{"id":134,"date":"2001-09-28T00:00:00","date_gmt":"2001-09-27T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asblonweb.be\/APED\/CM\/?p=134"},"modified":"2001-09-28T00:00:00","modified_gmt":"2001-09-27T23:00:00","slug":"sur-la-piste-des-causes-de-la-violence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/2001\/09\/28\/sur-la-piste-des-causes-de-la-violence\/","title":{"rendered":"Sur la piste des causes de la violence"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Tout d&#8217;abord, pr\u00e9cisons que nous manquons, en Belgique, d&#8217;\u00e9tudes s\u00e9rieuses sur le ph\u00e9nom\u00e8ne. D&#8217;autre part, la &#8216;violence scolaire&#8217; est une notion relative. Ensuite, il faut mentionner que les grandes violences physiques sont rarissimes. La violence s&#8217;en tient \u00e0 un ensemble d&#8217;incivilit\u00e9s: propos blessants, bousculades, racisme.[[Bernard Charlot et Jean-claude Emin, op. cit., p. 5.]]\n<\/p>\n<h2>Les causes internes \u00e0 l&#8217;\u00e9cole<\/h2>\n<p>Il y a d&#8217;abord les m\u00e9canismes de la s\u00e9lection sociale : si la soci\u00e9t\u00e9 duale n&#8217;a pas sa cause dans le fonctionnement du syst\u00e8me \u00e9ducatif, il reste que l&#8217;\u00e9cole ent\u00e9rine ces divisions et les renforce.[[Bernard Defrance, La violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, op. cit., p. 50.]] L&#8217;\u00e9cole s\u00e9lectionne non pas sur des crit\u00e8res de r\u00e9elles aptitudes d&#8217;intelligence, mais d&#8217;apr\u00e8s l&#8217;origine sociale et culturelle des enfants.[[Nico Hirtt et Jean-Pierre Kerckhofs, In\u00e9gaux devant l&#8217;\u00e9cole &#8211; Enqu\u00eate en Hainaut sur les d\u00e9terminants sociaux de l&#8217;\u00e9chec et de la s\u00e9lection scolaires, avril 1996-octobre 1997, Appel pour une \u00e9cole d\u00e9mocratique, Bruxelles.]] Selon Nico Hirtt, ces in\u00e9galit\u00e9s se trouvent encore amplifi\u00e9es par la structure m\u00eame de notre enseignement divis\u00e9 en fili\u00e8res hi\u00e9rarchis\u00e9es et en r\u00e9seaux concurrents et par son caract\u00e8re de semi-march\u00e9. Souvent, des pressions morales ou de v\u00e9ritables barri\u00e8res financi\u00e8res emp\u00eachent les enfants des classes populaires d&#8217;acc\u00e9der aux \u00ab\u00e9coles de riches\u00bb.[[Ibid., p. 9.]] A cela s&#8217;ajoute le fait qu&#8217;une tr\u00e8s grande partie du travail scolaire se fait \u00e0 la maison, o\u00f9 les conditions dans lesquelles l&#8217;\u00e9l\u00e8ve doit accomplir ses devoirs sont, l\u00e0 aussi, fonci\u00e8rement in\u00e9gales.[[Nico Hirtt, Pourquoi les chances sont elles in\u00e9gales?, ibidem.]] Bernard Defrance r\u00e9pertorie, quant \u00e0 lui, trois causes majeures pour que la violence se manifeste ouvertement[[Voir le rapport L\u00e9on, en France.]]: premi\u00e8rement, la taille de l&#8217;\u00e9tablissement et ses effectifs (les grands \u00e9tablissements, favorisant l&#8217;anonymat, sont moins contr\u00f4lables), deuxi\u00e8mement, le taux d&#8217;\u00e9chec scolaire (plus il augmente et plus les comportements violents augmentent) &#8211; les violences d\u00e9coulant de la situation d&#8217;\u00e9chec scolaire ont en retour des effets sur la qualit\u00e9 de l&#8217;enseignement, chez des enseignants ins\u00e9curis\u00e9s, entra\u00eenant \u00e0 nouveau une augmentation de l&#8217;\u00e9chec -, troisi\u00e8mement, la qualit\u00e9 de l&#8217;encadrement (il est av\u00e9r\u00e9 que les ph\u00e9nom\u00e8nes de violence se r\u00e9duisent si les \u00e9l\u00e8ves estiment qu&#8217;ils peuvent communiquer facilement avec les professeurs et l&#8217;administration).[[Bernard Defrance, op. cit., p. 74-75.]] En effet, pour Eric Debarbieux, le manque de personnalit\u00e9 du chef d&#8217;\u00e9tablissement et l&#8217;absence de coh\u00e9rence de l&#8217;\u00e9quipe p\u00e9dagogique favorisent ind\u00e9niablement la violence scolaire.[[St\u00e9phanie Le Bars, \u00abLa lutte contre la violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole: \u00e0 la recherche de solutions connues\u00bb, (interview de Eric Debarbieux) in Le Monde de l&#8217;\u00e9ducation, mars 1996, p. 10.<br \/>\n]]<\/p>\n<p>On peut aussi tenter d&#8217;expliquer la violence par sa relation \u00e0 l&#8217;\u00e9chec scolaire. Tout d&#8217;abord, un constat accablant [[Ces chiffres, publi\u00e9s par Le Soir, en f\u00e9vrier 1995, proviennent d&#8217;une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e par une \u00e9quipe interuniversitaire charg\u00e9e d&#8217;\u00e9valuer l&#8217;impact de la loi de 1983 prolongeant l&#8217;obligation scolaire de 14 \u00e0 18 ans.]]: en 6e ann\u00e9e du secondaire g\u00e9n\u00e9ral, 40 % des \u00e9l\u00e8ves ont au moins un an de retard; ce pourcentage grimpe \u00e0 80 % dans le technique et \u00e0 90 % dans le professionnel.[[Patricia Scafs, \u00abEchec scolaire: l&#8217;enjeu d&#8217;un d\u00e9fi social\u00bb, in JDJ, n\u00b0 191, janvier 2000, p. 19. ]] Ensuite, rappelons la dualit\u00e9 de notre enseignement: d&#8217;une part, les \u00e9coles \u00e9litistes accueillent une population privil\u00e9gi\u00e9e et se \u00abd\u00e9barrassent\u00bb des \u00e9l\u00e8ves jug\u00e9s trop faibles ou trop difficiles, d&#8217;autre part, au bas de l&#8217;\u00e9chelle, les \u00e9coles professionnelles en milieu d\u00e9favoris\u00e9 accueillent les naufrag\u00e9s et les exclus. Qui ressentent durement cette situation. Ils ont une estime tr\u00e8s faible d&#8217;eux-m\u00eames et de leurs professeurs. Mais quels sont les m\u00e9canismes par lesquels les diff\u00e9rences sociales se transforment en in\u00e9galit\u00e9s de r\u00e9sultats scolaires? Trois types d&#8217;explications sont habituellement avanc\u00e9es: le discours m\u00e9ritocratique, l&#8217;id\u00e9ologie des dons et la th\u00e8se du handicap socioculturel. Celles-ci ont en commun d&#8217;occulter le r\u00f4le du syst\u00e8me \u00e9ducatif lui-m\u00eame.[[Nico Hirtt, Pourquoi les chances, op. cit., p. 8-9.]] On conna\u00eet pourtant l&#8217;effet psychologiquement destructeur de l&#8217;attribution de la cause de l&#8217;\u00e9chec scolaire \u00e0 l&#8217;\u00e9l\u00e8ve en difficult\u00e9, principalement dans le milieu populaire. Tandis que le &#8220;bon \u00e9l\u00e8ve&#8221; s&#8217;attribuera les m\u00e9rites de sa propre r\u00e9ussite et s&#8217;autorisera d\u00e8s lors \u00e0 m\u00e9priser ceux qui n&#8217;auront pas r\u00e9ussi comme lui.[[Bernard Defrance, op. cit., p. 58-59. ]]<\/p>\n<h2>Les causes externes \u00e0 l&#8217;\u00e9cole<\/h2>\n<p>Pour mieux comprendre l&#8217;origine de la violence scolaire, il faut poser la question de ses rapports avec la soci\u00e9t\u00e9. En effet, l&#8217;\u00e9cole est le premier repr\u00e9sentant de la soci\u00e9t\u00e9 et il n&#8217;est donc pas surprenant que viennent s&#8217;y r\u00e9fracter des violences du dehors, g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les chaos \u00e9conomiques, sociaux et familiaux.[[Andr\u00e9 Sirota, \u00abLa violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole dans l&#8217;impens\u00e9 de l&#8217;autorit\u00e9 et de l&#8217;institution\u00bb, in Vers l&#8217;\u00e9ducation nouvelle, Paris, n\u00b0 476, septembre 1996, p. 14. ]] Nico Hirtt pointe les cons\u00e9quences directes de la crise \u00e9conomique sur le syst\u00e8me d&#8217;enseignement: \u00abLa tendance naturelle du syst\u00e8me \u00e9ducatif \u00e0 se hi\u00e9rarchiser et \u00e0 se scinder en fili\u00e8res in\u00e9gales se trouve aiguis\u00e9e par la crise \u00e9conomique. Celle-ci renforce, chez ceux qui en ont les moyens, les comportements les plus individualistes et les pousse \u00e0 l&#8217;\u00e9litisme. La crise aggrave aussi les causes mat\u00e9rielles de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 d&#8217;acc\u00e8s aux \u00e9tudes. Enfin, tout le processus de d\u00e9r\u00e9gulation-autonomie-privatisation cr\u00e9e un terrain favorable au d\u00e9veloppement in\u00e9gal, dual, du syst\u00e8me d&#8217;enseignement.\u00bb[[Nico Hirtt, L&#8217;\u00e9cole sacrifi\u00e9e, Bruxelles, EPO, 1996, p. 237. ]] Par ailleurs, la recherche de l&#8217;excellence, de la qualit\u00e9 totale, de la performance est exig\u00e9e dans une soci\u00e9t\u00e9 de plus en plus comp\u00e9titive. Cette logique de l&#8217;excellence produit in\u00e9luctablement l&#8217;exclusion et toutes ses cons\u00e9quences.[[Jean-Pierre Pourtois, \u00abLa violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole\u00bb, in Mensuel R\u00e9flexions, n\u00b0 27, septembre 1998, p. 44. ]] C&#8217;est le ch\u00f4mage qui est le plus souvent cit\u00e9 comme un \u00abfacteur de d\u00e9stabilisation de l&#8217;\u00e9cole qui aurait favoris\u00e9 le d\u00e9veloppement de la violence scolaire\u00bb.[[Bernard Charlot et Jean-Claude Emin, op. cit., p. 9. ]] N\u00e9anmoins, l&#8217;\u00e9cole n&#8217;est pas l&#8217;unique secteur de la vie sociale \u00e0 \u00eatre touch\u00e9. Pour Bernard Charlot, il s&#8217;agit de se garder de toute simplification en la mati\u00e8re car des recherches actuellement en cours montreraient que le ch\u00f4mage induit chez les \u00e9l\u00e8ves un double processus: soit le jeune ne voit pas d&#8217;utilit\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier, vu qu&#8217;\u00e0 la fin de son parcours scolaire, il n&#8217;envisage aucune embauche; soit il se rend compte des difficult\u00e9s \u00e0 venir et consid\u00e8re comme primordial de d\u00e9crocher un dipl\u00f4me. Les deux processus sont souvent pr\u00e9sents chez le m\u00eame \u00e9l\u00e8ve bien que celui de la surmobilisation apparaisse plus forte que celui de la d\u00e9mobilisation.[[Bernard Charlot et Jean-Claude Emin, ibidem. ]] En r\u00e9sum\u00e9, la violence &#8216;visible&#8217; de la d\u00e9linquance constitue un miroir de la violence &#8216;invisible&#8217; de conditions de vie inacceptables: les facteurs d&#8217;exclusion se cumulent, difficult\u00e9s familiales, ch\u00f4mage, assistance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, cadre de vie d\u00e9grad\u00e9, pour peser le plus fortement sur les enfants et les jeunes.<\/p>\n<h2>Nouvelle mission de l&#8217;\u00e9cole:<br \/>\nune violence au cur du syst\u00e8me scolaire<\/h2>\n<p>La violence constitue probablement une cons\u00e9quence parmi d&#8217;autres des tensions qui mettent \u00e0 mal le syst\u00e8me scolaire lui-m\u00eame. Les changements profonds intervenus dans la soci\u00e9t\u00e9 compliquent la t\u00e2che de l&#8217;\u00e9cole dans sa mission de transmission des savoirs. On lui a aussi attribu\u00e9 la mission de pr\u00e9parer l&#8217;insertion professionnelle des jeunes. Avec la crise, la soci\u00e9t\u00e9 a eu \u00abde plus en plus de mal \u00e0 tenir les promesses sur lesquelles elle a fond\u00e9 la l\u00e9gitimit\u00e9 de son \u00e9cole\u00bb.[[Bernard Charlot et Jean-Claude Emin, ibidem. ]] En bref, la soci\u00e9t\u00e9 fait porter \u00e0 l&#8217;\u00e9cole le poids de ses contradictions quand elle engage les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 aller \u00e0 l&#8217;\u00e9cole pour r\u00e9ussir socialement, mais ne leur garantit pas d&#8217;emploi en bout de course. Nico Hirtt, dans son chapitre intitul\u00e9 \u00abEnseignement et capital\u00bb, s&#8217;interroge sur les fonctions de l&#8217;\u00e9cole dans la reproduction du capitalisme et se demande si une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur le profit individuel peut avoir besoin d&#8217;un enseignement peu ou prou d\u00e9mocratique.[[Nico Hirtt, L&#8217;\u00e9cole sacrifi\u00e9e, op. cit., p. 166. ]] Il pense que le syst\u00e8me d&#8217;\u00e9ducation a pour but principal de reproduire le syst\u00e8me de la soci\u00e9t\u00e9.[[Pour plus de d\u00e9tails, voir l&#8217;ouvrage de Nico Hirtt, L&#8217;\u00e9cole sacrifi\u00e9e, pages 168 et suivantes. ]] Toujours selon l&#8217;auteur, gr\u00e2ce \u00e0 la concurrence exacerb\u00e9e entre les demandeurs d&#8217;emploi sur le march\u00e9 du travail, le patronat en retire des avantages ind\u00e9niables. Notamment en trouvant une main-d&#8217;uvre performante, il r\u00e9alise des \u00e9conomies sur ses propres frais de formation.[[Ibid., p. 182-183. Mateo Alaluf argumente dans le m\u00eame sens.]] Aujourd&#8217;hui, nul ne peut le nier, la crise \u00e9conomique est structurelle. Finies les trente glorieuses de l&#8217;apr\u00e8s-guerre, o\u00f9 l&#8217;\u00e9cole n&#8217;avait \u00e0 se pr\u00e9occuper que d&#8217;elle-m\u00eame, dans une soci\u00e9t\u00e9 en pleine croissance.<\/p>\n<h2>La faute aux enseignants?<br \/>\nAux parents?<\/h2>\n<p>Souvent, les enseignants d\u00e9fendent ce qu&#8217;ils enseignent en termes d&#8217;utilit\u00e9. De plus, \u00abl&#8217;\u00e9litisme m\u00e9ritocratique reste profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans le corps enseignant qui, face aux difficult\u00e9s scolaires des \u00e9l\u00e8ves, incrimine plus volontiers l&#8217;inaptitude de ceux-ci que l&#8217;inadaptation des contenus, des m\u00e9thodes et des pratiques de l&#8217;\u00e9cole et des enseignants\u00bb.[[Bernard Charlot et Jean-Claude Emin, op. cit., p. 11.]] De nombreuses \u00e9tudes ont montr\u00e9 \u00e0 quel point la pu\u00e9ricultrice, l&#8217;instituteur ou le professeur per\u00e7oivent l&#8217;appartenance sociale des enfants par leurs v\u00eatements, leurs jouets, la fa\u00e7on de s&#8217;exprimer ou le comportement des parents. On parlera de l&#8217;effet \u00abPygmalion\u00bb. A l&#8217;enfant d&#8217;ouvrier, on conseillera facilement une r\u00e9orientation vers l&#8217;enseignement de qualification. En outre, m\u00eame si les enseignants et le conseil de classe parvenaient \u00e0 s&#8217;imposer une stricte objectivit\u00e9, on sait bien que les parents, eux, ne sont pas \u00e9gaux: les uns suivront le conseil d&#8217;une r\u00e9orientation, tandis que les autres pr\u00e9f\u00e9reront faire redoubler leur enfant pour lui donner une seconde chance. Donc, sans le vouloir, chaque enseignant a tendance \u00e0 anticiper la s\u00e9lection sociale.[[Nico Hirtt, Pourquoi les chances, op. cit., p. 8]] Il faut voir \u00e0 ce propos les r\u00e9sultats des recherches de Daniel Zimmermann : les qualificatifs montrant l&#8217;attirance des enseignants vis-\u00e0-vis de leurs \u00e9l\u00e8ves sont attribu\u00e9s en moyenne \u00e0 80% des enfants de cadres, 60 % des enfants d&#8217;ouvriers et moins de 50 % des enfants d&#8217;immigr\u00e9s, et ce d\u00e8s la maternelle.[[\u00abUn langage non verbal de classe\u00bb, in Revue fran\u00e7aise de p\u00e9dagogie, n\u00b0 44, 1978.]] En outre, une distance culturelle et sociale s\u00e9pare enseignants et \u00e9l\u00e8ves dans certains \u00e9tablissements,[[Jean-Pierre Picard, \u00abViolence, soci\u00e9t\u00e9 et \u00e9cole\u00bb, in Vers l&#8217;\u00e9ducation nouvelle, n\u00b0 483, Paris, p. 9. ]] les enseignants \u00e9tant de plus en plus issus des classes moyennes. De moins en moins souvent donc, il y a pour l&#8217;enseignant possibilit\u00e9 d&#8217;identification ou de compr\u00e9hension \u00e0 partir de son exp\u00e9rience personnelle.[[Jean-Paul Payet, Violence \u00e0 l&#8217;\u00e9cole: les coulisses du proc\u00e8s, op. cit., p. 150 et 151.]] A noter \u00e9galement: l&#8217;absence de domiciliation des enseignants dans les quartiers o\u00f9 ils enseignent, l&#8217;hyperqualification des professeurs du professionnel. Il n&#8217;est sans doute pas inutile de rappeler que les enseignants doivent composer avec des conditions de travail presque surr\u00e9alistes: classes d\u00e9cim\u00e9es par l&#8217;absent\u00e9isme, \u00e9l\u00e8ves sans mat\u00e9riel, d\u00e9gradations de l&#8217;environnement scolaire, manque de moyens chronique, [[Patricia Scafs, Echec scolaire: l&#8217;enjeu d&#8217;un d\u00e9fi social, , p. 21.]] Mais que traduit l&#8217;augmentation des violences envers les enseignants? \u00abOn peut entonner, \u00e9crit Eric Debarbieux, l&#8217;air tr\u00e8s r\u00e9pandu du manque d&#8217;autorit\u00e9 ou de savoir-faire des profs. C&#8217;est un leurre. La violence grandissante d&#8217;une minorit\u00e9 d&#8217;\u00e9l\u00e8ves envers les enseignants rel\u00e8ve d\u00e9sormais d&#8217;une haine sociale un peu populiste. Les enseignants sont pour eux les repr\u00e9sentants d&#8217;un monde injuste, ext\u00e9rieur au quartier\u00bb.[[Eric Debarbieux, La violence en milieu scolaire, le d\u00e9sordre des choses, ESF, 1998.]] En ce qui concerne la responsabilit\u00e9 \u00e9ventuelle des familles, notons seulement que la d\u00e9mission parentale est rarement volontaire, mais r\u00e9sulte plut\u00f4t de conditions de vie et d&#8217;environnement psychologique pr\u00e9caires.<\/p>\n<p><strong>Sophie Deprez<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout d&#8217;abord, pr\u00e9cisons que nous manquons, en Belgique, d&#8217;\u00e9tudes s\u00e9rieuses sur le ph\u00e9nom\u00e8ne. D&#8217;autre part, la &#8216;violence scolaire&#8217; est une notion relative. Ensuite, il faut mentionner que les grandes violences physiques sont rarissimes. La violence s&#8217;en tient \u00e0 un ensemble d&#8217;incivilit\u00e9s: propos blessants, bousculades, racisme.[[Bernard Charlot et Jean-claude Emin, op. cit., p. 5.]]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-134","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=134"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/134\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=134"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=134"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.skolo.org\/CM\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=134"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}