{"id":135,"date":"2001-09-28T00:00:00","date_gmt":"2001-09-27T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=135"},"modified":"2001-09-28T00:00:00","modified_gmt":"2001-09-27T23:00:00","slug":"violence-un-phenomene-en-recrudescence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2001\/09\/28\/violence-un-phenomene-en-recrudescence\/","title":{"rendered":"Violence: un ph\u00e9nom\u00e8ne en recrudescence ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Gardons-nous ici d&#8217;alimenter une inutile dramatisation du ph\u00e9nom\u00e8ne, dont la m\u00e9diatisation fait souvent le jeu de politiques s\u00e9curitaires, voire x\u00e9nophobes, toujours irrationnelles &#8211; qui pr\u00e9conisent un ordre plus coercitif, une forme d&#8217;autorit\u00e9 fourbie d&#8217;un attirail de mesures aux effets \u00e9ducatifs plus qu&#8217;incertains1. Comme le souligne le criminologue Jacques Ganty : \u00abL&#8217;\u00e9cole n&#8217;est pas le lieu du non-droit qu&#8217;un certain r\u00e9flexe s\u00e9curitaire des enseignants ferait croire. Toutes proportions gard\u00e9es, la d\u00e9linquance y est en moyenne trois fois moins \u00e9lev\u00e9e que dans la cit\u00e9.\u00bb2 Voil\u00e0 un propos qui bouleverse d&#8217;embl\u00e9e nos pr\u00e9jug\u00e9s sur la question. Depuis quelques ann\u00e9es, les m\u00e9dias se font largement l&#8217;\u00e9cho des faits de violence scolaire, bien que s&#8217;int\u00e9ressant surtout \u00e0 la violence spectaculaire, celle qui fait monter l&#8217;audimat. L&#8217;\u00e9cole \u00abflambe\u00bb \u00e0 la une des m\u00e9dias, sous des titres chocs: \u00abL&#8217;\u00e9cole victime d&#8217;une gangr\u00e8ne\u00bb, \u00abLe lieu de tous les dangers: racket, viols, tortures, meurtres\u00bb, etc. L&#8217;effet m\u00e9diatique de ces \u00e9v\u00e9nements aura cependant eu le m\u00e9rite d&#8217;alarmer une soci\u00e9t\u00e9 qui ne soup\u00e7onnait pas l&#8217;ampleur des probl\u00e8mes que peuvent rencontrer les \u00e9coles et les personnes qui les fr\u00e9quentent. <\/p>\n<p>Avons-nous les moyens de prouver statistiquement l&#8217;augmentation de la violence scolaire sur le territoire national ? Bien souvent, les indicateurs ne prennent en compte qu&#8217;une partie du probl\u00e8me, la dimension des crimes et d\u00e9lits, excluant le sentiment de violence. La violence \u00e9tant une notion subjective d\u00e9pendant \u00e9troitement de la d\u00e9finition que l&#8217;on se fait du bien et du mal, son \u00e9tude &#8216;scientifique&#8217; semble poser probl\u00e8me, et a fortiori l&#8217;\u00e9tude de son augmentation suppos\u00e9e. Quand bien m\u00eame on se limiterait \u00e0 l&#8217;\u00e9tude d&#8217;une cat\u00e9gorie du code p\u00e9nal comme par exemple les coups et blessures en se fiant aux statistiques criminelles, cette recherche serait biais\u00e9e. De nombreux travaux criminologiques ont en effet d\u00e9montr\u00e9 que les statistiques officielles refl\u00e8tent une image erron\u00e9e de la criminalit\u00e9 r\u00e9elle, parce qu&#8217;elles ne tiennent pas compte de la criminalit\u00e9 qui n&#8217;est pas r\u00e9pertori\u00e9e dans les statistiques. Si l&#8217;augmentation de la violence scolaire est difficile \u00e0 \u00e9tablir, l&#8217;augmentation du volume du discours sur la violence est, lui, tout \u00e0 fait quantifiable.3 A titre d&#8217;exemple, on d\u00e9nombre pas moins de 180 d\u00e9p\u00eaches de l&#8217;agence France-Presse sur le th\u00e8me de la violence scolaire diffus\u00e9es durant la seule deuxi\u00e8me quinzaine de janvier de cette ann\u00e9e.4<\/p>\n<p>Prenons d&#8217;abord le cas de la France, parce que ce pays nous fournit les indications pr\u00e9cieuses qui manquent en Belgique sur le sujet. Pour 1993 et 1994, le minist\u00e8re de l&#8217;Int\u00e9rieur fran\u00e7ais a publi\u00e9 des statistiques qui donnent une vue d&#8217;ensemble des violences scolaires p\u00e9nalis\u00e9es. On peut s&#8217;\u00e9tonner de ces chiffres. Ils prouvent la modestie de la criminalit\u00e9 scolaire et peuvent laisser penser que \u00abl&#8217;\u00e9cole reste largement un lieu prot\u00e9g\u00e9 des crimes et d\u00e9lits d\u00e9termin\u00e9s par le Code p\u00e9nal, quel que soit l&#8217;indicateur choisi\u00bb.5 En effet, ces chiffres restent tr\u00e8s inf\u00e9rieurs \u00e0 la criminalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. En outre, le probl\u00e8me de la violence scolaire ne r\u00e9side pas dans les cat\u00e9gories les plus graves. On d\u00e9nombre 29 cas de blessures par arme \u00e0 feu \u00e0 l&#8217;encontre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves en 1993 en France. Par comparaison, aux Etats-Unis, un adolescent sur dix reconna\u00eet avoir tir\u00e9 sur quelqu&#8217;un et 11 % disent avoir \u00e9t\u00e9 la cible de tireurs au cours de l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.6 Si l&#8217;on rapporte le nombre de faits au nombre d&#8217;\u00e9l\u00e8ves fran\u00e7ais, on constate que ce rapport est tr\u00e8s faible: 1999 faits recens\u00e9s pour 14 millions d&#8217;\u00e9l\u00e8ves, soit un rapport de 0,014 pour cent. Les faits scolaires ne repr\u00e9sentant, eux, que 2,5 % de la d\u00e9linquance juv\u00e9nile globale. En bref, l&#8217;\u00e9cole reste en moyenne beaucoup moins touch\u00e9e par la d\u00e9linquance p\u00e9nalis\u00e9e que l&#8217;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9.7 En fait, le nombre de crimes et d\u00e9lits constat\u00e9s en milieu scolaire suit l&#8217;\u00e9volution globale de la d\u00e9linquance juv\u00e9nile, tout en restant globalement plus faible en pourcentage comme en valeur absolue.8 La mani\u00e8re dont les faits sont pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l&#8217;opinion est, de ce point de vue, presque toujours trompeuse et tr\u00e8s injuste vis-\u00e0-vis de l&#8217;institution scolaire.<\/p>\n<p>Int\u00e9ressons-nous d\u00e9sormais au cas de la Belgique.Une enqu\u00eate effectu\u00e9e par l&#8217;\u00e9quipe du Dispositif Accrochage Scolaire r\u00e9v\u00e8le que si plus de la moiti\u00e9 des r\u00e9pondants francophones estime qu&#8217;il y a de la violence au sein des \u00e9coles se trouvant sur le territoire de leur commune, ils ne sont plus que 20 % \u00e0 penser qu&#8217;il y a de r\u00e9els probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 aux abords de ces m\u00eames \u00e9coles. Un peu plus de la moiti\u00e9 des acteurs affirmant qu&#8217;il y a de la violence dans les \u00e9coles de leur commune pense que la situation n&#8217;a pas vraiment progress\u00e9 \u00e0 ce niveau.9 Quant \u00e0 la nature de la violence, celle-ci est surtout per\u00e7ue comme l\u00e9g\u00e8re et verbale. La violence lourde et physique est cependant bien pr\u00e9sente.10 Une enqu\u00eate de 199911 portant sur 125 \u00e9tablissements scolaires du r\u00e9seau libre, toutes fili\u00e8res confondues, en Communaut\u00e9 fran\u00e7aise de Belgique, avait pour objet de demander aux directeurs de ces \u00e9tablissements d&#8217;estimer le pourcentage de leurs \u00e9l\u00e8ves qui \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement impliqu\u00e9s dans des faits de violence physique \u00e0 l&#8217;\u00e9gard d&#8217;autres \u00e9l\u00e8ves ainsi que des professeurs, de violence verbale \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de professeurs, d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels, racket, vol. Premier constat: il faut relativiser l&#8217;ampleur de ces ph\u00e9nom\u00e8nes. En effet, seuls 1,6 % des directeurs interview\u00e9s estiment que plus de 5 % (et moins de 25 %) de leurs \u00e9l\u00e8ves sont auteurs r\u00e9guliers de violence physique \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des professeurs (ce chiffre passe pourtant \u00e0 13 % lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de violence \u00e0 l&#8217;\u00e9gard d&#8217;autres \u00e9l\u00e8ves, \u00e0 20 % lorsqu&#8217;on \u00e9voque la violence verbale \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des enseignants, et atteint 28 % pour la question des d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels). Le racket est moins fr\u00e9quemment cit\u00e9 (5 %) que les vols (12 %). Attention, ces chiffres demanderaient une ventilation selon les caract\u00e9ristiques des \u00e9tablissements; de plus, ils sont pass\u00e9s par le filtre des perceptions d&#8217;un acteur, le directeur. En 1992, la radioscopie de l&#8217;enseignement, men\u00e9e par quatre \u00e9quipes universitaires, signalait que plus de 9 % des \u00e9coles avaient d\u00e9j\u00e0 fait appel aux forces de l&#8217;ordre pour des faits de d\u00e9linquance r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. Elle pr\u00e9cisait aussi que la moiti\u00e9 des \u00e9tablissements avaient renvoy\u00e9 au moins un \u00e9l\u00e8ve pendant l&#8217;ann\u00e9e scolaire. Entre septembre 1997 et f\u00e9vrier 1998, \u00e0 Bruxelles, le r\u00e9seau de la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise a exclu, \u00e0 lui seul, une centaine de jeunes Motifs les plus fr\u00e9quemment invoqu\u00e9s ? Les menaces et les insultes envers les professeurs et la direction. Dans sa th\u00e8se de doctorat, Jacques Ganty rapporte l&#8217;avis de chefs d&#8217;\u00e9tablissements secondaires \u00e0 propos de la d\u00e9linquance scolaire: 94 % d&#8217;entre eux d\u00e9clarent avoir d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 des vols dans leur \u00e9cole; 93 % se plaignent de vandalisme et 89 % de graffiti. La sensibilit\u00e9 des enseignants serait, d&#8217;apr\u00e8s cette \u00e9tude, plus grande.12 Eric Debarbieux estime \u00e0 4 % environ le v\u00e9ritable noyau dur, celui des \u00e9l\u00e8ves tr\u00e8s souvent punis, racketteurs et non rackett\u00e9s, en rupture scolaire et sociale.13 Le peu de chiffres dont nous disposons nous m\u00e8ne \u00e0 penser soit que le probl\u00e8me de la violence en milieu scolaire est trait\u00e9 en interne, soit que la violence n&#8217;est pas d&#8217;abord crimes et d\u00e9lits et qu&#8217;il faut, pour l&#8217;\u00e9valuer, d&#8217;autres indicateurs. Cette t\u00e2che incombe aux pouvoirs publics, seuls capables d&#8217;acc\u00e9der aux donn\u00e9es n\u00e9cessaires.14 Ces chiffres r\u00e9v\u00e8lent n\u00e9anmoins que la loi du silence est d\u00e9sormais lev\u00e9e, m\u00eame s&#8217;il existe encore des chefs d&#8217;\u00e9tablissement qui tentent d&#8217;intimider ou de culpabiliser les enseignants victimes de violence.15 Pour conclure, il est difficile de se faire une id\u00e9e assez pr\u00e9cise car, dans ce domaine, il existe un &#8216;chiffre noir&#8217; en raison aussi bien des modes de constatation, des qualifications des faits d\u00e9lictueux, que de la r\u00e9ticence des acteurs et m\u00eame des victimes \u00e0 d\u00e9clarer ce qu&#8217;ils ont constat\u00e9 ou subi.16 Notre ignorance est donc grande quant \u00e0 l&#8217;\u00e9volution quantitative de la violence scolaire.<\/p>\n<h2>La violence scolaire est-elle \u00e9galitairement r\u00e9partie? <\/h2>\n<p>La violence en milieu scolaire reste limit\u00e9e mais elle n&#8217;est pas \u00e9galitairement r\u00e9partie, prenant sens dans la faille de l&#8217;exclusion, pouss\u00e9e sur un terreau social majoritairement pr\u00e9caire. Le sentiment de violence est nettement fonction de la typologie sociale des \u00e9tablissements, augmentant avec l&#8217;exclusion dont souffre le milieu d&#8217;origine de leurs \u00e9l\u00e8ves.17 En France, les r\u00e9sultats des recherches men\u00e9es par Debarbieux, Dupuch et Montoya semblent montrer, \u00abdans toutes les dimensions de la violence, que l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 sociale est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 devant la violence en milieu scolaire\u00bb. Tant sur le plan du &#8216;sentiment de violence&#8217;, de l&#8217;exposition au risque que pour le climat des \u00e9tablissements, les r\u00e9sultats sont plus s\u00e9v\u00e8res \u00e0 mesure de l&#8217;augmentation de l&#8217;exclusion &#8216;interne&#8217; (effet-fili\u00e8re) et sociale v\u00e9cue par leurs \u00e9l\u00e8ves. En effet, d&#8217;apr\u00e8s Fr\u00e9d\u00e9ric Ligot, si le ph\u00e9nom\u00e8ne de violence scolaire \u00abconcerne \u00e0 des degr\u00e9s divers une grosse majorit\u00e9 des \u00e9tablissements, les plus atteints sont g\u00e9n\u00e9ralement les plus d\u00e9favoris\u00e9s et souvent situ\u00e9s dans des zones urbaines \u00e9conomiquement sinistr\u00e9es\u00bb.18 En France, les coll\u00e8ges dits &#8216;sensibles&#8217; comptent deux fois plus de boursiers que la moyenne. Il arrive m\u00eame que le pourcentage d&#8217;\u00e9l\u00e8ves boursiers atteigne les 88 %. A quartiers en grande pauvret\u00e9, coll\u00e8ges ghettos.19 Encore un chiffre: 66 % du personnel victime travaille dans des \u00e9tablissements recrutant ses \u00e9l\u00e8ves dans des zones d\u00e9favoris\u00e9es.20 D&#8217;apr\u00e8s Robert Ballion, les lyc\u00e9es \u00e0 taux de r\u00e9ussite le plus \u00e9lev\u00e9 ont le taux le plus important d&#8217;enfants de professions intellectuelles et de cadres sup\u00e9rieurs, le plus faible taux d&#8217;enfants d&#8217;ouvriers et d&#8217;\u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers ou d&#8217;origine \u00e9trang\u00e8re; ils sont, pour la plupart d&#8217;entre eux, situ\u00e9s dans les centres des villes, dans un environnement consid\u00e9r\u00e9 par les proviseurs comme attractif. A l&#8217;inverse, les lyc\u00e9es \u00e0 r\u00e9sultats les plus faibles accueillent les proportions les plus fortes d&#8217;enfants d&#8217;ouvriers et d&#8217;\u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers, ils sont beaucoup plus souvent que les autres situ\u00e9s dans les banlieues des grandes agglom\u00e9rations, dans un environnement &#8216;d\u00e9grad\u00e9&#8217;.21 On ne doit cependant pas interpr\u00e9ter ces corr\u00e9lations \u00abcomme &#8216;handicap socio-violent&#8217; li\u00e9 aux individus qui composent les \u00e9tablissements, mais \u00e0 une difficult\u00e9 des \u00e9tablissements \u00e0 int\u00e9grer les cat\u00e9gories sociales plus d\u00e9favoris\u00e9es en assurant des interactions sans heurt. Dans une perspective macrosociale, ces corr\u00e9lations montrent plut\u00f4t la connivence de l&#8217;\u00e9cole avec les classes favoris\u00e9es ou tr\u00e8s favoris\u00e9es.\u00bb22 Il faut donc se garder de toute \u00e9quation fataliste qui ferait de la violence la r\u00e9sultante de d\u00e9terminants sociaux et structurels d\u00e9favorables car certains \u00e9tablissements s&#8217;en sortent mieux que d&#8217;autres malgr\u00e9 les difficult\u00e9s auxquelles ils doivent faire face.23 Il est \u00e0 noter qu&#8217;\u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;une m\u00eame acad\u00e9mie, la violence varie beaucoup d&#8217;un \u00e9tablissement \u00e0 l&#8217;autre. M.-C. Rondeau et D. Trancart ont d\u00e9montr\u00e9 la tr\u00e8s forte corr\u00e9lation, m\u00eame dans le groupe des coll\u00e8ges sensibles, entre proportion d&#8217;\u00e9l\u00e8ves \u00e9trangers, origines sociales d\u00e9favoris\u00e9es et \u00e9chec scolaire.24 Les cartes g\u00e9ographiques de la violence scolaire co\u00efncident avec celles des plus hauts taux d&#8217;\u00e9chec ou de d\u00e9crochages scolaires, elles-m\u00eames superposables \u00e0 celles de la plus forte densit\u00e9 de la population immigr\u00e9e ou \u00e0 faible niveau socio-culturel.25<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re synth\u00e8se fran\u00e7aise, d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e plus haut26, confirme que l&#8217;agitation concerne principalement les coll\u00e8ges d\u00e9favoris\u00e9s. Ceux inscrits dans les zones exp\u00e9rimentales du \u00abPlan gouvernemental de lutte contre la violence en milieu scolaire\u00bb de novembre 1997 se d\u00e9clarent deux fois plus souvent que les autres &#8216;concern\u00e9s&#8217; par le racket, trois fois plus par les incendies, etc. Une fois encore, l&#8217;\u00e9cole \u00e0 deux vitesses.27<\/p>\n<p><strong>Sophie Deprez<\/strong><\/p>\n<p>1 Claude Lagrange, op. cit., p. 101.<\/p>\n<p>2 \u00abL&#8217;\u00e9cole est violente, \u00e0 l&#8217;image de la cit\u00e9\u00bb, Le Soir du 29 d\u00e9cembre 1994.<\/p>\n<p>3 Dominique De Fraene et Carla Nagels, \u00abLa violence des jeunes, une dramatisation int\u00e9ress\u00e9e\u00bb, in Nouvelle Tribune, n\u00b0 22, Bruxelles, d\u00e9cembre 1999, p. 22.<\/p>\n<p>4 Anne Fohr, \u00abViolence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole: m\u00e9dias et r\u00e9alit\u00e9\u00bb, in Le Nouvel Observateur du 10 f\u00e9vrier 2000.<\/p>\n<p>5 Eric Debarbieux, Alix Dupuch et Yves Montoya, op. cit., p. 26.<\/p>\n<p>6 Ibid., p. 27.<\/p>\n<p>7 Eric Debarbieux, La violence en milieu scolaire, op. cit., p. 54-55.<\/p>\n<p>8 Ibid., p. 55.<\/p>\n<p>9 O. Degryse, C. Beduwe et F. Tant, Evaluation du Dispositif Accrochage Scolaire, Bruxelles, Centre pour l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances, mai 1999, p. 82. L&#8217;enqu\u00eate distingue deux groupes de r\u00e9pondants francophones, le groupe scolaire qui comprend les directeurs, les membres des C.P.M.S. ainsi que les m\u00e9diateurs scolaires des 22 \u00e9coles secondaires francophones concern\u00e9es par le dispositif, et le groupe associatif.<\/p>\n<p>75 intervenants francophones ont particip\u00e9 \u00e0 cette enqu\u00eate.<\/p>\n<p>10 Ibid., p. 83.<\/p>\n<p>11 Cit\u00e9e par Marie Verhoeven, Violence scolaire, crise de la socialisation et exclusion scolaire, op. cit., p. 32-33.<\/p>\n<p>12 \u00abL&#8217;\u00e9cole, un champ de bataille?\u00bb, Le Vif l&#8217;Express du 13 mars 1998.<\/p>\n<p>13 Eric Debarbieux, La violence en milieu scolaire, le d\u00e9sordre des choses, op. cit..<\/p>\n<p>14 Eric Debarbieux, La violence en milieu scolaire, op. cit., p. 58.<\/p>\n<p>15 Jacques Dup\u00e2quier, op. cit., p. 25.<\/p>\n<p>16 Jean-Pierre Bonaf\u00e9-Schmitt, La m\u00e9diation scolaire: une technique de gestion de la violence ou un processus \u00e9ducatif?, in Violences \u00e0 l&#8217;\u00e9cole &#8211; Etat des savoirs, op. cit., p. 258.<\/p>\n<p>17 Eric Debarbieux, Alix Dupuch et Yves Montoya, op. cit., p. 32.<\/p>\n<p>18 Fr\u00e9d\u00e9ric Ligot, De la violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole \u00e0 la violence de l&#8217;\u00e9cole, op. cit., p. 5.<\/p>\n<p>19 Catherine B\u00e9darida, \u00abLutter vraiment contre la violence\u00bb, in Le Monde de l&#8217;\u00e9ducation, Paris, f\u00e9vrier 1995, p. 3.<\/p>\n<p>20 Mario Horenstein et Marie-Christine Voyron-Lemaire, op. cit., p. 47.<\/p>\n<p>21 Robert Ballion, Les difficult\u00e9s des lyc\u00e9es vues \u00e0 travers les transgressions, in Violences \u00e0 l&#8217;\u00e9cole &#8211; Etat des savoirs, op. cit., p. 56.<\/p>\n<p>22 Eric Debarbieux, Alix Dupuch et Yves Montoya, op. cit., p. 35.<\/p>\n<p>23 Ibid., p. 36.<\/p>\n<p>24 M.-C. Rondeau et D. Trancart, \u00abLes coll\u00e8ges sensibles\u00bb, in Education et formation, n\u00b0 40, 1995.<\/p>\n<p>25 \u00abLe calvaire de Claire\u00bb, T\u00e9l\u00e9 Moustique du 28 ao\u00fbt 1993.<\/p>\n<p>26 Analyse des recensements trimestriels de l&#8217;absent\u00e9isme et des ph\u00e9nom\u00e8nes de violence dans les \u00e9tablissements publics locaux d&#8217;enseignement (1996-1997 et 1997-1998).<\/p>\n<p>27 Anne Fohr, Violence scolaire: la cote d&#8217;alerte, op. cit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gardons-nous ici d&#8217;alimenter une inutile dramatisation du ph\u00e9nom\u00e8ne, dont la m\u00e9diatisation fait souvent le jeu de politiques s\u00e9curitaires, voire x\u00e9nophobes, toujours irrationnelles &#8211; qui pr\u00e9conisent un ordre plus coercitif, une forme d&#8217;autorit\u00e9 fourbie d&#8217;un attirail de mesures aux effets \u00e9ducatifs plus qu&#8217;incertains1. Comme le souligne le criminologue Jacques Ganty : \u00abL&#8217;\u00e9cole n&#8217;est pas le lieu du non-droit qu&#8217;un certain r\u00e9flexe s\u00e9curitaire des enseignants ferait croire. Toutes proportions gard\u00e9es, la d\u00e9linquance y est en moyenne trois fois moins \u00e9lev\u00e9e que dans la cit\u00e9.\u00bb2 Voil\u00e0 un propos qui bouleverse d&#8217;embl\u00e9e nos pr\u00e9jug\u00e9s sur la question. Depuis quelques ann\u00e9es, les m\u00e9dias se font largement l&#8217;\u00e9cho des faits de violence scolaire, bien que s&#8217;int\u00e9ressant surtout \u00e0 la violence spectaculaire, celle qui fait monter l&#8217;audimat. L&#8217;\u00e9cole \u00abflambe\u00bb \u00e0 la une des m\u00e9dias, sous des titres chocs: \u00abL&#8217;\u00e9cole victime d&#8217;une gangr\u00e8ne\u00bb, \u00abLe lieu de tous les dangers: racket, viols, tortures, meurtres\u00bb, etc. L&#8217;effet m\u00e9diatique de ces \u00e9v\u00e9nements aura cependant eu le m\u00e9rite d&#8217;alarmer une soci\u00e9t\u00e9 qui ne soup\u00e7onnait pas l&#8217;ampleur des probl\u00e8mes que peuvent rencontrer les \u00e9coles et les personnes qui les fr\u00e9quentent. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-135","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=135"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/135\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}