{"id":136,"date":"2001-09-28T00:00:00","date_gmt":"2001-09-27T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=136"},"modified":"2001-09-28T00:00:00","modified_gmt":"2001-09-27T23:00:00","slug":"comment-tarir-les-sources-de-la-violence-scolaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2001\/09\/28\/comment-tarir-les-sources-de-la-violence-scolaire\/","title":{"rendered":"Comment tarir les sources de la violence scolaire ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Depuis quelques ann\u00e9es, la violence scolaire fait r\u00e9guli\u00e8rement la une de l&#8217;actualit\u00e9. Aux Etats-Unis, toujours \u00e0 l&#8217;avant garde, des classes ont \u00e9t\u00e9 mitraill\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises par des jeunes qui avaient \u00abdisjonct\u00e9\u00bb. Mais l&#8217;Europe est loin d&#8217;\u00eatre \u00e0 l&#8217;abri. En France par exemple, le ph\u00e9nom\u00e8ne a pris une telle ampleur que le Pr\u00e9sident Chirac s&#8217;est senti oblig\u00e9 de l&#8217;\u00e9voquer lors de son discours devant les parents de l&#8217;enseignement public en congr\u00e8s \u00e0 St Etienne le 25 mai dernier (1). La Belgique non plus n&#8217;est pas \u00e9pargn\u00e9e. De nombreux incidents graves ont \u00e9clat\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es: profs agress\u00e9s ou menac\u00e9s avec une arme, sans compter la mort du jeune Celal abattu en plein cours par un de ses condisciples.\n<\/p>\n<p>Mais nous parlons ici de violence spectaculaire. De plus en plus, il semble aussi qu&#8217;une certaine violence larv\u00e9e, certes moins m\u00e9diatique, s&#8217;installe dans un nombre important d&#8217;\u00e9coles. Les causes de cette violence sont assur\u00e9ment multiples. Chacun des auteurs de ce dossier tente d&#8217;en cerner quelques-unes. Pour ma part, il me semble qu&#8217;on peut distinguer deux aspects dans la violence des jeunes. D&#8217;une part, elle est l&#8217;expression d&#8217;une r\u00e9volte contre la soci\u00e9t\u00e9 actuelle. D&#8217;autre part, certains c\u00f4t\u00e9s de la violence des jeunes sont calqu\u00e9s sur cette soci\u00e9t\u00e9 qu&#8217;ils d\u00e9testent. Ils reproduisent ainsi inconsciemment ses \u00abvaleurs\u00bb.Celles qui privil\u00e9gient la loi du plus fort. Celles d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le d\u00e9bat est absent. O\u00f9 on ne r\u00e8gle pas les probl\u00e8mes avec des arguments, mais avec des fermetures sans appel ou des bombardements humanitaires.<\/p>\n<h2>R\u00e9volte contre la soci\u00e9t\u00e9<\/h2>\n<p>Premi\u00e8rement, les &#8220;jeunes des quartiers&#8221; vivent souvent des situations dramatiques: leurs parents sont au ch\u00f4mage, ils vivent dans des taudis, subissent le racisme (notamment de la police) au quotidien. Ils n&#8217;entrevoient aucune perspective d&#8217;avenir. Par cons\u00e9quent, une rancur contre la soci\u00e9t\u00e9 se d\u00e9veloppe. Cette rancur se concr\u00e9tise \u00e0 l&#8217;\u00e9cole. A la fois parce que c&#8217;est le lieu o\u00f9 ils passent leur journ\u00e9e et aussi parce qu&#8217;elle repr\u00e9sente la soci\u00e9t\u00e9 en question. Le prof est vu comme un \u00e9l\u00e9ment, voire comme le repr\u00e9sentant de cette soci\u00e9t\u00e9 que le jeune d\u00e9teste.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, les \u00e9coles fr\u00e9quent\u00e9es par ces jeunes sont souvent (mais pas toujours, il faut le pr\u00e9ciser) des \u00e9coles techniques et professionnelles qui dispensent un enseignement au rabais. Malgr\u00e9 les discours trompeurs, les jeunes per\u00e7oivent tr\u00e8s bien l&#8217;absence de perspectives de certaines fili\u00e8res. Ils savent qu&#8217;ils n&#8217;ont pratiquement aucune chance d&#8217;entamer des \u00e9tudes sup\u00e9rieures, ni m\u00eame d&#8217;obtenir un boulot valorisant. Ils se retrouvent souvent dans ces \u00e9coles apr\u00e8s avoir subi des \u00e9checs ailleurs (r\u00e9orientations ) ou une scolarit\u00e9 primaire jug\u00e9e insuffisante (orientation). Les \u00e9tudes montrent que ces orientations et r\u00e9orientations ont essentiellement une base sociale: les enfants issus de milieux populaires s&#8217;y retrouvent en masse (2). L&#8217;\u00e9cole reproduit donc les in\u00e9galit\u00e9s sociales. Les jeunes le sentent confus\u00e9ment et cela provoque leur haine contre l&#8217;institution et ses repr\u00e9sentants: leurs profs.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, les r\u00e9centes r\u00e9formes du primaire et du premier degr\u00e9 du secondaire (quasi -suppression du redoublement sans aucune mesure pour venir en aide aux \u00e9l\u00e8ves \u00abretard\u00e9s\u00bb) aboutissent au fait que des jeunes ne savent pas lire \u00e0 15 ou 16 ans (3). Ils se sentent \u00e9videmment exclus, ce qui est un facteur suppl\u00e9mentaire de violence.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l&#8217;augmentation de la violence scolaire est all\u00e9e de pair avec la diminution des moyens accord\u00e9s \u00e0 l&#8217;enseignement. Il est difficile de n&#8217;y voir qu&#8217;une simple corr\u00e9lation. L&#8217;augmentation du nombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves par classe, l&#8217;impossibilit\u00e9 d&#8217;encore donner une aide individualis\u00e9e aux \u00e9l\u00e8ves en difficult\u00e9 ne peuvent qu&#8217;accentuer les \u00e9checs et \u00eatre ainsi des g\u00e9n\u00e9rateurs indirects de violence.<\/p>\n<p>Enfin, un autre facteur de violence, et ce n&#8217;est sans doute pas le moindre, est la contradiction entre le discours th\u00e9orique de l&#8217;\u00e9cole et la r\u00e9alit\u00e9. Citons Miguel Lloreda de la CGE lors d&#8217;un colloque consacr\u00e9 \u00e0 notre sujet: \u00abEnseignants, \u00e9l\u00e8ves et parents sont pris dans des contradictions insolubles: l&#8217;\u00e9cole doit r\u00e9ussir l\u00e0 o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9choue (d\u00e9mocratie, \u00e9galit\u00e9 des chances, etc.). En ce sens, l&#8217;\u00e9cole se voit confier le r\u00f4le de vitrine id\u00e9ologique d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 qui ne sait pas comment g\u00e9rer les divergences qui la d\u00e9chirent. Ainsi, il faut former de futurs citoyens responsables et critiques, mais que l&#8217;on esp\u00e8re consommateurs insatiables et \u00e9lecteurs dociles. On veut des \u00eatres solidaires, \u00e9panouis et cr\u00e9atifs, mais on attend des travailleurs guerriers sur un march\u00e9 du travail hyperconcurrentiel. On ne cesse de r\u00e9p\u00e9ter aux jeunes qu&#8217;il n&#8217;y aura pas de place pour tout le monde, qu&#8217;il faut des gagnants et des perdants, qu&#8217;il faut se battre Eh bien, de fait, nos jeunes se battent. En ce sens, que pouvons-nous leur reprocher et de quel droit? De ne pas se battre sur le terrain sur lequel ils se savent battus d&#8217;avance &#8211; celui du capital culturel et social, vu l&#8217;impuissance de l&#8217;\u00e9cole \u00e0 contrecarrer les in\u00e9galit\u00e9s sociales? En plus de domin\u00e9s, les voudrait-on niais et soumis \u00e0 nos r\u00e8gles du jeu \u00e0 nous?\u00bb(4). Ces contradictions sont inh\u00e9rentes \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste (particuli\u00e8rement lorsqu&#8217;elle est en crise). La soci\u00e9t\u00e9 \u00abdoit\u00bb former des travailleurs guerriers et des consommateurs insatiables. Mais elle \u00abdoit\u00bbaussi former des citoyens \u00abresponsables\u00bb et des \u00e9lecteurs dociles.<\/p>\n<p>Ce cinqui\u00e8me point permet de faire le lien avec le deuxi\u00e8me aspect de la violence des jeunes.<\/p>\n<h2>Reproduction des \u00abvaleurs\u00bb<br \/>\nde la soci\u00e9t\u00e9<\/h2>\n<p>En effet, ces contradictions entra\u00eenent une r\u00e9action de rejet (premier aspect). Mais pour former les travailleurs, les consommateurs et les citoyens dont elle a besoin, la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste d\u00e9veloppe l&#8217;arrivisme, l&#8217;individualisme, la loi du plus fort. Elle inculque ainsi l&#8217;id\u00e9ologie dominante qui lui permet \u00e0 la fois de justifier les in\u00e9galit\u00e9s sociales, ses interventions militaires ainsi que le pillage du Tiers Monde. Cette inculcation se fait par divers canaux, notamment les m\u00e9dias. La violence gratuite est, par exemple, omnipr\u00e9sente dans de nombreux films. Mais \u00e9galement par une culture dite \u00abde masse\u00bb qui banalise la violence sous toutes ses formes. \u00abUne banalisation \u00e0 vis\u00e9es marchandes qui, \u00e0 entendre les sociologues Divina Frau-Meigs et Sophie Jehel, est lourde de cons\u00e9quence pour la soci\u00e9t\u00e9 en devenir: id\u00e9alisation des rapports fond\u00e9s sur la violence; repr\u00e9sentation du monde manich\u00e9enne et fascisante \u00bb (5). Des jeux comme le Monopoly ou le Carmageddon (but = tuer un maximum de pi\u00e9tons avec sa voiture!) participent \u00e9videmment, chacun \u00e0 sa fa\u00e7on, \u00e0 cette banalisation. Certains jeunes assimilent ces valeurs au point de les reproduire par leur comportement: rackets, brimades envers des condisciples d&#8217;une autre ethnie, ph\u00e9nom\u00e8ne de \u00abt\u00eate de Turc\u00bb, etc.<\/p>\n<h2>Que faire?<\/h2>\n<p>Au-del\u00e0 du constat et de l&#8217;analyse, reste \u00e0 trouver des rem\u00e8des. Dans ce d\u00e9bat comme dans d&#8217;autres, la tentation s\u00e9curitaire est grande: des policiers ou des vigiles dans ou pr\u00e8s des \u00e9coles. Beaucoup de victimes ou victimes potentielles croient pouvoir trouver l\u00e0 une solution. Pourtant, de telles mesures ne s&#8217;attaquent nullement aux causes que nous avons \u00e9voqu\u00e9es. Au contraire. Si la pr\u00e9sence polici\u00e8re, les contr\u00f4les d&#8217;identit\u00e9, etc, augmentent \u00e0 la demande des enseignants, ceux-ci seront encore davantage per\u00e7us comme les repr\u00e9sentants de cette violence institutionnelle qui s&#8217;abat sur les jeunes. Car, ne l&#8217;oublions pas, les insultes, les brimades et parfois les coups sont le quotidien des jeunes de certains quartiers qui ont pour seul tort d&#8217;avoir le teint trop basan\u00e9. De m\u00eame l&#8217;engagement ponctuel d&#8217;\u00e9ducateurs suppl\u00e9mentaires ne peut repr\u00e9senter une solution durable: soit ils jouent le r\u00f4le des vigiles, soit ils font de \u00abl&#8217;occupationnel\u00bb. Dans un cas comme dans l&#8217;autre, on ne s&#8217;attaque toujours pas aux causes.<\/p>\n<p>Je pense que la violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole doit \u00eatre combattue \u00e0 deux niveaux: dans l&#8217;\u00e9cole et en dehors. Mais je suis d&#8217;accord avec cette position de la CGSP: \u00abLes principales causes de la violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole sont externes. Les rem\u00e8des doivent \u00eatre recherch\u00e9s dans le droit au travail, plus de justice sociale, une r\u00e9habilitation des quartiers, des services publics de qualit\u00e9 accessibles \u00e0 tous \u00bb(6). Tout en participant \u00e0 la lutte sociale, il est possible d&#8217;agir au niveau de l&#8217;\u00e9cole. L\u00e0 encore, il faut distinguer deux aspects: le collectif et l&#8217;individuel.<\/p>\n<p>Au niveau collectif, la lutte pour un meilleur encadrement s&#8217;impose. Moins d&#8217;\u00e9l\u00e8ves par classe et aide individualis\u00e9e permettront de lutter contre l&#8217;\u00e9chec, source de violence. Ceci implique davantage de moyens.<\/p>\n<p>Le combat pour un syst\u00e8me d&#8217;enseignement plus juste, contre les \u00e9coles d&#8217;\u00e9lite \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9coles ghettos, contre les fili\u00e8res hi\u00e9rarchisantes est aussi n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Mais les solutions propos\u00e9es jusqu&#8217;ici sont des combats de longue haleine. Que peuvent faire les enseignants confront\u00e9s aujourd&#8217;hui \u00e0 ce probl\u00e8me? D&#8217;abord, je pense que les profs ne devraient pas tenir le discours hypocrite que les instances officielles leurs demandent de tenir. Il faut reconna\u00eetre et surtout pas nier ou minimiser les in\u00e9galit\u00e9s et les injustices dans la soci\u00e9t\u00e9. Il serait int\u00e9ressant de d\u00e9monter en classe les m\u00e9canismes de cette soci\u00e9t\u00e9 injuste. Ca permettrait de montrer qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un probl\u00e8me de soci\u00e9t\u00e9 et non d&#8217;individus. Mais lutter contre la violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole dans le but de combattre les in\u00e9galit\u00e9s, n&#8217;est-ce pas simplement d\u00e9placer la violence? Des jeunes mieux inform\u00e9s &#8211; non seulement des horreurs de ce monde, mais aussi de leurs m\u00e9canismes &#8211; ne risquent-ils pas de devenir plus violents, demanderont certains. Poser cette question, c&#8217;est admettre que ce monde est r\u00e9voltant. Pourquoi les profs devraient-ils \u00eatre des poseurs de soupapes?<\/p>\n<p>Il serait aussi int\u00e9ressant de montrer aux jeunes la contradiction entre la contestation de la soci\u00e9t\u00e9 et le fait d&#8217;avoir des comportements calqu\u00e9s sur son id\u00e9ologie dominante. Notons que la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste demande \u00e0 l&#8217;Ecole de combattre ces \u00abeffets secondaires\u00bb de son id\u00e9ologie afin de pr\u00e9server une certaine coh\u00e9sion sociale. Mais elle se trouve dans un tel \u00e9tat de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence qu&#8217;elle devient incapable de lui en donner les moyens. C&#8217;est \u00e9videmment dans un autre \u00e9tat d&#8217;esprit qu&#8217;il faut combattre la violence scolaire.<\/p>\n<h2>Le savoir est une arme<\/h2>\n<p>Nous devons montrer aux jeunes l&#8217;importance du savoir et des comp\u00e9tences pour changer cette soci\u00e9t\u00e9. Pour citer encore M. Lloreda, il faut\u00ab \u00eatre en mesure de faire sentir en quoi les apprentissages que l&#8217;on peut y faire\u00bb (\u00e0 l&#8217;\u00e9cole) \u00abpermettent de construire d&#8217;autres rapports entre les hommes, en quoi ces apprentissages permettent de devenir plus fort et plus digne\u00bb. C&#8217;est seulement \u00e0 cette condition que les jeunes de milieux populaires verront \u00e0 quoi l&#8217;\u00e9cole peut leur servir. Autrement dit, l&#8217;enseignant doit faire comprendre \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves que les savoirs qu&#8217;il lui enseigne sont des armes de lutte sociale: pour une autre soci\u00e9t\u00e9, mais aussi pour d\u00e9fendre leur emploi dans celle-ci. Que les savoirs ne doivent pas \u00eatre l&#8217;apanage des gosses de riches. Et que pour acqu\u00e9rir savoirs et comp\u00e9tences, la discipline et la rigueur sont n\u00e9cessaires. Les \u00e9l\u00e8ves doivent comprendre que le chahut leur est n\u00e9faste pour cette raison-l\u00e0 (et non parce qu&#8217;alors ils ne \u00abr\u00e9ussiront pas\u00bb dans la vie ou autre motifs de ce genre ). Le prof qui parviendra \u00e0 faire partager \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves le point de vue de Brecht dans sa pi\u00e8ce \u00abla m\u00e8re\u00bb n&#8217;aura plus aucun probl\u00e8me de violence: \u00abVa \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, sans logis! Deviens ma\u00eetre, \u00f4 mis\u00e9reux. Et toi qui manques de pain, apprends, d\u00e9vore les livres. Les livres, ce sont des armes. Tu dois devenir celui qui dirige.\u00bb<\/p>\n<p>Tout \u00e7a reste bien g\u00e9n\u00e9ral, me direz-vous. La question demeure en effet: comment faire? Si je suis confront\u00e9 \u00e0 la violence demain matin, je ne pourrais pas faire passer ce message en deux minutes. N&#8217;y a-t-il rien \u00e0 faire? Si, sans doute. Sur ce point, je pr\u00e9f\u00e8re vous renvoyer aux pistes que Christiane Lev\u00eaque \u00e9voque dans ce dossier. Mais je pense que l&#8217;efficacit\u00e9 de ce qu&#8217;elle nous propose sera d&#8217;autant plus grande si nous osons nous poser cette question \u00e0 la suite de Miguel Lloreda: \u00abEn voulant combattre la violence scolaire, que visons-nous en fin de compte: combattre les in\u00e9galit\u00e9s qui g\u00e9n\u00e8rent pour une grosse part cette violence ou ent\u00e9riner ces in\u00e9galit\u00e9s en rendant inoffensifs ceux qui pourraient s&#8217;en plaindre?\u00bb Autrement dit, nous devons choisir notre camp. Si nous penchions (m\u00eame inconsciemment) pour la deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se, je doute fort de l&#8217;efficacit\u00e9, \u00e0 terme, de n&#8217;importe quelle mesure.<\/p>\n<p>(1) Le Figaro, 25\/5\/01<\/p>\n<p>(2) In\u00e9gaux devant l&#8217;\u00e9cole, N Hirtt et JP Kerckhofs, Aped 97, ainsi que l&#8217;article du Professeur Nicaise paru dans la revue Onderwijsrescht en beleid , juin juillet 01<\/p>\n<p>(3) Vlan, 2\/12\/98<\/p>\n<p>(4) L\u00e8ve-toi \u00e0 genoux, intervention de M Lloreda \u00e0 la journ\u00e9e de r\u00e9flexion du 16\/12\/98 organis\u00e9e par la CGE et le Service Social des \u00c9trangers d&#8217;Accueil et de Formation<\/p>\n<p>(5) Images barbares, R. Guti\u00e8rez dans \u00abLe Soir 2000\u00bb,18\/8\/99<\/p>\n<p>(6) Tribune, 2\/99<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis quelques ann\u00e9es, la violence scolaire fait r\u00e9guli\u00e8rement la une de l&#8217;actualit\u00e9. Aux Etats-Unis, toujours \u00e0 l&#8217;avant garde, des classes ont \u00e9t\u00e9 mitraill\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises par des jeunes qui avaient \u00abdisjonct\u00e9\u00bb. Mais l&#8217;Europe est loin d&#8217;\u00eatre \u00e0 l&#8217;abri. En France par exemple, le ph\u00e9nom\u00e8ne a pris une telle ampleur que le Pr\u00e9sident Chirac s&#8217;est senti oblig\u00e9 de l&#8217;\u00e9voquer lors de son discours devant les parents de l&#8217;enseignement public en congr\u00e8s \u00e0 St Etienne le 25 mai dernier (1). La Belgique non plus n&#8217;est pas \u00e9pargn\u00e9e. De nombreux incidents graves ont \u00e9clat\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es: profs agress\u00e9s ou menac\u00e9s avec une arme, sans compter la mort du jeune Celal abattu en plein cours par un de ses condisciples.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-136","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/136","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=136"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/136\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=136"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}