00e8s heureuse de la radicalit\u00e9 du discours, tant de Chantal Massaer que, plus encore, de Nico Hirtt, dont les graphiques et la d\u00e9monstration chiffr\u00e9e prouve qu&#8217;il y a bien des in\u00e9galit\u00e9s \u00ab\u00a0organis\u00e9es\u00a0\u00bb. Elle dit son \u00ab\u00a0\u00e9coeurement\u00a0\u00bb face au battage et au traitement m\u00e9diatique de la probl\u00e9matique des inscriptions, surtout de la part de RTL.<br \/>\nChantal Massaer ne dispose pas de chiffres comme ceux de Nico Hirtt, mais ceux-ci lui paraissent suffisamment \u00e9loquents et correspondent largement \u00e0 son exp\u00e9rience de terrai, quant \u00e0 la non-mixit\u00e9, et aux processus menant \u00e0 l&#8217;\u00e9chec scolaire.<\/p>\n<p>Nico Hirtt revient sur le cas de la Finlande, o\u00f9 il souligne que s&#8217;il y a une grande libert\u00e9 pour les parents, ce n&#8217;est pas en termes d&#8217;inscription : il y a bel et bien un cadre tr\u00e8s rigide. 98% des enfants fr\u00e9quentent une \u00e9cole de leur quartier, ou du moins de leur commune. Et cela ne tient pas \u00e0 la qualit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale des \u00e9coles, mais au contraire au fait que cette mixit\u00e9 a permis une tr\u00e8s grande qualit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, uniform\u00e9ment r\u00e9partie.<\/p>\n<p>Par ailleurs, pr\u00e9tendre qu&#8217;en Belgique il y a une \u00ab\u00a0autonomie en mati\u00e8re de programme\u00a0\u00bb est discutable, celle-ci \u00e9tant tr\u00e8s relative, car il y a un \u00ab\u00a0socle minimum\u00a0\u00bb. Cela dit, ce dernier est d\u00e9fini de fa\u00e7on tellement vague, en termes de \u00ab\u00a0comp\u00e9tences\u00a0\u00bb, et non de savoir ni de savoir-faire, chaque \u00e9tablissement, voire chaque prof, d\u00e9cidant quasi souverainement le contenu de son cours. Mais \u00e0 l&#8217;inverse, en ce qui concerne les pratiques scolaires, le cadre est extr\u00eamement rigide, ce qui est le contraire de ce qu&#8217;il faudrait faire, selon lui.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de la s\u00e9lection en termes d&#8217;admissions, Nico Hirtt cite les chiffres d&#8217;une \u00e9tude aupr\u00e8s des directions d&#8217;\u00e9cole secondaire, qui d\u00e9montrent que 58% de celles-ci reconnaissent pratiquer un filtrage, dont 41% \u00ab\u00a0occasionnellement\u00a0\u00bb, 17% \u00ab\u00a0syst\u00e9matiquement\u00a0\u00bb, et 42% pas du tout (il salue le directeur qui l&#8217;a interpell\u00e9 en lui conc\u00e9dant qu&#8217;il est de ceux-l\u00e0, ce dont il est tr\u00e8s heureux).<\/p>\n<p>De plus, il n&#8217;y a pas que le r\u00f4le de la direction, d&#8217;autres aspects interviennent tout autant, comme les tableaux qu&#8217;il a montr\u00e9s dans son expos\u00e9 l&#8217;illustrent :<\/p>\n<p>le co\u00fbt des \u00e9tudes,<br \/>\nl&#8217;auto-s\u00e9lection (le r\u00f4le du choix par \u00ab\u00a0affinit\u00e9s\u00a0\u00bb, via les conseils et avis du voisinage, de la famille, qui jouent un r\u00f4le \u00e9norme d\u00e8s lors qu&#8217;il y a un \u00ab\u00a0quasi march\u00e9\u00a0\u00bb),<br \/>\nle rapport au savoir (l&#8217;auto-d\u00e9valorisation des familles populaires, sur le mode \u00ab\u00a0ce n&#8217;est pas pour nous\u00a0\u00bb),<br \/>\nles fili\u00e8res hi\u00e9rarchis\u00e9es, du plus valoris\u00e9 au plus d\u00e9cri\u00e9,<br \/>\nla connaissance du march\u00e9 scolaire (bien plus grande dans les milieux ais\u00e9s).<\/p>\n<p>Dans un tel contexte, la s\u00e9lection \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e n&#8217;est qu&#8217;un aspect parmi bien d&#8217;autres de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 scolaire, l&#8217;essentiel revenant bien au fonctionnement et \u00e0 la logique du march\u00e9 scolaire.<br \/>\nCela a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli et \u00e9tay\u00e9 par une foule d&#8217;\u00e9tudes sociologiques, y compris celles de l&#8217;OCDE, pourtant peu suspect de progressisme, qui disent aussi que la \u00ab\u00a0libert\u00e9 de choix des parents\u00a0\u00bb aggrave les in\u00e9galit\u00e9s de d\u00e9part.<\/p>\n<p>D&#8217;ailleurs, lors de la consultation organis\u00e9e par les Ministres, les seuls groupes s&#8217;\u00e9tant oppos\u00e9s aux d\u00e9crets visant la mixit\u00e9 ont significativement \u00e9t\u00e9 les associations \u00ab\u00a0Lotto\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0El\u00e8ves\u00a0\u00bb et la F\u00e9d\u00e9ration des directions du Segec, qui tous plaidaient pour le retour en arri\u00e8re. Les 23 autres intervenants appuyaient la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une r\u00e9gulation, que ce soient les associations de parents ou les syndicats.<\/p>\n<p>Il en conclut que la \u00ab\u00a0temp\u00e9rature\u00a0\u00bb et le pouls de l&#8217;opinion publique, de la soci\u00e9t\u00e9 civile, vont dans le sens de la r\u00e9gulation.<br \/>\nUne enseignante rel\u00e8ve que dans le fondamental, on retrouve 60% d&#8217;enfants de milieux populaires pour 40% d&#8217;enfants de milieux privil\u00e9gi\u00e9s, tandis que la proportion s&#8217;inverse dans le secondaire. Elle pose donc la question : comment choisir son \u00ab\u00a0type\u00a0\u00bb d&#8217;\u00e9cole, comment faire acc\u00e9der les enfants des classes domin\u00e9es \u00e0 un enseignement de meilleure qualit\u00e9 (voire de qualit\u00e9 tout court) : faut-il forcer la porte des \u00e9coles \u00ab\u00a0s\u00e9lect\u00a0\u00bb, ou au contraire avoir des \u00ab\u00a0quotas\u00a0\u00bb de gosses de riches dans les \u00e9coles des quartiers populaires ? Et quid de \u2013 et face \u00e0 &#8211; la r\u00e9action des familles attach\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9litisme ?<\/p>\n<p>Nico Hirtt, rappelle la position de l&#8217;Aped, qu&#8217;il r\u00e9sume par la maxime \u00ab\u00a0Impossible n&#8217;est pas Aped\u00a0\u00bb. Il prend l&#8217;exemple de la Finlande, ou en 1950, 90% des \u00e9coles \u00e9taient catholiques, alors qu&#8217;il en reste tout juste 1% aujourd&#8217;hui. Ce qui prouve qu&#8217;il y a moyen de g\u00e9rer la chose (il renvoie \u00e0 sa proposition de demander pr\u00e9alablement aux parents s&#8217;ils accepteraient que leurs enfants aillent dans une \u00e9cole confessionnelle. Citant une \u00e9tude de Bernard (?) Delvaux, il souligne que si aujourd&#8217;hui, les enfants \u00e9taient dirig\u00e9s vers l&#8217;\u00e9cole la plus proche, il y aurait d\u00e9j\u00e0 30% en moins d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 scolaire. Prof \u00e0 Nivelles, il peut t\u00e9moigner de ce que les parents de la classe moyenne habitant La Louvi\u00e8re ne veulent pour rien au monde mettre leurs gosses dans leur commune, pr\u00e9f\u00e9rant se taper Mons ou Nivelles&#8230;<\/p>\n<p>Il pense donc qu&#8217;on va devoir agir en deux temps. La premi\u00e8re ann\u00e9e de la r\u00e9forme, ce sera sans aucun doute la \u00ab\u00a0cata\u00a0\u00bb, puis on va vite r\u00e9aliser que les ex-\u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles \u00ab\u00a0hupp\u00e9es\u00a0\u00bb devront aller l\u00e0 o\u00f9 on leur dit, et que leurs parents remarqueront que cette \u00e9cole qu&#8217;ils redoutaient n&#8217;est plus l&#8217;\u00a0\u00ab\u00a0\u00e9cole poubelle\u00a0\u00bb qu&#8217;ils imaginaient, car on y aura organis\u00e9 la mixit\u00e9 scolaire, qu&#8217;il y aura eu une \u00ab\u00a0\u00e9galisation\u00a0\u00bb relative de l&#8217;enseignement.<\/p>\n<p>Mais cela ne se fera pas en un jour, il faudra y aller progressivement, en commen\u00e7ant par le primaire, pour reconstruire peu \u00e0 peu un tissu scolaire plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Au terme de primaires organis\u00e9es sur cette base, les enfants qui entreront en secondaire ne seront plus les m\u00eames (au sens qu&#8217;ils seront tous et chacun \u00ab\u00a0diff\u00e9rents\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment important \u00e0 ses yeux est de prolonger l&#8217;enseignement g\u00e9n\u00e9ral, tout en valorisant aussi pour tous l&#8217;enseignement technique, des technologies, du travail \u00ab\u00a0manuel\u00a0\u00bb, comme on le fait dans les pays nordiques. Demander \u00e0 +\/-15 ans \u00e0 un jeune de faire un \u00ab\u00a0choix\u00a0\u00bb d&#8217;orientation est de la folie : tous les profs de pratique professionnelle sont unanimes pour dire que les \u00e9l\u00e8ve qui sont rest\u00e9s au moins trois ans dans le g\u00e9n\u00e9ral sont meilleurs une fois vers\u00e9s dans le technique, en termes de maturit\u00e9, de capacit\u00e9 d&#8217;abstraction, de comparaison, d&#8217;initiative&#8230; d&#8217;ouverture, par rapport \u00e0 ceux qu&#8217;on pouss\u00e9s d\u00e8s 12 ou 13 ans dans cette fili\u00e8re, lesquels sont beaucoup plus en \u00e9chec scolaire.<\/p>\n<p>En conclusion, il plaide pour le prolongement du tronc commun en secondaire, mais seulement apr\u00e8s avoir appliqu\u00e9 la r\u00e9forme de l&#8217;\u00e9cole primaire.<\/p>\n<p>Hamel Puissant, du Mrax, rel\u00e8ve ce qui est peut-\u00eatre un lapsus de Nico Hirtt, parlant d&#8217;une classe moyenne \u00ab\u00a0majoritaire\u00a0\u00bb, ce qu&#8217;il conteste et lui semble correspondre \u00e0 un certain discours des m\u00e9dias voulant nous convaincre que nous sommes tous de cette cat\u00e9gorie sociale, que \u00ab\u00a0les riches et les pauvres, c&#8217;est pas nous\u00a0\u00bb. Or, la r\u00e9alit\u00e9 est que seuls 30% de la population fait des \u00e9tudes sup\u00e9rieures. Nico Hirtt accepte cette critique, reconnaissant qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 un peu rapide dans sa formulation.<\/p>\n<p>D&#8217;autre part, il constate que la plupart des gens se fichent de l&#8217;appartenance de telle ou telle \u00e9cole \u00e0 l&#8217;un ou l&#8217;autre r\u00e9seau, estimant que le crit\u00e8re d\u00e9cisif d&#8217;une \u00ab\u00a0bonne \u00e9cole\u00a0\u00bb est le fait qu&#8221;y r\u00e8gne la discipline. Ce qui veut aussi dire que les \u00e9coles pratiquant la recherche et l&#8217;innovation p\u00e9dagogiques sont per\u00e7ues et \u00ab\u00a0cot\u00e9es\u00a0\u00bb comme de mauvaises \u00e9coles.<br \/>\nEnfin, il demande \u00e0 N. Hirtt quelle diff\u00e9rence entre le \u00ab\u00a0mod\u00e8le gantois\u00a0\u00bb dont on a beaucoup parl\u00e9 et son propre mod\u00e8le.<\/p>\n<p>Nico Hirtt d\u00e9crit le mod\u00e8le gantois comme un mod\u00e8le de \u00ab\u00a0gestion collective \u2013 en clair, selon lui, de gestion centralis\u00e9e \u2013 des pr\u00e9f\u00e9rences. Les parents doivent faire un choix pr\u00e9f\u00e9rentiel de trois \u00e9coles, soit via le Net, soit par retour d&#8217;un formulaire, l&#8217;ordinateur attribuant ensuite une \u00e9cole, sur base de cette pr\u00e9f\u00e9rence parentale et de l&#8217;objectif de mixit\u00e9 sociale. Un certain pourcentage de \u00ab\u00a0JOC\u00a0\u00bb (J) est alors \u00e9tabli, selon trois cl\u00e9s : allochtones\/autochtones (pour reprendre la terminologie en vigueur en Flandre), les \u00e9tudes des parents (de la m\u00e8re, pense-t-il) et le quartier.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence avec son syst\u00e8me est qu&#8217;\u00e0 Gand, la premi\u00e8re d\u00e9marche part du choix des parents. Cela dit, il trouve que c&#8217;est un excellent compromis dans le contexte actuel, un \u00ab\u00a0choix secondaire\u00a0\u00bb (sans jeu de mots) qui lui convient. Dans son syst\u00e8me, le choix des parents n&#8217;intervient que comme \u00ab\u00a0roue\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0issue\u00a0\u00bb de secours. Le principe restant que la mixit\u00e9 est le principal facteur d&#8217;\u00e9galit\u00e9 sociale et scolaire.<\/p>\n<p>Hamel Puissant ajoute que l&#8217;enjeu n&#8217;est pas seulement de mixit\u00e9 sociale, mais aussi culturelle, les deux aspects se combinant et se d\u00e9multipliant. Le fait que ce soient les jeunes des quartiers et classes populaires et dits \u00ab\u00a0d&#8217;origine immigr\u00e9e\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0\u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb qui sont exclus de l&#8217;\u00e9cole, en tout cas de la r\u00e9ussite scolaire, risque de mener tout droit \u00e0 des explosions sociales de plus en plus fr\u00e9quentes et violentes.<\/p>\n<p>Il dit qu&#8217;au Mrax, on a longtemps consid\u00e9r\u00e9 l&#8217;enseignement comme un \u00ab\u00a0alli\u00e9\u00a0\u00bb, mais qu&#8217;ils ont bien d\u00fb constater que c&#8217;\u00e9tait de moins en moins le cas et que l&#8217;\u00e9cole devenait de plus en plus un facteur d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 et de discrimination (m\u00eame s&#8217;il reconna\u00eet que parfois l&#8217;accusation de racisme a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e \u00e0 tort et \u00e0 travers face \u00e0 des probl\u00e8mes d&#8217;une autre nature, de discipline, d&#8217;incompr\u00e9hension mutuelle&#8230;). Il souligne que les profs employ\u00e9s dans les \u00e9tablissements des quartiers populaires bruxellois ne connaissent le plus souvent rien \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 locale, \u00e9tant pour la plupart des navetteurs.<\/p>\n<p>D&#8217;o\u00f9 la campagne du Mrax mettant d\u00e9sormais l&#8217;accent sur le fait que le racisme progresse, y compris au sein de l&#8217;\u00e9cole, que ce soit de la part des profs envers les \u00e9l\u00e8ves, ou des \u00e9l\u00e8ves entre eux.<\/p>\n<p>Chantal Massaer t\u00e9moigne de ce que, ce qui est une \u00ab\u00a0grande premi\u00e8re\u00a0\u00bb, Infor-Jeunes Laeken a re\u00e7u des mails d&#8217;insultes tr\u00e8s violents suite \u00e0 sa campagne, heureusement minoritaires, mais n\u00e9anmoins significatifs. Et elle distingue deux types de \u00ab\u00a0peurs\u00a0\u00bb qui sont l\u00e0 \u00e0 l&#8217;oeuvre : d&#8217;une part, la part d&#8217;une \u00ab\u00a0baisse du niveau de l&#8217;enseignement\u00a0\u00bb, une volont\u00e9 de pr\u00e9server sa \u00ab\u00a0qualit\u00e9\u00a0\u00bb suppos\u00e9e menac\u00e9e, mais aussi une couche de parents privil\u00e9gi\u00e9s qui veulent \u00ab\u00a0rester entre eux\u00a0\u00bb, et le disent sans complexes, rejetant l&#8217;id\u00e9e m\u00eame de mixit\u00e9 sociale. Comme cette maman qui, lors d&#8217;un d\u00e9bat, a r\u00e9torqu\u00e9 \u00e0 la critique de discrimination sur base de l&#8217;origine culturelle par un d\u00e9menti valant son pesant d&#8217;or : \u00ab\u00a0nos enfants sont confront\u00e9s \u00e0 la diversit\u00e9 nationale et culturelle : les femmes de m\u00e9nage sont marocaines\u00a0\u00bb.<br \/>\nDenis Desbonnet rebondit sur ce dernier exemple, en citant le t\u00e9moignage de jeunes-filles portant le foulard qui participent avec lui \u00e0 la construction du Mouvement pour les Droits Fondamentaux, et d&#8217;abord pour le respect de ce port du voile, notamment \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, qui ont fait part de leur souffrance de ce rejet de l&#8217;\u00e9cole \u00ab\u00a0officielle\u00a0\u00bb, les rel\u00e9guant contre leur gr\u00e9 dans des \u00e9tablissements de seconde zone et des fili\u00e8res qu&#8217;elles n&#8217;avaient pas choisies. Et l&#8217;une d&#8217;entre elles faisait justement remarquer que, par contre, pour les nettoyeuses pr\u00e9sentes t\u00f4t le matin, personne ne s&#8217;offusquait de ce qu&#8217;elles soient voil\u00e9es (il est vrai qu&#8217;elles sont \u00ab\u00a0si discr\u00e8tes, n&#8217;est-ce pas ?\u00a0\u00bb et s&#8217;\u00e9clipsent une fois leur t\u00e2che accomplie).<\/p>\n<p>Plus fondamentalement (c&#8217;est le mot), il souligne combien la question du foulard \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, dont il sait combien elle divise tous les milieux, m\u00eame et peut-\u00eatre surtout progressistes, est devenue un des principaux vecteurs d&#8217;exclusion, et, pour revenir au th\u00e8me de l&#8217;atelier, de refus d&#8217;inscription pour les filles d&#8217;origine immigr\u00e9e et le plus souvent populaire.<\/p>\n<p>Une enseignante postule que si l&#8217;on parvient \u00e0 relever le niveau g\u00e9n\u00e9ral et moyen de l&#8217;enseignement, les discriminations dispara\u00eetront d&#8217;elles-m\u00eames. Ce que Nico Hirtt confirme mais seulement partiellement, car selon lui cela devra aussi passer par un travail sp\u00e9cifique de lutte contre les diverses formes d&#8217;in\u00e9galit\u00e9s et de discriminations, le \u00ab\u00a0simple\u00a0\u00bb mixage ne suffisant pas \u00e0 les \u00e9liminer totalement.<\/p>\n<p>Le directeur de coll\u00e8ge intervient pour souligner la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;agir aussi pour la mixit\u00e9 scolaire et pas seulement sociale, faisant remarquer que les r\u00e9sultats du CEB varient aussi fortement d&#8217;une \u00e9cole \u00e0 l&#8217;autre, allant de 55 \u00e0 80%. Ce qui pose la question de toute la formation en amont. Pour lui, on ne pourra avancer que simultan\u00e9ment sur les deux fronts : et sur l&#8217;aspect scolaire et l&#8217;aspect social.<\/p>\n<p>Nico Hirtt approuve tout \u00e0 fait ce point de vue, les deux aspects sont intimement li\u00e9s et il estime m\u00eame que celui de mixit\u00e9 scolaire est m\u00eame le plus important, celui sur lequel il faut faire levier, afin de briser l&#8217;homog\u00e9init\u00e9 sociale et d&#8217;imposer une \u00ab\u00a0mixit\u00e9 acad\u00e9mique\u00a0\u00bb. Dans son syst\u00e8me, cet objectif serait atteint \u00ab\u00a0statistiquement\u00a0\u00bb, par la r\u00e9partition des niveaux scolaires.<\/p>\n<p>Une jeune enseignante va dans le m\u00eame sens, ajoutant que d&#8217;un point de vue tactique, il est sans doute pr\u00e9f\u00e9rable de mettre l&#8217;accent sur la mixit\u00e9 scolaire, qui passera mieux dans l&#8217;opinion et h\u00e9rissera moins les parents privil\u00e9gi\u00e9s hostiles \u00e0 la mixit\u00e9 sociale. De plus, il lui appara\u00eet clair que cela revient dans les faits au m\u00eame : le plus grand facteur de r\u00e9ussite ou au contraire d&#8217;\u00e9chec est bel et bien l&#8217;origine sociale.<\/p>\n<p>Nico Hirtt s&#8217;inscrit en faux par rapport \u00e0 cette \u00ab\u00a0ruse\u00a0\u00bb tactique, estimant au contraire essentiel d&#8217;affirmer haut et clair notre objectif de mixit\u00e9 sociale, pour r\u00e9pondre \u00e0 celles et ceux qui, comme Mme Fran\u00e7ois de l&#8217;asbl \u00ab\u00a0El\u00e8ves\u00a0\u00bb, \u00e9nonce tout bonnement et en toute bonne foi que \u00ab\u00a0dans une cord\u00e9e, m\u00eame pour gravir l&#8217;Everest, il est normal, naturel et in\u00e9vitable que certaines avancent plus vite que d&#8217;autres\u00a0\u00bb&#8230; ce qui revient en fait \u00e0 dire (sans doute \u00e0 l&#8217;insu de son plein gr\u00e9) que \u00ab\u00a0nos\u00a0\u00bb enfants d&#8217;origine populaire sont consubstantiellement \u00ab\u00a0moins dou\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Donc, dans l&#8217;implicite : les in\u00e9galit\u00e9s sociales sont des in\u00e9galit\u00e9s ethniques, car les enfants de pauvres, plus encore ceux issus de l&#8217;immigration, seraient moins capables. En clair, une position classiste et raciste \u00ab\u00a0honteuse\u00a0\u00bb, au double sens du terme : qui n&#8217;ose pas (ou plus) dire son nom, vu le \u00ab\u00a0politiquement correct\u00a0\u00bb ambiant, et inadmissible moralement et id\u00e9ologiquement, contre laquelle il est imp\u00e9ratif de s&#8217;opposer ouvertement.<\/p>\n<p>(Rapporteur : Denis Desbonnet)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici le compte rendu de l&#8217;atelier consacr\u00e9 aux inscriptions scolaires, \u00e0 l&#8217;occasion des &#8220;Six Heures pour l&#8217;Ecole d\u00e9mocratique&#8221;, le 17 octobre 2009 \u00e0 Bruxelles. Les intervenants \u00e9taient Chantal Massaer d&#8217;Infor-Jeunes Laeken, Nico Hirtt de l&#8217;APED.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1402,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-1403","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1403","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1403"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1403\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1402"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1403"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1403"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1403"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}